Inégalités. Pauvreté : le double discours d’Emmanuel Macron ne passe pas

Le président lancera demain sa stratégie de lutte contre la pauvreté. Associations, acteurs de la solidarité et élus mettent en garde contre un plan qui ne s’attaque pas aux causes réelles de cette précarité. …Macron avait oublié... la lutte des classes --L’alimentation, variable d’ajustement des plus pauvres--Les minima sociaux dans le viseur du plan Macron...

L'Huma - Mercredi, 12 Septembre, 2018 - Laurent Mouloud

L’attente fut longue. Reporté de mois en mois depuis mai dernier, le plan pauvreté d’Emmanuel Macron sera enfin présenté demain matin au musée de l’Homme. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le chef de l’État joue gros dans l’affaire.

Au plus bas dans les sondages, il mise sur cette journée pour tenter de corriger son image de « président des riches » et donner une coloration plus sociale à ce début de quinquennat où tous les sacrifices ont été demandés aux plus précaires. L’entreprise de communication ne va pas être simple.

Depuis son élection, l’empilement des mesures « pauvrophobes », pour reprendre l’expression de Benoît Hamon, donne le vertige. Baisse des dotations aux collectivités sur les budgets politiques de la ville, coup de massue sur les contrats aidés jugés inefficaces, diminution de l’indemnisation chômage, baisse de 5 euros des APL (aides au logement), hausse de la CSG pour les retraités, ponction sur le secteur HLM…

La liste est déjà longue. Sans parler du vocabulaire suintant le mépris, dont cette dernière mise en scène élyséenne qui montrait, début juillet, un Macron en train de déplorer le « pognon de dingue » mis dans les minima sociaux.

Bref, jusqu’ici, aucun signal favorable pour les 8,8 millions de personnes vivant, en France, en dessous du seuil de pauvreté (1 026 euros mensuels pour une personne seule). Que peut, malgré tout, ce nouveau plan ? Mené dans le cadre d’une concertation avec les associations de lutte contre la pauvreté, il devrait avoir pour axe principal de s’attaquer à la « reproduction de la pauvreté ». Et proposera une longue série de mesures ciblant en priorité les enfants et les jeunes (lire encadré).

Parmi les annonces clés que le président fera demain, l’une concerne notamment le versement unique et automatique des allocations à partir de 2019. Une mesure technique qui devrait faire diminuer le nombre de cas de non-recours aux droits mais qui ne dit rien sur le montant des budgets que l’État consacrera à l’ensemble des aides.

Tout comme plane le doute sur le financement global du plan. Le chiffre de quatre milliards d’euros étalés sur le quinquennat est avancé. « Mais ce serait un budget moindre que celui alloué par le gouvernement Hollande, c’est insuffisant », prévient Florent Gueguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité.

Le responsable associatif attend du chef de l’État non seulement des moyens mais également un véritable « recentrage social » des politiques. « Le gouvernement a fait le choix de soutenir les pauvres qui travaillent avec la revalorisation de la prime d’activité mais aucun coup de pousse pour le RSA, qui concerne 2 millions de personnes.

Or, sans travail et sans accompagnement, les personnes au chômage ne peuvent pas sortir de la précarité. » Bernard Thibaud, directeur général du Secours catholique, est tout aussi critique à l’égard du cap général, guidé avant tout par la contrainte budgétaire, « sans objectifs clairs et chiffrés de réduction de la pauvreté ». Lui pointe quelques aspects positifs du plan, dont l’accent mis sur la prévention de la pauvreté des enfants. Mais reste déçu pour l’essentiel, et également par la non-revalorisation du RSA et sa non-extension aux 18-25 ans, alors que les jeunes représentent une large part des personnes en situation de pauvreté.

Sur le fond, le scepticisme règne. Et, quelle que soit la teneur du plan annoncé, personne n’est dupe du double jeu du chef de l’État dans cette affaire. « On peut souhaiter aider les personnes à trouver du travail mais si parallèlement vous supprimez les contrats aidés et que vous réduisez massivement les hébergements d’urgence pour les familles, cela ne tient pas », tacle le président du Samu social, Éric Pliez.

« C’est un gadget de communication saupoudré de misérabilisme »

La crainte de voir ce plan pauvreté se réduire ainsi à un simple plan com est bien réelle. Notamment avec des mesures destinées, avant tout, à satisfaire l’opinion publique. Pour beaucoup, la gratuité du petit déjeuner pour les enfants des quartiers prioritaires en fait partie. « C’est un gadget de communication saupoudré de misérabilisme, s’emporte Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités. Vous pouvez servir des petits déjeuners, si l’environnement social n’évolue pas, s’il y a un manque de transports, si les parents ont des difficultés d’emploi, cela ne permettra pas à l’enfant d’aller de l’avant. » Éric Pliez abonde : « Ces petits déjeuners sont un pansement sur une jambe de bois. Le risque de ce plan est qu’il découpe en tranches la question de la pauvreté alors qu’elle relève de l’ensemble des ministères. »

Et d’une politique globale qui renforce les services publics et la protection sociale, deux éléments majeurs qui font de la France l’un des pays ayant le mieux amorti la crise de 2008 et où la pauvreté persiste le moins. Or, sur ces deux sujets précisément, les attaques n’ont cessé de pleuvoir depuis l’élection d’Emmanuel Macron.

