"Indignez vous" disait Stéphane Hessel ! Et après ? ...

Tout le monde avait apprécié le texte de Stéphane Hessel "Indignez-vous", car il représentait la caution d'un résistant contre les nazis et contre l'injustice généralisée du monde. Et ces valeurs ont conduit durant sa vie entière cet homme dans un combat total jusqu'à sa mort.

Actuellement qui prend ce relais ? Contre qui ou quoi faut-il s'indigner ? l'indignation doit-elle avoir ses limites ? et si oui lesquelles ?

De la même manière que les valeurs de justice et de lutte contre l'oppression sont les valeurs auxquelles tout le monde aspire et que chacun espère ressentir et trouver dans l'art : récits, romans, films et paroles de chansons :  Robin "l'encapuchonné", (et non "des bois", nom qui résulte d'une erreur de traduction : "hood" et "wood"), Zorro (qui combat l'injustice), les incorruptibles (qui combattent la corruption et le crime organisé), la chanson de France Gall (résiste),etc..., Pourquoi ces valeurs ne sont-elles pas concrètement défendues dans la vie réelle, ni par les lois, ni par les hommes politiques ni par la population qui ne participe pas aux luttes sociales pour défendre ces droits sacrés ?

Pourtant la République est caractérisée par la morale d'équité dans ses préceptes : liberté, égalité, fraternité.Nous assistons régulièrement, grâce à des enquêtes et des articles, à la corruption généralisée : "panama papers","Exils fiscaux réguliers", "détournements de biens sociaux", "élites politiques" qui passent régulièrement du service de l'état à des entreprises privées (et qui inversement reviennent dans le public, avec leurs carnets d'adresse), "dysfonctionnements sociaux avérés et reconnus" (lois qui permettent l'enrichissement des riches et l'appauvrissement des "petites gens qui ne sont rien") pourquoi, disais-je cela se passe-t-il dans une indifférence totale de la population ?Ce qui permet ainsi à tous les acteurs du pouvoir de continuer ce honteux et immoral fonctionnement. Tout le monde sait cela mais peu de personnes se battent contre.Et quand des défenseurs de la justice sociale ne se laissent pas faire et réagissent fermement on les stigmatise aussitôt en cachant le contexte réel : l'injustice criante dans le traitement entre certains (qui sont du bon côté du pouvoir) et d'autres qui gênent ce pouvoir.

Car ne nous le cachons pas il y a bien trois poids et quinze mesures face à la justice, entre la "perquisition" de Benalla qui s'est interrompu avec "juste un petit ruban" (et qui lui a permis de faire enlever son armoire à armes pendant la nuit ), et les "perquisitions" musclées (plus de cent policiers en armes et gilets pare balles) accréditant l'hypothèse que les "forces de l'ordre" s'attaquaient à des "gens dangereux" en se rendant dans les locaux de Jean Luc Mélenchon.

Ne parlons pas même des perquisitions chez Fillon et Lepen dont on peut sérieusement penser qu'elles se sont déroulées d'une manière plus "urbaine", malgré ce qu'affirment tous les médias qui n'en savent rien mais ne perdent jamais une occasion de salir et de discréditer des personnes qui pourraient "gêner"le bon déroulement de la "casse sociale", "économique" et "politique" organisée par la "République en marche".( dont le substantif apparait aussi usurpé que celui des "Républicains". Car qu'y a-t-il de républicain dans l'iniquité sociale et économique actuelle, alors qu'en REPUBLIQUE CHAQUE CITOYEN EST EGAL A SON VOISIN ?

 Face à ce manque de réaction populaire, lors des manifestations légitimes face à la destruction de notre "modèle social",  Macron et son gouvernement (ce n'est pas nouveau en effet) agissent sournoisement en parlant beaucoup et en faisant concrètement tout le contraire : à les écouter le pouvoir d'achat va bien, l'écologie a été mise "en Marche", alors que force est de constater que les lois qu'ils font voter enclenchent, entérinent et construisent le contraire.

