Humour. Méritocratie et christianisme et MACRONISME ! ! !

Heureusement M. Macron a tenu à se faire baptiser à l’âge de 12 ans contre l’avis de ses parents, parce qu’il avait tout compris ! ! !

A) Méritocratie Wikipédia

Le mot méritocratie (du latin mereo : être digne, obtenir, et du grec κράτος (krátos) : État, pouvoir, autorité) établit un lien direct entre mérite et pouvoir.

Plusieurs significations pouvant être données au mot mérite ou à celui de pouvoir, le terme est dit polysémiquen 1. Le mot « méritocratie » peut ainsi : être intériorisé comme un principe de justice1 (parfois qualifié d'utopique) ; et être, en même temps, critiqué comme l'outil idéologique permettant de légitimer un système politique inégalitaire2,3.

Un modèle méritocratique est un principe ou un idéal d'organisation sociale qui tend à promouvoir les individus — dans différents corps sociaux ; école ; université ; grandes écoles ; institutions civiles ou militaires ; monde du travail ; administrations ; État, etc. — en fonction de leur mérite (aptitude, travail, efforts, compétences, intelligence, vertu) et non d'une origine sociale (système de classe), de la richesse (reproduction sociale) ou des relations individuelles (système de « copinage »).

Sociologuespédagogues, et philosophes discutent du « modèle méritocratique » que les individus, dans nos sociétés modernes « intériorisent et […] considèrent comme un modèle de justice sociale »4. Les chercheurs en soulignent les défauts et les insuffisances : en l'absence de réelle égalité des chances, sa capacité à résoudre, à lui seul, les inégalités(sociales, culturelles, sexuelles, etc.) est limitée, et son efficacité — en tant que principe de justice — est sujette à débat. Pour la plupart des chercheurs, la véritable méritocratie, qui offrirait à chacun ce qu'il s'est montré digne d'obtenir, n'a jamais existé, faute par exemple d'avoir prévu suffisamment de mesures efficaces pour compenser le désavantage des individus défavorisés.

Selon Marie Duru-Bellat, la notion de mérite a un caractère consensuel ; la méritocratie s'est progressivement « imposée comme un principe de justice central notamment à l’école où elle est au cœur de son fonctionnement ». Pour François Dubet — qui estime « que ce modèle de justice et d'égalité a une force essentielle : c'est qu'il n'y en a pas d'autre ! » — la méritocratie est une « fiction nécessaire »5. De nombreux chercheurs — considérant que l'ordre social créé ne correspond pas à une véritable méritocratie — la qualifient d'« idéologie » méritocratique ou de « mystification », voire de « mythe » à l'effet nuisible quand, sans réflexion critique sur la nature des systèmes auxquels il s'applique (sociétés, État, école, monde du travail, etc.), sans définition claire de la notion de mérite ou du mode de rétribution et sans outils complémentaires de correction des inégalités, le modèle méritocratique aboutit à des effets éloignés de l'idéal qu'il est supposé promouvoir. Par exemple en reproduisant les inégalités sociales tout en les rendant légitimes, renvoyant ainsi les « vaincus du système » à leur seule responsabilité.

 

B) http://www.toupie.org/index.html "Toupictionnaire" : le dictionnaire de politique

Méritocratie Définition de la méritocratie


Étymologie : de mérite et kratos, pouvoir, autorité.

La méritocratie est un système politique, social et économique où les privilèges et le pouvoir sont obtenus par le mérite. Celui-ci est fondé sur la reconnaissance de la valeur par les diplômes, l'expérience, les qualités, les vertus... La méritocratie a pour fondement l'égalité des chances, la liberté individuelle et la reconnaissance de la "réussite". 

Le terme méritocratie est voisin de celui d'aristocratie (pouvoir exercé par les meilleurs, les plus méritants, les plus aptes) dans son sens originel mais qui, dans le langage courant, désigne plutôt le système féodal et la noblesse héréditaire.

*** Napoléon est considéré comme étant le premier à avoir instauré une méritocratie en Europe.

Depuis, la France sert souvent d'illustration pour la méritocratie, en particulier celle de la reconnaissance du niveau d'instruction. En effet, pour accéder aux plus hautes fonctions de l'Etat (administrationmagistrature, politique) ou des affaires, il était (est) nécessaire de sortir des grandes écoles.

