Climat : la grande illusion de la finance verte

Un « sommet » convoqué par emmanuel macron veut défendre l’économie verte, qui n’a jamais fait ses preuves.

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Dans toutes les cérémonies, il y a ceux que l’on invite en grande pompe et que l’on met en avant sur la photo de famille. Et puis il y a ceux qui s’incrustent dans le cadre, cousins peu présentables que l’on aurait préféré cacher. Le One Planet Summit, réunion internationale convoquée par Emmanuel Macron, n’échappe pas à la règle.

Deux ans jour pour jour après la conclusion de la COP21, fameuse conférence sur le climat, Paris accueille aujourd’hui ce nouveau rendez-vous, lui aussi dédié à la lutte contre le réchauffement. C’est le président français qui a lancé l’invitation en juillet, afin d’impulser un contrepoids économique au retrait des États-Unis de l’accord de Paris. L’objectif affiché est d’accélérer une transition énergétique qui traîne à se mettre en route.

Parmi les acteurs appelés à la rescousse, une entité ressort : la finance verte, dont les louanges seront célébrées tout ce jour, en dépit de limites qui font tache sur le tableau. Lire la suite

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12 décembre : le sommet de Paris sur le climat passe à côté de l’essentiel

Gérard Le Puill - Lundi, 11 Décembre, 2017 - Humanite.fr

Comme si le français était désormais une langue morte, Emmanuel Macron a donné le nom de « One Planet Summit » à la mini rencontre qu’il organise demain sur l’île Seguin, ancien site de Renault à Billancourt. Il s’agira, nous dit-on, de « mettre la finance publique et privée au service de l’action climat ».

Mais, comme le relève Maxime Combes, au nom d’Attac, « l’absence de définition claire et précise  de ce qu’une obligation verte peut et ne peut pas financer empêche de distinguer celles qui sont compatibles avec l’environnement ou le climat et celles qui ne le sont pas ».

Ce sommet d’un jour se tient une semaine après la publication d’une étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) intitulée « Les acteurs économiques de l’environnement ». Cette étude peut être vue comme une aide à la décision pour réduire notre bilan carbone deux ans après l’adoption du texte de la Cop 21, nullement suivi d’effet à ce jour. Traiter ce sujet aurait été plus utile que de solliciter une cinquantaine de chefs d’Etat et de gouvernement pour voir comment impliquer des firmes mondialisées dans la quête au profit que peut leur apporter le business vert.

Le document de l’INSEE nous rappelle que « depuis 1970, les émissions mondiales de gaz à effet de serre couverts initialement par le protocole de Kyoto ont augmenté de 70% ».

Précisons à ce propos que le protocole de Kyoto date de 1997 et que les premières décisions prises en Europe, suite à ce protocole, datent de 2005 pour une mise en œuvre à partir de 2008. Encore ne s’agissait-il que d’un marché spéculatif du carbone pour les entreprises industrielles dotées d’un quota annuel de carbone gratuit.

La mise en place de ce marché a poussé les entreprises à accélérer les délocalisations de production vers les pays à bas coûts de main d’œuvre non concernées par le protocole de Kyoto. Cela leur a permis d’avoir des tonnes de carbone à vendre. Du son prix s’est effondré et les polluantes centrales à charbon sont devenus plus rentables que les centrales au gaz en Europe.

Mais, entre temps, des truands ont empoché des millions d’euros via le marché du carbone en prélevant la TVA sur chaque transaction, sans la reverser ensuite aux gouvernements dont celui de la France.

Mais revenons à l’étude de l’INSEE. Elle nous rappelle que, « en 2017, l’humanité était censée  avoir consommé dès le 2 août, l’ensemble des ressources que la planète peut régénérer en un an ». Il nous dit aussi qu’avec «  6,6 tonnes, la France est l’un des pays industrialisés qui émet le moins de gaz à effet de serre par habitant » et par an. Mais « ce classement est étroitement lié à son système de production qui repose, en 2014, à près de 77% sur le nucléaire contre 10% dans le monde », précise l’étude.

Voilà pourquoi la sortie du nucléaire voulue par plusieurs candidats à la dernière élection présidentielle  allait bien à l’encontre de la lutte pourtant indispensable contre le réchauffement climatique.

Notre empreinte carbone est de 10,5 tonnes par an et par habitant

Mais le bilan de 6,6 tonnes de carbone largué par an et par habitant ne donne pas la mesure de notre empreinte carbone. L’empreinte intègre les émissions de gaz à effet de serre imputable à notre consommation globale. Elle est de 10,5 tonnes équivalent CO2 par an et par habitant du fait des produits énergétiques, industriels et agricoles importés.

