Comment Blanquer met l’école en ordre de... marché !

Parcoursup, réforme du bac, « culture de l’évaluation » à tous les étages : discrètement, le ministre de l’Éducation nationale poursuit en cette rentrée une reconfiguration très idéologique de l’école française.

L'Huma - Lundi, 3 Septembre, 2018 - Olivier Chartrain

Jean-Michel Blanquer, c’est un ministre de l’Éducation qui aime parler d’amour. « Un pays qui va bien, c’est un pays qui aime ses profs », a-t-il ainsi déclaré à plusieurs reprises la semaine dernière, au cours de la traditionnelle conférence de presse de rentrée.

À leur manière, les syndicats d’enseignants ont eu vite fait de lui répondre qu’il n’y a pas d’amour, seulement des preuves d’amour, et que celles-ci se font attendre.

Il ne s’agit pas là seulement de pointer les fameuses « revendications catégorielles » qu’on ne nomme ainsi que pour souligner l’égoïsme supposé de ceux qui les portent. Baisse des salaires réels, perte d’attractivité d’un métier qui peine de plus en plus à recruter, recul de la liberté pédagogique et poids de la hiérarchie… En vérité, les motifs de mécontentement sont nombreux, au point que le Snes-FSU, premier syndicat du second degré, a déposé un préavis de grève courant sur les quinze premiers jours de classe, afin de couvrir les actions revendicatives que cette rentrée sous tension pourrait susciter.

Mais, au-delà de ces préoccupations, ce qui s’exprime, c’est l’inquiétude qu’à « bas bruit », pour reprendre la terminologie en vogue, la deuxième rentrée Blanquer, s’inscrive dans une reconfiguration profonde du modèle scolaire français, une stratégie que la secrétaire générale du Snuipp-FSU (primaire), Francette Popineau, qualifie de « rouleau compresseur ». Une crainte que le ministre réfute indirectement : pour lui, en cette rentrée 2018, il s’agit simplement « d’amplifier (sic) le sillon de l’école de la confiance », qu’il a commencé à creuser l’an dernier. « Il y a une politique sociale en profondeur qui est menée », « j’ai en permanence à l’esprit les enjeux de justice sociale », martelait-il encore samedi dans une grande interview opportunément offerte au quotidien le Monde.

Avec Parcoursup, sélection et orientation forcées

Pourtant, cette reconfiguration est visible, et elle ne se fait pas toujours dans la discrétion. La colère qui s’est levée au printemps dans les universités contre la loi ORE (orientation et réussite des étudiants) et le système Parcoursup en témoigne.

Alors que la « phase principale » de Parcoursup prend fin mercredi, on en connaît déjà les effets : il restait encore hier dimanche plus de 127 000 élèves en attente ou sans affectation (sur 812 000 inscrits). Ceux-là, s’ils arrivent à intégrer une formation supérieure à l’issue de la « phase complémentaire » le 21 septembre, auront subi une sélection, une orientation forcées.

Mais la logique de Parcoursup va encore plus loin, on le sait : maintenir et légitimer – en lui donnant l’apparence d’un système juste, tenant compte des aspirations de chacun – le goulet d’étranglement d’un enseignement supérieur en incapacité d’accueillir tous les jeunes en demande de formation. Ce faisant, les mettre en concurrence les uns avec les autres, en les obligeant à déployer dès le lycée des stratégies dont l’unique but est de leur permettre d’intégrer après le bac la formation de leur choix.

Et au passage, mettre en concurrence les établissements les uns avec les autres, à qui attirera les « meilleurs » élèves afin de présenter les meilleurs taux de réussite au bac et d’admission post-bac. Aux autres, quels que soient leurs mérites ? Les miettes. Et en option obligatoire, l’expérience de l’injustice…

Des chefs d’établissement « managérisés »

Parcoursup joue donc le rôle d’un entonnoir forçant chacun, en amont, à entrer dans une logique de concurrence. C’est d’ailleurs ce qui le fait applaudir par les plus libéraux de ses partisans. Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Jean-Michel Blanquer a beau s’en défendre avec des airs de Raminagrobis : cette même logique est en train de s’immiscer au cœur de tout l’appareil scolaire.

