Mediapart : qui sommes-nous ?

Il est à mes yeux assez clair que Mediapart n'est certainement pas un journal neutre d'information, mais un site, dans son ensemble de partis pris, en faveur :

- du féminisme et des mouvements actuels # MeToo et #BalanceTonPorc. Mais, paradoxalement, Mediapart prenant parti pour le port du voile, aux dépends de la libération de la femme. Car qu'il y ait actuellement une grande hystérie qui se manifeste sur les réseaux sociaux, et au travers des médias, sur toute cette question du voile, c'est à n'en pas douter. Qu'il y ait des racistes patentés, déguisés derrière leur lutte anti-voile (ou foulard) des femmes musulmanes, c'est à n'en pas douter non plus. Mais vouloir faire passer pour des racistes déguisés, ceux (et surtout celles) qui sont en faveur du dévoilement - , donc en faveur de l'émancipation de la femme - contre ce que je pense être une certaine soumission -, est d'une très grande malhonnêteté intellectuelle, et finalement une très grande insulte et de l'irrespect fait aux femmes. Mais être en faveur ne veut certainement pas dire obliger, et si l'on peut encourager, à la fois l'émancipation de la femme, mais aussi la laïcité qui doit être celle de la République d'État - "l'État chez lui ; les Églises chez elles" -, encourager la laïcité pour éviter tout prosélytisme (ou influence religieuse), tout communitarisme et islam politique, mais aussi comme une bonne volonté d'un mieux vivre ensemble -, qu'on laisse cependant les femmes se vêtir comme elles veulent, et s'émanciper seules.

- des mouvements (PMA, GPA), loin des réflexions de l'excellente philosophe Sylviane Agacenski (cf "L'homme désincarné - du corps charnel au corps fabriqué").

- de l'alimentation végan, allant dans le sens d'une société de plus en plus hygiéniste et puritaine, au détriment d'une alimentation saine et de bon goût. "Et c'est évident que derrière ces mesures hygiéniques, ces présupposés de santé, il y a un projet d'annihilation du goût, une atteinte aux sensations du corps humain."

- de la laïcité et de l'athéisme (mais l'athéisme ne serait-il pas la nouvelle religion revendiquée ?), mais alors et paradoxalement, de parti pris en faveur de la religion musulmane qui, si l'on écoutait Edwy Plenel, devrait presque devenir la nouvelle religion en France - Mediapart se positionnant alors à l'encontre de toute autre religion, et spécialement de la religion chrétienne (et si l'on parle incessamment d'islamophobie, Mediapart ne serait-il pas "christianophobe" ?), car si Mediapart dénonce à juste titre et fort heureusement des prêtres catholiques et leurs terribles déviances (pédophilie), Mediapart semble ne voir dans la chrétienté que ces aspects négatifs, et n'encourageant alors en rien le rapprochement des religions entre elles - Mediapart se désintéressant finalement de toute réflexions et/ou analyse des textes et religions symboliques, et ne proposant non plus aucune réflexion analytique sur ce qu'est une pensée "inculquée" - Mediapart se désintéressant finalement de toute question et vie spirituelle. 

- d'une France devenue aujourd'hui multiculturelle (de plus en plus réelle, et qui m'est chère), mais en déniant souvent le communautarisme qui existe pourtant bel et bien ; Mediapart dénonçant à juste titre tout racisme, xénophobie, islamophobie (bien que tous ces termes restent extrêmement flous et qu'à force de nous rabâcher les oreilles avec les islamophobes, racistes, antisémites, xénophobes et sexistes, cela en devient absolument lassant et contre-productif), mais Mediapart se positionnant alors en défaveur ou allant contre ou déniant ses racines paysannes ou terriennes, historiques, culturelles et spirituelles (France rurale et ses si beaux paysages si variés, France des Lumières, de la Révolution, de la Commune de Paris, pays des Droits de l'Homme, France éminemment littéraire et ses écrivains mondialement reconnus, et qui a pour beaucoup été et est toujours un phare dans le monde - l'incendie de Notre-Dame dont le monde entier a parlé, en ayant été une preuve), mais presque considérées maintenant par Mediapart comme des valeurs du passé, rétrogrades, de droite ou d'extrême droite, où le Français dit "Blanc" devrait presque maintenant avoir honte de lui-même et de sa mémoire, lorsqu'il déplore aujourd'hui la disparition du monde paysan et la disparition d'une culture. Mediapart, finalement, ne considérant plus la France, son passé et sa mémoire, mais une terre comme une autre dans le monde, ouverte à tous, chacun, quel qu'il soit devant se considérer comme étant chez lui, sans tenir compte de l'hôte qui accueille, ne considérant pas qu'il faille considérer cette France comme étant à choisir pour ses valeurs, et en premier lieu sa langue, n'encourageant donc en rien le rapprochement des différentes cultures différentes, mais au contraire les montant les unes contre les autres.

