Transition écologique : les contre-propositions de huit forces de gauche

En réponse à la « colère massive » des gilets jaunes, huit partis politiques de gauche et écologistes esquissent, dans une déclaration commune, les pistes d’une politique conciliant la transition écologique et la justice sociale.--Prix des carburants : le mouvement du 17 novembre interpelle les syndicats--Roland Gori, psychanalyste : le moment Macron--Le “soleil artificiel” de la Chine...

Prix de l’essence, taxes et impôts :  faire reculer Emmanuel Macron, président des riches, et proposer des mesures pour la transition écologique.

La hausse du prix de l’essence provoque une colère massive. Le gouvernement « pro-riches » Macron-Philippe aura tout fait pour provoquer une haine de l’impôt, par des injustices scandaleuses.

Le quinquennat Macron a commencé par une liste de cadeaux aux plus fortunés : suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), de la progressivité des impôts sur les gros revenus, doublement de la baisse des cotisations sociales en 2019 avec 40 milliards sans créer d’emplois, aucune mesure pour empêcher la fraude fiscale massive des grands groupes et grandes fortunes. Le groupe Total, qui vend du pétrole et de l’essence, triche avec l’impôt sur les sociétés, encaisse pourtant de gigantesque profits (9 milliards en 2017). Il engraisse ses actionnaires (plus de 11% de rentabilité de l’action).

Les cadeaux aux plus fortunés et aux entreprises sont payés par des politiques alourdies contre les plus modestes : hausse de la CSG, gel des APL, retraites augmentées en dessous de l’inflation, blocage des salaires, austérité généralisée. La taxe et la TVA sur l’essence, c’est 60% du prix du litre. Et pour les entreprises du secteur, c’est 10% de marge. Les taxes à la consommation, comme la TVA et la taxe essence, sont des impôts totalement injustes qui pénalisent bien plus les plus pauvres que les riches.

Ce sont les prélèvements injustes sur les ménages qui financent les cadeaux aux riches, au lieu d'une fiscalité progressive et d'une taxation du capital. L’austérité budgétaire, la dégradation des services publics (hôpitaux, rail, bureaux de poste…) s’imposent à la majorité de la population. Ce sont les plus modestes qui trinquent !

Il faut inverser cette politique !

Les salarié-es, les chômeurs, les jeunes sont contraints d’utiliser une voiture, dans les zones rurales ou urbaines éloignées des centres villes. Rien n’est fait pour développer les transports en commun moins polluants, ou pour proposer des tarifs sociaux incitatifs. La prime à l’achat de nouvelles voitures moins consommatrices n’a qu’un effet dérisoire.

Nous faisons des propositions alternatives :

1-      Augmenter les salaires, les retraites, les indemnités de chômage, les minimas sociaux,  et lutter contre l’évasion et l’optimisation fiscales.

2-      Taxer avant tout les compagnies pétrolières et les grandes entreprises du transport routier ou aérien, ou gestionnaires d'infrastructure (autoroutes), et notamment le groupe Total dont les bénéfices 2017 ont bondi de 39%, qui s’enrichit sur le dos des automobilistes.

3-      Taxer le kérosène (qui ne l‘est pas du tout !) pour empêcher que l’avion, très pollueur, ne concurrence le train. Supprimer l’exonération scandaleuse des taxes carburant pour le transport routier afin de développer le fret ferroviaire. Affecter l'essentiel des ressources de la taxe sur les carburants (TICPE) au développement de transports et de sources d'énergie écologiques, avec un contrôle démocratique.

4-      Arrêter la fermeture des petites lignes de chemins de fer (9000 km sont menacés), qui transforme les campagnes en déserts. Investir massivement dans les transports en commun de qualité accessibles à tous.

5-      Baisser fortement la TVA pour tous les produits de première nécessité.

6-      Contraindre les constructeurs à fabriquer des véhicules propres et sécurisés ; interdire la production et l’importation de véhicule diésel.

7-      Engager sur ces bases de justice sociale la transition écologique

Tous ensemble, agissons avec les forces de gauche et écologistes, les syndicats, les associations environnementales, les usagers des transports.  Pour sortir de la pauvreté, de la pollution, des bas salaires, de la dégradation des services publics, il faut une autre politique ! 

Déclaration commune :  Ensemble !, Gauche démocratique et sociale, Génération.s, Nouveau Parti Anticapitaliste, Nouvelle Donne, Parti communiste français, Parti de Gauche, République et Socialisme.