« Le gouvernement ne s’attaque pas aux causes de la pauvreté, souligne Laurence Cohen, sénatrice PCF. C’est un double discours permanent. D’un côté, il fait les poches des plus pauvres avec ses économies de 57 millions d’euros sur quatre ans, dont 20 millions pour 2018, dans les centres d’hébergement. Il coupe les moyens des associations. Il détricote le droit du travail. De l’autre, il fait sa rentrée avec son plan pauvreté. C’est une opération de communication pure et simple. »

Chaque jour, dans sa circonscription, Pierre Dharréville, le député PCF des Bouches-du-Rhône, constate les dégâts de l’action gouvernementale. « Je m’inquiète des coups portés chaque jour aux services publics, seuls garants d’une société plus juste. Je vois des salariés précaires, avec des emplois qui ne les protègent pas. Je rencontre des seniors, surtout des femmes, dont les faibles pensions ne leur permettent pas de vivre. » Il ne se fait donc pas d’illusion. « Pour qu’un plan pauvreté ait de l’impact, il faudrait commencer par garantir un système de protection sociale solidaire. » Pas vraiment au programme d’Emmanuel Macron.

Des mesures sur les minima sociaux et l’enfance

Mesure-clé du discours du président, une réforme des minima sociaux (lire page 6) devrait être annoncée par celui-ci, en prônant notamment l’homogénéisation de leur calcul et l’automatisation du RSA. Autres mesures : une aide à l’instauration de petits déjeuners gratuits dans les écoles prioritaires, un bonus financier pour les crèches accueillant des enfants défavorisés ou encore la formation obligatoire jusqu’à 18 ans. L’extension de la couverture maladie universelle et des mesures pour ne pas laisser tomber à 18 ans les jeunes de l’aide sociale à l’enfance devraient aussi être évoquées

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Macron avait oublié... la lutte des classes - Mercredi, 12 Septembre, 2018 - L'éditorial de Pierre Chaillan.

Toutes les enquêtes d’opinion se rejoignent : Emmanuel Macron dévisse en raison du mécontentement social.

Le tournant de l’été marqué par le mépris consommé face aux exigences des salariés du privé et du public (cheminots, ordonnances loi-travail, etc.), suivi de la sordide et inquiétante « affaire Benalla » pour notre démocratie, a sonné le glas de la période de « grâce ».

Depuis, les décisions économiques et sociales ne passent pas. Selon Viavoice, 66 % des Français reprochent au pouvoir Macron-Philippe de ne pas mener une « politique sociale et de lutte contre les inégalités ». Parmi les « priorités » réclamées, citons en tête « la relance de l’économie et de l’emploi » (55 %), devant « l’amélioration du pouvoir d’achat » (49 %)...

Cette défiance populaire vis-à-vis des mesures touchant retraités, lycéens et étudiants, allocataires des prestations sociales, agents de la Fonction publique (et, maintenant, personnes sous tutelle et curatelle !), se voit renforcée par l’aveu d’impuissance en matière de lutte environnementale après la démission fracassante de Nicolas Hulot. La présentation d’un modeste plan pauvreté n’y changera rien.

Le rejet d’une politique menée au service des intérêts privés et patronaux et de la finance monte de la société civile. La situation désastreuse dans les hôpitaux, les Ephad, ou encore l’état du réseau routier, le niveau du chômage et, en même temps, le bond indécent des dividendes des actionnaires, l’évasion fiscale non jugulée, le pillage des savoirs et des créateurs par les grands groupes du numérique (Gafam) atteignant jusqu’au pluralisme de la presse garant du débat démocratique : c’est le résultat d’une politique libérale-austéritaire qui échoue en Europe et dans le monde.

Macron chute sur le social : aurait-il seulement omis dans son approche intellectuelle prompte à citer Ricœur d’intégrer le conflit entre les court-termistes prédateurs et ceux qui créent les richesses par leur travail et leur création ?

Les centaines de milliers de participants à la Fête de l’Humanité, les 14, 15 et 16 septembre, seront là pour le lui rappeler.