Car l'on peut vouloir garder toute cette mémoire historique française - vouloir garder et défendre une certaine "francité" (ensemble des caractères propres à la culture française) -, et être également ouvert à toute autre, ouvert à toute autre culture, étant elles-mêmes tout autant riches de leur passé - et donc aimer cette nouvelle France multiculturelle qui devrait être celle de l'ouverture. Mais vouloir presque effacer la mémoire française, comme aime à le faire Mediapart, publiant constamment des articles se rapportant au Maghreb, que l'on sait si cher au coeur d'Edwy Plenel, devient cependant presque un déni mémoriel et un parti pris voire presque une propagande en faveur d'une culture contre une autre. Car peut-on à la fin aimer infiniment les Maghrébins et leurs magnifiques traditions faites de convivialité, de fraternité, de vrai commerce humain à l'ancienne, comme étant une véritable nouvelle richesse pour la France, sans pour autant dénier notre propre identité, jusqu'à vouloir la faire disparaître ?

- des Gilets jaunes ou "le peuple" (c'est-à-dire ceux assujettis au pouvoir des gouvernants), les Gilets jaunes ou les actuels laissés pour compte de notre société et qui ont assez magnifiquement réussi à enfin faire entendre leur voix, contre toujours ce pouvoir en place s'octroyant ce droit de les gouverner, au lieu de les servir, mais donc principalement contre "la bourgeoisie" dominante, et surtout celle d'argent du CAC 40 - ces oligarques de la finance, principalement préoccupée d'argent, et de leurs profits et donc de leur pouvoir politique - Mediapart dénonçant à juste titre leurs malversations ou escroqueries de toutes sortes, mais sans qu'on sache vraiment qui sont aujourd'hui les fameux "bourgeois" - Mediapart se situant donc toujours dans la lutte des classes - et donc la division, au lieu d'encourager une Nation française fraternelle et unie -, et dénonçant toutes les élites (cf : les écrits des Pinçon-Charlot), mais comme si, parmi les dits bourgeois ou hauts bourgeois, il n'y avait pas des gens restés éminents -, et sans jamais d'analyse et de vérité sur ce que représente pour chacun de nous "l'argent".

- En faveur de l'écologie, mais en favorisant les blogs et les commentaires et leurs émissions de CO2... (voir ce billet d'alarme de Philips Michel). (Le numérique mondial consomme cinq fois plus de ressources naturelles que le parc automobile français).

- donc en faveur de la vertu et de la morale, de la justice sociale et de l'Égalité et de la Fraternité et de la Liberté (d'expression, entre autres), mais alors même que l'on peut toujours constater au travers des commentaires, combien l'on en est souvent bien éloignés - chacun voulant le plus souvent empêcher l'autre de penser autrement que lui (et n'est-ce pas là le vrai racisme ?)...

Mediapart suit donc, selon moi, une ligne idéologique à laquelle beaucoup de lecteurs sont aveuglément soumis.

Journal Mediapart que l'on pourrait aussi qualifier "d'anti-à-peu-près-tout primaire opportuniste, alimentant le "médiapartiprisme" permanent et systématique dans ses colonnes numériques", selon les mots si bien trouvés de Pierre Caumont.

