Commémorations des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki des 6 et 9 août 1945

Mouvement de la Paix - Ican France - ARTE : Hiroshima, la véritable histoire -« La nouvelle course aux armements nucléaires a déjà commencé"--Malgré Hiroshima, le monde à l’heure atomique--Edito de Maurice Ulrich-Nucléaire : la sécurité des Français en danger -- Le point sur le Traité d'interdiction sur les armes nucléaires --Partout en France, marchons pour la paix le samedi 21 septembre 2019...

Mouvement de la Paix :

Ces deux dramatiques explosions aux conséquences humanitaires effroyables et toujours présentes, nous ont fait entrer dans la folie mortifère de la dissuasion nucléaire.

Aujourd’hui, l’arsenal nucléaire mondial représente 5000 mégatonnes de puissance. C’est une énergie du même ordre de grandeur que celle dégagée par les éruptions des super volcans qui ont bouleversé la vie sur terre, et fait disparaître la plupart des espèces.

Plusieurs scientifiques de renom ont estimé que nous sommes au cœur de l’anthropocène, une nouvelle ère de l’histoire géologique qui pourrait être dénommée ainsi parce que c’est l’activité humaine qui aurait été le principal acteur des modifications géologiques de la planète. Au-delà du débat scientifique, force est de constater que la manière dont se sont développées les activités humaines a abouti à affecter l’ensemble de la planète, allant donc au-delà de seulement certains écosystèmes, à « réchauffer » le climat, à assécher des mers, détruire la biodiversité, créer de nouveaux “continents de plastique”. Par ailleurs, en 1945 Hiroshima a ouvert une nouvelle période historique caractérisée par la possibilité volontaire ou par erreur d’une apocalypse atomique menaçant la survie de l’humanité.

Il n’y a pas de solutions militaires aux maux de l’humanité. Pourtant, c’est au nom de la “sécurité” qu’a été constitué cet arsenal nucléaire et qu’aujourd’hui les dépenses militaires et parmi elles, celles dédiés aux armes nucléaires, continuent de croître inconsidérément.

Les survivants des bombardements atomiques, les hibakushas, n’ont eu de cesse de témoigner de leurs souffrances et de militer pour qu’aucun être humain n’ait un jour à subir de tels bombardements.

Heureusement, depuis 2017, un traité d’interdiction des armes atomiques a été adopté à l’ONU. Ce traité, qui interdit de « mettre au point, mettre à l’essai, produire, fabriquer, acquérir, posséder ou stocker des armes nucléaires… de transférer des armes nucléaires ou accepter le transfert d’armes nucléaires, d’employer ou menacer d’employer des armes nucléaires », est à même de faire disparaître de la panoplie des dangers que l’humanité doit affronter, le danger des armes nucléaires.

Parce que nous n’avons qu’une seule planète, que le danger des armes nucléaires peut et doit être éliminé, la France doit signer puis ratifier le traité d’interdiction des armes nucléaires (Tian)*.

L’anniversaire des  bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki permettra de réaffirmer, dans de nombreuses villes en France et dans le monde, l’urgence de l’action et la possibilité de gagner la mise en œuvre du Tian comme le prouve le fait que 74 Etats l’ont déjà signé et 24 l’ont ratifié.

L’élimination de ces armes de destruction massive ouvrira de nouvelles perspectives pour la lutte pour la construction de la Paix et l’émergence d’une culture de la paix.

Le Mouvement de la Paix, 5 août 2019

(*) Le traité entrera en vigueur dès sa ratification par 50 états. 24 l’ont déjà fait, et 74 l’ont signé.

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Ican : 6 au 9 août 2019 : 4 jours de jeûne-action pour l’abolition des armes nucléaires

Notre collectif d’associations — pour sensibiliser l’opinion publique à la nécessité de désarmement nucléaire — organise 4 journées d’actions et de jeûne dans le cadre de la campagne ICAN, Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires, qui a reçu le Prix Nobel de la paix en 2017 pour avoir réussi à faire voter par 122 pays à l’ONU le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN). Ce traité prévoit l’interdiction d’employer, de fabriquer, de stocker et de menacer d’utiliser des armes nucléaires.

