J'adore les série policières, mais dans la vraie vie... ?

J'adore les série policières, mais dans la vraie vie... ?

J'adore les série policières, mais dans la vraie vie... ?

 

Dans les séries policières l'humanité des policiers nous les rend proches,et comme il s'agit de meurtres, on accepte une relative rugosité de la justice : le coupable doit être pris !...

 

Dans la vraie vie les actes pourtant « citoyens », sont de plus en plus stigmatisés comme « criminels ».

 

Naguère les manifestations, plutôt « bon enfant » (il suffisait dans nos petites villes d'informer la gendarmerie et on discutait de l'itinéraire en début de manif), ont, depuis la COP 21 en 2015, été encadrées, par des « articles de loi de plus en plus « restrictifs », appliqués « à la lettre » par les « forces de l'ordre ». Et la justice a instauré des actes répressifs ou préventifs, plus proches de l'état d'urgence que de l'état de droit. (interdiction de manifester)

 

Le 5 janvier 2019, notre déclaration de manifestation GJ,(donnée deux jours avant au lieu de trois, et avec juste signée «les gilets jaunes du sarladais», au lieu de noms propres), n'étant pas « conforme au texte de loi », a été déclarée illégale !... Et comme elle a eu lieu, deux gilets jaunes (sur plus de100)ont été mis en garde à vue.

 

Parallèlement, le matraquage systématique des manifestants, le gazage, la mise en GAV (garde à vue), le tir de LBD (avec son lot de mutilés), la prison et les amendes devenaient « la norme » en France. La violence a été systématiquement attribuée aux gilets jaunes, par les médias dominants (appartenant aux milliardaires), ce que démentent les milliers de vidéos prises en direct lors des manifs, et visibles sur YOUTUBE...

...Et maintenant le même traitement est fait aux pompiers.

La violence comme unique réponse aux attentes sociales n'apparaît-elle pas comme une dérive autoritaire ?

Conséquence : depuis quelques mois je regarde d'un autre œil les séries policières, car je m'identifie plutôt aux personnes « interrogées » et, ce qui me paraissait quasi normal avant, m'est devenu « anxiogène », car je sais maintenant qu'« On peut être innocent et se retrouver fiché en ayant une conduite citoyenne responsable et respectueuse des individus» !

 

Par ailleurs, dans l'affaire des voitures brûlées de la députée en décembre 2018, des gilets jaunes, dont moi, avons été interrogés. Normal : des gilets jaunes étaient évidemment les auteurs de l'acte. L'enquête débutait...

 

Or le vingt-trois septembre dernier, nous avons à nouveau été interrogé sur la même affaire. Apparemment, rien de nouveau l'enquête suit toujours son cours. Cette fois-ci les gendarmes nous ont pris notre ADN, avec cette petite phrase : « si vous n'avez rien à vous reprocher vous ne risquez rien ! » imparable effectivement ! J'ai donc obtempéré, étant innocent.

 

Mais compte tenu de la manière dont la justice agit à l'égard des «dissidents», on est en droit de se demander comment pourra être utilisé cet ADN. Ne risque-t-on pas de le voir instrumentalisé ? Même s'il est écrit que « l'ADN sera détruit en fin d'enquête », quelle preuve avons-nous qu'il sera réellement détruit ? L'enquête durant depuis dix mois, ne risque t-elle pas de durer indéfiniment ?. Et alors mon ADN restera-t-il dans un dossier ?

 

Soyons honnête, les gendarmes nous reçoivent avec respect et cordialité, dans une ambiance respectueuse. Ils sont affables et discutent sereinement entre eux et avec nous.

Mais comment être sûr que la justice n'aura pas de « bug » ?... Ni que l'évolution des lois de plus en plus « restrictives » ne risque pas, d'aggraver la gestion des militants, même respectueux de l'ordre public et des citoyens ?

Exprimer des désaccords avec l'état deviendrait-il répréhensible ? n'est-ce pas déjà taxé «d'extrémisme» voire de «terrorisme» ?

Évidemment nul n'étant censé ignorer la loi, (article 1 du code civil écrit en 1804 par Napoléon) le risque d'être considéré « hors la loi » devient de plus en plus facile, puis qu 'elle évolue sans arrêt.

 

Et ça c'est un peu angoissant dans le contexte actuel !... Même si des sites de justice vous garantissent que les juges ne font jamais référence à cet article qui est plus fantasmé par les citoyens qu'utilisé en justice.

(Tapez « nul n'est censé ignorer la loi » et vous verrez.)

Daniel Coutant

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