Des indices ? La fameuse « culture de l’évaluation », vantée par le ministre comme l’alpha et l’oméga de sa politique. Après l’entrée au CP et en 6e en 2017, ces évaluations sont étendues cette année à la mi-CP, au CE1, et à l’entrée en 2de. À une échéance non déterminée, il s’agira aussi d’évaluer les établissements ; voire, dans l’enseignement prioritaire (REP et REP+), de lier la prime de 1 000 euros promise aux enseignants aux résultats obtenus par leurs classes aux évaluations et aux objectifs de fin d’année.

Objectifs annuels qui, au passage, remettent en question les cycles pluriannuels et la souplesse qu’ils autorisent.

Bien sûr, pour le moment il n’est pas question – du moins ouvertement – d’établir un classement officiel des établissements. Mais il n’est pas non plus question de se l’interdire.

Et c’est un canevas serré qui se dessine finalement au-dessus de l’école, en ajoutant l’autonomie des établissements et la « gestion des ressources humaines de proximité » promise par le ministre. Là encore, il faut décoder : aux chefs d’établissement du secondaire, de plus en plus « managérisés », la possibilité d’un recrutement local – voire hors des concours de l’éducation nationale.

De quoi faire voler en éclats l’entraide et le travail collectif, pourtant indispensables, au sein d’équipes pédagogiques qui se plaignent déjà des pertes d’autonomie induites par le poids croissant de la hiérarchie, des chefs d’établissement aux inspecteurs. Malgré tous les démentis, c’est donc bien une école au modèle entrepreneurial très macronien, instillant dès le plus jeune âge le venin de la compétition et de la concurrence de tous contre tous, qui pourrait se mettre en place assez vite… si on n’y prend garde.

RETOUR À LA SEMAINE DE QUATRE JOURS, PORTABLES INTERDITS...

 Outre le dédoublement des CP et CE1 dans les quartiers défavorisés ou le développement des évaluations, cette rentrée voit d’autres nouveautés se mettre en place. Sur les rythmes scolaires, la plupart des écoles devraient revenir à la semaine de quatre jours : 85 % des communes, soit un peu plus de 80 % des élèves.

Une « liberté nouvelle », dixit Blanquer, qui fait peu de cas du bien-être des élèves…Lesquels devront aussi mettre de côté leurs portables, désormais interdits officiellement. « La majorité des collèges avait déjà régulé l’utilisation du portable via leur règlement intérieur », tempèrent les chefs d’établissement. Enfin, dans le cadre de la très floue réforme du bac, les lycéens de seconde auront désormais 54 heures consacrées à l’information sur l’orientation, après les vacances de la Toussaint.

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 Éditorial. Poison - Lundi, 3 Septembre, 2018 - Paule Masson

Ainsi, l’interdiction du portable au collège serait l’événement de la rentrée 2018. Le vacarme dérisoire autour de cette mesure déjà à l’œuvre dans la plupart des établissements est un des effets camouflage du vaste chantier de réforme de l’éducation nationale que mène Jean-Michel Blanquer.

Dans l’instauration de l’école de la concurrence, le gouvernement avance masqué.

Au lancement de Parcoursup, la généralisation du tri sélectif à l’entrée des études supérieures était maquillée du mensonge de la « réussite ». Or le système a généré l’exclusion de centaines de milliers de bacheliers sans réponse, relégués dans des filières non désirées, poussés, pour ceux dont les familles ont les moyens, vers le privé, faute de place dans le public.

Ce matin, calés au fond des poches des élèves qui font leur rentrée scolaire, les téléphones resteront silencieux. L’élargissement du dispositif des évaluations nationales aux élèves de CE1 et de sixième ne fera pas plus de bruit. Planqué sous l’excuse d’une « aide aux enseignants » pour juger du niveau des écoliers, il relève pourtant d’une logique d’individualisation des parcours scolaires.

Cette culture des tests, et des palmarès qui vont avec, est un poison à très hauts risques inégalitaires.

Au lieu d’appuyer les apprentissages sur des compétences acquises, ce mécanisme pousse à la course aux notes, moyen d’évaluation pourtant remis en cause par beaucoup d’experts en pédagogie.

Loin de dispenser les savoirs de futurs adultes capables de mobiliser leurs connaissances pour éveiller leur sens critique, il confine au par cœur, à un savoir de bachotage qu’on oublie ensuite. Il amarre le monde scolaire au dogme de la compétition entre les élèves, entre les enseignants, qui n’auront plus alors aucune raison de ne pas être rémunérés au mérite, et entre les établissements scolaires, soumis à la loi d’airain des classements.

Dans la logique de Macron, rien n’interdit à ces évaluations de devenir concours, faisant des élèves les machines à compétition d’un marché scolaire.