“Armes nucléaires : les experts alarmés par la nouvelle doctrine de guerre du Pentagone”

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Hiroshima, la véritable histoire - doc 95'

Hiroshima le 6 août 1945, Nagasaki 3 jours plus tard. Cette enquête de grande ampleur éclaire aussi bien les motivations réelles des Américains que les conséquences sociales, sanitaires et environnementales du désastre. Un regard indispensable sur un événement qui a provoqué tant d’aveuglement.

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« La nouvelle course aux armements nucléaires a déjà commencé

Au terme de six mois de dialogue infructueux, les États-Unis et la Russie sont sortis du traité des forces nucléaires intermédiaires (FNI). Entretien avec Benoit Pelopidas, titulaire de la chaire d’excellence en études de sécurité à Sciences-po (Ceri).

Benoit Pelopidas - Fondateur du programme  d’étude des savoirs nucléaires

Comment comprendre ce renoncement au traité des forces nucléaires intermédiaires (FNI) de la part des deux principales puissances nucléaires, états-Unis et Russie ?

BENOiT PELOPIDAS Le traité FNI, entré en vigueur en 1988, est le premier du genre : il bannit une catégorie entière d’armes, les missiles à portée intermédiaire. Depuis 2014, le département d’État américain accuse la Russie d’avoir déployé un missile à portée intermédiaire, en violation du traité. En octobre 2016, la Russie a en retour accusé les États-Unis de violer l’accord sur la gestion du plutonium en vertu duquel chaque partie s’engageait à se débarrasser d’une certaine quantité de plutonium utilisable pour des armes. Le jeu des accusations mutuelles a continué et le Congrès américain a passé une loi demandant au Pentagone de déployer un missile de croisière air-sol qui serait en infraction avec le traité.

Quelles conséquences cela aura-t-il ou pourrait avoir sur le traité Start III, qui va bientôt arriver à échéance ?

BENOiT PELOPIDAS Cela nous rappelle que le monde nucléaire nous projette d’emblée dans des temporalités extrêmes et contrastées : l’immédiateté et la quasi-éternité. D’un côté, la quasi-immédiateté qui sépare le lancement de l’impact (depuis que des explosifs nucléaires ont été couplés à des missiles balistiques, rendant l’interception et la protection quasi impossibles), et l’impact de la dévastation qui suit l’explosion d’une tête nucléaire du fait du souffle, du feu et des radiations.

D’un autre côté, la marque des matières fissiles utilisées pour fabriquer les armes demeurera dans notre environnement pour des centaines de milliers, voire des millions d’années. 2021 promet d’être une année cruciale dans une temporalité intermédiaire, celle des traités de maîtrise des armements. À cette date, le traité New Start, ou Start III, signé en 2010, qui limite le nombre d’armes nucléaires stratégiques de la Russie et des États-Unis, arrivera à expiration.

Dans la mesure où aucun signe de négociation de son extension n’est aujourd’hui perceptible, il s’agit là d’une manifestation majeure de la nouvelle course aux armements nucléaires – une dynamique dite de « modernisation » – qui a déjà commencé et engage les communautés politiques jusque dans le courant de la décennie 2070-2080.

Est-ce qu’il faut s’attendre, dans ces conditions, à une relance de la course aux armements dans les années qui viennent, ou celle-ci est-elle déjà inscrite dans un processus politique à plus long terme qu’il convient de définir ?

BENOiT PELOPIDAS Il est essentiel de comprendre que, si la dénonciation du traité FNI est grave et signale une dégradation de la situation en la matière, elle est un effet bien plus qu’une cause.

Si l’on se limite aux systèmes d’armes nucléaires, rappelons que les États-Unis et la Russie possèdent 92 % des stocks mondiaux.

Or, dès février 2011, dans un message au Congrès américain, le président Obama promettait la modernisation des trois composantes (terrestre, maritime et aérienne) de l’arsenal nucléaire. Son administration a proposé un programme de modernisation repris quasiment à l’identique par l’administration Trump.

On voit ici que la dynamique majeure ne dépend pas directement ou uniquement de la personnalité du président, ni de « contraintes stratégiques » telles que la dégradation de la relation avec la Russie suite à la crise de Crimée en 2014, ni de la fin du traité FNI.

