"Ecole de la CONfiance ?"

Notre cher Victor Hugo, au programme du bac (tiens donc ! ) avait prononcé un discours dont devraient s’inspirer un peu plus les aveugles et sourds qui gouvernent : «"c'est la grande mission spéciale du ministère de l'instruction publique, il faut relever l'esprit de l'homme […]." Mais cela ne semble pas être la priorité de notre gouvernement ...

Nous vivons une époque bien sinistre, la novlangue est pratiquée à outrance par les gouvernants et certains médias, le pouvoir rend hommage à un homme politique qui s’est illustré dans de nombreux trafics (détournements de fonds, emplois fictifs etc.) mais on oublie une directrice d’école qui a dédié sa vie à l’éducation ; c’est le règne des parasites qui gouvernent et tels des vampires aspirent tout le sang et l’énergie de celles et ceux qui agissent et participent véritablement au bien commun.

Je suis en colère, une colère qui augmente chaque jour, d’autant plus que vu ma profession de professeuse (la langue est politique, et oui le mot existe, mais les machos de l’Académie française ...) , je suis muselée, je m’exprime anonymement car j’ai peur...

En effet, j’ai déjà été convoquée au bureau du proviseur l’année dernière, pour avoir osé répondre à un.e élève qui me demandait si je soutenais les gilets jaunes, que je les comprenais et que je me sentais aussi concernée car j’avais bien du mal à remplir mon réservoir d’essence moi-même (1900 € de salaire net avec deux enfants à charge et 350 km de trajet par semaine…)

Bref, j’ai un fils qui a décroché au lycée, il a été difficile de savoir ce qui s’était passé, mais devant son angoisse et autres manifestations de malaise, je l’ai inscrit au CNED, après avoir vainement tenté de l’inscrire dans une autre lycée : tous les lycées sont complets me répondait-on, seul son lycée de secteur est habilité à l’inscrire… mais il ne peut même plus mettre un pied dans cet établissement ! En outre, alors qu’il n’avait que 15 ans, l’inspection académique a décrété qu’il en avait 16 et que je devais payer les cours (il est de la fin d’année), j’ai donc payé les cours pour qu’il puisse poursuivre sa scolarité. A l’issue de cette année il souhaite retourner dans un lycée, avoir une vie sociale avec des jeunes de son âge, c’est compréhensible...mais le cauchemar continue :

Comme il a bénéficié de l’instruction à la maison il doit passer des tests avant d’être inscrit dans un établissement...mais tous les établissements demandés sont complets, on me reparle de son lycée de secteur, où il ne peut pas retourner, et depuis le début de l’année on nous fait attendre, on ne répond pas à mes courriels, ni à mes appels téléphoniques, une seule personne qui ne peut rien, me répond au téléphone et me transmet les informations que le responsable lui donne, alors qu’il ne me répond jamais !! Kafkaïen.

Nous sommes un mois après la rentrée et mon fils n’est toujours pas inscrit alors qu’il doit passer le bac de français à la fin de l’année…

Mais ce n’est pas le seul, régulièrement j’entends les témoignages de personnes dont les enfants n’ont pas de place, certains sont handicapés, ce qui complexifie la tâche des parents, mon fils du moins est autonome et comble d’ironie brillant élève !

Notre cher Victor Hugo, au programme du bac (tiens donc ! ) avait prononcé un discours dont devraient s’inspirer un peu plus les aveugles et sourds qui gouvernent :

« c'est à la grande mission spéciale du ministère de l'instruction publique, il faut relever l'esprit de l'homme […].

Pour arriver à ce but, messieurs, que faudrait-il faire ? [...] précisément tout le contraire de ce que vous propose votre comité des finances. […] Il faudrait multiplier les écoles, les chaires, les bibliothèques, les musées, les théâtres, les librairies ; il faudrait multiplier les maisons d'études, pour les enfants, les maisons de lecture pour les hommes ; tous les établissements, tous les asiles où l'on médite, où l’on s'instruit, où l’on se recueille, où l'on apprend quelque chose, où l'on devient meilleur, en un mot ; il faudrait faire pénétrer de toutes parts la lumière dans l'esprit du peuple, car c'est par les ténèbres qu'on le perd. »

(extrait du discours à l’Assemblée Nationale du 11 novembre 1848)

Nous avons urgemment besoin de plus de professeurs mieux payés, de plus d’écoles, collèges, lycées… La population augmente et ce gouvernement fait des coupes budgétaires dans tous les services publics ..., l'hôpital public est exsangue, les écoles de proximité disparaissent etc.  ...Ah non ! Le budget de l’armée et de la police a augmenté (source Mediapart, je crois) …

 

Une mère et professeuse en colère

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