La révolte ou rébellion est un sentiment d’indignation et de réprobation face à une situation. Elle est aussi, dans un sens plus précis, le refus actif d'obéir à une autorité. Elle correspond donc à une large gamme de comportements : non-respect des normes sociales, désobéissance, tentatives d’insurrection, mutineries, rébellions, tollés. Celui qui se soulève de cette façon est désigné comme rebelle.(wikipedia)   

En France, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789  affirme le droit de résistance à l'oppression comme un des droits de l'homme avec la propriété, la sûreté et la liberté ;
(la constitution des états unis d'Amérique de 1787 dit la même chose)    

 Dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1793 : Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. » - Article 35. Ces droits sont réaffirmés dans la déclaration de 1948.
Actuellement on pourrait décliner ces droits ainsi : droits à la dignité, à vivre dignement et dans un environnement respecté et non "pollué constamment", ni détruit par la pollution,  droit à une nourriture saine, une eau saine, un réseau électrique sain et non pollué par les CPL du Linky, etc...)(NDLR) (liste malheureusement non exhaustive)

Or que subissons-nous depuis des décennies et plus particulièrement avec Macron, quand dans le même temps il vole aux petits pour donner aux plus riches ? Quand chacune de ses paroles affirme son dédain pour les "derniers de cordée" ou "les gens qui ne sont rien", ou les "feignants", qu'on va "remettre à leur place" et qu'"on" ne cédera rien. Ne devons-nous pas nous indigner ? Résister ?D'ailleurs dans son dernier discours il affirme ne rien changer à sa ligne politique.  (Donc le mépris et le non respect des citoyens va continuer.)Avec l'augmentation de 1,7% de la CSG, il vole à un couple, en un an, l'équivalent des intérêts acquis  patiemment sur leur PEL depuis quatorze ans. Et cette spoliation va continuer pendant les années suivantes.

 "Economisez, gérez votre épargne, soyez vigilants à ne pas être dispendieux vous vous enrichirez" nous répète sans arrêt le pouvoir, stigmatisants les "cassos" qui sont toujours en train de se plaindre.En répétant ces préceptes sacrés et en voulant nous instruire, par pédagogie, sur la manière de réussir dans une société libérale, le pouvoir espère nous faire croire à la devise de "l'american way of life", (vous connaissez la fable de M Rockefeller qui cherche du travail pendant la crise de 29 et qui devant un éventuel patron, se baisse pour ramasser une épingle à terre, ce que voyant, le patron l'embauche illico fasciné par son esprit "économe".) Cette fable accrédite la croyance en l'enrichissement par le travail. Chacun peut constater la non réalité de cette fable.D'ailleurs sa réponse à la retraitée qui se plaignait de l'augmentation de la CSG, dernièrement, est du même esprit : "vous auriez du vous payer une retraite complémentaire".(avec un SMIC ?)

 Sans compter les mensonges éhontés de l'état qui disait que seules seraient impactées les pensions de 1200€ et plus, laissant accroire à une "relative" justice sociale dans la ponction, alors que même les "très petites pensions" ont été impactées : une retraitée agricole rencontrée récemment, touchait 580€ et il lui a été pris 10€(donc 120€/an). Face à ces mensonges quotidiens, à la paupérisation flagrante au profit des plus riches, les seuls qui ne feignent de voir, (ou ne voient réellement, ce qui serait d'un cynisme éhonté) dans la colère et l'indignation, que la méchanceté ou que l'agressivité d'un homme qui est "dérangé", sont vraisemblablement ceux qui sont protégés de toutes ces indignités, et à l'abri des attaques continuelles du pouvoir et de la destruction du tissu économique et social.

 Regardez la manière dont, localement, nous subissons l'équivalent, d'un politicard "intouchable" et tout puissant. Ne ressentez vous pas de colère à son égard. Et quand vous êtes face à des exactions la seule chose qui vous retient d'exploser c'est la peur d'en prendre un peu plus sur la tête de la part de la police(ou de la justice)(je parle en connaissance de cause).

Admettons que les insoumis ont "transmuté" cette peur pour exprimer leur légitime colère devant une telle injustice de traitement entre la "perquisition" de Benalla et celles des insoumis. Peut-on parler d'une même justice ?

 On peut légitimement ressentir que ces accumulations, plus le dédain des "marcheurs" à l'Assemblée Nationale", (qui jettent systématiquement à la poubelles tous les amendements du groupe insoumis, avec un sourire dédaigneux et méprisant, visible en vidéo) a participé à exacerber la colère des insoumis.

 D'autant plus que les heures passées avec la police en "interview" est du temps de moins pour essayer d'amender les textes discutés à l'assemblée nationale ou en tout cas faire entendre leur parole en propositions divergentes à celles du pouvoir. Donc une atteinte politique au travail des députés gênants.

(à suivre...)

 Daniel Coutant

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