Syrie. Macron s’aligne sur Trump et piétine l’ONU !

...Pour le président français, qu’il faut croire sur parole, « les faits et la responsabilité du régime syrien ne font aucun doute. La ligne rouge fixée par la France en mai 2017 a été franchie. (J’)ai donc ordonné aux forces armées françaises d’intervenir cette nuit, dans le cadre d’une opération internationale (…) et dirigée contre l’arsenal chimique clandestin du régime syrien ...

Le ton se veut grave, de celui qu’affectionnent les dirigeants qui posent un regard paternaliste sur les souffrances des peuples.

Une fois de plus, Emmanuel Macron, comme ses prédécesseurs, évacue toute explication politique dans cette intervention militaire qui, en plus d’ébranler le Moyen-Orient, engage la planète tout entière dans une atmosphère de guerre mondiale aux conséquences imprévisibles.

Il ne s’agirait donc que de justice, que de protection humanitaire.

La sainte Trinité – États-Unis, France, Grande-Bretagne – vient punir. Et si, en réalité, les motivations étaient moins pures, plus alimentées par des considérations géopolitiques ?

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Pierre Barbancey - Grand reporter

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Le trio guerrier : les questions sur l'illégalité, le mépris de l'ONU, la soumission à l'OTAN ne seront que survolées par les "journalistes" !!lors de l'émission de dimanche soir 15/4/2018

Syrie : Emmanuel Macron accuse la Russie d'être «complice» de l'utilisation d'armes chimiques

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Macron, pas à la fête pour son anniversaire

Lionel Venturini - Dimanche, 15 Avril, 2018 - Humanite.fr

Durant près de trois heures, le chef de l’État a été sur le grill, pour une interview censée marquer sa première année à l'Elysée. 

Une quarantaine de secondes télévisées de marches descendues, pour enfin arriver au théâtre de Chaillot, « en majesté ». Comme un air d'arrivée au Louvre, le soir de l'élection, pour Brigitte et Emmanuel Macron, qui ont dimanche soir signé leur apparition. Une mise en scène de trop, quand l'heure est sérieuse, avec le premier engagement militaire par le chef de l’État depuis son arrivée. 

« De nombreux Français doutent de vous, perdent patience », dit Jean-Jacues Bourdin en préambule. « l'Histoire jugera », botte en touche Emmanuel Macron.

Syrie : "comme très peu d'armées au monde peuvent le faire"

" Hors cadre de l'ONU n'est-ce pas un problème ? " demande Edwy Plenel, ce fut « de manière strictement légitime dans un cadre multilatéral », répond Macron, revenant sur le veto russe comme faisant de Moscou, de facto, « un complice » du régime de Bachar El Assad en ayant « impuissanté » la communauté internationale. Et glissant pudiquement sur l'aspect légal, ce qui n'est pas la même chose. L'aspect « multilatéral », avec pour seuls partenaires les USA et son allié historique la Grande-Bretagne, est plutôt mince comme argument. Ce n'est pas « un acte de guerre », assure Macron, mais « un acte de représailles », en raison d'une « infraction réitérée et prouvée » -alors le nombre d'Etats dans cette situation sont légions.

« On le sait », assure Macron quant à la présence effective d'armes chimiques sur les sites visés, tandis que le quai d'Orsay se montrait moins affirmatif samedi, quant à la capacité de la France d'en apporter la preuve avec ses propres moyens. «Comment on obtient la paix en faisant la guerre. Pas de réponse », twitte durant l'émission Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF. 

Poussant le questionnement comme rarement dans le passé dans un entretien présidentiel en France, les deux journalistes énervent passablement le chef de l’État, « je conteste l'orientation de votre question », posant la question de la coagulation des mouvements sociaux. « Il n'y en a pas tant que ça », balaie le chef de l’État. « La colère de qui ? à Notre-Dame des Landes, elle n'a rien à voir avec les cheminots », s'emporte Emmanuel Macron. 