*** La principale critique faite à la méritocratie est qu'elle aboutit, malgré son principe initial égalitaire, à un renforcement des castes sociales. Ce sont en effet les élites en place qui définissent elles-mêmes les principes de reconnaissance du mérite

Le sociologue anglais Michael Young, membre du Parti travailliste, qui aurait inventé le mot, a montré dans "The Rise of the Meritocracy" (1958) que ceux qui ne vont pas à l'université forment une caste d'exclus, condamnés à des emplois subalternes, une grande partie d'entre eux étant des travailleurs non qualifiés. Beaucoup, notamment les immigrés, ne bénéficient pas de l'égalité des chances que sous-entend le "mérite". En outre, pour Michael Young, lorsque les élites méritantes sont au pouvoir, elles se referment en s'arrangeant pour que leurs descendants aient de meilleures chances que ceux des classes inférieures, perpétuant ainsi un statu quo.

C) La méritocratie est la « bonne conscience des gagnants du système »

David Guilbaud, énarque issu de la classe moyenne, déconstruit le mythe d’un système scolaire français qui permettrait l’ascension sociale.

Propos recueillis par Marine Miller Publié le 05 février 2019 à 04h00 - Mis à jour le 05 février 2019 à 20h40 (Un article du Monde)

Le principe méritocratique agit comme une fiction très puissante, notamment parce qu’il donne « bonne conscience » aux gagnants du système. c’est ce que démontre David Guilbaud, 26 ans, haut fonctionnaire, ancien élève de sciences po et de l’ENA, dans l’essai l’illusion méritocratique, publié fin 2018 chez Odile jacob

D) Voir aussi sur Mediapart : « L'illusion de la méritocratie scolaire » 14 mai 2008 par Denis Dambré  blog : le blog de denis dambré.

E) Articles De Luigino Bruni 13/12/18 http://edc-online.org/

« La méritocratie, maintenant ça suffit »

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 La société met en avant le mérite mais elle devient impitoyable, en oubliant les besoins. Le risque? La légitimation éthique de l'inégalité. L'antidote au mal de notre siècle? La révolution de la gratuité.

Par Luigino Bruni

Publié sur Corriere della Sera - Supplemento Buone Notizie du 11/12/2018

La méritocratie est en train de devenir la nouvelle religion de notre époque, dont les dogmes sont la culpabilisation du pauvre et l'éloge de l'inégalité. Son origine se perd en fait dans l'histoire des religions et des cultes idolâtres. La Bible (les prophètes et surtout Job) et le Christianisme ont tenté une véritable révolution anti-méritocratique, avec un succès limité. Pour la comprendre il suffirait de lire la parabole de l'ouvrier de la dernière heure, et sa politique salariale anti-méritocratique ; ou bien de prendre au sérieux le « frère aîné » dans le récit du Fils prodigue, qui reprochera au père miséricordieux de ne pas avoir suivi le registre méritocratique. La miséricorde est à l'opposé de la méritocratie : nous ne sommes pas pardonnées parce que nous le méritons, mais c'est précisément la condition de démérite qui l'engendre. Les sociétés méritocratiques sont impitoyables. Malgré cela, l'antique théologie méritocratique a continué à influencer l'Occident.

*** Pourtant, jusqu'à récemment, nous n'avions jamais pensé à édifier une société entièrement et principalement méritocratique. Armée, sport, science, école étaient des milieux à forte tendance méritocratique, mais d'autres sphères majeures de la vie étaient régies par des logiques différentes et parfois opposées. Dans les églises, dans la famille, dans le soin, dans la société civile, le critère de base n'était pas le mérite mais le besoin, mot important aujourd'hui oublié. De plus, l'entreprise et le marché ne sont pas des milieux méritocratiques, car les choix adviennent sur la base d'information ex ante tandis que les résultats dépendent en grande partie d'événements post ante imprévus et souvent imprévisibles.

Parmi les entrepreneurs qui ont réussi, il y a beaucoup de démérites qui ne sont récompensés que par hasard, et parmi ceux qui ont failli, il y a beaucoup de mérites qui ont simplement trouvé le vent défavorable. Or c'est justement le business qui est le principal vecteur de méritocratie. Un autre paradoxe, encore plus surprenant, d'une méritocratie du business produite principalement par le monde anglo-saxon et les États Unis dont l'humanisme est né de la polémique radicale de Luther et Calvin contre le « salut par le mérite ». La nouveauté de notre capitalisme est l'extension de la méritocratie à tous les environnements de la vie civile, avec comme première et significative conséquence la légitimation éthique de l'inégalité, qui de mal à combattre est en train de devenir une valeur à défendre et à promouvoir.