Un journal complaisant à bien des égards, donc à mes yeux, allant jusqu'à de l'écriture inclusive ; qui encourage la dénonciation (très proche de la délation) et fermant les yeux sur tant de dénigrement et de médisance si souvent exprimés au travers des commentaires ; qui privilégie le plus souvent en Une ses articles ou billets du club à caractère politique et/ou sociologique, sans presque jamais proposer en Une du journal des thèmes beaucoup plus variés, de réflexion - et pas seulement d'opinions -, véritablement scientifiques, et d'art...- l'art - la partie culturelle de Mediapart étant malheureusement toujours axée sur la politique, mais étant cependant la très grande richesse de Mediapart, très largement partagée dans son club.

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Alors, il y a de ma part du pour et du contre.

Du pour, quand Mediapart prend le parti de toujours vouloir défendre les "pauvres" ou toutes celles et ceux considérés comme devant être défendus, quand on sait qu'il y a actuellement de plus en plus d'inégalités entre les très riches et les très pauvres - et/ou un climat social actuellement assez problématique.

Mais du contre quand les dits "pauvres" ne se posent trop souvent qu'en victimes (cf : La Boétie "Discours de la servitude volontaire").

Du pour, lorsque Mediapart, depuis des années, pointe du doigt le racisme - cette lutte contre le racisme étant une exigence nécessaire - proposant alors de très nombreux articles sur ces thèmes.

Les "pauvres" donc, mais aussi tous ceux victimes de racismes, ou étant discriminés d'une façon ou d'une autre, mais où, sur Mediapart, la victime semble être l’héroïne contemporaine...

Mais du contre donc, lorsque Mediapart, n'ayant jamais proposé de réelle réflexion analytique sur ce que sont au fond le ou les racismes - leur fondement et leur cause -, nous remet inlassablement et indéfiniment tous ces thèmes sur la table, au point de devenir obsessionnel et une véritable tyrannie (et comme si le fait d'être Noir ou Arabe serait être "victime"), et au point finalement de devenir contre-productif - ne faisant en rien avancer les choses vers de l'ouverture à l'Autre, mais au contraire finissant par exacerber les gens, les uns contre les autres.

Du pour, lorsque Mediapart, en proposant depuis sa création, l'ouverture de blogs à ses abonnés, et cette formidable possibilité qui leur est donc offerte de commenter les articles - encourageant donc là la possibilité de dialogues et de démocratie, et une richesse d'échanges incomparable permettant souvent le pluralisme d'opinions et la contradiction, qui fait de Mediapart, depuis sa création, un site unique dans le paysage médiatique français.

Pluralité d'opinions qui nous est toujours magnifiquement offerte, jusqu'à donner au blogueur cette possibilité de critiquer son journal - Mediapart ayant en effet une tolérance certaine à la critique interne, qu'il faut souligner.

Mais du contre, lorsque Mediapart ne sélectionne finalement en Une de son journal que ce qui va dans le sens de sa ligne éditoriale - n'encourageant donc pas cette pluralité d'opinions. .

Du pour donc pour Mediapart - journal d'investigation reconnu -, qui sait si souvent découvrir et dénoncer des scandales politiques ou toute corruption de la classe politique - informations absolument utiles et nécessaires à l'information du citoyen.

Et donc pour que Mediapart reste un journal critique, n'allant pas dans le sens des médias mainstream.

Mais du contre, lorsque Mediapart finit parfois, à force de toutes ses révélations, par devenir beaucoup trop de la chasse aux sorcières ("La transparence n'est pas la mise au pilori", dit le psychanalyste Michel Schneider), et ne devient finalement qu'un journal hypermoralisateur voire devenant souvent un véritable tribunal médiatique ou une police des moeurs du Bien et du Mal, au nom de la vertu - certains articles poussant parfois au lynchage médiatique ou à de la vindicte populaire -, la tentation étant alors d’un retour à la justice privée, à la vengeance immédiate, au détriment du droit qu’on met en péril, où, encore une fois la victime est l’héroïne contemporaine (une pratique excessive de la vertu pousse à la tyrannie), et où, au travers de ses commentaires s'épanouit une incroyable et très extraordinaire hystérie - journal d'opinions et de partis pris donc, aux dépens de toute déontologie journalistique qui devrait consister à s'en tenir à des faits avérés et prouvés, ou apporter des preuves tangibles à ce qu'elle dénonce - d'un journalisme éthique et déontologique donc, qui se devrait de rester objectif et ne s'en tenir qu'aux faits.