En passant au thème de l'évasion, fiscale, le chef de l’État sait qu'il risque le qualificatif de « président des riches ».

Malte et le Luxembourg ne sont pas des paradis fiscaux, se demande Jean-Jacques Bourdin ? Le président défend les « avancées » passées, d'échanges d'informations pour l'essentiel, et sans effet notable jusqu'ici. C'est de l'« optimisation fiscale », rétorque le président. Oubliant que dans ses gènes, et depuis l'Acte unique européen, la mise en concurrence des systèmes fiscaux est la règle. « Je n'ai pas d'amis là où je suis », objecte-t-il, quand le nom de Bernard Arnault est prononcé. Macron, quand il reçut le premier ministre du Luxembourg en début de mandat, avait soigneusement évacué le sujet. « Nous serons intraitables en matière fiscale », avance pourtant le président, voulant « distinguer la fraude de l'optimisation » : ce qui revient à ne rien faire. Idem pour le « verrou de Bercy », qui protège les gros fraudeurs fiscaux, renvoyé à un vaguetexte futur. « Harmoniser la fiscalité en Europe,il faut d'abord changer la règle de l'unanimité sur les sujets fiscaux au sein de l'Union Européenne ! », objecte sur Twitter le sénateur Eric Bocquet, spécialiste de la question. 

Le CICE, soutient encore Macron, ce « n’est pas un cadeau (…) Quand on empêche les gens de réussir ils vont réussir ailleurs ». « Flat tax » avantageuse pour le capital, et quasi disparition de l'ISF n'en seraient pas non plus… « J'assume les gestes fiscaux », explique Emmanuel Macron, quand l'argent est réintroduit dans l'économie », -sans contrôle- rappelle un intervieweur. Et chiffrées par ATTAC à sept milliards d'euros en tout.

"L'argent, on le trouve pour nos priorités », assure Macron, quand un peu plus tard au cours de l'émission on lui met sous le nez les réductions de budget pour les hôpitaux (moins 1,6 milliards d'euros en 2018). « Une moindre augmentation » qu'attendue, répond Macron. Non, « le budget 2018 n’était pas « moindre que ce que certains attendaient », mais inférieur à l’augmentation mécanique des dépenses », réagit le député PCF Pierre Dharréville sur les réseaux sociaux. Macron lance l'option 'une seconde « journée de solidarité », c'est à dire un nouveau jour férié devenant travaillé, pour financer la prestation dépendance. « Ma priorité, ce sont les vulnérables de la Nation », dira un peu plus tard le chef de l’État, dans une de ces formules générales qu'il affectionne. Au cours de l'émission, Macron lâchera que "certains ministres ont renoncé à beaucoup d'argent pour entrer au gouvernement », dans une remarque déplacée, quant au sens de l’État exigé.

« Il n'y aura pas de création d'un nouvel impôt local ni d'un impôt national » assure le président, quand des questions se posent sur la compensation par l’État de la disparition de la taxe d'habitation, qui inquiète les communes. Le président redit que « tous les régimes spéciaux auront vocation à converger », soit la fin annoncéedes régimes spéciaux. Sur la SNCF, Emmanuel Macron parle des négociations sur la dette, reprise par l'Etat à compter de 2020. « Par contre il faut lui dire que c'est les banquiers qui se goinfrent avec, pas les cheminots. Histoire qu'il aille au bon endroit pour négocier ... » se moque le député (FI) Loïc Prudhomme sur Twitter. 

A propos des universités, le président convient à mi-mot que l'expression employée, «agitateurs professionnels », peut être violente. Mais n'entend pas bouger d'un iota son projet. 

Sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, le président se révèle hermétique aux inventions locales, aux projets collectifs locaux, refusés par le gouvernement. « Pourquoi ne l'ont-ils pas fait depuis dix ans », se demande le président, comme si les zadistes pouvaient se constituer en Scop ou exploitation agricole sur des terrains… de Vinci jusqu'à l'abandon du projet. 

