Reuters, Forbes, Bloomberg...et leur détermination commune à nuire à Bill Gates

Le plan commun est une notion assez classique en droit international, et se démontre aisément de l'extérieur dans le cas des écrits journalistiques. Il suffit d'en faire une analyse objective sur une certaine durée.

Le premier exemple d'intention de nuire qui vient à l'esprit est les classements mensongers de Forbes qui permettent de placer Bill Gates en bouc émissaire, de ne cesser de se référer à lui comme l'homme le plus riche du monde qu'il n'a jamais été. Il y a là une stratégie récurrente et une tolérance assez consternante de l'ensemble des médias. Personne n'ignore que la fortune des Rothschild, pas plus que celle des Rockfeller ne paraît dans ces classements, alors que l'une et l'autre sont largement supérieures à la sienne, ce que montre, pour les Rothschild, entre autres éléments d'informations valides, cette vidéo reprise par le site celebritynetworth.

Il est évident que ce seul fait est préjudiciable, d'autant plus que les médias ne peuvent ignorer que Gates Sr a été/est l'avocat des Rothschild, ce qui met Bill Gates dans une position rare, et dont peu nombreux sont ceux qui auraient les ressources d'y garder leur santé mentale.

Comment l'homme prétendument le plus riche du monde pourrait-il se plaindre ? Et comment pourrait-il s'opposer à un avocat qui a présidé le barreau de Seattle et celui de Washington, cet avocat étant son propre géniteur ?

Des écrits circulent, sans le moindre démenti, sur les maltraitances endurées par Bill Gates, sur la fonction protectrice qu'a joué l'investissement dans l'informatique. Une employée de Microsoft qui a eu à subir la violence de Gates Sr, Joan Brewer, a mis en ligne nombre d'informations sur ses pratiques, et il est peu probable que les médias les ignorent.

Quant à Bill Gates, difficile à vingt ans de créer sa société et de refuser que celle-ci soit cliente de son géniteur. Difficile de s'opposer à ses méthodes, d'autant que rapidement la Société a pris une surface qui compromettait une confrontation souhaitable. La sangsue cramponnait sévère. On ne lâche pas pareille progéniture.

Ce schéma dans lequel Bill Gates a grandi, et dans lequel il a été en tout premier lieu utilisé pour le bénéfice de l'autre n'a cessé de se reproduire. On ne compte plus les personnes qui ont profité de lui sans jamais se soucier de la réciproque. Ballmer en est un exemple. Jean-Philippe Courtois, un autre, lui qui, ingénieur commercial recruté en 1984 est aujourd'hui Président de Microsoft International. A nouveau, des écrits circulent qui attestent de ce qu'il a eu connaissance de pièges tendus au fondateur de Microsoft, et qu'il n'a pas posé un acte pour les dénoncer ou s'y opposer. Les faits énoncés sont graves et n'ont pas reçu de démenti.

Si l'on reprend l'article du WSJ du 5 juin 2008 Gates-Ballmer Clash Shaped Microsoft's Coming Handover traduit par Steve Ballmer et Bill Gates : une histoire semée d'embûches, il est évident que Ballmer avait des moyens de faire chanter Bill Gates -probablement entre autres par le dossier Joan Brewer-. Nul n'a su ce qui s'était dit lors de leur entrevue, mais il y avait un rapport de forces évident qui n'était pas en faveur de Bill Gates, contraint qu'il fut de reconnaître si je prends la traduction de PC Impact «qu’il était celui qui devait le plus modifier son comportement, indiquant que Steve Ballmer était réellement penché sur le travail d’équipe et la recherche de buts communs. Il a également ajouté qu’il devait trouver et supprimer les comportements personnels qui nuisaient à cette démarche, comme les sarcasmes lancés dans les réunions.» La suite a montré que Ballmer bien au contraire opposait les employés plutôt qu'il ne favorisait le travail d'équipe. Microsoft a connu avec lui sa décennie perdue.

Celui qui a cédé sa place est Bill Gates. Beaucoup l'ont regretté.

Sur le départ, Ballmer n'obtient que 47% d'approbation de la part des employés. Et la fuite des têtes est langage. Là encore la presse n'a cessé, reuters en tête, de prétendre les choix de Ballmer validés par Bill Gates, et de le rendre co-responsable des mauvaises stratégies. Alors même que, et c'est là qu'on ne peut s'empêcher de penser au célèbre livre « l'effort pour rendre l'autre fou » Ballmer utilise à fond la presse et toutes ses ressources, de la façon la plus déloyale. On est donc en face d'un homme dont on dit qu'il serait co-responsable d'actes qu'il n'a pas les moyens de commettre. Quand Techrights illustre l'utilisation faite de la communication via les médias, c'est Ballmer qui utilise ces méthodes, pas Bill Gates. Et le 1° octobre reuters a accepté de publier sous couvert d'anonymat un article diffamatoire dont elle savait qu'il allait être très relayé, alors qu'à l'évidence, les trois actionnaires était Ballmer, Kevin Turner et David Marquardt. Value Act aurait eu un rôle que je n'en serais pas étonné, mais il semble bien que les trois actionnaires aux 5% de parts soient ceux-là. Reuters validant et orchestrant cette cabale ordurière posait un acte des plus étonnants au regard de relations normales puisque le 23 août elle écrivait que Ballmer était un ami et un confident de Bill Gates. On voit là toute la perfidie. Comment concevoir de valider un acte qui annule complètement une information communiquée moins de deux mois plus tôt ?

Mais là où le calcul est patent, et la détermination à nuire évidente, c'est dans le timing. Plusieurs interviews de Bill Gates ont été faites en septembre, et publiées uniquement depuis le 1° novembre. Chaque fois très relayées. Il y a eu celle du Financial Times, puis celles de Wired. Bill Gates n'étant pas seul président de la Fondation, mais le plus représentatif, nul ne sait qui a organisé ces interviews, mais ce qui est certain, c'est que Warren Buffett a affirmé à Bloomberg qu'il y avait zéro chance que Bill Gates revienne chez Microsoft. Il est évident que ça ne serait pas dans son intérêt à lui, et Bloomberg n'a pas pensé à lui demander s'il avait reçu quelque confidence.

Et ça ne cesse pas. Un candidat en interne était réputé mystérieux.Bloomberg immédiatement positionne Kevin Turner, sans expliquer pour quelle raison il aurait eu besoin deux jours durant de rester mystérieux, là où ce seul indice suffisait à identifier le candidat délibérément empêché de se positionner.

Il ressort de ces différents éléments que Bill Gates est régulièrement utilisé avec bien peu d'égards pour sa réalité. Depuis que l'on sait Ballmer sur le départ, s'il est clair pour beaucoup que le meilleur CEO serait le fondateur de la Société, on s'autorise à dire que ce qu'il fait est plus important, après s'être débrouillé pour obtenir de lui une confirmation, à un moment, où s'il avait un désir bien compréhensible de reprendre les rênes de Microsoft, ça ne semblait pas envisageable, et il ne pouvait que faire contre mauvaise fortune bon cœur. Les adieux de Ballmer étaient programmés, et il était évident qu'il allait faire le show propice à s'entendre dire « reste, Steve ». Comme il était évident que la presse allait relayer, ce qu'elle n'a pas manqué de faire. 

La collusion entre ces différents supports, son évidence, comme l'évidente certitude de n'avoir jamais à rendre compte, et donc la communication débridée d'informations qui signent un parti pris, et une détermination à empêcher Bill Gates de se positionner est un indice qui mériterait d'être évalué à la hauteur des dysfonctionnements qu'il révèle.

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