Un ex-employé de l'armée française tué en Afghanistan par les Talibans

Un ancien auxiliaire afghan de l’armée française, Abdul Basir, a été tué dimanche dernier par les talibans. Il allait rentrer chez lui. Des anciens traducteurs et PCRL « personnel civil de recrutement local » afghans pour l’armée française sont en danger de morts, abandonnés par la France depuis des années en Afghanistan.

Abdul Basir, 34 ans, il a été retrouvé abattu d’une balle par les Talibans dimanche dernier. © Anciens PCRL afghans Abdul Basir, 34 ans, il a été retrouvé abattu d’une balle par les Talibans dimanche dernier. © Anciens PCRL afghans

Basir avait participé fin mai 2021 à la manifestation que j'avais filmé derrière l’ambassade de France de Kaboul, pour réclamer protection et asile à son ancien employeur. Abdul Basir a collaboré avec les forces françaises en Afghanistan d’août 2008 à juin 2013. 

Le certificat de travail d'Abdul Basir. © Anciens PCRL afghans Le certificat de travail d'Abdul Basir. © Anciens PCRL afghans

Abdul Basir était père de cinq enfants et marié. Il avait travaillé pour l'armée française en tant que cuisiner dans le camp l'OTAN de Warehouse, à Kaboul. Depuis plusieurs années, il avait demandé un visa pour lui et sa famille. L'ambassade de France à Kaboul a rejeté sa demande plus de trois fois. C'est la deuxième fois qu'un ancien employé de l'armée française en Afghanistan est assassiné par les Talibans. 

Le reportage complet a été publié sur la chaîne d'AJ+ français et TV5Monde. Si les talibans viennent, ils vont tuer tout le monde. À Kaboul, les anciens interprètes de l’armée française craignent pour leur vie. Ils appellent la France à l’aide. Les talibans, une nouvelle fois sont aux portes de Kaboul et ils ont déjà occupé plusieurs districts du nord d'Afghanistan. Ces traducteurs se sentent abandonné par les autorités françaises.

 © Mortaza Behboudi / 28 mai 2021 © Mortaza Behboudi / 28 mai 2021

Plus de soixantaine d’autres d’anciens employés, ayant travaillé plus brièvement pour l’armée française, chercheraient eux aussi à quitter l’Afghanistan. Des médailles, des certificats et des contrats de travail, ces anciens interprètes de l'armée française vivent cachés depuis l'abandon par la France. 

Ahmad Sear Anwari, 38 ans, a travaillé de 2005 à 2010 pour l'armée française à Kaboul. © Aleksandra Mostovaja / 28 mai 2021 Ahmad Sear Anwari, 38 ans, a travaillé de 2005 à 2010 pour l'armée française à Kaboul. © Aleksandra Mostovaja / 28 mai 2021

Les anciens traducteurs de l'armée française ne croient pas que les services de sécurité afghans parviendront à les protéger. La France elle, a donné sa réponse. Elle n’accordera le droit d’asile qu’a ceux qui travaillent ‘actuellement’ pour la France en Afghanistan. 

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