Plus fort mouvement social dans l’énergie depuis + de 10 ans……silence médiatique

Lecteurs et auditeurs fidèles des médias vous savez que le « baccalauréat fissure le front uni de la grève à la SNCF », que « les aides sociales coûtent un pognon fou », que « Colomb et Philippe pressent les responsables musulmans d’agir »… mais avez-vous entendu parler de ce qui se passe dans l’énergie ? ---et Jean Ortiz, Gérard Streiff

Rouge Midi :

Lecteurs et auditeurs fidèles des médias vous savez ce matin (pour nous en tenir à quelques titres des unes) que Trump et Kim Jung Un ont « échangé une poignée de main historique », que le « baccalauréat fissure le front uni de la grève à la SNCF », que « les aides sociales coûtent un pognon fou », que « Colomb et Philippe pressent les responsables musulmans d’agir »… mais avez-vous entendu parler de ce qui se passe dans l’énergie ?
- Du pillage organisé du secteur de l’énergie par leurs dirigeants, le gouvernement MEDEF/Macron au profit des seuls actionnaires ?
- De ce grand commerçant d’avec Daesh (vous avez bien lu voir verso tract CGT énergie ci-dessous) maintenu au CA d’EDF malgré sa mise en examen ?

voir le tract :


- De la mise en concurrence programmée de la distribution et du transport de l’électricité et du gaz ?
- De la fin de la péréquation tarifaire qui assure l’égalité des tarifs sur l’ensemble du territoire national ?
- De la carotte promise aux salarié-e-s du secteur ?

Dans ce document de travail de la direction sur lesquels les salariés sont tombés par hasard la direction expose succinctement tout le respect qu’elle a des salariés et jusqu’où elle veut aller. En rouge les commentaires de la CGT énergie.

Enfin et surtout avez-vous lu quelque part, qu’avec 112 sites de travail bloqués (dont certains depuis plus d’un mois) et un mouvement qui ne cesse de prendre de l’ampleur, le secteur connait son plus long et plus fort conflit depuis plus de dix ans  ?

Évidemment vous ne l’avez pas vu en une de la presse !

D’autant que non seulement les salariés revendiquent une amélioration de leurs conditions de travail mais ils revendiquent aussi que l’énergie devienne un bien public géré par le public (blasphème !).
Qu’elle soit reconnue comme un droit et non comme une marchandise, que la population ne soit pas traitée comme un paquet de clients à qui il appartient de faire appel à la concurrence, mais comme un ensemble d’ayant droit, dans la lignée de ce qui fut la volonté de Marcel Paul le ministre de la production industrielle de 1945.

De plus, circonstances aggravantes, ce mouvement mené par une majorité de jeunes (ceux-là même dont le pouvoir nous redit à intervalles réguliers qu’ils se moquent de la politique) n’exige pas un retour pur et simple à la situation d’avant la privatisation initiée par le gouvernement Jospin, mais une vraie nationalisation, celle qui met l’entreprise dans les mains de la nation, salariés et usagers réunis, pour que chacune et chacun ait droit à l’énergie sûre, propre, respectueuse de l’environnement dont il a besoin…

En bref un bond en avant dans l’accès au droit et à une technologie au service de toutes et tous : tout le contraire de la politique du gouvernement Macron.

Les agents (oui ! on dit encore agent terme propre à la fonction publique et non mercenaires précaires ce qu’en face ils rêvent qu’on devienne) ont des revendications. Elles sont résumées et explicitées ci-dessous.

Cahier revendicatif porté par les agents en lutte :

Pour le moment la direction résiste (voir document joint à l’article) mais avec le mouvement qui s’étend elle ne va pas pouvoir le faire longtemps.

Dans ce mouvement ils rejoignent les autres entreprises en lutte de leur secteur (et cela a été encore le cas dans plusieurs villes ce 12 juin) et multiplient les actions qui sont des exemples concrets de convergence des intérêts et des combats : passage de quartiers populaires en heures creuses, réouverture d’agences fermées par la direction (que celle-ci fait vandaliser par des entreprises privées dès qu’elle a vent d’une action en cours) …

L’accès à l’énergie pour tous doit être un droit fondamental constitutionnel et la spéculation dans l’énergie doit être proscrite. Cela doit être inscrit comme tel dans la loi.
La seule solution pour engager un tel processus et arriver à ce résultat au bénéfice exclusif du peuple et de la nation passe par un seul chemin symbolisé par ce slogan :

NOUS TRAVAILLONS
NOUS PRODUISONS
NOUSCIDONS

Cédric, Stéphane (salariés de l’énergie) et Charles.