Ces trois éléments facilitent et offrent des justifications à une tendance de plus longue durée qui reste à expliquer. Il est d’ailleurs intéressant d’observer que la crise de 2008 n’a pas eu les effets escomptés sur les dépenses militaires mondiales, seulement un effet limité et différé visible en 2012. Aude Fleurant et Yannick Quéau l’ont montré dans leur chapitre de Guerres et conflictualités au XXIe siècle, que j’ai codirigé avec Frédéric Ramel (1).

Cela confirme ce que Georges Le Guelte avait admirablement exposé dans son ouvrage Armes nucléaires. Mythes et réalités (2) : les choix d’armement nucléaire américains et russes ne sont pas déterminés par la rationalité stratégique. Ainsi, après la crise de Crimée, les dépenses militaires américaines ont stagné entre 2015 et 2017, mais cette stagnation est due à l’entrée en vigueur d’une loi de 2011 sur le contrôle budgétaire qui a produit un plafonnement des dépenses.

L’effet Trump va sans doute seulement consister à défaire ce plafonnement. Si l’on considère les développements militaires non nucléaires, il faut également prendre en compte le développement de la défense antimissile américaine en Europe, ainsi que les plans de « conventional prompt global strike » (frappe conventionnelle globale rapide), qui précèdent eux aussi la fin du traité FNI, l’administration Trump et la crise de Crimée. Il ne s’agit pas de dire que tout cela est inévitable : des surprises sont fréquemment advenues dans l’histoire nucléaire, réalisant l’imprévisible et le sans précédent. Il s’agit simplement de ne pas se tromper sur les mécanismes à l’œuvre.

(1) Paris, Presses de Sciences-po, 2018. (2) Arles, Actes Sud, 2009. Lire l’entretien intégral avec Benoit Pelopidas sur www.humanite.fr

Entretien réalisé par Pierre Barbancey

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Malgré Hiroshima, le monde à l’heure atomique  - Pierre Barbancey

Il y a soixante-quatorze ans, la première bombe A était lâchée sur le Japon. En dépit de ce drame, les États-Unis et la Russie viennent de déchirer le traité sur les forces nucléaires intermédiaires.

Washington avait suspendu, début février, sa participation au FNI en accusant Moscou de fabriquer des missiles non conformes au traité. Cette suspension avait ouvert une période de transition de six mois qui se terminait le 2 août. En cause, les missiles russes 9M729. Pour le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo (qui se targue par ailleurs du « plein soutien » des pays membres de l’Otan), ceux-ci représenteraient une « menace directe » pour les États-Unis et leurs alliés, bien que la Russie assure qu’ils ont une portée maximale de 480 km. Il est vrai que, depuis 1987, bien des choses ont changé.

La surenchère a repris depuis des années. Vladimir Poutine a effectivement promis de développer de nouveaux missiles balistiques de portée intermédiaire en cas de retrait américain. Mais les Russes font également remarquer que les drones armés développés par les États-Unis sont similaires à des missiles de moyenne portée sans violer le traité, puisqu’ils n’existaient pas au moment de la signature ! Depuis six mois, c’est un dialogue de sourds et d’accusations réciproques de violation. Les deux puissances ont laissé expirer l’ultimatum lancé par l’administration de Donald Trump en février, sans bouger de leurs positions.

La France « colle » à la politique guerrière américaine

La Maison-Blanche cherche en réalité une renégociation du traité qui, cette fois, impliquerait la Chine (en 1987, celle-ci ne pesait pas le même poids militaire) afin de déployer de nouvelles armes et empêcher Pékin de renforcer sa position déjà dominante dans le Pacifique Ouest. Washington veut, in fine, endiguer les prétentions chinoises.

Il ne reste désormais en vigueur qu’un seul accord nucléaire bilatéral entre Moscou et Washington (dont l’arsenal représente 92 % du stock mondial) : le traité Start, qui maintient les arsenaux nucléaires des deux pays bien en deçà du niveau de la guerre froide et dont le dernier volet arrive à échéance en 2021. Mais les chances qu’il soit prolongé sont faibles, relançant ainsi une course illimitée à tous les types d’armements, y compris nucléaires, partout et jusque dans l’espace, avec une force armée désirée par Donald Trump et un commandement militaire rêvé par Emmanuel Macron.

