Humour. Chut ! Le Covid permet de cacher les problèmes de l’agriculture …

Pommes de terre : une récolte (enfin) lancée dans un climat d’incertitude   par Christian Canivezccanivez@lavoixdunord.fr  28/09/20 + un article sur les vers géants envahissant.s ...

Sécheresses à répétition, effondrement des prix à cause du Covid-19 : dans la région Hauts-de-France, première productrice de pommes de terre du pays, 2020 marquera les esprits des quelque   5 600 exploitants. Ambiance à Avesnes-le-Sec, dans le Valenciennois, où la récolte va enfin démarrer.  

« Le mauvais temps, c’est le temps qui dure longtemps. » Le vieil adage paysan n’a jamais été aussi vrai. En tout cas, voilà trois ans qu’il hante les esprits. Et toujours un peu plus chaque année. Après des semaines sans une goutte d’eau, il pleut enfin sur Avesnes-le-Sec (dont le nom ne prédestinait en rien de souffrir de la sécheresse). Une bonne nouvelle pour Alain Dequeker.

Au lieu de vendre à 150€ la tonne (1,50€ le kilo), elles partaient à 10€ la tonne ! (Est-ce une fake news ? Ce n'est ps certain !)

Ce matin-là, il examine dans l’un des 250 hectares qu’il exploite avec deux associés l’état de la terre où s’épanouissent ses tubercules. « Elle est encore un tout petit peu trop sèche, mais normalement, vu la pluie qui doit encore tomber, on va enfin pouvoir récolter dans la semaine. » Un soulagement. « On doit attendre que le sol soit suffisamment humide pour arracher. Ça fait trois ans qu’on attend ; les années sont à chaque fois particulières. Elles finissent par l’être de moins en moins. »

« Quand ça ferme à Marseille… »

Le dérèglement climatique se fait, ici comme ailleurs, de plus en plus sentir. « L’an dernier, on a récolté jusqu’au mois de mars dans certaines parcelles, c’est carrément anormal. »

Dans le village, toutes les exploitations font de la pomme de terre. Elle a remplacé ici la polyculture et l’élevage. En trente ans, la demande n’a cessé de croître, faisant basculer tout un territoire vers le tubercule.

 « La demande en pommes de terre est mondiale. Elle accompagne le développement des menus McDo du monde entier », résume Benoît Houillez, chef du service pommes de terre à la chambre régionale d’agriculture. Une mondialisation qui se paie. Surtout en temps de pandémie.

« Le Covid-19 a tout arrêté. Les lignes de production des industriels ont tourné au quart de leur capacité. Quand on sait que sur dix frites consommées, sept le sont au restaurant ou en restauration collective, on comprend que nous avons pris de face la fermeture de tous les établissements lors du confinement ! », explique Alain Dequeker.

Conséquence : les producteurs se sont retrouvés avec des stocks gigantesques, estimés à 450 000 tonnes dans les Hauts-de-France.

« Pour en écouler un maximum, on a dû recourir à la méthanisation, à l’alimentation animale », indique Benoît Houillez.

Un déstockage qui prend des allures de perte sèche pour le producteur : « Au lieu de vendre nos pommes de terre à 150 € la tonne (1,50 € le kilo), elles partaient à 10 € la tonne ! Et en plus il fallait qu’on paie le transport », soupire Alain Dequeker.

Ce matin-là, la pluie est donc revenue à Avesnes-le-Sec. Mais chassez un souci, un autre se présente…

« On voit bien qu’on en n’a pas fini avec le Covid-19. Un nouveau confinement serait pour nous catastrophique.

Déjà, quand les restaurants de Marseille ferment, c’est notre filière, ici, qui déguste… »

Cinq chiffres à donner la patate.  52 500 : Le nombre d’hectares de pommes de terre dans le Nord et le Pas-de-Calais (soit 6,5 % de la surface agricole du territoire).    3 765 : Le nombre de producteurs dans le Nord et le Pas-de-Calais (soit 30 % des agriculteurs du territoire).  2,3 millions : La production annuelle en tonnes dans le Nord et le Pas-de-Calais (4,3 millions pour les Hauts-de-France).  33 % : La part du Nord et du Pas-de-Calais dans la production nationale (61 % pour les Hauts-de-France).   1 milliard d’euros : Le chiffre d’affaires généré dans les Hauts-de-France.

Le taupin, « la petite bête qui monte »     C. C.C. C.

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 C’est une nouvelle préoccupation pour les producteurs de pommes de terre de la région : l’Agriotes lineatus, alias le « taupin ».