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« Sur la mise en concurrence, le gouvernement avance masqué » - Lundi, 3 Septembre, 2018 - Alexandre Fache

Coauteur en 2012 de la Nouvelle École capitaliste (la Découverte), le chercheur en sciences de l’éducation Pierre Clément décortique le discours ambivalent du ministre Jean-Michel Blanquer.

Parmi les nouveautés de cette rentrée, il y a le développement massif des évaluations. Comment l’interprétez-vous ?

pierre clément C’est un mouvement ancien, qui ne date pas de Jean-Michel Blanquer. Même si elles ne sont pas forcément de même nature, des évaluations avaient aussi été instaurées en 1989, après la loi Jospin, ou encore en 2007, lors de la mise en place du « socle commun ». Cela répond, sur le papier, à une volonté de vérifier l’efficacité du système éducatif, autrement que par les taux d’accès aux diplômes. De vérifier aussi si la dépense publique est efficace, dans un contexte de contrainte budgétaire. Ensuite, tout dépend de l’usage qui va être fait de ces données, et de leur publicité.

Les établissements eux-mêmes vont aussi être évalués, via une « instance nationale », promise par Emmanuel Macron et prévue pour 2019. Ne va-t-on pas là vers une mise en concurrence malsaine ?

pierre clément Il y a un risque en effet, qui sera plus ou moins important, selon que l’on va plus loin dans l’instauration d’un véritable marché scolaire, avec la réforme de la carte scolaire. Pour l’heure, les parents se font une idée de la qualité d’un établissement par le bouche-à-oreille. Il n’y a pas d’indicateur officiel. Mais si, demain, ces évaluations sont rendues publiques, et qu’on assouplit encore la carte scolaire, là oui, on aura fait un pas vers la mise en marché de l’offre éducative. Pour le moment, le gouvernement n’assume pas ouvertement ce discours. Il avance masqué. Mais ce qu’on sait, par exemple, de la réforme du lycée va dans ce sens : une individualisation des parcours, des enseignements à la carte (qui remplaceront les trois grandes filières actuelles)… Autant de choix donnés aux familles, qui vont nourrir le besoin d’indicateurs et accroître la mise en concurrence entre établissements.

Les enseignants d’éducation prioritaire pourraient aussi voir une part de leur nouvelle prime annuelle soumise à des impératifs de résultats…

pierre clément Ce sont les mêmes logiques. Lors de la mise en place, il y a dix ans, des évaluations en CE1 et CM2, les syndicats avaient bataillé pour que ces données ne soient pas utilisées pour nourrir des palmarès par établissements. Avec succès à l’époque. Mais aujourd’hui, s’il n’y a pas de mobilisation et que le gouvernement voit qu’il peut avancer, on peut se retrouver demain avec des primes conditionnées à des objectifs quantitatifs.

La réforme du supérieur et la mise en place de Parcoursup, c’est un pas clair vers l’école de la concurrence ?

pierre clément Oui, beaucoup plus clair que dans le primaire ou le secondaire. Sélection à l’université, droits d’inscription en hausse pour les filières sélectives… On est entré dans une logique de mise en concurrence. Pour le primaire, le gouvernement est plus habile et met en avant des mesures comme le dédoublement des classes de CP et de CE1, ou le dispositif « devoirs faits », qu’on ne peut que soutenir. Médiatiquement, cela suffit. En réalité, c’est l’arbre qui cache la forêt de tout ce que l’exécutif ne fait pas dans la lutte contre les inégalités. Jean-Michel Blanquer affirme que c’est sa priorité. Mais si c’était vrai, il y aurait une tout autre politique familiale et culturelle, des ambitions bien plus vastes dans la formation des enseignants, des réflexions beaucoup plus poussées sur la pédagogie, de la primaire au lycée… Le seul dédoublement des classes en zone prioritaire ne peut être la seule réponse.

Pierre Clément - Enseignant-chercheur à l’université de Rouen

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Frais de scolarité, ARS, bourses, fonds social cantine et transport... les aides pour alléger le coût

Dimanche, 2 Septembre, 2018 - Daniel Roucous

Qu'en est-il du principe de la gratuité scolaire aujourd’hui ? Liste de ce qui est à la charge des familles, ce qui reste à la charge de l’Etat et les aides prévues pour alléger les frais scolaires et para-scolaires .

Combien ça coûte l'école publique ?

