Ça fait 48 ans que je suis parmi vous...

Et le bilan est effrayant. On est dans la merde!

Nous vivons dans une société tellement pauvre et misérable que nous avons oublié jusqu'à notre esprit critique.

La terreur et l'impuissance ont pris toute la place dans notre vie. Nous sommes certainement la civilisation la plus malade qui ait existé. je ne suis pas historienne mais de mon point de vue, nous n'avons jamais été plus indifférent à l'autre que dans toute notre histoire.

Selon moi, la crise sanitaire que nous traversons a le mérite de mettre en lumière la réalité de la décadence de notre société.

On peut toujours chercher un domaine dans notre société qui fonctionne ou qui profite à chacun, nous n'en trouverons pas. Parce-qu'il n'y en a pas.

Suis-je la seule à ne pas pouvoir m'ôter le souvenir récent de notre jeunesse mise à genoux avec des armes de guerre pointées sur leur tête et fiers au point de diffuser ces images à travers la télé? De mon côté, j'ai fait connaissance avec la rage. C'est à ce moment que j'ai compris à quel point nous étions dans la merde. 

Si nous sommes prêts à accepter que l'on frappe, blesse ou enferme ou tue nos enfants alors nous sommes tous morts. Ce n'est qu'une question de temps. C'est toujours une question de temps.

Plus d'esprit critique, cela signifie que nous ne sommes plus les maîtres de nos pensées. Mais si nous ne sommes plus maître de nos pensées, de quoi pouvons-nous être maître? ben de rien en fait. 

Notre esprit critique a été vendu à la terreur et à l'impuissance. Les enfants ont peur de leurs parents. Quand ils sont un plus âgés, ils ont peur et de leurs parents plus dus sytème policier plus le système judiciaire. Très tôt, l'esprit critique est oppressé, écrasé par la violence et la force brutale.

A l'école, l'esprit critique n'est pas à l'ordre du jour non plus. Seule les règles et l'obéissance aux règles est au programme. D'ailleurs on ne prend même plus la peine de leur enseigner le codage, le décodage et l'encodage d'informations. En d'autres termes on ne leur apprend plus l'art de communiquer, la lecture et l'écriture. A la place, on leur bourre le crâne de règles, de morales, de politesses, de protocoles de mes couilles. Mais surtout ne pas les questionner et éviter toute question de leur part. En réalité, tout le monde se fout de connaître les états d'âme d'un jeune.

Jusqu'alors, le jeune est considéré comme un imbécile, qui fait du bruit et qui fait chier avec ses états d'âme. regarde maman et papa, tous les matins, pour aller au taf, papa et maman dépose leurs âmes dans le tiroir et partent joyeusement travailler. Il n'y a aucune raison que ces enfants fassent autre chose.

D'autant plus que ces enfants entendent comme vous et moi tout ce que leur parent disent en rentrant. Je ne sais pas ce que raconte les parents aujourd'hui à leur gosse. On ne peut même plus leur dire que d'aller à l'école et de bien obéir, tout se passera merveilleusement dans leur vie?

Et non, cela ne fonctionne plus non plus. J'ai 48 ans et je n'y croyais déjà plus du temps de ma jeunesse... Aujourd'hui je demande à) mes enfants de se joindre à moi pour m'aider à changer les choses car si on ne les protège pas alors il ne faut pas être sociologue ou devin pour deviner que sans enfants, nul avenir. 

Pendant le confinement j'ai entendu certains parents se plaindront de passer autant de temps avec leurs enfants et que cela représentait souffrance ou peine. je me suis demandé ce que pensent les enfants qui ont entendu ce genre de témoignage ou de complainte. je ne sais trop comment l'appeler. Ils avaient vraiment l'air de souffrir d'une trop grande présence de leurs enfants. Putain, on est dans la merde.

