Mégalomanie mon amour

 

 

Mégalomanie mon amour

Mauvais rêve

Où des hommes

Du piédestal de leur vacuité

S’arrogent des titres de visionnaires

Et entraînent le plus grand nombre

À devenir la cheville ouvrière

En virtuels costumes anoblis

Quelques miettes à l’appui

De leurs rêves endormis

 

Rêves de pouvoir

Que pas même les dieux de l’esprit

En leurs racines embryonnaires

N’oseraient murmurer

À l’oreille des prophètes

 

Mégalomanie mon amour

Qu’as-tu fait

De nos rêves liberté

Pour qui tant ont leur vie donnée 

 

Démocratie

Tu es la vie

Ne te laisse pas ainsi altérer

 

Mégalomanie mon amour

Egalité des peaux, des sexes et des droits

Et de tous ces désirs

D’être de devenir de croire ou ne pas croire

Dans la pluralité d’une tolérance partagée

 

La mémoire de l’histoire

Au-delà du simple devoir

 

Hospitalité

Solidarité

Les fondations de la survie de l’humanité

 

Quel humain

Refuserait cette main qui vers lui vient

 

Qui aurait pu croire

Que tous ceux à qui

Nous avons un mandat remis  

Allaient finir par faire fi de nous

De leurs serments démocratiques

 

Le sablier du temps

Emporte le vent

        

Mégalomanie mon amour

Sur le marchepied de l’éternité

Juste le trône

Et tous ces courtisans

Mimétisme affligeant

 

Oh sire

Il te faut occire

Si tu veux te maintenir

Et bien des choses réduire

Pour ton programme accomplir

 

La mort des idées

Ta victoire assurée

Toi qui n’en a aucune

 

Mer étale

Demeure le miroir

 

L’histoire et ses révolutions

Mauvaises résolutions

Maintenant qu’entre tes mains

Le pouvoir et la constitution

 

Mégalomanie mon amour

Nos valeurs démocratiques

Elles aussi

Du sang sur les mains

 

Et tous ces paradis où le fisc

Sous leurs masques exotiques

De nous rient

 

Le feu aux poudres

Tout cela aurait dû

Mais rien

Rien

Alors tu continues

 

Et pendant que les gestionnaires en calculs savants tergiversent sur la parité

Et la mutation orthographique démagogique à longueur d’articles

Les corps des femmes violentés abîmés frappés

Par des hommes à l’esprit corrodé

 

Certitude de leur légitimité

De leur impunité

 

Les épaules si petites

Il faut bien compenser

 

Mégalomanie mon amour

 

À force de

À force

 

Arrivera un jour

Arrivera un jour

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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