A chaque rentrée, le coût de la rentrée scolaire est une préoccupation des parents. Cette rentrée 2018, il serait en baisse de 2,91% selon le dossier Coût de la scolarité 2018 de la CSF (Confédération syndicale des familles) - rappel du coût de la scolarité 2017

Cependant, vous le lirez dans le dossier, cette baisse est à nuancer puisqu'elle cache des augmentations de certains postes notamment la liste des fournitures scolaires en école élémentaire - liste officielle et conseillée des fournitures scolaires 

De plus dans la liste des fournitures scolaires ne sont pas prévues les dépenses liées au sport (obligatoire) qui représente en moyenne 70 euros! Ni celles liées au numérique et bien d'autres listées dans le dossier de la CSF.

En hausse ou en baisse ce coût tient compte de deux choses :

- ce qui reste gratuit, c'est-à-dire à la charge de l’Etat soit l’enseignement proprement dit comme imposé par la loi du 16 juin 1881 dite "Ferry" codifiée aux articles L132-1 et L132-2 du code de l'éducation

- et ce qui est à la charge des familles.

Cependant, pour assurer le principe de la gratuité scolaire et surtout l’égal accès pour tous les enfants et ados à l’enseignement public article 13 du préambule-de-la-Constitution-du-27-octobre-1946, des aides sont prévues (allocations de rentrée scolaire, aide à la cantine, réduction d’impôt, bourses de collèges et de lycées et caisses des écoles). Il existe aussi d’autres formes de solidarité comme l’achat groupé de fournitures scolaires organisé par les parents d’élèves ou certaines communes (notre photo).

Malgré tout ces aides sont insuffisantes comme c'est le cas de l’allocation-de-rentree-scolaire-ARS dont le plafond de ressources y ouvrant droit évolue peu voire stagne: 24 453 euros pour une famille avec un enfant à charge en 2018, 24 404 euros en 2017 comme en 2016, 24 306 euros en 2015, 24 137 euros en 2014. D'ailleurs, la Confédération syndicale des Familles revendiquent une revalorisation conséquente des plafons de ressources - page 64 de son dossier Coût de la scolarité 2018

De même que la réduction d'impôt pour frais de scolarité dont les montants sont inchangés depuis 2002 !

Qu'est-ce qui est réellement gratuit ?

Les familles doivent savoir que les postes suivants sont à la charge exclusive de l’Etat et des communes, pas question de payer quoi que ce soit :

- l’inscription (sauf pour l’entrée dans les universités mais nous traitons ici de l’enseignement primaire et secondaire public),

- les prestations d’enseignement dispensées à l’école,

- le matériel collectif,

- l’acquisition et l’entretien du mobilier scolaire et du matériel d’enseignement,

- les frais de photocopies y compris les supports pédagogiques,

- les frais de correspondance, de communication et d’informatique,

- les frais liés au carnet de correspondance,

- toutes activités obligatoires dans ou hors l’école (notamment les activités sportives et culturelles) et les transports pour accéder à ces activités obligatoires de l’école à l’école.

Et à la charge des familles ?

La liste ci-dessus de ce qui demeure à la charge de l’Etat est inchangée depuis belle lurette. Sont donc à la charge des familles :

- les fournitures scolaires individuelles. Cependant, le ministère de l'éducation publie une liste des fournitures scolaires  afin de ne pas aggraver le budget des familles par des achats inutiles ou selon la fantaisie des enseignants. Mais celle-ci ne prend pas en compte les fournitures liées au sport (obligatoire) ni à l'informatique etc.

D’autre part, les communes sont tenues de mettre à disposition des élèves les manuels scolaires  et des trousseaux par le biais des caisses des écoles (lire encadré). Elles peuvent aussi organiser des achats groupés (notre photo). Enfin SCOLEO est un site officiel accessible gratuitement qui permet de commander en ligne des fournitures scolaires à moindre coût. Cependant ce mode d'achat a aussi des inconvénients comme le souligne le dossier Coût de la scolarité 2018 de la CSF (page 20).

- les activités et sorties facultatives mais là encore les caisses des écoles doivent aider les familles les plus démunies enfin de ne pas pénaliser leurs enfants et en application de la loi relative à l' Egalité-des-chances-et-gratuité scolaire

- l'achat de vêtements, de chaussures et de tenues sportives,

- le transport scolaire dont on peut avoir un aperç en téléchargeant article transport-scolaire-qu-en-est-il-de-la-gratuité-apres-leur-prise-en-main-par-les-regions ?

