Humour. Le pêcheurs boulonnais confinés : le Brexit, lui, ne mute pas !

Macron n’a toujours rien vu venir ! Clément Beaune, secrétaire d’État aux Affaires européennes sur la situation des pêcheurs boulonnais va-t-il bouger ? Déclarer que nous sommes en guerre ? !

Des pêcheurs toujours privés des eaux britanniques : « Ce n’était que des promesses »  

Par Victoire Haffreingue-Moulartboulogne@lavoixdunord.fr

Pour pouvoir entrer dans les eaux britanniques, les navires doivent être munis d’une licence qu’ils attendent depuis maintenant trois mois... Photo archives Baziz Chibane

Trois mois que la majorité des pêcheurs boulonnais attendent de pouvoir à nouveau pêcher dans la bande des 6-12 miles britanniques. Eux qui sont habitués à pêcher 60 % de leurs prises dans cette bande ont la désagréable impression d’avoir été floués.  

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Boulogne-sur-Mer.

Sur les quais boulonnais, les pêcheurs ont comme le sentiment de s’être fait avoir et dans les grandes largeurs. Il y a tout juste trois mois, au lendemain de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, on leur assurait que le Brexit, tel qu’il avait été négocié par les instances européennes, serait quasiment indolore. Et qu’ils pourraient très prochainement naviguer à nouveau sur les eaux poissonneuses des 6-12 miles britanniques grâce aux licences qui leur seraient accordées. Un élément capital lorsqu’on sait qu’en moyenne 60 % des prises réalisées par les pêcheurs boulonnais se font dans cette fameuse bande britannique.

Sauf que ces laissez-passer, la grande majorité des pêcheurs boulonnais n’en ont pas encore vu la couleur. Si 23 licences ont bien été délivrées aux pêcheurs des Hauts-de-France, ils sont environ 85 bateaux à attendre le Graal. Le 1 er janvier pourtant, Olivier Dussopt, ministre chargé des Comptes publics, et Clément Beaune, le secrétaire d’État aux Affaires européennes assuraient le service après-vente. Ils affirmaient alors que la question des licences serait réglée en 72 heures. Aujourd’hui, trois mois ont passé et les pêcheurs ne comptent plus les heures ni les marées qui les séparent de ce 1 er janvier.

Des pêcheurs désabusés

« À ce jour, on n’a pas la certitude d’avoir nos licences, peste Stéphane Pinto, représentant des fileyeurs des Hauts-de-France. On nous a promis quelque chose, et on se rend compte que ce n’était que des promesses. Qu’est ce qui nous dit qu’on va finalement les avoir ? »

Ces licences, c’est au Royaume-Uni de les délivrer. Elles sont censées être octroyées à tous les bateaux qui peuvent prouver une antériorité de pêche dans cette bande des 6-12 milles. Le problème ? Pour les navires de 12 mètres comme les fileyeurs, les Britanniques exigent des preuves de position. « On ne pourra jamais leur amener, les fileyeurs n’ont pas de balise électronique, explique Olivier Leprêtre, président du comité régional des pêches. Ils n’ont que l’AIS (Système d’identification automatique rendu possible grâce à un récepteur GPS, NDLR) et ce n’est pas suffisant pour eux. »

Certains chalutiers font face à d’autres problématiques. Les bateaux de remplacement, par exemple, sont incapables de prouver les antériorités sur la période retenue par l’accord Brexit. C’est le cas, par exemple, pour le navire du président du comité régional qui ignore s’il pourra obtenir un laissez-passer. « C’est simple, depuis le 10 janvier, on ne rentabilise plus nos marées. On est en train de subir de plein fouet le Brexit… »

 

Jean-Pierre Pont alerte le secrétaire d’État

À l’Assemblée nationale, le député LREM Jean-Pierre Pont a interpellé Clément Beaune, secrétaire d’État aux Affaires européennes sur la situation des pêcheurs boulonnais. «

Le Royaume-Uni conteste la méthodologie proposée par la Commission européenne pour prouver les antériorités de nos navires, une explication au retard des licences que m’a confirmée la ministre de la Mer, Annick Girardin

», a alerté l’élu boulonnais. Jean-Pierre Pont souhaite que l’État face pression sur la Commission européenne signataire de l’accord. «

La ministre de la Mer va renforcer la pression auprès du commissaire chargé de la pêche et de son homologue britannique…

», a assuré Clément Beaune.

 

Payen Pierre (Dunkerque)

 

 

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