Un triste anniversaire: à la mémoire d'Hashem Shaabani, un poète assassiné.

En janvier 2014, le poète iranien Hashem Shaabani fut pendu parce que la poésie hérésie ! Une offense à " Dieu " ! Le 20 janvier 2018, lors de la nuit de la lecture...Un besoin de mémoire pour que des vers avortés et une vie volée ne soient pas ensevelis. Un hommage à ce poète mort avant d'avoir vécu...Un texte écrit en janvier 2015...Janvier 2018, intemporalité de la mémoire...

Ce texte sera lu à la Société des Poètes Français - 16 rue Monsieur le Prince - 75006 Paris, le 20 janvier 2018 

 

De rerum natura

Lucrèce

Traverse

 

Et nous laisse

Epicure

Avant que la trace

Ne s’efface

 

Il était une fois

Hier

 

À peine quelques millénaires

 

Aujourd’hui se souvient

Qu’il n’y a pas de lien

 

Et pourtant

 

La traversée du temps

Où le hasard

 

Histoire humaine

Et ses quelques grains

 

Comme si l’océan des sables

Une immense poche percée

 

L’antiquité

À peine hier

 

Mais aujourd’hui

 

Qui se souvient

Qu’il y a tout juste quelques années

Un poète

N’eut pas le temps de ses vers 

 

Vers solitaires

Dorment sous la terre

Pour que Dieu continue son chemin

Dans les mêmes mains

 

Celles qui gomment les destins 

 

Droit de vie

Droit de mort

 

Parce que la poésie

Hérésie

 

Qui aujourd’hui se souvient

Du poète iranien

Hashem Shaabani

Dont la jeunesse fut amputée

La vie avortée

Les vers étouffés

Le corps pendu

 

Comme ses frères

Par un dictateur

 

Plume aux ailes brisées

Un retour vers l’antiquité

Où le 21ème siècle

En ses débuts

Efface toute idée de modernité

De liberté

 

Temps

Régression

Il est des dimensions

Où il faut

 

Tant qu’il y aura des dieux

 

L’homme fossilisé

L’homme sans voie

 

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