- la cantine scolaire,

- l’assurance scolaire (non obligatoire) et l’extrascolaire (obligatoire mais…),

 - les voyages scolaires,

- les photos de classe,

- le soutien scolaire (de plus en plus fréquent),

- les temps d’activités périscolaires dits TAP  dont la gratuité ou non dépend des communes qui les organisent quand bien même celles-ci reçoivent des aides des Caf (caisses d’allocations familiales) - 

Quelles aides pour alléger les coûts et pour quelles familles ?

- l' allocation-de-rentree-scolaire

- la réduction d’impôt pour frais de scolarité qui se monte pour l’imposition des revenus 2017 (déclaration 2018) à 61 euros par enfant au collège, 153 euros par enfant au lycée, 183 euros par étudiant. Ces montants n’ont pas été revalorisés depuis le passage du franc à l’euro en 2002 !

- les bourses de collège et les bourses de lycées qu'il est encore possible de demander

- les bourses pour l’école primaire et les bourses de fréquentation scolaire pour les familles dont les enfants utilisent les transports scolaires et habitent à plus de 3 kilomètres de leur école

- les aides aux familles les plus démunies à demander aux caisses des écoles, Caf, départements, régions,

- les bons d'achat et autres primes de scolarité que peuvent délivrer les Comités d'entreprises aux salariés parents d'élèves selon un quotien familial (renseignez-vous auprès du CE, de la direction du personnel, des élus).

- le soutien-scolaire-gratuit

- les aides du fonds social cantine et plus généralement du fonds social collèges et lycées rappelées dans la circulaire du 22 août 2017

  A propos de l’accès à tous les enfants à la cantine, rappelons que la loi du 29 juillet 1998 (article 147) impose aux communes de fixer les tarifs des cantines en fonction des revenus nets imposables des familles et du nombre de personnes vivant au foyer. En outre le règlement intérieur des cantines scolaire doit expressément mentionner que les tarifs doivent être fixés sur la base d’une grille tenant compte du quotient familial.

Le Conseil d’Etat dans sa décision téléchargeable a rappelé que « la cantine scolaire doit être accessible à tous les enfants sans discrimination tarifaire et tout particulièrement aux enfants les plus pauvres ».

En cas d’impayés de cantine, les parents doivent être convoqués par la commune ou le maire pour trouver une solution avec la caisse des écoles ou le CCAS (centre communal ou intercommunal d’action sociale).

« L’enfant n’a pas à être sanctionné pour des manquements imputables à ses parents et doit donc continuer à avoir accès à la cantine», selon le Défenseur des droits.

Ce n’est pas au responsable de la cantine de faire la police ni au directeur de l’école. Le maire ou son adjoint est seul responsable de la cantine même en cas de délégation à une entreprise de restauration. Il ne doit pas divulguer la liste des familles en situation d’impayés, sauf à l’action sociale.

 En lien 

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- guide-scolarisation-enfants-handicapés

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- l'application pour les parents d'enfants du CP à la 3ème

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Les caisses des écoles

Dans un rapport du 16 décembre 2008 Les communes et l'école de la République la Cour des comptes rappellent (page 68) que les caisses des écoles ont pour mission d’apporter secours aux indigents (sans ressource) et remettre des chèques d’accompagnement aux familles en difficultés financières et sociales… notamment pour payer la cantine à leurs enfants (même à bas coût).

Leur rôle est, depuis leur création par la loi Ferry du 28 mars 1882 d’assurer le principe fondamental de la gratuité scolaire et celui de l’égalité des chances (loi du 18 janvier 2005).

Ce rapport constatait que de nombreuses caisses des écoles étaient en sommeil ou délaissées aux CCAS (centres communaux d’action sociale). Or c’est une compétence des communes qui faute de moyens peuvent la transférer à l’intercommunalité.

Les fonds de ces caisses, qui ont statut d’établissement public communal OBLIGATOIRE, peut être abondé par des cotisations volontaires (on fait bien la quête pour des associations caritatives pourquoi pas les caisses des écoles), des subventions desn départements, des régions etc. ainsi que des dons et des legs sur autorisation du préfet et encore des lotos, tombolas, vide-greniers, kermesses etc.

Il s’agit là d’une volonté disons municipale qui applique un effort administratif encadré par les articles L121-10 à L212-12 et R212-24 à R212-33-2 du code de l’éducation.

 

 

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