Qu'elle est jolie la république bourgeoise !

Trafic d'influence, détournements de fonds publics, abus de faiblesse, favoritisme, escroquerie en bande organisée, corruption, enrichissement personnel, emplois fictifs, conflit d'intérêts, népotisme, malversation, fraudes en tout genre, etc. etc. Cette richesse dans le vocabulaire contraste tristement avec la misère morale et politique des dirigeants ...

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Trafic d'influence, détournements de fonds publics, abus de faiblesse, favoritisme, escroquerie en bande organisée, corruption, enrichissement personnel, emplois fictifs, conflit d'intérêts, népotisme, malversation, fraudes en tout genre, etc. etc. Cette richesse dans le vocabulaire contraste tristement avec la misère morale et politique des dirigeants d'une République bourgeoise qualifiée pourtant «d'irréprochable» par les uns et « d'exemplaire» par les autres.

Nicolas Sarkozy, ancien président de la République, vient d'être condamné en première instance pour «corruption et trafic d'influence» à trois ans de prison dont un ferme dans le cadre «des écoutes de Paul Bismuth».

Mais cette affaire n'est que l'arbre qui cache la forêt. Le nombre d'hommes politiques impliqués, à un degré ou à un autre, dans les affaires est impressionnant. Il est tout simplement impossible d'établir une quelconque liste exhaustive des scandales politico-financiers qui secouent régulièrement tous les échelons de l'Etat. Sans remonter jusqu'aux diamants centrafricains de Giscard, on peut citer à titre d'exemples quelques noms de dirigeants politiques empêtrés, à un titre ou à un autre, dans des affaires : Alain Carignon, Alain Juppé, Jérôme Cahuzac, Bernard Tapie, Patrick Balkany, Claude Guéant, Serge Dassault,Thomas Thévenoud, François de Rugy, Richard Ferrand, Jean-Paul Delevoye, Charles Pasqua, François Léotard, François Fillon, Jacques Chirac etc. etc. Il ne s'agit là que de quelques exemples qui ne doivent pas masquer le caractère récurrent et structurel de la corruption qui règne dans les plus hautes sphères de l’État. Les institutions de cette république bourgeoise non seulement sont complices de ces agissements, mais permettent et favorisent la multiplication des opportunités de corruption et des scandales en tout genre. Car les scandales financiers, corruption, privilèges et autres affaires, sont intimement liés au fonctionnement même du système capitaliste qui les produit et reproduit de manière permanente.

Quel contraste entre les valeurs proclamées par cette république bourgeoise et les pratiques réelles de ses dirigeants ! L'ancien président de la république Nicolas Sarkozy concentre à lui seul une demi douzaine d'affaires entre ses mains : l'affaire Tapie, l'affaire Karachi, l'affaire Bettencourt, l'affaire libyenne, l'affaire des sondages et l'affaire des écoutes téléphoniques pour laquelle il vient d'être condamné.

La corruption est au cœur de cette démocratie. Souvenons nous de Jérome Cahuzac lorsqu'il déclarait à l'Assemblée nationale et même « les yeux dans les yeux » devant François Hollande : «Je n'ai pas, et je n'ai jamais eu un compte à l'étranger, ni maintenant, ni avant» avant de reconnaître posséder un compte bancaire en Suisse et frauder le fisc quelques mois plus tard ! Le comble, c'est que Cahuzac était ministre du Budget et se présentait de surcroît comme le grand pourfendeur de l'évasion et de la fraude fiscale !

Que peuvent attendre encore les masses populaires de cette République bourgeoise dont les dirigeants possèdent de larges pouvoirs discrétionnaires qui leur procurent des privilèges matériels et symboliques pour leur propre compte ou pour celui de leur organisation politique ? Ces « bénéfices » sont en quelque sorte une récompense octroyée par la bourgeoisie à ses serviteurs zélés et dévoués.

Ce zèle et ce dévouement se traduisent concrètement par des politiques de paupérisation systématique des classes populaires et par l'enrichissement d'une minorité de puissants. Le chômage et la précarité, exacerbés par la pandémie et sa gestion irresponsable par Macron, explosent comme d'ailleurs les inégalités économiques et sociales. La destruction de l'économie de tout un pays se poursuit inlassablement.

On peut adopter les lois que l’on veut contre la corruption, les affaires et les privilèges, mener toutes les enquêtes possibles, on peut même diminuer et limiter leur importance, mais on ne peut pas les éliminer. Car leur existence et celle du capitalisme sont tellement imbriquées l’une dans l’autre que l’on ne peut supprimer l’une sans éliminer l’autre. Les lois et les mesures prises pour lutter contre la corruption ne sont que des paravents derrière lesquels la bourgeoisie dissimule ses forfaits. Le problème n’est donc pas l’existence de la corruption, des scandales financiers, des affaires et autres privilèges, mais celle du capitalisme qui les engendre. Il y a eu dans le passé des scandales, il y a aujourd’hui des scandales et il y aura dans l’avenir d’autres scandales tant que ce système existe. Le véritable scandale, c’est le capitalisme lui-même.

 

Mohamed Belaali

Blog de Mohamed Belaali

 

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