Humour². Déjà plus de 200 migrant.e.s ont traversé la Manche !

Je suis étonné. La Voix du Nord parlait jusqu’alors surtout des échecs ..

Depuis début janvier, déjà 200 migrants ont traversé la Manche

D.S. D. 05/04/19 region@lavoixdunord.fr

« La plupart des tentatives de traversée de migrants se font encore par camion », rappelle le préfet Fabien Sudry. Mais ceux qui tentent leur chance par la mer sont de plus en plus nombreux.

 *** D’après le représentant de l’État, les autorités britanniques estiment que 200 migrants ont déjà réussi à débarquer sur le sol anglais par bateau depuis début janvier, et 286 en fin d’année dernière.

Des chiffres qui pourraient même être sous-estimés, car on peut imaginer que certaines embarcations passent inaperçues.

« Ce phénomène s’est intensifié depuis octobre. Des filières se sont organisées, principalement de nationalités iraniennes et irakiennes.

On estime aussi qu’avec la perspective du Brexit, certains migrants ont pensé qu’il serait plus difficile de passer dans les prochains mois. »

La sécurisation du port de Calais et des abords du Tunnel aurait aussi incité les passeurs à chercher d’autres méthodes pour traverser, même si le risque est grand de franchir par la mer le détroit le plus fréquenté au monde.

Démonstration de force sur la côte contre les traversées de migrants 

PAR SYLVAIN DELAGE, AVEC OLIVIER MERLIN region@lavoixdunord.fr

Comme ici, sur la plage de Tardinghen, près du cap Blanc-Nez, les policiers et gendarmes peuvent s’appuyer sur quatre drones aux performances bluffantes.

Photos Marc Demeure ...

Les autorités s’inquiètent de la recrudescence des traversées de migrants dans le détroit du Pas-de-Calais.

Pour lutter contre ce phénomène et, surtout, pour éviter un drame, les forces de l’ordre ont été dotées de nouveaux moyens : drones, motos, jumelles...

Démonstration entre Boulogne-sur-Mer et Calais, hier soir.  

Il est 20 h, ce jeudi soir. Un couple se promène tranquillement sur la plage d’Ambleteuse. Il l’ignore, mais il est filmé par un hélicoptère.

Les images sont retransmises en direct sur un écran tenu par des gendarmes au sol.

L’objectif de l’État, c’est d’abord de sauver des vies et d’éviter un drame. Fabien Sudry, préfet du Pas-de-Calais 

Il s’agit d’une démonstration de force contre les traversées de migrants dans le détroit du Pas-de-Calais. « Vous voyez la précision de la caméra, rien ne nous échappe, commente un gradé.

On peut lire une plaque d’immatriculation à un kilomètre. »

Deux hélicoptères comme celui-ci peuvent être déployés sur la côte par la section aérienne de gendarmerie d’Amiens.

Les autorités ne lésinent plus sur les moyens pour repérer et intercepter les migrants qui tentent de franchir la Manche sur des embarcations légères.

Depuis octobre, le phénomène s’est amplifié (lire p. 5) .

« Les risques sont vitaux, il y a parfois des mineurs à bord, témoigne Fabien Sudry, préfet du Pas-de-Calais.

L’objectif de l’État, c’est d’abord de sauver des vies et d’éviter un drame. Et, évidemment aussi, de lutter contre les filières de passeurs. »

De nouveaux moyens viennent d’être alloués aux compagnies de gendarmerie du littoral, aux circonscriptions de police de Boulogne et Calais, ainsi qu’à la police aux frontières, pour un total de deux millions d’euros.

Parmi ceux-là, quatre drones aux performances bluffantes, dotés de caméras thermiques et infrarouges.

« Ils nous permettent de survoler les dunes, où des passeurs cachent parfois des embarcations sous la végétation », explique le colonel de gendarmerie Bertin Malhet.

Un dispositif efficace

« Ces moyens ont essentiellement été financés par la Grande-Bretagne, ajoute le préfet.

L’engagement de l’État français se traduit par des moyens humains.

En l’occurrence, huit à quinze patrouilles sont organisées chaque jour et nuit sur le littoral, côté gendarmerie, sans parler des rondes assurées régulièrement par la police sur le port de Boulogne pour empêcher les vols de bateaux de pêche.

Un dispositif qui semble porter ses fruits : vingt-trois traversées auraient été constatées depuis le début de l’année contre trente-neuf sur les trois derniers mois de 2018.

Mais les autorités savent que par beau temps et mer calme, comme ce fut le cas fin 2018, les passages s’intensifient.

Avec le retour des beaux jours, le déploiement de ce dispositif n’est donc pas anodin.

Pierre Payen (Dunkerque)

 

 

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