-----

CGT-énergie :

-----

Jean Ortiz :  - Jeudi, 14 Juin, 2018

Ce qui coûte cher, ce sont les inégalités sociales, les privilèges monstrueux de quelques-uns, les dégâts humains et sociaux du capitalisme, etc. Macron... piège à niais !

Salauds les pauvres (voir la vidéo)!! Ils portent la responsabilité de leur situation, vu qu’ils pourraient être riches s’ils le voulaient. « ¡¡ A trabajar !! » « Au travail !! » Assez de vivre à nos crochets ! Assez de pique-assiettes aux minimas sociaux ! Ça coûte la peau des fesses et on maintient dans la paresse des millions de feignasses ! Allez, au boulot, tire-au-flanc, et à coups de pieds dans le postérieur. Pour « partager » les richesses, il faut le mériter... Les droits sociaux ne sauraient être éternels. Assez « d’assistanat », qui coûte, lui, plus que la peau des fesses ! Celle du cul des sans-culottes !! Alors que la classe sociale « macroniste » s’empiffre éhontément ; pour le « bonheur de tous », la création d’emploi, la diminution des charges et prélèvements pour les plus riches, bref, le « ruissellement », « arme » contre la paupérisation, qui frappe même les classes moyennes. Ça tombe bien, il a beaucoup plu en Béarn.

On vient de trouver plus menteur que les arracheurs de dents ! Le monarque présidentiel...

La pauvreté ne cesse d’être en crue, et de plus en plus perceptible. Combien de mendiants, de SDF, d’enfants, qui tendent la main, de femmes seules, sous des porches ? Cette réalité est devenue si quotidienne que parfois l’on s’en accommode, avec une tendresse spéciale pour les services sociaux et les associations qui s’occupent de ces « exclus » qui s’excluraient eux-mêmes parce qu’ils voudraient être exclus !

De temps à autre, on leur fait la charité, mais peu la solidarité de classe. Ce gâchis social s’avère délibérément, méthodiquement, organisé par les plus riches, avec arrogance et soif incommensurable de profits et de dividendes. Pour les autres, pour la majorité, « la vie, le malheur, l’isolement, l’abandon, la pauvreté sont des champs de bataille qui ont leurs héros, héros obscurs plus grands parfois que les héros illustres » (Victor Hugo).

Nous pourrions ironiser ici jusqu’à plus de mots sur des clichés tellement réacts qu’ils fonctionnent encore et nécessitent une permanente critique sociale. Ce nouvel esclavage est promu à nos yeux comme de la « modernité ».

L’intervention de E. Macron au Congrès de la Mutualité a provoqué un tollé et un dégoût légitimes ; ce mépris du peuple, cette condescendance d’une classe qui, opulente, se croit supérieure... Cette violence de classe, la « fuite » sciemment organisée par la comm’ présidentielle contre les aides sociales (« on met un pognon de dingue dans les minima sociaux... ») prépare le terrain non pas vers un « tournant social », mais vers un « big bang » dont se félicite en « Une » le « Figaro » du 14 juin.

Les classes dominantes plongent les salariés, les précaires, les sans-emplois dans une souffrance de plus en plus insupportable, reléguant des millions d’exploités, de non-invités au banquet, à l’exclusion sociale, à la survie quotidienne. Tout cela pour assouvir leur insatiable cupidité dans l’accumulation du capital... Nous ne rentrerons pas ici, mais cela serait nécessaire, dans l’analyse des rapports de classe, des concepts de pauvreté, d’aliénation d’exploitation...

Pour changer les choses, il convient plus que jamais de dépasser l’émotionnel. Notre réflexion s’inscrit dans l’immédiate guerre des idées, et riposte à l’indécence présidentielle. Macron ment comme il respire...