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L’alimentation, variable d’ajustement des plus pauvres - Mercredi, 12 Septembre, 2018 - Zoé Boiron

Le baromètre Ipsos/Secours populaire, publié hier, s’est intéressé à la précarité alimentaire. De plus en plus fréquente, elle est un marqueur de pauvreté.

C’est un appel à « la résistance » qu’a lancé Julien Lauprêtre, président du Secours populaire français (SPF), lors de la présentation de la 12e édition du baromètre de la pauvreté Ipsos/Secours populaire français, hier dans les locaux parisiens de l’association, dans le 18e arrondissement, aux côtés de Thierry Marx, chef étoilé et parrain de la campagne Pauvreté-Précarité. Ce baromètre retranscrit la manière dont la pauvreté est définie et vécue par les Français. Cette année, le Secours populaire s’est focalisé sur la précarité alimentaire.

Neuf Français sur dix considèrent qu’avoir des difficultés régulières à se procurer une alimentation saine est le signe d’une situation de pauvreté, selon l’étude.

Des parcours de vie brisés ont incité près de trois millions de personnes à pousser les portes du SPF en 2017. C’est ce qu’a fait Suzanne, 40 ans, il y a huit mois. Une étape difficile pour celle qui n’aurait « jamais pensé avoir besoin de (se) faire aider », confie-t-elle. Suzanne est en fin de chômage et bénéficie de l’allocation de solidarité spécifique. Insuffisant pour subvenir aux besoins de ses quatre enfants. Séparée de son compagnon, elle a espéré une aide de sa part jusqu’au dernier moment et vécu sur ses économies : « J’ai épuisé tout ce que j’avais de côté, alors j’ai arrêté par exemple de leur acheter des jouets. » Jamais elle n’évoque cette situation avec ses enfants.

Faire les courses est redevenu un moment de partage

En revanche pour Fary, mère de 57 ans à la silhouette élancée, les étals du Secours populaire représentent « le supermarché qu’elle cherchait ». Faire les courses, auparavant source d’angoisse, est redevenu un moment de partage avec ses deux filles. Depuis, Fary, comme de nombreux bénéficiaires, donne un coup de main au local.

Grâce au Secours populaire, la compote de pommes a fait son grand retour dans l’alimentation des deux enfants de Lina, 30 ans. Avant de venir au Secours populaire il y a trois mois, le dessert avait disparu de leurs repas, à l’instar de la viande. Selon le baromètre, un Français sur cinq éprouve des difficultés à avoir une alimentation saine, permettant de faire trois repas par jour. « Force est de constater que l’alimentation est sacrifiée face à des dépenses contraintes », rappelle Julien Lauprêtre.

Reda, 43 ans, est d’abord venu au Secours populaire chercher des conseils pour son fils de 10 ans, qui souffre de troubles de l’attention. L’alimentation a été la variable d’ajustement de son budget, tant les rendez-vous chez le médecin ont pesé dans ses finances. Plus de la moitié des foyers ayant un revenu mensuel net inférieur à 1 200 euros peine ainsi à payer des actes médicaux mal remboursés par la Sécurité sociale, indique le baromètre 2018. Reda survit en enchaînant les petits boulots. Il travaille notamment sur les marchés, où il a appris l’importance des fruits et légumes dans les repas : « La tomate ananas ou cœur de bœuf sont des tomates de riches. Eh bien moi j’en mange ! », plaisante-t-il, penché sur une marmite fumante aux côtés du chef cuisinier, Thierry Marx. La précarité n’empêche pas l’amour du bon produit.

De plus en plus de familles viennent au Secours populaire

Une fois payés le loyer, la mutuelle santé et les factures d’électricité et de chauffage, l’idée de vacances paraît bien lointaine. Partir au moins une fois par an est difficile financièrement pour 41 % des Français, selon l’étude. Ce nombre atteint 67 % pour les foyers percevant un revenu mensuel de moins de 1 200 euros. Une réalité que pallie le Secours populaire : Lina a pu offrir une semaine en colonie à son fils de 9 ans en juillet et emmener sa famille une semaine à Grasse (Alpes-Maritimes) en août. Pour ce dernier séjour, Lina n’a dépensé que 180 euros. Ces vacances sont loin d’être superflues pour les enfants. Ceux de Suzanne sont « retournés à l’école avec le sourire. Ils étaient super motivés à la rentrée ». De plus en plus de familles viennent au Secours populaire, observe Fatima, bénévole depuis cinq ans dans ce local du 18e arrondissement.

Près de neuf millions de Français vivent au-dessous du seuil de pauvreté, fixé à 1 015 euros. Cependant, selon le baromètre, les Français considèrent une personne seule comme étant pauvre à partir d’un revenu mensuel inférieur à 1 118 euros, soit 5 euros de plus qu’en 2017. En se fiant à ce seuil subjectif, bien plus de Français seraient en situation de précarité. Autre donnée : 81 % des Français sont convaincus que leurs enfants seront plus vulnérables face à la pauvreté que leur génération. La confiance en l’avenir s’use pour les derniers de cordée.