 On le désigne aussi sous le nom de fil de fer, à cause de sa couleur rouille. Cette larve de coléoptère a pris la fâcheuse habitude de piquer et perforer les tubercules et de s’y installer. Pas de quoi empoisonner qui que ce soit mais cela fait toujours désordre…« Le taupin n’est pas nouveau, mais son aire de reproduction s’étend de plus en plus. Venu du sud de la France, on le trouve aujourd’hui en Picardie, et il monte de plus en plus vers le Nord », alerte Benoît Houillez, chef du service pommes de terre à la chambre régionale d’agriculture.

« On l’appelle la petite bête qui monte », glisse avec malice Alain Dequeker. Mais la malice pourrait tourner aigre : les traitements phytosanitaires utilisés auparavant sont désormais interdits, sans véritable alternative efficace.

 UN AUTRE ARTICLE : Des vers géants envahissent nos jardins et menacent la biodiversité dans l’indifférencMercredi 23 septembre 2020 07:33

Un ver géant Bipalium kewense tue un ver de terre.© Photo : Pierre Gros / CC BY / The Conversation

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Plusieurs espèces géantes de vers plats terrestres ont envahi la France et ses territoires d’outre-mer, menaçant la biodiversité. Grâce à la science participative, l’invasion de ces « plathelminthes » est enfin reconnue.

Ouest-France   Science mardi 22 septembre 2020

Une des conséquences de la mondialisation et de l’accroissement des échanges internationaux de marchandises est l’introduction d’espèces exotiques envahissantes. En France, on a ainsi vu arriver récemment la punaise diabolique, le frelon asiatique et l’écureuil de Corée, et aussi les vers plats ou plathelminthes terrestres tels que Platydemus manokwari (depuis la Nouvelle-Guinée) ou Obama nungara (depuis l’Amérique du Sud).

Ces plathelminthes terrestres, qui passent de continent à continent avec les transports de plantes, sont généralement des animaux d’une taille modeste, environ 5 cm : ils tiennent dans la main – quoique ce soit une mauvaise idée de les toucher. Parmi les plathelminthes terrestres, il existe toutefois un groupe d’espèces géantes, qui ont toutes la tête « en marteau » : les bipaliinés, appartenant aux genres Bipalium et Diversibipalium. Les plus grands peuvent atteindre un mètre de long, et leur continent d’origine est l’Asie.

Notre équipe a publié les résultats d’un travail de cinq ans basé sur la science participative. Un immense merci à tous les citoyens qui nous ont envoyé des photographies et aussi des spécimens.

Plus de 700 signalements de plathelminthes terrestres ont été reçus, et parmi ceux-ci, plus de 100 concernaient des bipaliinés. Deux des espèces présentes en France, et parfois très abondantes, peuvent atteindre 40 cm de long ! Quarante centimètres – représentez-vous cela avant de continuer la lecture : si vous lisez ceci sur un PC portable, c’est plus que la diagonale de votre écran…

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La tête de Diversibipalium multilineatum. Cette espèce peut atteindre 40 cm de longueur. (Photo : Pierre Gros / CC BY / The Conversation)

Les plathelminthes terrestres consomment des animaux de la faune du sol, et à ce titre posent une menace pour la biodiversité des sols et leur équilibre écologique. Les Bipalium sont des prédateurs de vers de terre, capable de tuer et manger des proies beaucoup plus grandes qu’eux. Pour tuer leurs proies, les Bipalium possèdent un armement chimique incluant la tétrodotoxine, un des neurotoxiques les plus puissants au monde, mille fois plus actif que le cyanure (la tétrodotoxine est le poison des fameux poissons Fugu).

Alors que cette enquête était à l’origine destinée uniquement à la France métropolitaine, nous avons reçu des témoignages de science participative des territoires français d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélemy, Guyane française, Réunion, Mayotte, Polynésie) et aussi de Suisse, Monaco et Portugal.

De manière inattendue aussi, les témoignages de science participative remontent à vingt ans en arrière, car les citoyens bénévoles nous ont envoyé des photographies et même des vidéos,

le document le plus ancien datant de 1999.

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Photos de vers envoyés par des citoyens bénévoles. (Photos compilées par Jean Lou Justine / CC BY / The Conversation)

En France métropolitaine, les deux espèces qui dominent sont Bipalium kewense et Diversibipalium multilineatum ; ces deux espèces peuvent atteindre 40 cm de long. Curieusement, Bipalium kewense a aussi été trouvé en Guadeloupe, Martinique et Guyane française.

Une espèce relativement petite, Bipalium vagum, a été trouvée dans plusieurs îles des Antilles, en Guyane Française et à La Réunion, mais pas en France métropolitaine.

