Monkeyman
Retraité E. N.. Ex (prof maths, puis documentaliste)
Abonné·e de Mediapart

2761 Billets

0 Édition

Billet de blog 11 avr. 2012

ÉTATS-UNIS Cours de savoir-vivre carcéral pour cols blancs ! ! ! ***IMPORTANT ! SARKOZY ET AUTRES SONT EN RETARD !

Monkeyman
Retraité E. N.. Ex (prof maths, puis documentaliste)
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

***IMPORTANT ! SARKOZY ET AUTRES SONT EN RETARD !

ÉTATS-UNIS Cours de savoir-vivre carcéral pour cols blancs        Mardi 10 avril 2012 COURRIER INTERNATIONAL

Afin de leur éviter de mauvaises surprises en prison, des entreprises américaines préparent les escrocs de Wall Street à leur vie de futur détenu. 04.04.2012 | Michael Rothfeld | 

The Wall Street Journal                     Garett Bauer a gagné 10 millions de dollars en monnayant des tuyaux sur la Bourse.

Dernièrement, après un douloureux revers de fortune, il s'est aperçu que c'était surtout sur la vie en milieu carcéral qu'il avait besoin de tuyaux.

Conseillé par d'anciens détenus, il a appris qu'il ne fallait surtout pas répondre aux provocations d'un autre détenu qui chercherait la bagarre mais au contraire se mettre immédiatement en position fœtale sur le sol.

Contracter des dettes ou vouloir donner son avis sur le choix des programmes télé est à proscrire.

"Je vais devoir tout apprendre", explique M. Bauer, un ancien trader de 44 ans qui, en mai prochain, devrait être condamné à onze ans de prison pour délit d'initié.

La multiplication des arrestations à Wall Street pour délit d'initié a engendré l'essor d'un nouveau secteur : les cours de savoir-vivre en milieu carcéral.

Les prisons étant de plus en plus surpeuplées, ce secteur est florissant et les anciens cadres supérieurs sont prêts à dépenser des fortunes pour apprendre comment gérer au mieux les fouilles au corps et amadouer un compagnon de cellule tatoué appelé Bubba.

M. Bauer a reconnu en décembre dernier devant une cour fédérale du New Jersey avoir participé à une gigantesque arnaque ayant rapporté 37 millions de dollars pendant dix-sept ans alors qu'il travaillait pour plusieurs fonds spéculatifs à Manhattan.

Il a plaidé coupable pour infraction à la législation boursière avec préméditation, blanchiment d'argent avec préméditation et obstruction à la justice.

L'apprentissage des futurs détenus passe évidemment par celui de l'argot carcéral, qui peut s'avérer incompréhensible pour le néophyte.

Certaines sociétés de consultants ont même des sites Internet très impressionnants.

"J'ai aidé des centaines de types pendant mes dix ans au placard, de 1998 à 2007", peut-on lire sur le site de Larry Levine, le fondateur imposant de Wall Street Prison Consultants.

"Et maintenant, à mon tour de vous aider !"

Les futurs détenus apprennent qu'en prison tout se monnaye et que les devises les plus recherchées sont les timbres et les boîtes de conserve.

Certaines attitudes sont à éviter à tout prix, comme sortir le linge d'un autre détenu du sèche-linge, changer de chaîne sur la télévision ou regarder un type sous la douche. Et voler est très mal vu.

Patrick Boyce a découvert les us et coutumes de cet univers en louant les services d'un artiste de la contrefaçon, devenu consultant carcéral.

Et à 42 ans, M. Boyce est lui aussi consultant.

Pour lui, le principe le plus important en prison c'est la politesse.

N'interrompez pas les conversations, n'oubliez pas de dire pardon quand vous heurtez quelqu'un, même quand ce n'est pas votre faute.

Ne regardez pas la télé dans le fauteuil d'un autre détenu.

Ne passez pas le bras devant un autre détenu à table pour atteindre le plat.

"Vous pourriez immédiatement vous retrouver avec une fourchette plantée dans le bras", explique cet ancien courtier, qui a passé onze mois en prison en 2004 et qui se définit comme un "spécialiste de la conciliation carcérale".

Fondateur de Federal Prison Alternatives après avoir purgé sa peine pour fraude, il raconte avoir beaucoup appris aux côtés de son codétenu, une armoire de 180 kilos surnommé Gator.

