Une arrivée du virus fin décembre, par avion et-et colis !

Jean est « convaincu » d’avoir contracté le coronavirus fin décembre  Par Justine Cantrelcambrai@lavoixdunord.fr  08/05/2020

Jean a été malade fin décembre, et se sent, aujourd’hui, toujours très fatigué.

Jean a été hospitalisé à l’hôpital de Cambrai début janvier. Depuis le 29 décembre, il ressentait des symptômes similaires à ceux du Covid-19. Aujourd’hui, il est « convaincu » qu’il a été touché   par le virus, mais ne peut en avoir la preuve. 

 

Neuville-Saint-Rémy.

Je me suis fait livrer trois colis par mois par avion. Des pièces de moto en titane, en provenance de Chine. C’est mon seul lien...  

 

Pour Jean, 63 ans, la fièvre a commencé le 29 décembre. « Au début, j’ai pris ce que j’avais à la maison, raconte-t-il. Le 1 er janvier, je suis allé chez le médecin. On m’a prescrit du paracétamol, dit que c’était un état grippal. Ça a été en empirant. »

Quelques jours plus tard, l’habitant de Neuville-Saint-Rémy finit par appeler le 15, qui le conduit aux urgences du centre hospitalier de Cambrai. Il y restera une semaine, sous perfusion permanente. « Pendant quatorze jours au total, j’ai eu entre 39 et 41 de température, sans jamais baisser, relate le sexagénaire. J’avais du mal à respirer, je tremblais, j’avais perdu le goût et l’odorat, et j’avais très mal à la tête. » La piste de la grippe est écartée, Jean a été testé négatif. « On m’a dit que c’était un problème pulmonaire, et une infection sanguine. »

Des colis contaminés

en provenance de Chine ?

Jean sort de l’hôpital, le 11 janvier, et poursuit un traitement à domicile. « On ne m’a pas du tout parlé de virus, à ce moment, on ne parlait pas du tout de ça », ajoute-t-il.

Quand le coronavirus arrive sur le devant de la scène, il fait le rapprochement : « Je me suis dit c’est ce que j’ai eu ! Plus on détaillait les symptômes, plus j’étais convaincu. »

 

 Comment l’aurait-il attrapé ? « Je me suis fait livrer trois colis par mois par avion. Des pièces de moto en titane, en provenance de Chine. C’est mon seul lien », suggère-t-il, sans certitude.

 

Aujourd’hui, Jean se dit « toujours fatigué, vite essoufflé », et assure n’avoir toujours pas retrouvé l’odorat. « Une amie infirmière me dit que c’est normal, que c’est long. »

Le test, la seule solution

Il n’a pas alerté l’hôpital, de peur de déranger : « Ils ont d’autres chats à fouetter », estime-t-il. Interrogé, le centre hospitalier de Cambrai n’a pas eu connaissance d’autres patients accueillis pour des symptômes similaires aussi tôt. « Il peut se manifester, il trouvera toujours quelqu’un pour l’écouter », rappelle l’hôpital, interloqué. Jusqu’à l’annonce, il y a quelques jours, d’un médecin francilien ayant repéré rétrospectivement un patient en date du 27 décembre, les premiers cas positifs au Covid-19 en France dataient du 24 janvier.

Jean aimerait maintenant être testé : « Je suis convaincu que je l’ai eu, mais je n’en ai pas la preuve. » Son médecin traitant confirme avoir reçu, début janvier, 4 ou 5 patients avec les mêmes symptômes, testés négativement à la grippe. « Je suis sûr que je ne suis pas le seul, qu’il y a eu davantage de malades, et beaucoup plus tôt. »

Encore une nouvelle interrogation sur laquelle il faudra, la crise passée, se pencher.

 

Pierre Payen (Dunkerque)

 

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