Une espèce inconnue, Diversibipalium « noir », a été trouvée en France, dans une seule localité. Une espèce probablement nouvelle, Diversibipalium « bleu » a été trouvée seulement à Mayotte ; cette espèce est particulièrement spectaculaire par sa couleur irisée turquoise.

Diversibipalium « bleu », trouvé seulement à Mayotte. (Photo : Laurent Charles / CC BY / The Conversation)

Les Pyrénées-Atlantiques, un petit paradis pour vers géants…

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En France métropolitaine, la plupart des bipaliinés ont été trouvés dans le Sud, mais très curieusement, près de la moitié des signalements proviennent d’un seul département : les Pyrénées-Atlantiques, surtout dans la partie côtière entre Bayonne et la frontière espagnole.

Les plathelminthes terrestres, qui viennent des régions semi-tropicales d’Asie, ont deux ennemis : le froid en hiver et la sécheresse en été. Il semble que les Pyrénées-Atlantiques, avec leur hiver doux et leur été jamais tout à fait sec, constituent un petit paradis pour eux !

Carte des signalements de bipaliinés en France métropolitaine, obtenue grâce aux sciences participatives. (Source : Jessica Thévenot / CC BY / The Conversation)

Nos études moléculaires basées sur le gène de la Cytochrome Oxydase I montrent que les espèces trouvées dans plusieurs localités dans le monde sont parfaitement homogènes du point de vue génétique, même quand les spécimens proviennent de plusieurs continents.

Ces espèces ne pratiquent pas la reproduction sexuée et chaque individu est donc un clone de son parent : un petit morceau se détache à l’arrière de l’animal et se transforme en adulte, un phénomène appelé scissiparité.

La reproduction asexuée est un moyen pour une espèce invasive d’envahir rapidement un territoire. Cela signifie aussi que chaque ver est potentiellement immortel.

Les scientifiques se doivent de s’y intéresser

Quand nous avons commencé ce travail, en 2013, nous avons fait ce que fait tout scientifique au début d’une nouvelle recherche : chercher la bibliographie, c’est-à-dire les articles écrits par d’autres scientifiques sur le sujet.

À notre grand étonnement, nous n’avons presque rien trouvé sur ce sujet en France, alors que l’invasion a commencé il y a plus de vingt ans. Il semble paradoxal que l’invasion d’un pays développé, en Europe, par des animaux aussi spectaculaires et bien visibles, et potentiellement dangereux pour la biodiversité, n’ait attiré l’attention d’aucun scientifique ni d’aucune institution.

Bipalium vagum, présent dans la plupart des territoires français en zone tropicale, photographié ici en Guyane Française. (Photo : Sébastien Sant / CC BY / The Conversation)

Les citoyens rapportent parfois avoir amené les animaux dans des centres de recherche, ou des universités, et avoir été renvoyés gentiment avec des identifications fantaisistes : « Ce sont des sangsues, aucun intérêt… » Il est clair qu’un effort d’enseignement doit être fait au sujet des plathelminthes terrestres. Cela dit, ceux qui ne les connaissaient pas il y a vingt ans avaient une excuse – avant, ils n’étaient pas là.

Les résultats de notre étude sont publiés en anglais, comme c’est l’usage en science. Pour informer le public en France et dans les territoires francophones d’outre-mer, nous avons aussi rédigé une version intégrale en français de notre article sur les bipaliinés, comme nous l’avions fait, en 2013, pour l’arrivée de Platydemus manokwari. Maintenant, plus d’excuse !

Cet article est publié en collaboration avec les chercheurs de l’ISYEB (Institut de Systématique, Évolution, Biodiversité, Muséum national d’Histoire naturelle, Sorbonne Universités). Ils proposent chaque mois une chronique scientifique de la biodiversité, « En direct des espèces ». Objectif : comprendre l’intérêt de décrire de nouvelles espèces et de cataloguer le vivant.

La version originale de cet article a été publiée dans The Conversation.

No problem pour le chrétien.ne.s !

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Elle sa base évidemment sur la Bible : St-Matt Ch. 13.13 : « C'est pour cela que je leur parle en paraboles : parce qu'ils voient sans voir et entendent sans entendre ni comprendre »

Chap. 5.3 du Sermon de la montagne : « Bienheureux les pauvres d’esprit, parce que le royaume des cieux est à eux »

Luc ch. 23.34 Et Jésus disait : « Père, pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font »

Or, nous sommes tous/toutes des pauvres d’esprit !

Nous raisonnons en dimension 3 !  Nous ne comprenons presque rien à la logique du Monde vivant, c. à d. à la logique quantique !

Pierre Payen (Dunkerque)

V. un autre billet sur les vers géants !

 

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