Dilma ROUSSEFF, pour LULA, à la Fête de l'Humanité

L’ancienne présidente du Brésil sera présente samedi dans les allées du parc Georges-Valbon, à La Courneuve, qui seront aux couleurs de la campagne internationale pour la libération de l’ex-président Lula, injustement emprisonné depuis un an et demi

e site de la Fête de l'Huma :--

Contre les réformes régressives de l’extrême droite brésilienne

La Fête de l’Humanité, où l’ex-cheffe de l’État sera l’une des invitées d’honneur, résonnera de ce même réquisitoire contre la politique du président d’extrême droite Jair Bolsonaro.

En sa présence, l’Agora accueillera, le samedi, en soirée, une rencontre de solidarité avec les démocrates et les progressistes brésiliens qui s’opposent aux réformes régressives et rétrogrades du bolsonarisme (voir ci-contre).

L’autre grand convive du rendez-vous du Bourget sera Lula. L’ancien président, et figure de la gauche, ne sera pas physiquement présent parce qu’injustement emprisonné depuis un an et demi au terme d’un procès inique dont l’unique but était de l’écarter de la présidentielle de 2018.

Le putsch dont a été victime Dilma Rousseff a sévèrement attaqué l’ordre constitutionnel. « Ne croyez pas que cela a commencé et fini le jour où ils m’ont éjectée de mon bureau. Cela a commencé le jour où (mes opposants) se sont rendu compte qu’ils ne parviendraient pas au pouvoir via des élections démocratiques. Le premier chapitre a été le coup d’État contre moi. Mais il y a eu un second chapitre, empêcher Lula d’être candidat », confiait-elle en 2017 à la BBC.

Depuis, le juge Sergio Moro, désormais ministre de la Justice, a tordu le cou au principe de l’éthique pour jeter en prison Lula, comme l’ont révélé les messages échangés entre les juges durant l’instruction. Le combat pour la libération de l’ancien métallo retentira de Curitiba, où il est détenu, jusqu’aux allées de la Fête de l’Humanité.

Dilma Rousseff n’a rien perdu de sa combativité. L’ancienne présidente du Brésil (2010-2016) était présente, il y a tout juste une semaine, à la Chambre des députés pour une rencontre en défense de la souveraineté populaire.

L’ex-guérillera n’avait pas foulé ce lieu depuis le processus de destitution qui l’a définitivement écartée du pouvoir, le 31 août 2016. Depuis ce coup d’État parlementaire, la démocratie de la huitième puissance mondiale suffoque. « Le Brésil (…), notre souveraineté sont attaqués sur plusieurs fronts : la dénationalisation d’entreprises d’État stratégiques comme Petrobras (le géant pétrolier), le démantèlement de l’enseignement supérieur fédéral, le système de recherche, la destruction de l’environnement et de l’Amazonie, le recul imposé aux droits des travailleurs et des retraités », a dénoncé Dilma Rousseff.

Publié dans l'Huma du 11 septembre 2019 - Cathy Dos Santos

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« LULA LIBRE »

Mercredi, 11 Septembre, 2019 - Maud Vergnol

L'éditorial de Maud Vergnol. Les politiques sociales de Lula avaient sorti 40 millions de Brésiliens de la misère. Lorsqu’il a quitté le pouvoir après deux mandats, donné largement favori aux élections, il jouissait de 90 % d’opinions favorables dans la population.

 « Nous n’abandonnerons pas la lutte tant que le Brésil et les Brésiliens ne seront pas heureux à nouveau », écrivait Lula depuis sa prison aux lecteurs del’Humanité, le 7 avril dernier.

Nos colonnes non plus ne renonceront pas. Plus un jour ne passe sans que les frasques lamentables du président d’extrême droite ne fassent les gros titres. Incarnation du fascisme au service de l’agrobusiness, soutenu et financé par les patrons et les banquiers, Jair Bolsonaro tue un peu plus chaque jour les conquis sociaux et démocratiques du Brésil.

Les politiques sociales de Lula avaient sorti 40 millions de Brésiliens de la misère. Lorsqu’il a quitté le pouvoir après deux mandats, donné largement favori aux élections, il jouissait de 90 % d’opinions favorables dans la population.

Donc l’arrivée au pouvoir de ce nostalgique de la dictature militaire qui assume sans complexe sa volonté de raser une partie de l’Amazonie et d’anéantir des populations autochtones n’était pas inévitable. Elle est l’aboutissement d’une cabale, assumons le mot ici, d’un complot, pour déloger la gauche au pouvoir.

Les faits, rien que les faits : en 2018, à l’issue d’un procès inique où il est accusé d’avoir bénéficié de largesses d’entreprises du BTP, un appartement à São Paulo, Lula est condamné à douze ans d’emprisonnement sans aucune preuve, exclusivement sur la base des « convictions » du juge Moro, devenu entre-temps ministre de la Justice de… Jair Bolsonaro. 

Sa sentence ne repose que sur la « délation récompensée » d’un ancien cadre de l’entreprise qui a joui d’une remise de peine à la faveur de son témoignage à charge contre Lula. Ce simulacre de justice cache mal un véritable coup d’État institutionnel, comme celui intenté deux ans plus tôt pour destituer Dilma Rousseff.

Ce week-end, à La Courneuve, l’ex-présidente du Brésil se joindra au peuple de la Fête de l’Humanité pour entonner « Lula libre », afin que la campagne internationale pour sa libération s’amplifie. Lula derrière les barreaux, c’est l’espoir de tout un peuple qui est condamné.

Par Maud Vergnol

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L’Agora de l'Humanité aux couleurs du Brésil

La résistance aux attaques de l’extrême droite brésilienne sera mise en avant le samedi 14 septembre au soir, lors de la Fête de l’Humanité,

 La résistance aux attaques de l’extrême droite brésilienne sera mise en avant le samedi 14 septembre au soir, lors de la Fête de l’Humanité, dans l’espace de notre journal. La rencontre débutera à 20 heures avec pour invitée d’honneur l’ancienne présidente Dilma Rousseff, victime d’un coup d’État parlementaire en 2016 visant à écarter la gauche du pouvoir.

Seront également présents Maud Chirio, historienne, spécialiste du Brésil, Walter Sorrentino, vice-président du Parti communiste du Brésil (PCdoB), Igor Felipe dos Santos, de la coordination nationale du Mouvement des sans-terre du Brésil et du comité national « Lula libre », Éric Fassin, sociologue et membre du comité français pour la libération de Lula, ainsi que Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité.

Il sera bien évidemment question de la campagne internationale en faveur de la libération de l’ancien chef de l’État et figure du Parti des travailleurs, injustement incarcéré depuis avril 2018, au terme d’un procès inique où aucune preuve de sa culpabilité n’a été apportée. Ce temps fort s’achèvera au son de la samba et de la bossa nova avec la prestation du chanteur brésilien Ton Dantas.

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