Il y a trois étapes : 1/ on commence par considérer le talent comme un mérite ;

2/ on continue en réduisant les nombreux mérites des personnes à seulement ceux qui sont les plus simples et les plus utiles (qui voit aujourd'hui les mérites de la compassion, de la douceur, de l’humilité ?) ;

3/ Enfin on rémunère différemment les talents-mérites en amplifiant les distances entre les personnes, en oubliant radicalement le rôle décisif que le hasard et la providence exercent sur nos talents.

Ainsi si je suis l'enfant de parents cultivés et que je grandis dans un Pays avec beaucoup de biens publics, quand je prendrai ma retraite la distance par rapport à mes concitoyens venus au monde avec moins de mérites se sera multiplié par un facteur de l'ordre de dix ou cent.

A l'article 34 de notre Constitution on lit : « Les personnes capables et méritantes, même sans moyens, ont le droit d'atteindre les plus hauts niveaux d'études ». 

Une formulation fruit d'une société encore hiérarchique et de classes, car ceux qui devraient être mis dans les conditions d'atteindre « les plus hauts niveaux » ce ne sont pas tant ni seulement les personnes capables, mais les personnes moins capables, car le fait d'être plus ou moins capables n'est pas une question de mérite mais de conditions sociales et d'environnement en partie héréditaires.

Si donc un système social ne récompense que ceux qui sont déjà capables, il ne fait rien d'autre que de laisser pour compte ceux qui sont moins capables (et qui le sont non pas à cause d'un quelconque démérite mais à cause de la vie). (Moi : C’est résumer la vie à un jeu d’échecs binaire ! ! ! Sauf qu’il y a le « jeu d’échecs » et l’« après-jeu d’échecs » où tout se rééquilibre)

****** Dans cette vague de religion méritocratique il serait plus que jamais urgent de revenir à l'antique critique qu'Augustin fait à Pélage.

Augustin ne niait pas l'existence chez les personnes de talents et d'engagement qui peut engendrer ces actions ou situations éthiques que nous appelons mérites (du latin merere : gagner)1

 L'argument décisif pour Augustin concerne la nature des dons et des mérites.

 Pour lui ils étaient charisme, grâce, gratuité.

Les mérites ne sont pas notre mérite, sauf en faible partie, une partie trop infime pour en faire le mur porteur d'une civilisation.

Voilà pourquoi un effet collatéral important d'une culture qui interprète les talents comme mérite et non comme don c'est une dramatique pénurie de gratitude.

Pour comprendre l'augmentation des inégalités à notre époque, nous devons prendre très au sérieux l'avancée imperturbable de la théologie méritocratique.

De même pour comprendre la culpabilisation des pauvres, toujours davantage vus comme déméritants et non comme malheureux.

Car si le talent est le mérite, on a immédiatement l'équivalence entre démérite et faute.

Et si les pauvres sont coupables je ne me sens aucun devoir de les aider.

Les méritocraties ont un seul grand ennemi : la gratuité, elles la craignent plus que tout car elle est leur antidote.

C'est seulement une révolution de la gratuité qui pourra nous libérer de cette nouvelle religion sans dieu.

1 NdT : merere est à la racine des mots italiens mercede : rétribution d'une prestation, d'un mérite, miséricorde et meretrice : prostituée

 

F) Et si la méritocratie corrompait nos élites ? https://www.alternatives-economiques.fr/

 

19/12/2018      Marie Duru-Bellat Sociologue

Que n’a-t-on pas écrit – économistes, sociologues, géographes ou politistes - pour analyser le mouvement dit des gilets jaunes ? Des analyses souvent convaincantes… mais guère nouvelles. Partons de quelques-unes de ces analyses : « Le problème de notre société n’est pas seulement que les riches ont trop d’argent mais que leur argent les isole, beaucoup plus que par le passé, de la vie commune » … « l’isolement croissant des élites signifie entre autres que les idéologies politique perdent tout contact avec les préoccupations du citoyen ordinaire ». Cette « classe nouvelle » doit « préserver la fiction selon laquelle son pouvoir repose sur la seule intelligence ». Elle se « pense comme une élite qui s’est faite toute seule et qui doit exclusivement ses privilèges à ses propres effort » et défend une mobilité sociale fondée sur le mérite, « la seule espère d’égalité qu’ils comprennent...

G) Il serait stupide d’essayer de pénétrer symboliquement dans le chœur et CŒUR INTELLECTUEL de la Notre-Dame chrétienne !