La légitimité démocratique, il la revendique en dépit du caractèreparticulierde son élection. Tout juste reconnaît-il « la colère » des Français, seule « explication conjoncturelle » à son élection. « Le problème n'est pas que Macron manquerait de légitimité démocratique... Il a été élu. La question est la faiblesse de sa base sociale d'où la tentation de nier la convergence des mécontentements et le recours autoritaire aux forces de l'ordre », commente l'écologiste David Cormand.

Le doit d'asile et l'occasion d'une nouvelle passe d'armes, délit de solidarité, rétention de mineurs et d'enfants : les députés sont libres, affirme Macron, tandis que des amendements issus de la majorité ont été refusés par le groupe En marche.

Et reprend au passage le terme de « submersion migratoire » employé or son ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, reprenant lui même une terminologie d'extrême droite. « ! La majorité des migrations africaines se font à l’intérieur même de l’Afrique. Arrêtons avec ce mythe dangereux de la submersion migratoire ! » a réagi la députée PCF Elsa Faucillon.Le président concède que « le délit de solidarité je souhaite qu'il soit adapté, pas supprimé », dit-il, tout en effectuant un parallèle…. Avec les passeurs. 

 En fin d'émission, le directeur de Mediapart souligne qu'Emmanuel Macron a été élu « sur ce socle de 18% des inscrits » ce qui agace visiblement, Jupiter "dézingué". Tandis que jamais il n'a été appelé « monsieur le président » au cours de l'entretien, le jeune président qui veut faire bouger les lignes s'est réfugié derrière la fonction dès qu'il est chahuté par ses deux intervieweurs. 

Même si rendez-vous est pris pour un nouvel "entretien d'évaluation" dans un an, pas sûr qu'Emmanuel Macron se rejouisse à l'idée de recommencer l'exercice.

Lionel Venturini -rubrique politique

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Syrie. Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni jouent avec le feu et la guerre

Lorenzo Clément avec AFP - Samedi, 14 Avril, 2018 - Humanite.fr

Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont déclenché dans la nuit de vendredi à samedi des frappes contre le régime de Bachar al-Assad. La Russie condamne un acte qui sera suivi de conséquences. Amnesty internationale demande que "Toutes les précautions doivent être prises pour minimiser le tort causé aux civils dans les actions militaires.

Les frappes militaires occidentales en Syrie reviennent à "insulter le président russe", un acte qui sera suivi de conséquences, a averti vendredi l'ambassadeur de Russie à Washington, Anatoli Antonov. "Nous avions averti que de tels actions appelleraient des conséquences", a écrit le diplomate dans un communiqué. "Nos mises en garde ont été ignorées", a-t-il déploré, peu après que les Etats-Unis, la France et le Royaume Uni ont déclenché des frappes contre le régime de Bachar al-Assad, accusé d'avoir utilisé des armes chimiques contre des civils.

 Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont déclenché dans la nuit de vendredi à samedi des frappes concertées en Syrie contre le régime de Bachar al-Assad.  L'état-major français a confié la mission de bombardement à plusieurs chasseurs Rafale. Londres a utilisé quatre avions de chasse Tornado GR4 de la Royal Air Force, équipés de missiles Storm Shadow. Les Etats-Unis ont tiré des "types de munitions divers", dont des missiles de croisière Tomahawk. D'après Fox News, des bombardiers à long rayon d'action B-1 ont aussi été engagés. Le ministre américain de la défense Jim Mattis a précisé que les forces américaines avaient employé deux fois plus de munitions que pour la frappe américaine d'avril 2017 sur la base militaire d'Al-Chaayrate, près de Homs. La défense anti-aérienne syrienne est elle entrée en action mais aucune perte humaine n'a été à déplorer côté américain, selon le Pentagone.

