Le cercle infernal psychiatrique français.

J'ai rencontré CHEIKH Bachir à l'umd de Châlons en Champagne en 2018 et dans le service Argonne du CHS de Belair à Charleville-Mézières en novembre 2019, aujourd'hui c'est un ami. Sans son accord, je vais vous raconter une partie de son vécu dans l'enfer psychiatrique français et des caprices des fonctionnaires français. Il se plaint d'être séquestré.

 

Boutiche Mohamed 

Mohamed.boutiche@protonmail.com 

 

Bachir est un franco algérien de 27 ans, c’est un bonne personne au contact agréable, il a un frère jumeau. Il a perdu sa mère quand il avait 15 ans et son père lorsqu’il en avait 18, il m'a dit avoir eu une enfance heureuse. Je connaissais son père qui aimait ses enfants à qui il a consacré sa vie. Il vient du quartier de la Ronde Couture à Charleville-Mézières dans les Ardennes.
Comme je vous l'ai écrit en introduction, j'ai connu Bachir à l'umd de Châlons en Champagne dans l'unité Renaudin dirigée par monsieur Debontride Olivier, nous nous y sommes côtoyés pendant presque 2 mois et nous avons vite sympathisé car nous venions tous les deux de Charleville-Mézières, je connaissais un de ses grands frères et j’ai aussi grandi dans le quartier de la Houillère avec ses neveux à Charleville-Mézières.
Bachir est une personne souriante et très accessible. À l'umd, monsieur Debontride a suspendu son traitement injectable de neuroleptiques. Quand Bachir a quitté l'umd, il semblait épanoui et en pleine forme. Il a été enfermé dans l’unité Renaudin de l’umd de Châlons en Champagne entre décembre 2017 et juin 2018.
Voici une partie de son parcours avant sa séquestration à l’umd, avant décembre 2017 il était suivi au cmp ‘’les Charmettes’’ par madame Louisa Maiziz. Un jour, il lui a exprimé son refus de se soumettre aux tortures aux neuroleptiques. Cette opposition a eu pour conséquence son enfermement au CHS Belair où l’injection lui a été faite de force. Il s’est alors produit quelques incidents qui ont conduit à son transfert à l’umd.
Voilà ce qu’il s’est passé après sa détention à l’umd, il a comparu devant le JLD de Charleville-Mézières le 10 septembre 2018 qui a décidé le lendemain de le laisser sortir en programme de soins ;le procureur a fait un appel suspensif qui a été rejeté le 12 septembre, Bachir a alors pu quitter le CHS Belair. À sa sortie 4 policierz l’attendaient, il a été placé en garde à vue pendant 48 heures. Il a été jugé en comparution immédiate et condamné à 13 mois de prison ferme. Il a d’abord été incarcéré à la prison de Châlons en Champagne puis à celle de Metz. C’est pendant son incarcération à Metz qu’un psychiatre a décidé de lui injecter des neuroleptiques, pourtant, il n’y avait eu de la part de Bachir aucune violence. Avant sa sortie de prison, un psychiatre l’a informé qu’il serait enfermé sous contrainte au CHS de Belair qu’il a rejoint le 4 novembre 2019.

