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Billet de blog 8 nov. 2018

Macron, le luxe et le mépris du peuple

Macron n’hésite pas à étaler ostensiblement, dans une république affaiblie, les fastes d’un pouvoir quasi monarchique. Il aime l’argent, le luxe, l’apparat, le cérémonial... Son arrogance, son sentiment de puissance et sa fascination pour les riches l'aveuglent au point qu'il ne voit les plus démunis, «les gens qui ne sont rien», que comme des êtres sans dignité, déshumanisés.

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Macron est fatigué. Il a trop servi les riches. Il avait besoin de se reposer et de reprendre des forces. Le Président a fait le pont de la Toussaint «comme des millions de Français» nous disent les médias et le porte-parole du gouvernement (1). Après tout, Macron est un citoyen comme les autres, à ce petit détail près : pour se détendre, afin de mieux servir encore et toujours les puissants, il a choisi une demeure très luxueuse du XVIIème siècle classée Relais & Château. Le couple Macron n'était évidement pas seul à occuper cette bâtisse bourgeoise. Il y avait aussi sa petite suite (gardes du corps, chargés de presse...). L'année précédente, pour fêter ses quarante ans, Macron avait choisi le château de Chambord, symbole du despotisme et de la puissance royale. Il avait même rencontré les présidents des fédérations de chasse. Macron avait déclaré alors qu'il était favorable à la réouverture des « chasses présidentielles », celles de Francois1er (2). Il s'agit d' une pratique cruelle et d'une survivance monarchique.

On va taire par pudeur ce «pognon de dingue» payé par les contribuables pour satisfaire les caprices de Brigitte macron. Cette folie quasi dynastique des Macron n'a d'égale que le mépris ostentatoire qu'ils affichent pour les classes populaires. Car au moment où l’on exige de la population des sacrifices de plus en plus lourds, au moment où les chômeurs et les précaires se comptent par millions, Macron n’hésite pas à étaler ostensiblement, dans une république affaiblie, les fastes d’un pouvoir quasi monarchique. Il aime l’argent, le luxe, l’apparat, le cérémonial... Son arrogance, son sentiment de puissance et sa fascination pour les riches l'aveuglent au point qu'il ne voit les plus démunis, «les gens qui ne sont rien», que comme des êtres sans dignité, déshumanisés. Marx dans une lettre à Ruge, écrivait «La seule idée du despotisme, c'est le mépris de l'homme, l'homme vidé de son humanité, et cette idée a sur beaucoup d'autres l'avantage de correspondre en même temps à un état de fait» (3).

Macron explique aux masses populaires, qui ne comprennent pas toujours, les subtilités et les vertus de sa politique. La prospérité, explique-t-il, passe nécessairement par l'enrichissement des riches. C'est très simple et de surcroît il n' y a aucune autre alternative. C'est une loi naturelle comme la fougère qui pousse dans les bois. Les pauvres et même les classes moyennes doivent encore et toujours fournir des efforts. Car les milliardaires sont insatiables. Ils se nourrissent, à l’instar des vampires, du sang du peuple. Plus ils en pompent, et mieux ils se portent !

Mais cette prospérité tant promise, les classes populaires l'attendent toujours. Et en attendant cette opulence qui viendrait un jour de la générosité des « premiers de cordée», les citoyens doivent subir les conséquences d'une dégradation sociale généralisée. Et l'avenir reste sombre. Macron et ceux qui l'ont hissé à la tête de l’État ne voient dans les masses populaires notamment les travailleurs qu'une masse infâme qui n’existe que pour produire sans trêve, quand ils en ont besoin, du profit.

Mohamed Belaali

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(1)http://www.rfi.fr/france/20181030-france-emmanuel-macron-elysee-11-novembre-repos

(2)https://www.20minutes.fr/politique/2220187-20180214-pourquoi-emmanuel-macron-fait-cour-chasseurs

(3)1843. Annales, 1844. MEW, I, page 339, cité dans « K Marx, sociologie critique » M Rubel, page 87.

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