L'ours, victime de la médecine tradionnelle chinoise

Animals Asia - End Bear Farming © Animals Asia

Plus de 10 000 ours noirs asiatiques sont enfermés à vie dans de minuscules cages pour y être ponctionnés deux fois par jour : leur  précieuse bile –recueillies par des cathéters plantés à vif – est vendue jusqu’à 400 dollars les 100 ml pour la médecine traditionnelle. Ces ours sont enserrés dans des corsets de fer qui maintiennent le cathéter dans leur foie.

Les fermiers qui exploitent ces animaux dans l’enfer des « fermes à biles » sont eux-mêmes exploités par des industriels sans scrupules, qui diffusent leur commerce bien au-delà des frontières de l’Asie ; j’ai moi-même trouvé de la bile d’ours à vendre à…Gap (Hautes-Alpes) !

C’est un commerce très juteux, qui rapportent des millions de dollars à quelques industriels qui jouent de la naïveté des hommes. La légende qui entoure ce produit est tenace parce qu’ancienne et peu d’utilisateurs savent réellement ce qu’endurent les animaux.

La bile est consommée pour ses vertus supposées mais peut-être remplacée par des produits de synthèse déjà connus et utilisés, sans nocivité pour l’homme. La bile d’ours provoque chez certains patients de fortes  allergies mettant leur vie en danger.

 La pharmacopée de la médecine traditionnelle permet de substituer la bile d’ours à des herbes dont les vertus sont avérées. C’est le sens de l’appel de 1000 médecins chinois qui approuvent les propositions de la fondation Animals Asia dans son combat contre l’exploitation des ours asiatiques.

La bile est aujourd’hui répandue dans le monde entier, on la trouve sous forme de liquide en flacon ou le foie séché de l’ours est vendu entier. Cependant cet ours –appelé ours Lune pour la marque naturelle blanche sur son poitrail- est protégé par la Convention de Washington (CITES) et la vente de ses organes est prohibée mais des Asiatiques les ramènent dans leur bagage à l’insu des Douanes. On en trouve ainsi en vente –sous le manteau- dans certaines officines privées à Paris et dans d’autres grandes (ou moins grandes) villes françaises.

Qu’attend la fédération nationale de médecine traditionnelle française pour se positionner officiellement contre cet abject commerce ? Elle semble se reposer sur l’interdiction théorique de la Convention de Washington ; pourtant une opposition nette, franche et sans appel de cet usage permettrait de rappeler à la communauté chinoise que l’ours Lune, menacé d’extinction, n’a que trop souffert de ces pratiques hors d’âge.

 Michèle Jung

Responsable du groupe français Animals Asia

mjanimalsasiafrance@gmail.com
http://www.animalsasiafrance.com

 


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