Les Britanniques ont indiqué avoir frappé un complexe militaire - une ancienne base de missiles - à 24 kilomètres à l'ouest de Homs, "où le régime est supposé conserver des armes chimiques". Le président français Emmanuel Macron a souligné que les frappes françaises étaient "circonscrites aux capacités du régime syrien permettant la production et l'emploi d'armes chimiques". Selon le général Joe Dunford, chef d'état-major américain, les forces occidentales ont visé trois cibles liées au programme d'armement chimique syrien, l'une près de Damas et les deux autres dans la région de Homs, dans le centre de la Syrie.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), des centres de recherche scientifique, "plusieurs bases militaires" et des locaux de la garde républicaine à Damas et ses environs ont été pris pour cibles. La télévision d'Etat syrienne a rapporté des "informations" selon lesquelles un "centre de recherches" dans le quartier de Barzé, dans le nord-est de Damas, avait été visé. La télévision d'Etat syrienne a affirmé que des missiles avaient été "interceptés" à Homs.

Les États-Unis, la France et la Grande Bretagne amé ont selon le Pentagone pris soin d'éviter de toucher les forces russes, massivement présentes dans le pays. Ce que les autorités ont confirmé.

Le communiqué publié samedi par l'Elysée précise que "la France et ses partenaires reprendront, dès aujourd'hui, leurs efforts aux Nations unies pour permettre la mise en place d'un mécanisme international d'établissement des responsabilités, prévenir l'impunité et empêcher toute velléité de récidive du régime syrien".

"Depuis mai 2017, les priorités de la France en Syrie sont constantes : terminer la lutte contre Daech, permettre l'accès de l'aide humanitaire aux populations civiles, enclencher une dynamique collective pour parvenir à un règlement politique du conflit, afin que la Syrie retrouve enfin la paix, et veiller à la stabilité de la région", insiste-t-il avant d'ajouter: "je poursuivrai ces priorités avec détermination dans les jours et les semaines à venir".

Le chef de l'Etat annonce aussi que, conformément à la Constitution, "le Parlement sera informé et un débat parlementaire sera organisé, suite à cette décision d'intervention de nos forces armées à l'étranger".

"Un coup a été porté contre la capitale d'un Etat souverain qui a tenté pendant de nombreuses années de survivre au milieu d'une agression terroriste", a écrit sur Facebook la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova. Les frappes occidentales contre la Syrie interviennent "au moment où elle avait une chance d'avoir un avenir pacifique", a-t-elle déclaré. Elle se référait au fait que les forces gouvernementales syriennes soutenues par la Russie ont repris ces derniers mois une grande partie des territoires qui étaient tenus par les groupes rebelles.

L'opération conjointe a eu lieu une semaine après l'annonce d'une attaque chimique à Douma, près de Damas, attribuée par les Occidentaux aux forces gouvernementales et qui aurait fait plus de 40 morts. Maria Zakharova a déclaré que des médias occidentaux portaient une certaine responsabilité dans les frappes, dans la mesure où la Maison Blanche a déclaré s'appuyer notamment sur "de nombreuses sources dans les médias" pour justifier sa conviction de la culpabilité du pouvoir syrien. "Les médias américains et d'autres médias occidentaux doivent comprendre leur responsabilité dans ce qui vient de se passer", a dit la porte-parole russe.

L'Iran, principal allié régionale de Damas, a mis en garde samedi contre les "conséquences régionales" des frappes ciblées menées par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni contre la Syrie tout en les condamnant "fermement".

"Les Etats-Unis et leurs alliés, sans aucune preuve et avant même une prise de position de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) ont menée cette action militaire (...) contre la Syrie et sont responsables des conséquences régionales de cette action aventuriste", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires, selon son canal Telegram.