Face à ce danger, il conviendrait que la France, au lieu de « coller » à la politique guerrière américaine, signe enfin le traité d’interdiction des armes nucléaires (Tian) adopté à l’ONU le 7 juillet 2017, seul véritable garant contre les risques de guerre nucléaire, comme l’ont déjà fait 71 États de par le monde. P. B.

Le 6 août 1945, la ville japonaise d’Hiroshima, 350 000 habitants, est anéantie par la première bombe atomique larguée par les États-Unis. Le 9 du même mois, Nagasaki est également en grande partie rayée de la carte. Soixante-quatorze ans plus tard, les plaies ne sont toujours pas refermées. Les survivants – les hibakushas – et leurs familles souffrent encore.

Triste anniversaire d’un drame qui a marqué l’ouverture de l’ère atomique. Une ère qui non seulement ne s’est pas achevée mais, au contraire, est en pleine expansion. Pis, le traité sur les forces nucléaires intermédiaires (FNI), signé en 1987 entre l’URSS et les États-Unis, n’existe plus depuis le 2 août. Ce traité, en abolissant l’usage de toute une série de missiles à capacité nucléaire de portée intermédiaire (de 500 à 5 500 km), avait permis l’élimination des SS20 russes et Pershing américains déployés en Europe.

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Publié dans l'Huma : Éditorial. Carcans - Mardi, 6 Août, 2019 - Maurice Ulrich

Trois quarts de siècle après Hiroshima que l’on commémore aujourd’hui et Nagasaki qui suivit, on pouvait penser que le docteur Folamour du film de Kubrick ne sortirait plus des ciné-clubs ou des (trop rares) rediffusions télé. C’était optimiste.

On compte toujours dans le monde, essentiellement réparties entre les États-Unis et la Russie, quelque 14 000 têtes nucléaires stratégiques, c’est-à-dire à longue portée. La France, le Royaume-Uni, la Chine, l’Inde, le Pakistan, la Corée du Nord maîtrisent désormais la bombe. Israël et l’Afrique du Sud auraient procédé à des essais secrets et l’Iran pourrait reprendre son programme si la tension actuelle avec les États-Unis et le Royaume-Uni ne baisse pas. Les arsenaux existants ont toujours le pouvoir de faire de la planète un tas de cendres.

La dénonciation par les États-Unis, dans une partie de poker menteur avec la Russie, du traité de 1987 interdisant les forces nucléaires de portée intermédiaire vient réduire à rien des décennies où la raison et les peuples avaient semblé l’emporter. Les missiles stratégiques impliquent un équilibre de la terreur.

Le premier qui prendrait l’initiative d’une frappe serait assuré d’être frappé en retour. Les missiles intermédiaires, d’une portée comprise entre 500 et 5 500 kilomètres, avaient été déployés en Europe à partir de 1976 : SS 20 soviétiques et Pershing américains.

Ils ouvrent à l’emploi de l’arme nucléaire sur des terrains d’opération, en théorie, limités. Qui peut dire aujourd’hui, au vu de l’état du monde, que pas un pays n’oserait y recourir ?

La menace ultime est de retour, d’autant plus que le traité Start III limitant les armements stratégiques expire en 2021 et que les États-Unis, aujourd’hui, considèrent ces traités comme des carcans qui ne sont pas de leur intérêt. La France, par le canal du ministère des Affaires étrangères, a regretté hier qu’une solution n’ait pu être trouvée pour garantir le traité. On n’a rien entendu, curieusement, quand, en février dernier, le commandement intégré de l’Otan dont elle fait partie a anticipé la décision américaine.