Selon le mode de définition du seuil de pauvreté (hypothèse basse : 50% du revenu médian, soit 846 euros pour une personne seule), la France compte entre 5 et 8,9 millions de pauvres au 15 octobre 2017, selon l’Observatoire des inégalités (soient 600.000 de plus entre 2005 et 2015), le plus souvent mal indemnisés, ou pas du tout, peu éduqués, condamnés au chômage destructeur, facteur d’éclatement social et de communautarisme... Cette « armée de réserve du capital » permet au système de laminer le « modèle social », les acquis, les salaires (le salaire minimum actuel relève de l’indécence : 1160 euros par mois), etc.

Que seraient ces millions de victimes du capitalisme, si Macron et les siens parvenaient à recomposer totalement la société, à faire régresser encore davantage le niveau de vie ? Sans protection, ils seraient à la rue. Les chômeurs et inactifs représentent plus de 70% des près de neuf millions de pauvres, autant d’hommes que de femmes, plutôt jeunes, et un quart (seulement) d’immigrés. Près de deux millions d’entre eux sont des enfants et des ados... Pas à Manille, à Paris !

Le rêve de Macron et des siens, du Medef, de la finance, c’est une société-jungle, le tout-privatisé, avec quelques miettes minimalistes, microscopiques, en guise de mutuelles, de couverture sociale, d’allocations chômage, d’assurances. Juste le minimum pour éviter l’explosion. Qu’en est-il alors de la dignité de l’être humain, hommes femmes et enfants, aliénés, piétinés ? Eux qui ne demandent pourtant qu’à travailler, à avoir la place qui leur revient dans une société plus juste et fraternelle.

La pauvreté met finalement en danger ce qu’il reste de démocratie, et les désormais si vides droits de l’homme et de la femme. Ce qui coûte un pognon délirant, ce sont plutôt les sept milliards d’euros de cadeaux aux grandes fortunes, c’est la liquidation de l’indépendance et de la souveraineté nationales, c’est la mise à mort des service publics, la mise au pas des syndicats (ça pue les années 30 !), c’est la fraude et l’évasion fiscales ; bref, c’est le gavage de vos amis, Monsieur le président, avec votre morgue et votre assentiment.

Cette situation, ce champ de ruines, sont vécus comme intolérables par la majorité. La colère, sourde, gronde. Les eaux cachées finissent toujours en résurgences, insurgées. A nous, les militants anticapitalistes -communiste en ce qui me concerne- de « rendre visibles les invisibles », de dénoncer les souffrances infinies, provoquées par la classe sociale de Macron, de mener le combat de classe, de proposer un monde aux couleurs de toutes et de tous. Relisons « l’Assommoir », « Germinal », de Zola. Alimentons la colère, et le désir d’une société libérée du fric. Soyons pleinement révolutionnaires.

Le 9 juillet 1849, dans un grand discours à l’Assemblée, Victor Hugo s’écriait : « Je suis de ceux qui croient que l’on peut détruire la misère ». Tout ne peut être d’airain ou de fer. En avant ! Aucun pas en arrière, pas même pour prendre de l’élan, disait Che Guevara.

-----

1,5 million d’enfants et de jeunes de moins de 18 ans vivent dans une famille pauvre. Leurs parents sont pauvres et c’est la pauvreté des adultes qu’il faut combattre. Le point de vue de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.

-----

Ceinture

Les salaires des apparatchiks de la Cour des Comptes ont augmenté de 4 % en 2017. Merci Macron ! C’est ce qui ressort d’un audit parlementaire sur lequel les médias, si prompts à relayer le moindre chuchotis de l’Institution, ont été d’une exemplaire discrétion. Mais que fait le président Migaud ? Le socialiste Didier Migaud, en effet, patron du Palais Cambon (tout de même 700 magistrats ou assimilés et 80 millions de budget hors pensions) est pourtant, on le sait, un obsédé de la rigueur, un ayatollah de l’austérité, un intégriste de l’ascétisme .

Serait-il le roi de la ceinture...pour les autres. On attend avec impatience son verdict. Car enfin, quand on y pense, c’est dingue le pognon qu’on verse dans cette Cour des comptes, comme dit si bien l’autre.
Gérard Streiff

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.