Le 15 novembre 2018.

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Prix des carburants : le mouvement du 17 novembre interpelle les syndicats

A la veille du 17 novembre, jour où des appels sur le Net se multiplient pour « bloquer le pays » contre le prix exorbitant de l'essence, nvo.fr propose des éclairages sur plusieurs aspects de cette mobilisation annoncée : son organisation, ses mots d'ordre, le rôle de l'extrême droite, la couverture médiatique du 17 novembre, mais aussi les paramètres du pouvoir d'achat, les moyens de la mobilité et de transports propres, les revendications de la CGT…

Sommaire du dossier
Gilets jaunes, un traitement médiatique très bienveillant
Carburants trop chers pour salaires trop bas
Hausse des carburants : et si on parlait des profits des pétroliers
La mobilité, l’autre revendication du mouvement du 17 novembre

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Grand Entretien avec Roland Gori, psychanalyste : le moment Macron

Roland Gori. Le psychanalyste propose une réflexion sur l'origine et la nature du pouvoir macronien qui conjugue verticalité et néolibéralisme tout en maniant avec habileté la puissance du numérique. Ce grand entretien a été publié dans Ensemble !, le mensuel des adhérents de la CGT

Comment qualifiez-vous l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron ?

Il est entré un peu par effraction dans le jeu présidentiel, sans parti, mais pas sans réseaux. Il l'a fait un peu à la manière du mouvement 5 étoiles italien. Son message, libéral et européen est bien sûr à l'opposé, mais ce qu'il propose est une démocratie réduite aux acquêts du numérique, où les tweets remplacent la confrontation des arguments et où le débat démocratique se résume au clic sur ordinateur! Macron est aussi un chanceux se saisissant des opportunités jusqu'à l'opportunisme : il a tiré avantage du discrédit de la parole politique des partis de droite comme de gauche. Mais son élection relève d'un malentendu, d'une illusion : comment celui qui incarne la figure même du libéralisme européen a-t-il pu être porté au pouvoir sur la base d'un désir d'en finir avec la technocratie de Bruxelles, les logiques sociales d'austérité…

Pourquoi avez vous titré votre ouvrage « la Nudité du Pouvoir » ?

la suite sur le site d'NVO

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Le “soleil artificiel” de la Chine atteint 100 millions de degrés

par Brice Louvet17 novembre 2018, 9 h 10 min

Une équipe de chercheurs chinois annonce avoir atteint une température de 100 millions de degrés Celsius – six fois plus chaud que le centre du Soleil – à l’intérieur d’un réacteur à fusion. Un pas de plus vers la fusion nucléaire, l’énergie des étoiles.

Les énergies fossiles ont fait leur temps. Les énergies renouvelables sont une bonne alternative pour la planète, mais sont-elles réellement l’avenir ? Une troisième solution pourrait mettre tout le monde d’accord : la fusion nucléaire, ou en d’autres termes l’énergie des étoiles. Notre Soleil se présente en effet comme un gigantesque réacteur de fusion nucléaire naturel. Son énergie est illimitée du point de vue de l’humanité (même si le Soleil n’est pas éternel). C’est pourquoi des chercheurs s’efforcent aujourd’hui “d’imiter” notre étoile.

De nombreux défis

Créer un “Soleil artificiel” est une entreprise compliquée, sur laquelle travaillent de nombreux chercheurs depuis plusieurs années. Contrairement à la fission nucléaire, qui divise les atomes pour créer de l’énergie, la fusion permet de joindre des noyaux d’atomes plus légers pour former un noyau plus lourd. Cette réaction produit du plasma, un état de la matière qui pourrait bien nous sauver la vie. Si nous arrivions en effet à maîtriser cette nouvelle technologie, nous pourrions alors bénéficier d’une énergie renouvelable en grande quantité et peu coûteuse. Mais les défis techniques sont énormes.

Recréer les conditions régnant sur notre étoile est en effet plus facile à dire qu’à faire. Vous devez atteindre des pressions extrêmement élevées et des températures d’environ 150 millions de degrés Celsius (le centre du Soleil est à 15 millions de degrés Celsius). Ensuite, et une fois créé, le plasma doit être maintenu en suspension à l’intérieur d’un réacteur, sans toucher les parois. Compliqué donc, mais un nouveau pas vient d’être franchi....

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