Bruno Arbesu

Par Maurice Ulrich

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Nucléaire : la sécurité des Français en danger

Du 6 au 9 août 2019 à Dijon, dans le cadre de la campagne ICAN France, un collectif d’associations (Abolition des armes nucléaires-Maison de Vigilance ; Agir pour le désarmement nucléaire Franche-Comté ; Amis de la Terre Côte-d’Or ; CANVA ; MAN Côte-d’Or ; Mouvement de la Paix ; Réseau Sortir du nucléaire) vont organiser de nombreuses actions pour sensibiliser l’opinion publique à la nécessité de désarmement nucléaire. La plupart des acteurs de ces journées vont réaliser un jeune en solidarité avec toutes les victimes des bombardements d'Hiroshima, de Nagasaki et des essais nucléaires.

Au programme, concert de musique le 5 août et le premier rassemblement le 6 août (11H) devant la mairie de Dijon pour la commémoration du bombardement d'Hiroshima. De multiples activités seront proposées (stage de théâtre invisible, rencontre, exposition itinérante, spectacles de rue, troupe d'acrobates et de musiciens, projection d’un film, ...) et si vous voyez une bombe "voler" ne prenez pas peur, ce n'est qu'un dirigeable en forme de bombe atomique...

Outre la prise du conscience du danger des armes nucléaires, de la nécessité pour la France de signer le traité d'interdiction des armes nucléaires ; ces actions auront pour but aussi de faire connaître les dangers du site de Valduc ou les armes nucléaires françaises sont fabriquées ; tout comme d’anticiper les conséquences de l’abandon par la France de ses armes, avec notamment la question de la reconversion du personnel et des bâtiments des sites nucléaires militaires.
Le programme est en ligne.

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Le Traité d'interdiction des armes nucléaires : une dynamique En Marche

Le 7 juillet 2017, 122 États ont adopté, à l’ONU, le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) pour combler un vide juridique et renforcer le Traité de non-prolifération nucléaire. La dynamique à travers le monde se poursuit tout comme à travers les villes. Ainsi en France Paris (le 17 mai 2019) est la toute première ville française à avoir affiché son soutien officiel au TIAN en signant l'Appel, des villes ; rejoint depuis par les villes de Grigny, Bezons, Gonfreville l'Orcher, La Courneuve, Bagneux, Allones, Champigny-sur-Marne, Gennevilliers, Carnoules, Lasserans. Vous aussi demandez à votre Maire de rejoindre l'Appel des villes !

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Le point sur le Traité d'interdiction sur les armes nucléaires

Le traité est ouvert à la signature depuis le 20 septembre 2017. Selon son article 15, il faut 50 ratifications pour qu'il entre en vigueur. Au 15 juillet 2019, il y a :

Ratification, 23 États : Saint-Siège, Guyana, Thaïlande, Mexique, Cuba, Palestine, Venezuela, Vietnam, Palaos, Autriche, Costa Rica, Nicaragua, Uruguay, Nouvelle Zélande, les Iles Cook, Gambie, Saint Marin, Samoa, Vanuatu, El Salvador, St-Lucie, Afrique du Sud, Panama.

Trois autres États : l'Equateur, la Bolivie et le Kazakhstan ont terminé et voté une loi approuvant ce traité. Mais ils n'ont pas encore déposé leur instrument de ratification à l'ONU.

Signature, 70 États : Le Cambodge est le dernier signataire.

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Nucléaire : la sécurité des Français en danger

Le risque de guerre et d'emploi d'arme nucléaire n'a jamais été aussi élevé. Les accords de contrôle des armes nucléaires s'érodent et perdent en crédibilité. Face à cette situation alarmante, la diplomatie française contribue avec les autres puissances nucléaires à déstabiliser la pierre angulaire du régime de non-prolifération nucléaire et, en même temps, les parlementaires sont aux abonnés absents !

Depuis 1945, les relations internationales sont fondées sur l'équilibre de la terreur. Autrement dit, sur le pari qu'aucun État ne va employer en premier l'arme nucléaire. Pendant combien de temps ce pari est-il tenable ?

Cet « ordre » nucléaire est principalement fondé sur le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) qui vient de tenir son dernier comité préparatoire (28 avril-10 mai), avant la Conférence d'examen quinquennal de 2020. L'échec de ce comité, à se mettre d'accord sur le futur de ce traité, annonce la perte de crédibilité du régime de non-prolifération et donc d'une plus grande insécurité.