Dans l’Hexagone, l’INSEE nous dit que « les émissions de CO2, du seul secteur productif (hors émissions liées aux transports) ont baissé de 31% entre 1990 et 2015, en partie en raison de la tiertiarisation de l’économie et du remplacement d’une partie de la production industrielle domestique par des importations ».

Le dernier exemple de cette manière perverse d’augmenter le bilan carbone de certains biens achetés en France nous renvoie à Whirlpool. Pour accroître ses profits, la firme américaine délocalise la production faite à Amiens en Pologne où les salaires sont trois fois plus bas. Macron est allé voir les travailleurs d’Amiens pour leur dire qu’il approuvait ce transfert de production. Mais, en Pologne, le bilan carbone de la production électrique issue du charbon pour alimenter  l’usine va augmenter pour chaque sèche-linge produit. On y ajoutera un supplément transport par camions pour chaque sèche-linge réimporté en France et en Europe de l’ouest.

Elle est là l’illustration de la principale raison de notre empreinte carbone, supérieure de beaucoup aux émissions de CO2 largués dans le ciel de France.

Quel sera le bilan carbone de la métropolisation en cours ?

Toujours selon l’étude de l’INSEE, « en 2015, les émissions totales de gaz à effet de serre (GES) en France s’établissent à 457 millions de tonnes équivalent  CO2 ». Ils sont imputables aux transports à hauteur de 29,7% , au secteur agricole à hauteur de 19,8% , au résidentiel pour 18,9%, à l’industrie manufacturière pour 17,6% , à la production électrique pour 10,2%  et au traitement de nos déchets pour 3,8%. Si nos émissions globales ont bien diminué de 16,4% entre 1990 et 2015, celles émises par les transports ont augmenté de 11,9% durant la même période.

Entre 1990 et 2015, le transport des voyageurs a augmenté de 26% en France. Mais, comme en 1990, environ 80% des transports de voyageurs se font en voiture individuelle en 2015 contre 11% par le train, 8% en autocar et 2% en avion. Les transports de marchandises ont évolué de la même manière avec 87% des tonnages par la route, 11% par le rail et 2% par voie fluviale.

« En 2015, nous dit l’INSEE, le secteur routier représente près de 83% des consommations énergétiques des transports, une part stable depuis dix ans. Parmi les consommations énergétiques du transport routier, 63% sont destinées au transport des voyageurs et 37% aux transports de marchandises».

Voilà un sujet important que le « On Planet Summit » du président Macron n’a pas prévu d’aborder.

Alors que nous assistons ces dernières années à une accentuation de la concentration des activités économiques dans les capitales régionales et autres métropoles, au détriment des petites villes et du milieu rural, il est probable  que ce pilotage du « déménagement » du territoire par les firmes du bâtiment et des travaux publics se poursuivra dans les prochaines années.

On peut raisonnablement penser qu’un sommet de Paris deux ans après Cop 21 aurait pu avoir une réelle utilisé pour examiner notre situation interne et prendre les décisions politiques appropriées pour réduire le bilan carbone de toutes nos activités. Au lieu de cela, on va bavarder pour voir comment permettre aux firmes d’augmenter leurs profits en investissant dans des créneaux porteurs, repeints en vert pour l’occasion.

Gérard Le Puill

-Ce que Macron et Merkel ne diront pas aujourd’hui sur le climat

Le président français et la chancelière Allemande s’expriment cet après-midi devant les délégués de la Cop 23 réunis depuis le 6 novembre à Bonn. Cette réunion n’a guère progressé sur la mise en place de politiques permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) responsables du réchauffement climatique. Ces émissions auraient progressé de 2% dans le monde en 2016 et 2017. Elles auraient baissé de seulement 0,2% en Europe, si tant est que l’on puisse mesurer cette infime évolution. Alors qu’il y a urgence, nous ne sommes donc pas en route pour une division par trois ou quatre des émissions de GES d’ici 2050....la suite :

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« Make the planet great again » un slogan vide de sens pour le moment !

Deux semaines de négociations autour du réchauffement climatiques à Bonn lors de la COP 23 n’auront donc pas apporté les réponses attendues. Pis, bon nombre de décisions ont été reportées. Maxime Combes, spécialiste économique et climat à Attac, revient sur cette énième désillusion.  

« Le fossé entre les engagements de réduction d’émissions de gaz à effet de serre (GES) pris en 2015, et le niveau qu’ils devraient atteindre pour contenir le réchauffement climatique mondial en deçà des 2 °C est abyssal » explique   Maxime Combes, porte-parole d’Attac sur les enjeux climatiques. En refusant de résorber cette contrainte, les États avaient pourtant accepté « un dialogue facilitateur » en 2018 afin de remettre le sujet sur la table. Mais lors de la COP 23, que nenni. Aucune garantie sérieuse n’a été donnée. Pour le porte parole d’Attac, le refus des états d’imposer toute contrainte internationale conduit aujourd’hui à des engagements déconnectés des vrais objectifs.

