Mark Zuckerberg utilisé par la presse contre Bill Gates ?

Le jeu est rien moins que malsain. Pratiqué par des hommes d'entreprises insuffisants qui compensent leurs manques par un réseau de journalistes auxquels ils sont liés par divers liens, certains plus évidents que d'autres. Le jeu donc est là, tel que pratiqué dans les cours d'école : obtenir une interview puis, lors de sa réalisation, par un nombre de sous-entendus et provocations à peine voilées déstabiliser son interlocuteur que l'on sait en situation tendue. Obtenir de lui des propos malheureux, venus en expression d'une irritation légitime. L'interview n'a pas été prise par hasard, et les conseils prétendument avisés de ceux qui avancent qu'il faut toujours passer par la case départ induisent parfois en erreur.

Le journaliste est là, réjoui. Il a sa cible. Plus tard, il se tord-boyautera en racontant, et le nombre de reprises passera le maximum jamais atteint. Les claviers s'activeront, qui de dire « je viens de balancer, à toi », qui de demander « et si je rajoute une louche, ce serait pas mal, qu'est-ce que tu en penses ? »

Il faudrait être aveugle pour ne pas voir.

Donc Bill Gates s'est fait piéger. Donc il a eu des mots malheureux. Quel journaleux tiendrait dans sa position, je me le demande. Paravent d'autres qui avancent masqués, dirigeant la presse depuis des lustres, présenté comme « l'homme le plus riche du monde », qu'il n'est pas, dès lors que toutes les richesses ne sont pas répertoriées, loin s'en faut, en position dans laquelle garder son statut est prudence. D'autant que la question des réseaux humanitaires non dévoyés ni récupérés en quelque façon mérite d'être posée.

L'entretien est de septembre, publié par le Financial Times le 1° novembre,Forbes en tire encore des ficelles. 

Est-ce dans les égouts que les journalistes écrivent ?

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