Le « 2 poids, 2 mesures » et quelques zones d’ombre de Mediapart.

Comme tout collectif, Mediapart n’échappe pas au serpent de mer d’une partialité voire rancune suspecte , récurrente et non élucidée vis-à-vis de certaines personnes qui prend le pas sur le degré de gravité des problèmes, les ordres de grandeurs,, ou ce que devrait être la parfaite déontologie journalistique, et cela me chagrine

Je lis Mediapart depuis 1 an et demi environ. Ce media satisfait la majorité de mes attentes en matière de journalisme. Mais je vis à l’étranger assez isolé, occupé par un travail, sans interlocuteur passionné par les affaires françaises, donc certains de mes arguments mériteraient d’être creusés, recoupés, documentés davantage. Cependant, je vous soumets les points à mon sens critiquable, dans les grandes lignes.  

Après le feuilleton Benalla, les frasques de De Rugy. Ici, Mediapart s’est largement complu à enfoncer des portes ouvertes.  Que ce type soit un imbécile vantard qui ne mérite pas d’occuper ses fonctions, c’est certain et ultra visible. Ses frais de bouches excessifs au frais du contribuable, c’est à la fois grossier et bien sûr condamnable, mais c’est complètement négligeable en regard d’autres fautes politiques autrement plus graves en conséquences pour l’ intérêt général.

Je remercie Fabrice Arfi de son travail autrement courageux et utile sur Sarkozy et le dossier libyen. Mais son talent serait plus utile ailleurs que sur Benalla et De Rugy, affaires mineures.  

Un exemple, https://www.bruxelles2.eu/2019/06/06/naufrages-en-mediterranee-une-plainte-deposee-contre-lue-a-la-cour-penale-internationale/ 

«  Deux avocats internationaux ont saisi lundi (3 juin) la Cour pénale internationale (CPI) accusant l’Union européenne et ses États membres de crimes contre l’humanité en lien avec la mort de plus de 12.000 migrants en Méditerranée depuis 2014. Les avocats, Omer Shatz et Juan Branco, affirment prouver que « les dirigeants de l’UE se sont montrés prêts à sacrifier des individus volontairement, pour provoquer un effet de dissuasion qui servirait leurs objectifs politiques ». »

Certes, pour l’ instant, il ne s’ agit que d’ une plainte. Mais la qualification de « crime contre l’ humanité » est extrêmement grave et aurait pu mériter plus d’ attention de Mediapart. Ce dossier a-t-il été étudié ? Que penser des arguments de Branco et Shatz ? Non. Au lieu de ça, on a eu droit au feuilleton facile et surexploité de De Rugy.

Juan Branco fait partie de ces individus à peu près passés sous silence par Mediapart, alors qu’il soulève de sacrés lièvres. J’ai lu en décembre le pdf de Crepuscule avant qu’il ne soit publié en livre. D’ accord, le style est particulièrement ampoulé et pénible. C’est même très mal écrit comparé à du Fabrice Arfi . Mais le fond est important. Ce livre et le travail de Marc Endeweld sont les enquêtes les plus sérieuses sur les secrets de l’ascension de Macron. Ici encore, Mediapart a mobilisé Fabrice Arfi pour essayer de nous convaincre que l’ affaire de Benalla était importante et même une affaire d’état. Moui. Bof. Non.

Non. Pardon, mais les révélations de Branco ou d’ Endeweld sont autrement plus importantes. J’ai été déçu de trouver Mediapart aussi silencieux sur ce qui méritait de vrais débats ou des enquêtes de fond.

Heureusement qu’il existe Le Media et Thinkerview pour donner à ces 2 enquêteurs la parole qu’ils méritent pour éclairer le débat public.

Le Media. Parlons en un peu. Apparemment, Aude Lancelin, pasionaria grisée de la cause des Gilets Jaunes, n’a pas supporté d’avoir en interne sa position de pouvoir remise en question et est partie de façon peu élégante, laissant Le Media en danger. Tout de suite, Laurent Mauduit est monté au front pour lui déclarer son soutien inconditionnel et j’avoue avoir été très déçu quand après avoir croisé quelques sources, je me suis convaincu que la faute était vraiment du côté de Aude Lancelin.  

J’apprécie avec quelques réserves Denis Robert, mais je lui sais gré d’avoir bien en tête ces degrés de gravité des problèmes et d’être assez adulte pour reléguer les querelles de personnes au second plan. L’argent public perdu à cause de l’ évasion fiscale, c’est d’un autre ordre de grandeurs que les frais de De Rugy.

Une autre zone qu'on hésite à qualifier d'ombre tellement elle est récurrente : Mediapart manifeste une rancune persistante contre la France Insoumise, et son leader bien sûr trop grande gueule mais souvent aussi très intéressant, Mélenchon. Je précise que je ne suis pas un inconditionnel du personnage. Mais je lui reconnais une certaine humanité, cette chose qui manque si cruellement à tant de petits soldats du Macronisme.

Ici, quoiqu’il en dise, l’ acharnement de Fabrice Arfi m’ interroge. Sur Acrimed, je relève un extrait :

 ( Affaire-Melenchon-miseres-du-journalisme-d'investigation).

« La focalisation de l’attention médiatique sur les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon illustre bien les effets pervers de ces interrelations. Comme le rappelle Arrêt sur images, les scoops sur les comptes de la campagne Mélenchon avaient précédé ceux sur la campagne Macron parce que la commission des comptes de campagne les avait publiés en premier. « Et si elle les avait publiés en premier, c’est que...c’étaient les plus demandés par la presse. »    

Mélenchon a mal réagi lors de la perquisition certes. Mais le fond est-il vraiment très grave ?

Les comptes de campagne de l’ équipe Macron sont-ils plus transparents ?

Ici  il semble clair que des rancunes dont je n’ai pas les clés prennent le pas sur la gravité des problèmes.

Je compte sur quelques commentaires pour m’ éclairer. Bien à vous. 

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