« Nous Sommes Les Oubliés de l'Armée Française en Afghanistan »

Ce vendredi, une trentaine d'anciens traducteurs de l'armée française ont manifesté à Kaboul, demandant des visas pour eux et leur famille. « Le gouvernement français ne veut pas de nous. Les ambassades et les soldants étrangers vont quitter l'Afghanistan. Les talibans vont tuer tous ceux qui ont travaillé pour les forces étrangères. »

Les anciens traducteurs afghans pour l'armée français à Kaboul © Mortaza Behboudi / 28 mai 2021 Les anciens traducteurs afghans pour l'armée français à Kaboul © Mortaza Behboudi / 28 mai 2021

« J'ai travaillé de 2005 à 2010 pour l'armée française à Kaboul et dans le district de Saroubi », Ahmad Sear Anwari, 38 ans. « Aujourd'hui, le gouvernement français ne veut pas de nous. Nous pensons à nos vies, à celles de nos femmes et de nos enfants: il ne fait pas de doute que les talibans vont tuer tous ceux qui ont travaillé pour les forces étrangères. »

Ahmad Sear Anwari, 38 ans, a travaillé de 2005 à 2010 pour l'armée française à Kaboul. © Aleksandra Mostovaja / 28 mai 2021 Ahmad Sear Anwari, 38 ans, a travaillé de 2005 à 2010 pour l'armée française à Kaboul. © Aleksandra Mostovaja / 28 mai 2021

Des médailles, des certificats et des contrats de travail, ces anciens interprètes de l'armée française vivent cachés depuis l'abandon par la France. 

L'Australie vient de fermer ce vendredi son ambassade en Afghanistan, après avoir fait part de ses craintes concernant la sécurité dans la capitale Kaboul lorsque le retrait en cours des troupes américaines sera achevé. Depuis la fin du Ramadan, les combats entre talibans et armée afghane ont repris, sans oublier les attentats sanglants imputés à un autre groupe, l’État islamique. Les talibans, une nouvelle fois sont aux portes de Kaboul et ces traducteurs se sentent abandonné par les autorités françaises.

 © Mortaza Behboudi / 28 mai 2021 © Mortaza Behboudi / 28 mai 2021

Les anciens traducteurs de l'armée française ne croient pas que les services de sécurité afghans parviendront à les protéger. La France elle, a donné sa réponse. Elle n’accordera le droit d’asile qu’a ceux qui travaillent ‘actuellement’ pour la France en Afghanistan. Les autres comme Ahmad Sear ne reçoivent même plus de réponse à leurs appels.

A Kaboul, le 28 mai 2021

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