Quand j'entends des enseignants se plaindront et reprendre quand même le chemin de l'école ou du collège ou du lycée ou de l'université juste parce-que leur patron ne leur pas permis d'exercer leur droit de retrait, ça me fait bien sourire tellement c'est hypocrite. Ils sont aux aussi la représentation parfaite de manque d'esprit critique au profit d'une obéissance aveugle envers leurs patrons. On veut bien critiquer voir dénoncer mais de là à s'opposer? Et non ,faut payer les traites et les crédits. Ya des priorités dans la vie! 

Et comment on va faire sans argent m'a rétorqué mon mari? je lui ai alors répondu que l'argent n'était pas le vrai problème. L'argent est un moyen, rien d'autre. Seuls son usage et sa répartition posent un problème.

Pour autant, l'argent n'est pas un moyen unique d'échanger et encore moins de partager. Et quand bien même, il reste un moyen. Mais si les moyens ne sont pas identiques pour chacun alors il est inutile de vous éclairer sur le problème des inégalités entre nous tous. Nous avons construit notre société sur l'inégalité et les différences en tous genres et  certains se demandent encore pourquoi notre société est devenue si pauvre.

Nous avons bâtis notre société sur le principe que pour avoir, il faut prendre à l'autre. C'est la définition exacte du principe du système capitaliste. Le système économique actuel quoi! Tout est axé sur ce principe.

Mais à bien y regarder, prendre à l'autre pour avoir est aussi la définition du vol. 

Nous avons construit toute notre société sur le principe du vol. Mais des vols organisés, votés et entérinés par des lois. La boucle est bouclée. Le droit commun et le droit privé ne peuvent co-exister. C'est soit l'un soit l'autre mais ce ne peut être les deux. Des droits privés bien entendu qui ne profitent pas à chacun et chacune. Juste à celles et ceux qui organisent le vol. C'est quand même ceux là qui ont le plus à perdre si nous changeons la donne. C'est quand même le comble de la Justice de valider ou d'entériner des lois qui ne couvrent pas l"ensemble des individus. Ces lois n'ont aucune valeur et sont donc nulles et non avenues. 

Il n'est donc pas très étonnant qu'ils se servent de tous les moyens pour protéger leurs intérêts personnels. Voilà pourquoi ils cherchent à nous maintenir divisés. Ils savent très bien que nous sommes bien plus nombreux qu'eux. Ils savent que tant que l'on restera divisés, ils seront à l'abri et pourront continuer à nous voler et nous abattre comme des riens. 

Nous savons tous ce qu'il en est de l'état de notre société, de notre pays. Et cela me glace le sang de savoir que la France est devenue un état autoritaire où règne la terreur et l'injustice. La honte est inévitable. Le pays de la démocratie des valeurs et des droits de l'homme. Ce pays faits d'hommes et de femmes paisibles et prospères, toujours prompts à célébrer ou fêter la vie. Des mots aujourd'hui que certains se vantent de définir comme des utopies. Ceux-là même qui vous disent que vous êtes trop cons pour comprendre les décisions des personnes responsables. En d'autre termes, cela sonne plutôt comme : ferme ta gueule, parce-que même si cela ne te plaît pas, c'est comme ça. C'est ce que j'appelle la continuité pédagogique.

C'est leur seul et unique diktat. Eux, ils savent, eux ils comprennent, eux ils décident et eux se foutent pas mal de ce qu'on en pense Etant donné qu'ils n'ont que pour objectif de contrôler jusqu'à notre volonté.

Vous pouvez appeler cela comme vous voulez moi, de mon point de vue, j'appelle cela une dictature.

Avec tout mon amour. Même s'il m'est difficile de vous aimer, étant donné que je n'ai appris qu'à avoir peur de vous, tout au long de ma putain de vie.

Peur, obéissance et impuissance. Si vous cherchez encore des responsables à notre situation, demandez-vous quelle place tiennent ces mots dans votre vie. 

Soyez honnêtes, car sans l'honnêteté point d'intimité et sans intimité point de relation et sans relation, l'espèce humaine disparaît.

Le temps du choix est venu : soit nous nous résignons et nous mourrons, soit nous combattons et reprenons le contrôle de nos existences. Nous n'avons aucun autre choix. Et les deux ne peuvent co-exister.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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