Laurence Taubiana, directrice générale de la fondation European Climate, a déclaré à l’issue de la COP 23 que cette dernière avait rempli son contrat. Qu’avez-vous envie de lui répondre ?

Maxime Combes. Elle essaie de se convaincre de choses qui, aujourd’hui n’offrent aucune garantie. Nous ne savons pas si tout ce qui a été reporté à 2018 sera réellement obtenu à cette date. Il y a deux enjeux majeurs. Les pays s’étaient engagés l’an dernier à définir précisément le cahier des charges de mise en œuvre de l’accord de Paris à partir de 2020 -questions de transparence, façon dont les Etats vont rendre compte de leurs actions et comment ils vont préciser leurs contributions à l’avenir-. Or à ce jour, l’essentiel de ces règles, d’apparence technique, ont été reportées à l’année prochaine. Tout ceci est pourtant d’une grande importance pour savoir comment l’on mesure les émissions de gaz à effet de serre, les répertorie, les note. C’est aussi le moyen de s’assurer que les pays rendent bien des copies relativement similaires afin de les comparer. Si tout cela n’existe pas, nous additionnerons les torchons et des serviettes. Il sera de fait extrêmement difficile de construire une politique climatique internationale.

Vous parliez d’un deuxième point, quel est-il ?

Maxime Combes. Ce deuxième point est beaucoup plus problématique car lié aux limites intrinsèques de l’accord de Paris. 2018 devait être un moment de dialogue facilitateur pour réaliser un état des lieux en terme d’émissions de gaz à effet de serre (GES) et de financement au regard de la situation actuelle. Mais comme il n’existe aucune contrainte afin que les Etats revoient leur copie à la hausse, le dialogue facilitateur, dit « dialogue de Talanoa » ne mènera pas à une  hausse des ambitions nationales. Or si cela n’est pas réalisé en 2018, cela veut dire que la prochaine révision des politiques nationales ne se fera pas avant 2023-2024. C’est inacceptable ! On prend des risques considérables sur la capacité de rester en deçà des deux degrés.

Suite au discours d’Emmanuel Macron à Bonn lors de la Cop 23, vous avez déclaré que l’on avait franchi le seuil maximal autorisé d’hypocrisie climatique, qui cherche à dissimuler de nombreux renoncements. Pouvez-vous expliciter ?

Maxime Combes. Après six mois de présidence, nous avons réalisé une première liste des décisions contraires aux ambitions de ce gouvernement pour lutter contre le réchauffement climatique. Cette liste est longue comme le bras et couvre des secteurs extrêmement différents. Cela commence par la mise en application provisoire du CETA –accord de libre échange entre l’Europe et le Canada-, en expliquant que l’on ne peut plus rien y faire. Cet accord n’a pourtant toujours pas été ratifié et de plus, il a été  jugé non compatible d’un point de vue climatique par les experts nommés par le président lui-même. A cela on peut ajouter les multiples exceptions introduites dans la loi de Nicolas Hulot censée réduire le rôle des hydrocarbures dans notre pays. Ainsi, les permis d’exploration risquent fort de dépasser la soi-disant date limite de 2040. Il y aussi ce refus de s’attaquer à l’importation d’hydrocarbures en France ou encore la délivrance de nouveaux permis notamment au large de la Guyane. Mais que dire de la proposition du gouvernement dans son projet de loi de finances de supprimer le fond vert français permettant à la Polynésie et la Nouvelle-Calédonie de disposer d’argent pour lutter contre le réchauffement climatique? Pour rappel, étant des territoires français, ils ne peuvent pas bénéficier du fond vert international. Ce n’est pas tout ! La fin des aides à l’agriculture biologique est une très mauvaise nouvelle. En fait, dès que l’on s’approche de question un peu ardues, dès que l’on s’attaque au fonctionnement de l’économie mondiale et donc française, ce gouvernement recule, reporte à plus tard, limite ses ambitions.

Lorsque Mike Bloomberg (Fondateur de Bloomberg L.P, une société de services et d'informations financières) annonce un don 50 millions de dollars pour soutenir les campagnes de la société civile en faveur de la sortie du charbon, vous n’avez pas non plus le sentiment que le privé supplante des pouvoirs publics incapables d’être les moteurs de ce combat ?