Du contre donc, lorsque Mediapart n'apparaît presque finalement trop souvent que comme un site de dénigrement systématique, et déservant finalement les causes qu'il voudrait défendre.

Et véritablement contre la censure, lorsque Mediapart dit ne jamais censurer de commentaires mais de ne s'en tenir qu'à sa charte, censure pourtant clairement des commentaires absolument pas hors charte (car écrits poliment et sans aucune insulte), censurant donc clairement la libre expression. Car si un(e) commentateur(trice) n'a plus le droit de répondre, si il (ou elle) se fait insulter ou carrément diffamer par des propos étant ouvertement des allégations mensongères - de la calomnie absolument contraire à la charte -, mais que Mediapart se refuse de dé-publier - donnant alors crédit à celui qui diffame et prenant donc ouvertement parti envers certains abonnés contre d'autres -, et qu'il (ou elle) est alors considéré(e) par Mediapart comme faisant du harcèlement, simplement parce qu'il (ou elle) ose toujours répondre, voulant simplement continuer à s'expliquer, si Mediapart la menace alors d'exclusion, n'est-ce pas là véritablement vouloir museler la parole ? Mediapart prenant alors ouvertement parti en faveur d'abonnés qui alertent, simplement pour n'avoir pas été d'accord avec ce qu'ils (ou elles) ne voulaient pas entendre et demandaient donc à se qu'on "SE TAISE". Sans compter que Mediapart, agissant ainsi, déconsidère un(e) abonné(e) devant être respecté(e) et non traité(e) de cette manière surplombante, comme la dernière roue d'un carrosse...

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Pour ma part, qui suis-je ?

La personne dont je me sens sans doute la plus proche est Fatou Diome. Sa façon de voir la France et de considérer le multiculturalisme ; sa parole si vivante et si bien dite, sans aucune idéologie ; son optimisme ; sa générosité ; sa volonté de pacifier les mémoires, sans oublier bien sûr les parts sombres de la France, mais en refusant « La rengaine sur la colonisation et l’esclavage qui est pour elle devenu un fonds de commerce ». Une femme dont j'aime la très grande intelligence, la mémoire et la culture, l'ouverture d'esprit, la bonté, et ce qu'elle dit aimer de la France, rejoint aussi la France que j'aime.

Fatou DIOME tâcle Le Pen, Fillon, "Marianne porte plainte ! " © Fatou Diome

Et peut-être un peu de cette nomade qui aime le blues, aux racines avant tout terriennes, pour laquelle "sa patrie, c'est la langue française" et aimant infiniment ces citations de Laurànt Deutsch et de Michel Serres..., et ce poème de Baudelaire...

"Je pense qu'être français, c'est la langue, parce que la langue, c'est ce qui caractérise le mieux pour moi les mariages, les usages, les métissages, les voyages d'un peuple, c'est ce qui nous permet de nous relier dans l'espace autour d'un projet commun la France, mais c'est ce qui nous permet de nous renseigner dans le temps, sur qui on est, d'où on vient. La langue qu'on parle c'est notre ADN qui se déroule dans nos bouches."

                                                                Lorànt Deutsch

« Ce n'est pas rien, le vocabulaire. Oublier sa langue, c'est perdre son âme. »

                                                        Michel Serres

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Serge Reggiani - Enivrez-vous - Poème de Baudelaire © Baudelaire - Reggiani

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et ces chants...

Indifférence B.Lubat ,A.Minvielle accordeon occitanie © Joly Sable

El Hadj N'Diaye - Ragajuma © 80pedacito

Vivaldi: Il Giustino, RV 717 / Act 2 - "Vedrò con mio diletto" © Vivaldi - Cecilia Bartoli

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