Lettre ouverte : Quand la "démocratie" fait taire...

Quand la "démocratie" fait taire, supprime des droits fondamentaux, fait atteinte à la liberté des citoyens, et autres... Peut-on encore se leurrer et parler de démocratie ?

Cher gouvernement (hahaha), chères "autorités", chers dirigeants, cher Mr Macron, et autres guignols,

Vous me faite rire. Vraiment. Lorsque je vois votre manière d'agir, cela me fait rire. Alors pas de la même manière que pour un sketch de Dieudonné par exemple, mais plutôt malgré vous. Coluche a dit, je cite : "J'arrêterai de faire de la politique quand les politiciens arrêteront de nous faire rire". À croire que les politiciens n'ont pas cessé. Au contraire, il semblerait qu'ils aient pris en grade. Alors ne le prenez pas comme un compliment, non, le mérite n'y est pas, car comme je le disais, c'est bien malgré vous. Prenez-le comme une source de réflexion peut-être ? 

Le politicien Français fait rire, certes, mais il fait mal à la France, il nous fait honte, nous embarrasse et nous emmerde, pour parler poliment.

Et si vous pensiez que faire taire un Dieudonné allait suffire à faire taire cette voix qui s'élève partout dans le monde, c'est que vous êtes bien naïfs. J'ai toujours pensé que les politiciens avaient un minimum de réflexion, ou de jugeote. Force est de constater que je me suis bien trompé.

Faire taire un Dieudonné, et le faire passer pour ce qu'il n'est pas, par le biais de votre attitude habituelle, sournoise et basse, c'est-à-dire d'essayer de le décrédibiliser, ne fait que rendre sa voix plus juste, plus légitime et plus crédible. Vous pourriez le faire disparaître, à la manière d'un Coluche, mais vous ne feriez que le rendre plus fort et plus grand, faisant de lui un martyr, et un héro. Vous le savez bien.

Votre acharnement a vouloir le faire taire par tout les moyens, nous montre bien quel genre de politique vous menez, (et pour qui vous la menez...), et si vous souhaitez le passer au silence, c'est qu'il dérange. Il dérange parce qu'il dit des vérités, parce que comme beaucoup d'entre nous, il refuse de se soumettre au monde pitoyable que vous voulez nous imposer. Vous voulez le faire taire, comme vous voulez faire taire les gilets jaunes, les nuits debout, les insoumis, ceux qui selon vos propos, ne sont rien, en somme; nous, le peuple.

Alors, vous pouvez dépenser votre énergie à le faire taire, mais vous ne pourrez pas tous nous faire taire. Vous pouvez nous traquer et nous intimider, voire, nous assassiner, mais vous ne pourrez pas tuer nos idées. On ne tue pas une idée. D'ailleurs, vous le sentez, vous le voyez, ces idées, ces voix qui montent, sont de plus en plus nombreuses. Ces gens qui râlent et qui pestent contre ce gouvernement, ne cessent d'augmenter, et en dépit de tout le mal que vous vous donnez pour nous diviser, une union est en train de se créer. Ce n'est que le début, les gens n'ont pas tous les mêmes idées, ni la même façon de voir les choses, dieu merci, mais toutes et tous, le peuple, nous sommes d'accord sur un point; le monde va mal, et c'est votre faute, vous, les politiciens. Vous, et vos amis les grands patrons, les pollueurs, les banques, les laboratoires... Vous vous êtes rendu l'ennemi du peuple. Et si il reste une partie de ce peuple abonnée à BFM TV, pour qui vos paroles et vos actes ont encore un sens, ils sont bien peu à côté du peuple en colère, et dont la colère monte dangereusement. Ce peuple qui n'est pas dupe. Ce peuple qui ne se soumettra pas.

Je fais parti de ce peuple, et en tant que tel je peux vous dire que votre monde, nous n'en voulons pas. Une vie à "trimer" , à travailler toujours plus pour être toujours plus endetté, non merci. Une vie à se rendre malade, à s'user le corps et l'esprit pour voir nos droits et avantages disparaître, notre accès à la propriété, nos libertés, et ce pour financer toujours les mêmes, non merci. Cette société de la consommation aveugle et démesurée, cette société de la dépression et du burn-out, non merci. Plutôt se retirer à la campagne, vivre sur les routes, ou aller vivre en Russie, que de participer à votre monde esclavagiste. Si il est une chose que vous ayez réussi à faire, c'est nous ôter tout espoir. Mais cela ne veut pas dire que nous nous résignons et nous soumettons, non, cela veut juste dire que nous ne croyons plus en vous, ni en ce que vous représentez. Cela ne nous empêche pas de croire en l'humain, sans vous. Sans vous, comme le disait à juste titre la député insoumise Mathilde Panot. Nous ne voulons plus de vous, ni de gens comme vous.

Cette idée qu'un monde sans vous est possible grandit, de part et d'autre du globe et les gens partagent, discutent. Vous pouvez faire taire un Dieudonné pensant qu'il est leader, porte-parole d'un mouvement, et votre erreur sera de penser ainsi, car Dieudonné n'est pas un leader, non, il parle simplement avec les mots du peuple, et nous sommes des millions. Vous ne pourrez pas tous nous faire taire. Vous ne pourrez pas nous faire disparaître. Vous ne pourrez pas nous soumettre. Tapez-nous sur la gueule à coups de matraques, de gaz lacrymogène, vous nous rendez plus forts. Passez vos lois anti-constitutionnelles, vous faite monter notre colère. Bafouez nos droits fondamentaux, vous nous donnez plus de légitimité. Confinez-nous autant que vous voulez, vous nous donnez du temps pour la réflexion. Supprimez nos avantages et faites nous travailler toujours plus pour gagner moins, vous nous verrez toujours plus nombreux dans les rues, avec l'envie de "voir vos têtes au bout d'une pique" (cf : histoire).

Un certain Mr Sarkozy a dit : "rien ni personne ne pourra s'opposer au nouvel ordre mondial", or, pour parler avec vos mots, la partie est déjà perdu pour vous, et rien ni personne ne pourra s'opposer au soulèvement du peuple. La servitude prend fin. 

D'ailleurs, si vous connaissez un peu l'histoire, aucun régime totalitaire, aucun régime oppresseur, n'a survécu. À chaque fois qu'un régime s'endurcit, le peuple réagit. Et cela ne saurait être différent aujourd'hui.

Suis-je une menace pour avoir écrit ces quelques lignes ? Non, pas directement. Je ne complote pas. Je ne colporte aucune menace, je ne fais aucun appel à la haine. Mais je suis comme chacune des personnes de ce peuple, fatigué de vous, en colère, donc je suis une menace à votre système, une menace à votre crédibilité, une menace à votre vision du monde.

Ce que vous ne voyez peut-être pas, c'est que la plus grande menace pour vous et votre monde, c'est vous-même.



Michaël Mazet

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.