Le Dunkerquois ! Une situation toujours plus alarmante !

Les violences conjugales sont énormes dans le Dunkerquois : 1 femme battue par jour ! Le planning familial ferme ! De même que le Centre de planification ! D’où le billet précédent destiné à M. Xavier Bertrand qui sera sur un plateau TV en prévision de la présidentielle de 2022

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Rien n’est jamais acquis

Pour une ado ou une jeune fille d’aujourd’hui, les années 60 et 70 représentent la préhistoire. L’époque de sa grand-mère. La loi de 1965 permettant (enfin !) à une femme à se passer de l’autorisation de son mari pour ouvrir un compte en banque et travailler, celle de 1967 autorisant la contraception, celle de 1975, portée par la courageuse Simone Veil, légalisant l’avortement sont pour elles des pages dans un livre d’histoire. Plus un combat, mais un fait acquis, un service normal.

« Elles n’imaginent pas qu’elles pourraient ne plus avoir ces droits », constate la directrice du Planning familial.

Et pourtant, des prises de position politiques, des extrémismes religieux enfoncent régulièrement un coin dans les droits des femmes, arrachés de haute lutte.

La vigilance s’impose pour conserver ce pour quoi des générations ont lutté.

Sans oublier qu’il en reste d’autres à conquérir, comme l’égalité salariale ou professionnelle.

Le planning familial du littoral fait ses cartons Voix du Nord du 19/09/19

Un centre de planification à l’hôpital aussi 

Le centre de planification du CHD a reçu l’an passé 4500personnes et informé 2400scolaires.

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Quelle différence entre le Planning familial et le centre de planification du centre hospitalier de Dunkerque ? Juste une différence de statut : le premier est associatif, le second dépend du pôle mère-enfant du CHD. Les deux ont les mêmes missions.

Le centre de planification du CHD a reçu l’an passé 4 500 personnes et informé 2 400 scolaires. Renforcés par trois internes, les six médecins, sous la responsabilité du D r Chantrel, assurent des consultations chaque matin et chaque après-midi. Deux conseillères conjugales et une secrétaire médicale complètent l’effectif du centre qui assure les consultations et l’information relatives à la contraception, joue un rôle d’écoute des couples ou des personnes seules. Il pratique le dépistage des infections sexuellement transmissibles. Il accueille les femmes pour les IVG, pratiquées à l’hôpital et dont le nombre est constant (environ 700 par an).

Formé l’hypnose

Les jeunes filles peuvent s’y faire vacciner contre l’infection aux papillomavirus humains, responsables du cancer du col de l’utérus.

Autre particularité, son infirmière coordinatrice et conseillère conjugale, Sylvie Aisenfarb, est formée à l’hypnose, qu’elle pratique lors de prélèvements sanguins ou, à la demande, de pose d’implant ou de stérilet.

Centre de planification, 38, rue du Pont-Neuf à Dunkerque. Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 heures. Tel. 03 28 28 58 22. Il existe aussi un centre de planification à l’Espace santé du littoral de Grande-Synthe, et des consultations en PMI à Coudekerque-Branche, Saint-Pol-sur-Mer et Leffrinckoucke.

Dans le Dunkerquois, au moins une femme est battue par son conjoint tous les jours 

Par Alexis Constantdunkerque@lavoixdunord.fr 19/09/19

Face au fléau des violences conjugales, l’hôpital de Dunkerque, qui accueille chaque jour de nouvelles victimes, a pris des mesures.

L’hôpital de Dunkerque a présenté hier son dispositif de lutte contre les violences conjugales. Un fléau qui touche plus d’une femme, chaque jour, dans le Dunkerquois. Si des mesures sont prises, il reste encore beaucoup à faire. 

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Dunkerque.

Les chiffres sont effrayants. Ils sont le reflet d’un fléau de notre société. En moyenne, chaque jour, une femme est examinée par la médecine légale du CHD après une plainte pour des violences conjugales. Cela, sans compter les victimes « invisibles » qui, par crainte de représailles, ne pousseront jamais la porte d’un commissariat. « Chaque année dans le Dunkerquois c’est en moyenne deux homicides conjugaux à déplorer », précise le docteur Houssaye, médecin légiste.

Si seulement il y avait un service de police au sein des urgences pour prendre les plaintes des femmes victimes de violence… 

Le CHD a son rôle à jouer face à cette calamité. Depuis plusieurs années, la prise en charge des victimes fait l’objet d’un protocole dans le milieu médical. Aux urgences, tout d’abord, où deux médecins référents formés à cette problématique pourront orienter les victimes qui arrivent blessées par les coups. Cela peut paraître incroyable, mais un médecin ne peut signaler à la justice ou à la police, sauf pour les mineurs maltraités où là, c’est une obligation. Lorsque la victime sort de l’hôpital, elle est livrée à elle-même et bien souvent à son bourreau, qui l’attend parfois de pied ferme devant les urgences.

Dehors règne la peur

« D’abord, on met les patientes en confiance, on les écoute, on les fait parler et on les incite à déposer plainte. On leur donne une carte avec les contacts de l’hôpital, des personnes à appeler en cas de problème, les associations comme Solfa-Sedire. On prend ses coordonnées et on tente de la suivre à l’extérieur par le biais de l’assistante sociale », indique un médecin des urgences qui avance une idée : « Si seulement il y avait un service de police au sein des urgences pour prendre les plaintes des femmes victimes de violence… ». Parce qu’une fois dehors règne la peur de voir les coups redoubler si les faits sont dénoncés.

Le médecin légiste, qui constate les violences après les plaintes, un acte crucial pour le dossier judiciaire, privilégie l’écoute : « Si la consultation doit durer deux heures, on prend deux heures. On oriente la personne vers un psychologue extérieur, car il n’y a pas de psychologue dédié aux violences conjugales au sein du CHD ». De même qu’il n’existe pas de structure pour régler la source du problème : soigner sous la contrainte les conjoints violents. « La seule unité spécialisée de la région se trouve à Arras. » Si l’hôpital a déjà enclenché des dispositifs intéressants, dans la possibilité de ses moyens, il reste encore beaucoup à faire.

 

Pierre Payen (Dunkerque)

 

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