Le 29 novembre 2019, j'ai été de nouveau séquestré dans le service Argonne de madame Cellier Brigitte à la demande du préfet des Ardennes Jean Sébastien Lamontagne. Après l'entretien avec l'infirmière, je suis allé m'installer dans la salle télévision, j'y ai reconnu Bachir qui a été surpris de me revoir. Il m'a raconté son parcours depuis notre rencontre à l'umd, il était toujours souriant et de bonne humeur malgré sa situation. Il m'a appris qu'il avait été remis sous traitement injectable de neuroleptiques.
Pendant son emprisonnement, il a rencontré Miguel Martinez qui est injustement mis en cause dans le volet ardennais de l'affaire Charlie Hebdo, il est d'ailleurs en litige avec la rédaction du journal local "l'Ardennais" à propos des mensonges qui ont été racontés sur lui, la source de ces mensonges serait policière. Miguel a effectué un court séjour dans un établissement pour personnes radicalisées, où rien de bizarre n'a été décelé chez lui. Bachir m'a expliqué que Miguel gardait le moral malgré les injustices qu'il vivait.
Bachir m'a expliqué pendant notre séquestration qu'il espérait prochainement sortir car son curateur lui avait trouvé un appartement dans le centre-ville de Charleville-Mézières et qu'il ne manquait plus qu'à le meubler.
J'ai quitté le service Argonne du CHS Belair le 10 décembre 2019 après avoir été torturé par madame Cellier. Bachir fut la seule personne parmi les usagers à qui j'ai confié avoir subi une injection. Le service Argonne est un bâtiment fermé avec une cour grillagée, en fait c’est une prison dans l’hôpital. Et certains membres du personnel sont très désagréables.
Jusqu'à aujourd'hui, je suis resté en contact avec Bachir, il connait mes opinions, il sait que je collabore avec la plate-forme islamic-intelligence.blogspot.com, je lui ai aussi dit que j'ai ouvert un blog sur le site de mediapart.
Comme je vous l'ai écrit précédemment, Bachir avait signé un contrat de bail pour un logement à Charleville-Mézières en prévision de sa sortie du service Argonne. Son comportement est exemplaire, il ne pose aucun problème dans le service, le personnel pourra en témoigner.
En conséquences le 28 janvier 2020, madame Cellier Brigitte a fait une demande à la préfecture des Ardennes de sortie de l'hôpital pour que Bachir puisse rejoindre son logement et suivre un programme de soins.
Sans apporter de raison le préfet des Ardennes Jean Sébastien Lamontagne refuse la demande de Bachir et prolonge son enfermement arbitraire. Bachir m’a confié ne pas comprendre pourquoi le préfet l’avait laissé sortir en permission pour acheter des meubles pour son nouvel appartement et qu’il refusait qu’il aille y habiter. Ce sont des frais engagés pour rien (caution, loyer et mobilier). 
En vue d'une audience exceptionnelle auprès du juge de la liberté et de la détention, Bachir est expertisé par deux psychiatres, Jacky Royaux (expert auprès de la cour d'appel de Reims) et Francis Boquel (expert auprès de la cour d'appel de Nancy) que J.B. Lamontagne doit connaître car il est originaire d'Épinal dans les Vosges. Bachir m’a expliqué que le rapport de monsieur Royaux était conforme à la discussion qu’ils avaient eu. Par contre le rapport de monsieur Boquel ne reflétait en rien l’entretien que Bachir avait eu avec lui.
Le 24 février 2020 s’est tenue l'audience auprès du JLD JULIEN Olivier. Le préfet et le procureur de la république de Charleville-Mézières ont demandé un maintien de l'hospitalisation malgré les garanties apportées par Bachir et madame Cellier qui proposait que Bachir passe la journée à l'hôpital de jour rue Voltaire à Charleville-Mézières et qu'il dorme les week-ends dans le service Argonne du CHS de Belair. Le juge a demandé une levée de l'hospitalisation. Le procureur de la république Laurent de Caigny représenté par le substitut Delorme a fait appel le même jour de la décision du JLD, cet appel fut suspensif.
Suite à cet appel du procureur, Bachir est accompagné à la cour d’appel de Reims par Romain et Emmanuelle le 26 février 2020. Pendant l'audience, les magistrats ne lui posèrent aucune question. Bachir m’a dit qu’il n’avait pas trouvé la prestation de l’avocate convaincante, cette avocate du barreau de Reims s’appelle Élisabeth Rota-Gualtieri. Le juge de la cour d’appel, Olivier BECUWE a suivi les conclusions du ministère public représenté par Gwen Keromnes, il n’a pas accepté de laisser sortir Bachir, prolongeant ainsi son calvaire.

Aujourd’hui Bachir m’a confié ne pas comprendre pourquoi le psychiatre de la prison de Metz ne lui a pas laissé le choix de revenir à Belair. Il a l’impression qu’on lui en veut. Les psychiatres de Belair qui le suivent lui ont clairement dit qu’ils souhaitaient le voir sortir du CHS Belair. Il considère qu'on lui fait vivre une torture mentale. Il doit supporter au quotidien les pathologies des personnes enfermées dans le service Argonne.

Au total, j’ai côtoyé Bachir pendant presque 2 mois, et je dois avouer qu’il est une des personnes avec qui j’ai pu souffler, et une personne à qui j’ai pu me confier.

Pour conclure, j’espère que Bachir n’aura pas à subir les foudres/représailles du préfet des Ardennes et du procureur du TGI de Charleville-Mézières suite à ce post. 

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