Une démystification complète, par une femme, Sandrine Victor, de notre société vient d’être publiée ! Voir le livre « Les fils de Canaan. L’esclavage au Moyen âge » (Ed Vendémiaire) de cette chercheuse, maître de conférences en Histoire médiévale, spécialiste de l’histoire économique et sociale du bas Moyen Âge.

  • On y apprend que lesdits Hommes ont pratiqué l’esclavage sous différentes formes pendant le Moyen Âge !

*** Et en se référant à la Bible !

P. 42. Pour Augustin, la condition d’esclave est déplorable … mais au fond, ce n’est qu’une conséquence du péché originel.

Dieu crée les hommes libres et égaux, mais ce ne peut être assumé dans un monde marqué par la faute.

« Ce n’est pas la nature qui a fait les esclaves, c’est la Faute, écrivait sous Louis le Pieux, l’abbé Smaragde de Saint-Mihiel

Etc. Des tas d’arguments du même type foisonnent !

Entre cette époque et 2019, y a-t-il eu une évolution ? !

Notre M. Macron ne dirait même pas : (P. 43) « Heureux l’esclave qui souffre, travaille et endure pour expier le péché originel ! » puisque pour lui, avec des Riens, on ne peut rien entreprendre ! (Donc, sous-entend, c’est « Marche ou crève » … !)

Chez les musulmans, c’est différent !

P. 48. Théorie et pratique dans les sociétés islamiques.

L’islam accepte la servitude comme un fait social.

Le prophète Mahomet considère l’esclavage comme faisant partie de l’ordre naturel des choses, étant enraciné dans la culture de la péninsule Arabique. … …

L’esclavage selon l’islam n’est donc pas un moyen de punir, ni un butin de guerre à visée économique, mais un outil de correction.

P. 50. L’islam, troisième religion du Livre, s’inspire de la Torah et de la Bible, qui ne condamnent pas explicitement l’esclavage.

L’Islam est ainsi une société d’esclaves.

Il y a désexualisation de l’esclave …, puisqu’elle conduit à l’élimination pure et simple des attributs sexuels.

Les femmes sont exploitées sexuellement. Le Coran exige uniquement qu’elles ne soient pas forcées à se prostituer (sourate 24, 33)

*** P. 70. Jusque aux années 1960, la plupart des historiens pensaient que l’esclavage avait disparu avec l’Empire romain et l’effondrement du monde antique : les esclaves médiévaux n’étaient à leurs yeux que les victimes occasionnelles d’une piraterie endémique au parcours anecdotique. IL N’EN EST RIEN … !

Les sources montrent au contraire un accroissement de l’utilisation des esclaves, surtout dans un contexte d’économie rurale.

Les guerres permanentes fournissent une provision continuelle de captifs, réduits ensuite en esclavage.

P. 72. L’Europe est parcourue de nombreuses routes commerciales constituant autant de circuits d’approvisionnement en esclaves.

Aucune région n’y échappe. …

Par ex. À Verdun, on castre les esclaves qui peuvent ainsi être vendus sur le marché byzantin et musulman, où cette dévirilisation est très prisée.

***P. 79.  En fait, le fond du problème est que certains historiens ont absolument voulu maintenir une vision positiviste.

Je me suis arrêté là. La suite est la description détaillée de cette politique !

~~~ ! Au passage, p. 132 : En 1051, le pape Léon IX déclare que les femmes qui ont forniqué avec des prêtres seront esclaves « au palais du Latran » ! ! ! (Eh ; cons ou pas cons les curés et le pape ? ! S’offrir sans fin, au nom de Dieu, des « esclaves- putes », pour les punir ! Quelle ingéniosité divine !)

Etc. ! ! ! TOUT NE SE RÉDUIT-IL PAS AUX ÉMOTIONS GÉRÉES PAR LA PARTIE LIMBIQUE ou MAMMALIENNE DE L’HOMO SAPIENS ? ! D’autant plus que ce processus animalier est nié, refoulé ? ! « Qui veut faire l’ange fait la bête ! » 

Ainsi, Me Boutin, se sent mi-ange !

[[[Internet : Christine Boutin : « J'aime être nue, libre de mes mouvements ...

https://www.terrafemina.com/.../6831-christine-boutin--l-jaime-etre-nue-libre-de-mes-...

 Un entretien un peu étrange lors duquel Boutin affirme adorer être totalement nue et libre de ses gestes. Interrogée par Frédéric Ferrer, Christine Boutin ...]]]

Amen.

Pierre Payen (Dunkerque)

 

 

 

 

 

 

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