Maxime Combes. Oui, nous donnons la plus mauvaise des réponses aux Etats-Unis et à Donald Trump qui a décidé de se retirer de l’accord de Paris. La seule chose que nos pays, notamment les plus riches, ont su dire est que finalement tout cela n’avait aucune importance car le monde économique et la société civile s’étaient emparés de la question. Les Etats essaient de nous raconter une histoire selon laquelle tout viendra des acteurs privés. En fait, nous comptons sur ceux qui nous ont menés à la catastrophe climatique pour sauver la planète. Ce désengagement de la puissance publique arrive au moment même où l’on a besoin d’un sursaut afin de réguler des secteurs complètement laissés à la merci des marchés. Du point de vue des financements climat, il ne suffit pas d’en appeler à quelques mécènes. Il s’agit de faire basculer l’ensemble des moyens financiers qui, aujourd’hui, investissent dans les énergies fossiles, vers les énergies renouvelables.

Quand le gouvernement français met dans les tuyaux sa volonté de réduire ses  ambitions concernant le renouvelable sur la décennie 2020- 2030, sans l’annoncer vraiment, va-t-on encore une fois dans le sens de l’histoire ?

Maxime Combes. Nous sommes dans une situation incroyable, où la France, pays organisateurs de la Cop 21 voit ses investissements dans le renouvelable baisser en 2015 et 2016. C’est consternant et met en avant le peu de volonté des pouvoirs publics d’accompagner la montée en force de ces énergies. La France est à la ramasse par rapport aux engagements qu’elle a prises devant l’Union européenne. Elle est aussi à la ramasse par rapport aux engagements qu’elle s’est elle-même donnée dans le cadre de la loi de transition énergétique 2025-2030. Par ailleurs, notre pays ne mène pas la bataille au niveau européen pour fixer des objectifs plus ambitieux. Nicolas Hulot va-t-il mener ce combat pour porter des objectifs à la hausse et infléchir le conseil européen et la commission peu favorables à cela ? A notre connaissance, il n’a pas cette ambition et il fait profil bas. Il semble avoir beaucoup de mal à endiguer la pression des lobbies à l’échelon national. « Make thee planet great again » sera donc un slogan vide de sens.

Éric Serres -Rubrique Une planète et des hommes

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Extrait :...Les priorités de l’économie néo-libérale centrées sur l’enrichissement de quelques privilégiés sont en fait contraires au bien-être collectif. Les principaux acteurs économiques ferment les yeux devant les effets socio-environnementaux tragiques de leurs pratiques et se conduisent en ennemis du développement durable. Les banques et les systèmes financiers, les régulateurs du commerce, les sociétés privées et les autorités politiques ont pourtant un rôle incontournable à jouer et une responsabilité à assumer si nous voulons réussir sur cette voie. Comme le souligne l’ATTAC (Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne), l’un des principaux défis est donc d’utiliser les leviers politiques, économiques et financiers, qu’ils soient déjà disponibles ou qu’il faille les inventer, pour accélérer sans attendre une transition vers des investissements plus responsables. [4]...

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Éditorial. Macron banalise la délinquance climatique -Jeudi, 13 Juillet, 2017

Emmanuel Macron se rêve en héros du climat. Mais il invite à Paris le chef de troupe des présidents climatosceptiques. La petite ritournelle de l'hôte de l'Élysée, qui « ne désespère jamais de convaincre », ne sème au vent que de l'illusion. Au G20 la semaine dernière, c'est Donald Trump qui a convaincu tous les autres chefs d'État de céder à ses quatre volontés. Les État-Unis, pays le plus émetteur de gaz à effet de serre par habitant dans le monde, ont obtenu un blanc-seing pour vendre leurs énergies fossiles quand bien même tous les experts hurlent qu'il faut les laisser sous terre pour éviter un fatal emballement.

En diplomatie, les actes ont un sens. Emmanuel Macron accueille Donald Trump en grande pompe, parade sur les Champs-Élysées et dîner étoilé. Fin mai, il a reçu Vladimir Poutine à Versailles alors que le président russe venait de remettre en question la responsabilité des activités humaines dans le coup de chaud qui oppresse la planète. Le compte à rebours est enclenché. Une récente expertise publiée dans la très sérieuse revue Nature estime qu'il reste trois ans pour prendre les bonnes décisions et rester dans les clous d'une hausse des températures qui ne dépasse pas les 2 °C. En invitant Trump à Paris, le chef de l'État français banalise la délinquance climatique.

Pis, la convocation unilatérale d'un « sommet d'étape » sur les financements climat en France le 12 décembre prochain révèle un mépris certain pour la diplomatie internationale. La 23e conférence climat de l'ONU (COP23) doit se dérouler en novembre. Elle sera, pour la première fois, organisée par un petit État du Pacifique que les bouleversements du climat promettent de noyer sous les eaux, les îles Fidji. Cette COP doit prioritairement travailler sur les aides financières pour permettre aux populations les plus menacées de faire face aux dérèglements. Sans quoi, les 250 millions d'habitants aujourd'hui menacés deviendront les déplacés de demain, ces migrants même contre lesquels Donald Trump construit des murs.

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