La Révolution Culturelle Tunisienne par Naceur Ben Cheikh

Ce qui sauve la Révolution Tunisienne et la préserve des tentatives de sa récupération en « Printemps Arabe », sous forme de « révolutions populistes préventives », initiées par la Nouvelle Droite américaine et les dictatures pétrolières du Golfe, c’est le fait que cette dernière s’inscrit, d’abord dans l’histoire propre de la Tunisie.

Ce qui sauve la Révolution Tunisienne et la préserve des tentatives de sa récupération en « Printemps Arabe », sous forme de « révolutions populistes préventives », initiées par la Nouvelle Droite américaine et les dictatures pétrolières du Golfe, c’est le fait que cette dernière s’inscrit, d’abord dans l’histoire propre de la Tunisie. C’est à dire, dans ce qui fait, depuis toujours, la spécificité de la vision du monde particulière à ce peuple, policé par trois mille ans d’histoire, au cours desquels il assumé le destin du pays qui a donné son nom à l’Afrique, tout en étant au centre de la Méditerranée. Dans cette optique, la Révolution Tunisienne ne peut réellement prétendre à sa qualification de « post-moderne », qu’en continuant à préserver sa vocation de départ qui fait d’elle une expression dont la légitimité politique se fonde aussi dans sa qualité de révolution culturelle. Mais, en associant Culture et Histoire l’on se retrouve inexorablement sur la voie plurielle d’une perspective éclatée à points de fuite multiples. Points de fuite, mais aussi points de rencontres et stations qui ponctuent et fixent pour un moment le flux des échanges qui en font des centres de production d’une culture vivante et infiniment renouvelée.

C’est à partir de cette attitude active du foncièrement ouvert sur ce qui advient et sauve les peuples du danger mortel du repli sur soi, que Zed et Jérémie se sont rencontrés pour tisser autour d’eux une toile dont les points de confluence et de fixation se font au hasard de leurs pérégrinations. Jérémie Fontaine, jeune français féru de Francophonie, vidéo artiste de talent et Zed, jeune tuniso-marocain, Street artiste connu et graphiste de formation, se sont donc laisser porter tous les deux par l’élan créatif de la Révolution tunisienne et dont la liberté incertaine qui la porte, fait d’elle un matériau de création musicale, plastique et audiovisuelle, à la portée de ceux qui sont à même d’en entrevoir les richesses potentielles.

Naceur Ben Cheikh, Professeur émérite d'Enseignement Supérieur

 

 

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