Alors à qui la faute ? Aux 186 États qui n'ont pas la bombe ou aux États qui ont adopté le Traité d'interdiction des armes nucléaires pour renforcer la norme internationale d'interdiction de cette arme de destruction massive ? Ces derniers estimant qu'il est de leur devoir d'agir contre le risque d'une utilisation – accidentelle, volontaire ou malveillante – de l'arme nucléaire aux conséquences catastrophiques pour l'ensemble de l'humanité. Évidemment non !

« Un petit gang »

L'ambassadeur sud-africain – dont l'État a volontairement éliminé son arsenal nucléaire – a apporté la réponse : « Certains États parties ne peuvent pas fonctionner comme un petit gang Ce « gang » est composé des États-Unis, de la Russie, du Royaume-Uni, de la France et de la Chine.

Ces cinq États, aux régimes politiques opposés, sont en effet dans une attitude des plus incohérentes qui risque d'entraîner le TNP vers sa fin. Tous ont refusé, avec des argumentaires communs, les recommandations exprimées par la majorité de ce comité qui constituaient pourtant un bon point de départ pour la conférence de 2020. Pire, ces cinq États renoncent à leurs obligations de désarmement (article 6 du TNP et multiples autres engagements acceptés en 1995, 2000, 2010) en poursuivant la modernisation et le renouvellement de leurs arsenaux nucléaires. La France, par exemple, augmente son budget nucléaire de 60 %, soit 37 milliards d'euros qui seront dépensés entre 2019 et 2025. Comme l'a clamé la ministre des Armées : « Nous affûtons nos armes, toutes nos armes ! »

Une menace constante

L'objectif du TNP est d'amener plus de sécurité. Or, par leur refus de mettre fin à leurs arsenaux nucléaires, ils renforcent l'insécurité mondiale. Le plus incompréhensible est qu'ils se menacent les uns les autres à travers des exercices simulant une frappe nucléaire !

Les parlementaires sont censés contrôler l'action du gouvernement (article 24 de la Constitution), mais, dans ce domaine, nous observons tout le contraire. Il est inquiétant de voir que la réflexion engagée l’an dernier, avec la mission des députés Fanget et Lecoq, a disparu. Cela fait en effet près d'une année que nous attendons la création de la « délégation permanente à la dissuasion nucléaire, à la non-prolifération, à la maîtrise de l'armement et au désarmement », adoptée à l'unanimité par la commission des Affaires étrangères. Pourquoi n'est-elle pas encore en place ? Il est largement temps que les parlementaires prennent leur responsabilité.

La France, qui possède le troisième arsenal nucléaire au monde, doit arrêter de fuir ses engagements. Oui, il est possible de la complimenter pour ses efforts passés. Mais ils ne servent à rien, si son discours et ses actions restent figés dans une politique de défense datant du siècle dernier.

Les armes nucléaires représentent un problème de sécurité qui doit trouver une fin définitive autre que celles de la menace constante et du risque de leur utilisation. Croire que nous échapperons éternellement à une détonation nucléaire est une vision stratégique naïve et une erreur politique grossière !

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[Infographie] Les armes nucléaires en France

Quels sont les moments clés du programme nucléaire français ? Depuis 1945 et la mise en place du Commissariat à l’énergie atomique, des essais nucléaires au Sahara et en Polynésie à la collision de deux sous-marins nucléaires, cette nouvelle infographie vous permettra d’y voir plus clair sur la bombe atomique et la France....

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LE NUCLÉAIRE MILITAIRE - Jean-Marie Matagne

Jean-Marie Matagne, président et fondateur de l'ACDN (Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire) a été auditionné sur le rôle du nucléaire militaire.  - voir la vidéo 1h14

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Comment démanteler la rentabilité absurde des armes nucléaires

Le Bulletin des Scientifiques de l’Atome a récemment réglé son Horloge de l’Apocalypse deux minutes avant minuit – soit le point le plus proche de l’auto-destruction jamais atteint dans l’histoire du nucléaire.

Mais les armes nucléaires représentent plus qu’une simple menace terrifiante envers chaque être vivant sur Terre. Depuis des décennies, elles sont également une source juteuse de profit.