Tout en reconnaissant que l'attaque chimique présumée attribuée au régime de Damas était une "abomination", certains élus démocrates, comme le sénateur Tim Kaine, considèrent que les frappes lancées dans la nuit de vendredi à samedi sont illégales. "La dernière chose que le Congrès devrait faire est de donner un chèque en blanc à ce président pour guerroyer contre n'importe qui, n'importe quand. Nous devons mettre des limites claires avant qu'il ne commence une autre guerre", a dit M. Kaine, qui fut candidat à la vice-présidence des Etats-Unis en 2016, en "ticket" avec Hillary Clinton. "Aujourd'hui, c'est une frappe contre la Syrie - qu'est-ce qui l'empêchera ensuite de bombarder l'Iran ou la Corée du Nord ?", a-t-il ajouté. À l'inverse, des élus républicains se sont félicités de la décision d'engager des frappes.

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Syrie une nouvelle escalade guerrière sans espoir (PCF)

Après le très probable bombardement chimique particulièrement ignominieux effectué par le régime syrien sur la population de la Ghouta, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France viennent de réaliser une attaque punitive contre plusieurs sites qu' ils ont identifiés comme étant les centres de production d’armes chimiques du régime.

L’engrenage d’actions militaires unilatérales et illégales vient donc de connaître une nouvelle escalade guerrière sans que cela ne puisse ouvrir le moindre espoir de règlement du conflit syrien. L’ONU a été une nouvelle fois mise hors jeu. Les trois pays qui ont frappé cette nuit prétendent envoyer un message de fermeté et de force du « camps occidental " contre la Syrie , et aussi contre son allié,  la Russie.

Ce faisant, la France joint son action à celle de Donald Trump qui est le premier à bafouer le droit international, comme il vient de le faire dans le conflit israélo-palestinien.

La France parle de fermeté quand elle n’en affiche aucune face à  l’entrée  de l’armée turque sur le territoire d’Afrine, ni face à sa politique de nettoyage ethnique  contre la population kurde. Le message de la France continue ainsi de se brouiller et de perdre toute efficacité politique  dans cette région  si sensible.

Le Président de la République  a annoncé une discussion au Parlement ...après le déclenchement de l’intervention de nos forces armées -une pratique impensable dans d’autres pays qu’on nous cite si souvent en exemple, comme l’Allemagne !

Il est nécessaire que ce débat permette au moins d’exiger un changement de cap pour notre politique internationale au Proche-Orient, afin que la France œuvre enfin pour un règlement  politique global de tous les conflits de la région qui mettent en danger la paix dans le monde. L’après Daesh ne doit pas transformer la Syrie en un champ de manœuvre et de partage au service des logiques des grandes puissances.

Le PCF soutient l’appel du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres pour la tenue d’une conférence internationale de règlement politique et de paix pour la région sous l’égide de l’ONU.

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Syrie : Pour la Gauche européenne "cette attaque est illégale"

Réaction (excellente) de Gregor Gysi, Président du Parti de la Gauche Européenne (PGE) - traduction Nico Maury

L'attaque internationale illégale, que les États-Unis ont lancée avec la France et le Royaume-Uni sur des cibles individuelles en Syrie doit être immédiatement arrêtée. L'incapacité diplomatique conduit à une escalade de la violence et non à la résolution du conflit.

Cette attaque est illégale sous toutes ses formes. Il n'y a pas de droit de légitime aux États-Unis de s'imposer comme gendarme, il n'y a pas de droit aux attaques préventive. Une intervention sans mandat du Conseil de sécurité de l'ONU est clairement contraire au droit international.

Même la justification de l'intervention humanitaire ne la rend pas compatible avec le droit international. L'utilisation d'armes chimiques est également contraire au droit international. D'abord, il faut qu'il y a bien eu une attaque chimique. Nous ne pouvons supposer cela, mais l'établir clairement.

Cette accusation contre le régime d'Assad et de la Russie n'est pas apparent. Pas à pas, ils atteignent des succès militaires, mais on reste avec eux. Trump voulait commencer la retraite de ses troupes. Quel intérêt avaient alors Assad et Poutine à provoquer une attaque chimique ? Il est fort probable que cela venait de ceux qui avaient intérêt à une intervention militaire américaine.