Une fois, M. Boyce avait reçu de la visite et son visiteur était assis sur le lit de Gator quand celui-ci entra.

"Faut jamais s'asseoir sur le lit d'un autre type", leur a sévèrement lancé Gator.

M. Boyce et son ami se sont rapidement excusés et ont suivi son conseil.

Il a également rapidement appris à ne pas trop monopoliser les toilettes.

La plus grande difficulté pour les consultants, c'est de persuader leurs clients de perdre l'habitude de vouloir tout contrôler, de se sentir supérieur aux autres et de vouloir faire tourner les choses à leur avantage. "Ils doivent comprendre qu'ils ne valent pas mieux que les autres détenus", explique M. Boyce.

Payen Pierre (Dunkerque)

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
En Inde, après l’attaque contre Rushdie, le silence éloquent des politiques
« Les Versets sataniques » ont été interdits en Inde, son pays natal, en 1988. Un an avant la fatwa prononcé par l’Iran contre Salman Rushdie, qui allait faire de sa vie un enfer. Son agression aux États-Unis en fin de semaine dernière n’a suscité aucune réaction officielle, dans un pays où les condamnations au nom du respect des croyants hindous se multiplient.
par Côme Bastin
Journal
Franquisme : des historiens démontent les thèses révisionnistes relayées par « Le Figaro »
La publication dans un hors-série du « Figaro » d’un entretien-fleuve avec l’essayiste d’extrême droite Pío Moa, pour qui les gauches sont entièrement responsables du déclenchement de la guerre civile en Espagne en 1936, suscite l’indignation de nombreux historiens. Retour sur une entreprise de « falsification ».
par Ludovic Lamant
Journal — Amérique Latine
Au Chili, la menace d’un refus plane sur la nouvelle Constitution
Face aux crispations sur certains points de la nouvelle Constitution, le gouvernement chilien prévoit déjà des réformes au texte en cas d’adoption par référendum le 4 septembre. Une position défensive qui témoigne de l’étroitesse du chemin vers la victoire du « oui ». 
par Mathieu Dejean
Journal — Amériques
Le jeu dangereux du Parti des travailleurs avec les militaires
Créé par Lula en pleine dictature, le PT, une fois au pouvoir, a malgré tout entretenu des relations cordiales avec l’armée brésilienne. Puis des tensions sont apparues, jusqu’à faire revenir officiers et généraux dans l’arène politique, en faveur de Jair Bolsonaro.
par Jean-Mathieu Albertini

La sélection du Club

Billet de blog
De quoi avons-nous vraiment besoin ?
[Rediffusion] Le choix de redéfinir collectivement ce dont nous avons besoin doit être au centre des débats à venir si l'on veut réussir la bifurcation sociale et écologique de nos sociétés, ce qui est à la fois urgent et incontournable.
par Eric Berr
Billet de blog
La sobriété, c'est maintenant ou jamais
Le bras de fer en cours avec la Russie autour des énergies fossiles est l’occasion d’entrer de plain-pied dans l’ère de la sobriété énergétique. Pourtant, nos gouvernants semblent lorgner vers une autre voie : celle qui consiste simplement à changer de fournisseur, au risque de perdre toute crédibilité morale et de manquer une occasion historique en faveur du climat.
par Sylvain BERMOND
Billet de blog
Réflexions sur le manque (1) : De la rareté sur mesure
Pour que l’exigence de qualité et de singularité de l’individu contemporain puisse être conciliée avec ses appropriations massives, il faut que soit introduit un niveau de difficulté supplémentaire. La résistance nourrit et relance l’intérêt porté au processus global. Pour tirer le meilleur parti de ces mécanismes psycho-comportementaux, nos sociétés "gamifiées" créent de la rareté sur mesure.
par clemence.kerdaffrec@gmail.com
Billet de blog
Leur sobriété et la nôtre
[Rediffusion] Catherine MacGregor, Jean-Bernard Lévy, et Patrick Pouyanné, directrice et directeurs de Engie, EDF et TotalEnergies, ont appelé dans le JDD à la sobriété. En réponse, des professionnel·les et ingénieur·es travaillant dans l'énergie dénoncent l'hypocrisie d'un appel à l'effort par des groupes qui portent une responsabilité historique dans le réchauffement climatique. Un mea culpa eût été bienvenu, mais « difficile de demander pardon pour des erreurs dans lesquelles on continue de foncer tête baissée. »
par Les invités de Mediapart