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Les minima sociaux dans le viseur du plan Macron - Mercredi, 12 Septembre, 2018 - Camille Bauer

La stratégie de lutte contre la pauvreté devrait proposer plusieurs réformes de ces minima, orientées vers le retour à l’emploi et avec pour objectif, à terme, la mise en place d’une allocation sociale unique.

«En décidant de récompenser la pauvreté laborieuse et de considérer que les autres ne doivent pas être aidés, on envoie un message négatif. On s’empêche d’avoir un plan d’ensemble de lutte contre la pauvreté. » Florent Gueguen, porte-parole de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), résume la déception de beaucoup d’organisations de solidarité.

Axée sur « le retour à l’emploi », la stratégie anti-pauvreté, que le président Macron doit présenter jeudi, va laisser de côté les bénéficiaires du RSA socle, et se concentrer sur la revalorisation de la prime pour l’emploi et de l’enveloppe budgétaire attribuée de l’activité économique (IAE).

Un choix idéologique qui repose sur une vision erronée des bénéficiaires des minima sociaux, stigmatisés comme oisifs. « L’idée que les personnes se contenteraient du RSA est largement un mythe. La grande majorité voudrait être utile à la société », souligne Daniel Verger, responsable du plaidoyer France Europe au Secours catholique.

Une mise en place floue

« La prime d’activité, c’est une aubaine pour les employeurs, s’indigne Christine Sovrano, mandatée par la CGT au Conseil national de lutte contre les exclusions. On demande à la collectivité de pallier les insuffisances du travail, alors qu’on n’a pas arrêté de déréguler le marché du travail, et de créer plus de précarité. » Observatrices quotidiennes des ravages causés par une totale exclusion du marché du travail, les associations caritatives s’inquiètent aussi du nombre croissant de personnes, notamment des mères célibataires, dotées d’un emploi mais vivant sous le seuil de pauvreté.

À défaut d’une augmentation du RSA (550,93 euros) dont le montant est pourtant de moitié inférieur au seuil de pauvreté, le plan anti-pauvreté devrait mettre l’accent sur l’accompagnement, notamment pour des chômeurs de longue durée. Mais faute de budget, les conditions de la mise en place de ce volet restent floues. « Pour aider les plus fragiles, il faudrait un accompagnement global fait par des travailleurs sociaux qualifiés. On se demande comment on va les payer dans un contexte d’économie globale sur l’emploi public », souligne Christine Sovrano. Chargés de la prise en charge des allocataires du RSA, les départements ont déjà rogné ces dernières années sur leur budget insertion. Les remobiliser en période de diète budgétaire et mettre en place une coordination entre tous les acteurs ne seront pas une mince affaire.

« On craint un simple engagement de principe »

L’objectif, à terme, du gouvernement est la fusion des minima sociaux dans une allocation sociale unique. En attendant sa mise en place, pas avant 2022, le président devrait annoncer jeudi la modification du mode de calcul du RSA. Au lieu d’être versé en fonction de revenus antérieurs, il devrait désormais s’adapter instantanément aux changements de situation des bénéficiaires. Proposer dans un rapport parlementaire rendu en début de semaine, cette mesure de « contemporanéité » « est un principe positif parce que, plus on réduit le décalage entre les ressources et les allocations, plus on réduit les ruptures qui sont dramatiques. Mais ce principe de justice ne doit pas être tordu dans le sens d’un élément visant à faire des économies », souligne Daniel Verger. Une inquiétude alimentée par le 1,2 milliard d’euros d’économies budgétaires que le gouvernement s’est vanté d’avoir obtenu en appliquant cette mesure aux aides au logement…

Reste l’automatisation du versement des aides, au cœur des revendications des associations, surtout préoccupées par le très fort taux de non-recours (30 % pour le RSA) parmi les personnes ayant droit à une aide. Sur ce point encore, les espoirs sont limités. « On craint un engagement de principe, sans véritable mesure », s’alarme Daniel Verger. Et pour cause. Sauf à baisser le montant des allocations, une telle réforme ne peut se faire à budget constant. La mettre en place coûterait 2 à 4 milliards d’euros, soit l’équivalent de l’intégralité du budget du plan pauvreté…

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voir ou revoir :

Table ronde. De quel plan anti-pauvreté a-t-on besoin ?

Cathy Apourceau-Poly, Sénatrice PCF du Pas-de-Calais, Jean-Marc Borello, Président du directoire de Groupe SOS et Jean-Christophe Sarrot, Responsable du réseau d’ATD Quart Monde

 

 

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