La gifle de MACRON

On a osé gifler Macron, le chef de l'état ! Horreur ! Malheur ! Tous les politiciens sont horrifiés ! C'est un scandale ! Quelle violence !

Combien de ces « charmantes personnes » ont-elles versé une larme pour les actes de mutilation subis par les gilets jaunes ? Combien ont exprimé un regret, un cri d'horreur ou une interrogation à l'égard des trente mutilés (mâchoires brisées, yeux crevés, mains arrachées, atteinte délétère des poumons et des yeux lésés par la toxicité des gaz lacrymogène utilisés), Combien ont-il exprimé une désapprobation à l'égard de la violence gratuite qui s'est déchaînée pour les faire taire, ou pour pleurer les morts ? (un livreur assassiné par manque d'oxygène du fait des techniques policières d'interpellation alors qu'il était au travail, et Zineb Redouane tuée par une grenade de désencerclement en fermant ses volets). Dégâts collatéraux me direz-vous ?

Ah bon ? Combien de policiers sont-ils morts ? Combien ont-il été mutilés ?

Et tout ça sans réelle mise en cause des responsables.

Seuls quelques députés dont Jean Luc Mélenchon et ses collègues insoumis ont exprimé leur colère à l'assemblée nationale.

Et là M Macron a reçu une petite gifle et toute la classe politique s'émeut et crie au crime de « lèse majesté ».

D'ailleurs c'est avec phrase qui fait bien référence à un roi que le jeune homme a accompagné son geste : « Montjoie Saint Denis » remis au goût du jour par le film « les visiteurs ».

Alors, geste d'un royaliste ? Ou simple moquerie d'un étudiant en référence à ce film « juste pour plaisanter » ?

Macron a-t-il laissé faire cet échauffourée pour contrebalancer l'éventuel effet d'empathie de la population envers les insoumis et Mélenchon, et ne pas laisser l'avantage à ces derniers ? Ou bien est-ce complotiste de penser cela ?

Quoi qu'il en soit encore une fois nos hommes et femmes politiques n'ont fait preuve d'aucune pudeur ni aucune capacité de juste mesure sociale, car mettre en exergue la gravité de ce geste en occultant totalement et irrémédiablement le martyre des gilets jaunes prouve, s'il en était besoin, que, comme le partage des richesses, la justice et la compassion sont à l'aune de la valeur que l'oligarchie attribue à ceux qui ne sont rien !

Comme le disait le milliardaire américain Warren Buffet en 2005 : « la guerre des classes sociales existe bien et nous (les riches) sommes en train de la gagner ! »

Comment disait l'autre ? Ah oui : « liberté, égalité, fraternité » à vos souhaits !

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