Racisme or not racisme ?

Une tempête déferle sur le monde et agite la société : La police est elle raciste ?

Une tempête déferle sur le monde et agite la société : La police est elle raciste ?

Les preuves semblent s'accumuler en faveur du OUI, des Amériques du Nord et du Sud, à l'Europe (France en première place) en n'oubliant pas l'Asie ni l'Afrique.

Un ami me disait l'autre jour : « Il n'y a pas plus de racistes dans la police que dans la société française, et dans toutes les catégories socio-professionnelles ! »

J'avoue que d'un point de vue philosophique cela est envisageable, et peut-être même en réalité. Car on constate que l'intolérance, le rejet de l' « autre » et le racisme augmentent dans les périodes de l'histoire aux moments où les conditions de vie se durcissent au point où la partie de la population la plus fragile socialement et économiquement est en train de souffrir et  il devient vital pour la classe dominante de trouver un exhutoire pour dévier la colère née de la souffrance, de la faim et de l'angoisse d'un lendemain pire que le présent.Alors oui ce soubresaut est vraisemblablement partagé par toute la société, mais pas avec la même intensité selon votre classe sociale.

Au moyen-âge, dans les périodes critiques, on organisait des pogroms pour massacrer les juifs, avec l'assentiment des puissants et de l'église. On s'appuyait, alors, sur la responsabilité des juifs dans la mort du Christ. Le mobile était donc plutôt « religieux » (et économique, car au passage on spoliait les biens des personnes qu'on détruisait ou qu'on exilait.) Robert Merle dans « fortune de France » rappelle que la guerre, les duels et les combats participent des mêmes pratiques : on prend ce que possédait celui qu'on a tué.

Dans les pays dits « civilisés », pour « absoudre » les horreurs perpétrées dans le cadre du colonialisme, on a élaboré des théories de « races supérieures » et de « races inférieures » en s'appuyant sur des interprétations fallacieuses de Darwin.

Ce qui autorisait « moralement » en apportant la bonne parole (religieuse) pour civiliser (puis pacifier, par les armes) ces populations inférieures (païennes), et « éventuellement » en tirer profit pour le commerce. Un autre prétexte était l'exploration à but scientifique. Sans oublier l'accroissement de territoire, et d'impôts, pour les états colonisateurs. Apporter la civilisation à des « non-humains » absolvait bien des « bavures ».

 

Mais il ne faudrait pas que l'arbre du « racisme-de-couleur », cache une autre forme de « racisme », pratiqué le plus durement dans les moments ou apparait une volonté de justice sociale de la part de ceux qui sont exclus du « droit à une vie digne » : comme dans les années 20 en Italie ou les années 30 en Allemagne et en Espagne. (voir le film 1900 de Bertolucci)

 

Et très récemment, comment ne pas voir que la violence subie par les gilets jaunes, les écologistes, les infirmières et tous ceux qui demandent la justice sociale, est la même que celle pratiquée aux USA à l'égard des populations noires. Car n'oublions pas que nous avons, en France , (pays des droits de l'homme /et de la femme?) des personnes mortes lors d'interpellations « musclées » de policiers utilisant des techniques dangereuses et létales. Sans oublier des centaines de vidéos montrant des violences extrêmes à l'égard de manifestant-e-s pacifiques.

Alors « On » nous répond : « ...Et les attaques de gilets jaunes avec des boulons et des boules de pétanque ?!hein ?! ».

Je réponds simplement « Combien de policiers ont perdu un œil, une main, et ont eu plus d'une semaine d'arrêt de travail ? », alors que ceux qui ont perdu un œil ou une main,...

Il y a effectivement une disproportion insupportable, dans la pratique de la (dés)information du pouvoir (de tous les pouvoirs) dite « technique-du-paté-d'alouette » : on appelle « pâté d'alouette » un pâté dans lequel on met, dit-on en proportion équivalente, deux catégories de viande. (du cheval et de l'alouette). Ce qu'on ne dit pas c'est qu'on met un cheval et une alouette. Je vous laisse imaginer la quantité d'alouette contenue dans ce mélange par rapport à la quantité de cheval, alors qu'on l'appelle « pâté d'alouette ».

Donc en renvoyant dos à dos les deux « victimes », la police et les manifestants, on semble être objectif et équitable, alors qu'il s'agit d'un « sophisme » : on triche sur les éléments constitutifs du raisonnement pour manipuler la conclusion et dissimuler la réalité.

En conclusion je propose de considérer que le racisme de classe sociale, pratiqué ordinairement par l'oligarchie (les premiers de cordée et leurs sbires), ne doit pas être occulté par le « racisme-de-couleur »bien réel.

...Et concernant la police, peut-être devrions-nous, ne pas faire de raccourci en la traitant uniformément de « raciste » et/ou de «violente », car il existe des policiers respectueux et humains qui essaient de faire leur travail correctement et qui risquent de se rapprocher de leurs collègues « extrêmistes », par ras-le-bol de se faire traiter, sans distinction, comme ces collègues qu'ils dénoncent parfois.

Sans oublier que beaucoup de situations dramatiques vécues par les gilets jaunes et autres manifestant-e-s ont été le résultat d'ordres incohérents (?) des gradés aux ordres des préfets, donc du gouvernement. (nassages et gazages...)

 

Alors ? : racisme de couleur ou racisme de classe? violence policière ou violence d'état ?

 

Daniel Coutant

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