Un nouveau rapport de PAX, une organisation pacifiste néerlandaise, fait la lumière sur la ô combien profitable fabrication d’Armageddon par les multinationales, tout en nous fournissant une feuille de route pour éloigner l’argent du domaine de la destruction massive.

Le rapport de PAX identifie un total de 116 milliards de dollars placés aujourd’hui dans des contrats entre gouvernements et secteur privé pour concevoir, construire et maintenir l’arsenal nucléaire mondial. Le chiffrage actuel pourrait en fait être bien plus élevé, puisque chacune des neuf puissances nucléaires maintient un certain degré d’opacité sur leurs programmes nucléaires. « L’on connaît ce que l’on arrive à tracer », dit Susi Snyder, la principale auteure du rapport, « mais il y a définitivement plus au-delà ».

Par conséquent, beaucoup de puissantes entreprises ont avantage à pousser les gouvernements à développer leurs arsenaux nucléaires....suite :

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Partout en France, marchons pour la paix le samedi 21 septembre 2019


Le texte de l’Appel national signé par 160 organisations :

Partout en France le samedi 21 septembre 2019, marchons ensemble pour un monde de solidarité, de justice, de liberté, d’égalité, de fraternité et de Paix !

En marche pour la paix – Stop la guerre – Stop la violence – Stop la misère

L’aspiration des peuples à vivre ensemble en paix dans la solidarité, la justice et la fraternité est immense.
Nous sommes persuadés qu’aucune de nos différences de convictions, d’appartenance ou de sensibilités philosophiques, politiques, religieuses, syndicales ou autres ne doit faire obstacle à l’expression de cette aspiration commune.

Nous sommes révoltés face à l’augmentation incessante des dépenses militaires qui sont passées de 1.144 milliards de dollars en 2001 à 1822 milliards en 2018 (Sipri en USD) et favorisent un commerce des armes immoral et dangereux, alors que le budget des Nations Unies pour les opérations de paix est de seulement 8,7 milliards et que la lutte contre le réchauffement climatique nécessite des moyens importants tout comme la réalisation des Objectifs du Développement Durable (ODD).

Signez l’appel « En marche pour la Paix » :

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Loi de programmation militaire 2019-2025 : lettre ouverte aux parlementaires

...Autour de ces enjeux des choix politiques et financiers majeurs ont été faits puisque sur la période 2019-2025 la loi de programmation militaire a programmé des besoins à hauteur de 295 milliards d’euros, soit le deuxième budget de la nation si on excepte le règlement de la dette.

Un seul des 86 Missiles nucléaires M 51 composant la FOST (force océanique stratégique) coûte selon l’Usine Nouvelle 150 millions d’Euros soit le coût de 150 scanners corps entiers achetés chez Siemens ou à GE aux USA puisque la priorité donnée à l’électronique militaire a rendu notre pays dépendant au plan industriel malgré nos ressources intellectuelles et technologiques mal exploitées.

(source)

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-D’un tweet, Donald Trump nous apprend, le 20 juin 2019, qu’il a ordonné le bombardement de trois sites iraniens, puis l’a annulé dix minutes avant que les avions, déjà en vol, n’atteignent leurs cibles et ne fassent, selon l’estimation d’un général US, 150 morts. Sans ce revirement de dernière minute, que se serait-il passé ? Un nouvel embrasement du Moyen-Orient ? Et quoi ensuite ?...source :

-les dépenses militaires qui sont passées de 1.144 milliards de dollars en 2001 à 1822 milliards en 2018 (Sipri en USD) et favorisent un commerce des armes immoral et dangereux, alors que le budget des Nations Unies pour les opérations de paix est de seulement 8,7 milliards et que la lutte contre le réchauffement climatique nécessite des moyens importants tout comme la réalisation des Objectifs du Développement Durable (ODD).

-La bombe atomique «nous coûte un pognon dingue !»...la loi programmation militaire, prévoit 37 milliards d’euros de dépenses sur 6 ans soit de l’ordre de 120 milliards sur 20 ans pour renouveler tout l’arsenal en armes nucléaires de la France : 300 Bombes, 80 missiles nucléaires, 4 sous-marins nucléaires SNLE-NG.

La France doit ratifier le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires !

 

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