Galbraith démolit 6 contre-vérités nées autour de la crise grecque

1- le référendum de dimanche est un référendum sur l'Euro ?

Galbraith précise que, dès l'annonce du référendum par Alexis Tsipras, « François Hollande, David Cameron, Matteo Renzi, le président allemand Sigmar Gabriel et le Vice-chancelier Sigmar Gabriel ont averti les grecs qu'un vote négatif serait le signal de la sortie de l'Euro » et que « Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, clamait depuis longtemps que le « Non » signifierait quitter l'Union Européenne, même si, le souligne Galbraith, "le gouvernement grec a déjà déclaré maintes et maintes fois être engagé irrévocablement avec l'Europe et sa monnaie »
«  Et, légalement, d'accord avec les traités, la Grèce ne peut pas être exclue », ni de l'UE, ni de l'Euro » avance l'économiste.

2- Le FMI a fait preuve de « souplesse » 

Contrairement à ce que la directrice de FMI, Christine Lagarde, a affirmé, pour Galbraith, le Fonds n'a "cédé sur presque rien sur ces quatre derniers mois : ni sur les impôts et taxes, ni sur les pensions (retraites), ni sur les baisses de salaires , ni sur les négociations collestives, ni sur la révision ou restructuration du montant de la dette ."

3- Les créanciers ont été généreux avec le gouvernement Tsipras 

"Angela Merkel considère les conditions offertes par les créanciers de « très généreuses » pour la Grèce. Mais, en réalité, les créanciers ont continué à insister sur un programme d'austérité se brisant, basé sur un niveau d'excédent budgétaire que la Grèce ne peut pas atteindre et la poursuite de cette politique draconienne maintient le pays dans la dépression" écrit l'économiste nord-américain qui se lamente de ce que la restructuration indispensable de la dette n'est pas été évoquée.

4- La B.C.E. a protégé la stabilité financière de la Grèce 

Galbraith rappelle que « depuis le début février, la BCE a interrompu le financement direct des banques grecques », en les alimentant au compte-gouttes et en ne prenant pas en compte les « urgences ». Cette manière d'opérer « a conduit au ralentissement et à la paralysation de l'activité économique.. Quand les négociations avec le gouvernement ont échoué, l'attitude de la BCE a provoqué l'assaut des banques par la clientèle apportant ainsi les arguments pour imposer le contrôle des changes, la limitation des retraits ou la fermeture des guichets "termine-t-il.

5- Le vote « OUI » va sauver l'Europe 

Selon l'économiste, le "'Oui' provoquera plus d'austérité, plus de destruction sociale et le gouvernement sera en sursis. «  Le gouvernement de Tsipras et Varoufakis est authentiquement pro- européen de gauche. Si il tombe, les anti-européens viendront peu après, soutenus probablement par ll'extrême droite, comme le parti nazi, Aube Dorée. Et la vague anti-européenne submergera la France, le Royaume-Uni, l'Espagne et les autres pays »ajoute-t-il.

6- Le vote « NON » va faire exploser l'Europe

« En réalité, seul le "Non" peut sauver la Grèce et la Grèce étant sauvée, elle sauvera l'Europe. Le"Non" signifiera que le peuple grec ne pliera pas, que son gouvernement ne tombera pas et que les créanciers devront, finalement, assumer les échecs et les erreurs passés de la politique européenne . Les négociations pourront alors être reprises ou, plutôt, de vraies négociations pourront alors commencer. C'est essentiel, si l'Europe veut être sauvée » conclut Galbraith.

(extrait de "Esquerda.net)

 

 

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