Par nos pensées, nous sommes aux côtés des nombreux civils, réfugiés, parents et amis qui souffrent d'une terrible lutte militaire pour le pouvoir.

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CGT : SYRIE - Stop à la guerre jeudi 12 avril 2018

La CGT tient à exprimer son inquiétude concernant la situation créée par l’emploi présumé d’armes chimiques en Syrie.
La CGT réclame l’ouverture d’une enquête conduite par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). Pour rappel, cette institution internationale a pour objectif de veiller à l’application de la Convention Internationale sur les armes chimiques des Nations Unies, par les États membres l’ayant signée.
Nous sommes donc opposés à la mise en place d’une commission soi-disant « indépendante » sous contrôle des USA ou de l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord). Rappelons que l’OTAN est une organisation politico-militaire illégale au regard des lois internationales.
Autant nous pensons qu’il faut respecter impérativement l’interdiction de l’utilisation d’armes chimiques conformément aux conventions internationales, autant nous sommes contre une surenchère militaire qui risquerait de causer l’emploi d’autres armes sophistiquées de destruction massive.
Les conséquences de cette surenchère seraient imprévisibles mais en tout cas dramatiques.

La lutte pour la Paix s’inscrit dans les priorités de la CGT
Aucune intervention militaire, aucune action violente ne saurait permettre le rétablissement d’une paix juste et durable dans l’intérêt des peuples de cette région mille fois meurtrie.
Ces guerres sont étroitement liées, impliquant des puissances militaires mondiales et régionales à la recherche de zones d’influence, de bases militaires, de marchés, de voies de communication terrestres, aériennes, maritimes ainsi que de voies d’acheminement du gaz et du pétrole et d’accès à la mer.
Les populations en souffrent.
Ce sont surtout les marchands d’armes qui en tirent bénéfice.
Les dirigeants politiques les plus habiles et les plus démagogues en profitent afin de faire perdurer leur pouvoir autocratique, en réprimant les droits et libertés.
Il est urgent de trouver une solution politique pour éviter un conflit aux conséquences incalculables.
Plus de 350 000 morts en 7 ans, il est urgent de trouver une solution politique, sous l’égide de l’ONU, pour le peuple syrien. La guerre est toujours un échec. Elle conduit au chaos et enfante des monstruosités dont sont victimes les peuples et les populations civiles jetées sur le chemin de l’exil.

Nous réaffirmons l’urgence d’initiatives pour œuvrer :
- à l’arrêt total des bombardements et à un cessez-le-feu durable ;
- au respect du droit humanitaire par l’ensemble des parties prenantes ;
- à une solution politique à travers un processus de négociations impliquant tous les acteurs concernés (en dehors de Daesh et de ses affiliés), sous l’égide de l’ONU et s’appuyant sur des documents ayant fait l’unanimité des États membres du conseil de sécurité.

Montreuil, le 12 avril 2018

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le Mouvement de la Paix : Face au danger d’une conflagration généralisée: Non à l’escalade guerrière en Syrie – Arrêt des frappes militaires, solution politique

DECLARATION – Le Mouvement de la Paix condamne les frappes militaires exécutées contre la Syrie par la France, les USA et la Grande Bretagne. Ces frappes sont illégales car contrevenant à l’article 42 de la Charte des Nations Unies qui attribue cette responsabilité au Conseil de Sécurité (1).

Le Mouvement de la Paix condamne toute utilisation d’armes chimiques. Il a agi pour l’adoption du Traité d’interdiction des armes chimiques et demande son application ainsi que la destruction de la totalité des stocks.

