Quand un violeur est mis en Une de Libération le 8 Mars

"J’ai violé. Vous violez. Nous violons"

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En ce jour du 8 Mars qui, doit-on le rappeler encore et encore, est la Journée Internationale des Droits des femmes, Libération fait le choix non anodin et totalement assumé de mettre à sa Une le récit d'un homme qui a violé. 

D'aucuns pourraient dire que cette stratégie est couillue, de parler du viol à travers le prisme du violeur, et non de la violée. 

Et pourtant, non, Libé, publier cette lettre était la mauvaise idée du siècle. 

Non, Libé, on ne vous reproche pas de parler du viol. 

Non, Libé, on ne vous reproche pas de lancer un pseudo-débat creux sur le viol, qui viole et pourquoi  

Non, Libé, on ne vous reproche pas d'avoir posté cette horreur de lettre, spécialement le jour du 8 Mars

Ce qu'on ne saurait vous pardonner, c'est de n'avoir pas relu cette lettre avant de la publier

Ce qu'on ne saurait vous pardonner, c'est de penser être révolutionnaire dans la critique de la culture du viol: les femmes, les féministes ne vous ont pas attendu pour le faire. Par exemple, le podcast "Les couilles sur la table" posait LA question sur la table: "Qui sont les violeurs?"

Dans le même cadre, Virginie Despentes disait: “Si je suis entourée d’amies qui ont été violées, logiquement je suis entourée d’amis qui ont violé. “El Diario, Février 2018

Ce qu'on ne saurait vous pardonner, c'est d'avoir donné une plateforme à un violeur qui, pas une seule fois, ne demande pardon à sa victime

Ce qu'on ne saurait vous pardonner, c'est d'avoir donné une plateforme à un violeur qui, malgré ce que vous en dites, se dédouane de ses actes 

Ce qu'on ne saurait vous pardonner, c'est d'avoir donné une plateforme à un violeur qui, contrairement à ce que vous prétendez, n'a aucune fougue, mis à part l'écriture inclusive, et son copier-coller de manifestes féministes (un violeur woke, c'est chouette!) 

Ce qu'on ne saurait vous pardonner, c'est d'avoir donné une plateforme à un violeur à qui vous auriez du conseiller d'aller à la police de lui-même

Ce qu'on ne saurait vous pardonner, c'est d'avoir donné une plateforme à un violeur, sans critique journalistique d'aucune sorte de votre part

Honte à lui, honte à vous 

 

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