Il rappelle le précédent de la guerre en Irak où Colin Powell a menti à la tribune de l’ONU concernant l’existence d’armes nucléaires en Irak. Aussi, il réitère son exigence d’une enquête de l’OIAC et de l’ONU. En effet, il n’est pas possible de se satisfaire des termes actuellement utilisés parlant « d’hypothèses », « d’attribution probable », ou autres termes imprécis pour tenter de justifier des actions militaires dramatiques. Le Mouvement de la Paix est opposé à une soit disant commission « indépendante » qui serait mise en place sous contrôle et/ou à l’instigation en sous-main des USA ou de l’OTAN, compte tenu des précédents en Irak.

Si, comme ils l’affirment, la France, les USA et la Grande-Bretagne connaissaient la persistance, malgré les décisions d’élimination totale, de lieux militaires et technologiques en Syrie concernant les armes chimiques, pourquoi cette existence n’a pas été révélée au monde plus tôt ? Pourquoi n’y a-t-il eu aucune démarche au cours des semaines passées pour exiger l’inspection sur place et la destruction des productions?

Le Mouvement de la Paix souligne la gravité que constitue la banalisation progressive de telles frappes contraires au droit international. Ce type de pratiques, par lesquelles les principales puissances militaires de l’OTAN s’arrogent illégalement le droit d’interventions militaires contre un Etat, telles que récemment les frappes de la Turquie sur Afrin  (région du Rojava en Syrie du Nord) ne peuvent que fragiliser la sécurité internationale et la paix, et favoriser le développement de telles pratiques. Par ailleurs, les crimes effectués par les snipers de l’armée israélienne contre des civils manifestant pacifiquement à Gaza s’inscrivent dans cette logique et sont tout aussi condamnables.

En Syrie, ces frappes n’apportent aucune solution pour la paix et pour une transition démocratique en Syrie.

Contrairement à ce qu’affirme le président de la République, il n’y a pas eu d’initiatives politiques majeures et déterminantes de la France ces dernières semaines pour une solution politique en Syrie, alors que l’affaiblissement de Daesh appelle plus que jamais de telles propositions.

Face à l’urgence, le Mouvement de la Paix demande au président de la République et au Gouvernement :

  • d’œuvrer à l’arrêt total des bombardements et des combats et pour un cessez-le-feu durable,
  • d’œuvrer au respect du droit humanitaire par l’ensemble des parties prenantes,
  • d’œuvrer à une solution politique à travers un processus de négociations impliquant tous les acteurs concernés (en dehors de Daesh et de ses affiliés), sous l’égide de l’ONU, en s’inspirant des documents et des processus qui ont déjà permis l’unanimité des Etats membres du Conseil de Sécurité comme les résolutions 2254 adoptée en décembre 2015 et 2401 du 25 février 2018 qui réaffirmaient l’urgence d’une solution politique.
  • D’œuvrer à une transition démocratique permettant au peuple syrien et à lui seul de décider de ses affaires.

Le Mouvement de la Paix appelle ses comités locaux dans le cadre d’une démarche rassembleuse, en liaison avec toutes les organisations qui le souhaitent, et en particulier avec les organisations qui  constituent le collectif national En Marche pour la Paix , à multiplier les délégations auprès des préfectures et des députés, à adresser des courriers au président de la République (2) pour que cesse immédiatement cette escalade guerrière qui ne contribue à aucune solution et dont les conséquences peuvent être incalculables.

Il appelle dans cette dynamique à envisager des rassemblements publics le plus rapidement possible partout en France.

A Paris, le 15 avril 2018

Le Mouvement de la Paix

 

(1) Article 42 de la Charte : « Si le Conseil de sécurité estime que les mesures prévues à l’Article 41 seraient inadéquates ou qu’elles se sont révélées telles, il peut entreprendre, au moyen de forces aériennes, navales ou terrestres, toute action qu’il juge nécessaire au maintien ou au rétablissement de la paix et de la sécurité internationale. Cette action peut comprendre des démonstrations, des mesures de blocus et d’autres opérations exécutées par des forces aériennes, navales ou terrestres de Membres des Nations Unies. »

(2) www.elysee.fr/ecrire-au-president-de-la-republique

 

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