à Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef

On ne la lui fait pas, à Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef. Ce n’est pas pour rien que le rejeton de la noblesse française, ancien commando de marine, est un lecteur de Milton Friedman --Milliardaires de tous les pays...-- L’Amérique latine se relève...

le billet de Maurice Ulrich, publié dans l'Huma :

On ne la lui fait pas, à Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef. Ce n’est pas pour rien que le rejeton de la noblesse française, ancien commando de marine, est un lecteur de Milton Friedman, l’économiste ultralibéral qui, avec Friedrich Hayek, fut l’un des pères spirituels du virage des années Reagan-Thatcher.

Ainsi, que penser des solutions avancées par la CGT, résume-t-il dans un entretien publié par Libération, qui propose pour les retraites de faire payer les patrons ? « À un moment donné, cela s’arrête car il n’y a plus de patrons, plus d’entreprises, plus d’emplois, plus de cotisants. » Et dans cette apocalypse, plus de dividendes versés à des actionnaires qui ignorent la notion même de cotisations sociales.

Mais surtout, il veille au grain, y compris sur la politique d’Emmanuel Macron : « Le gouvernement a voulu répondre à l’expression d’une colère sociale. Mais attention au vernis intellectuel marxiste. Le meilleur effort pour les ménages, c’est de soutenir les entreprises. »

Bien sûr, mais on ne pensait pas Emmanuel Macron verni à ce point. Et suspect ?

-----

Milliardaires de tous les pays...

Jeudi 17 octobre, l’avion du président américain arrive à Dallas. Trump est entre deux meetings de levée de fonds pour sa prochaine campagne. Et qui sort de « Air Force One » ? Le Président américain suivi de … Bernard Arnault. Les deux milliardaires, tous deux anciens de l’immobilier, se fréquentent depuis des lustres.

« J’ai toujours été proche des Etats-Unis » clame le french boy qui dit apprécier les méthodes des patrons américains : « efficaces ». Alors que l’agité de la maison blanche est en train de se mettre le monde à dos, il lui restera toujours deux piliers : les « beaufs » texans et le number one du capitalisme à la française.

Gerard Streiff

-----

L’Amérique latine se relève - Lina Sankari

Alors que la droite s’est plu à sonner la fin des expériences de gauche sur le sous-continent, les peuples redescendent dans la rue afin de contester les politiques néolibérales et l’augmentation de la pauvreté.

Partout, le système craque. Et, pour seule réponse, la répression et les dérives fascisantes. Aux peuples qui se lèvent contre les conséquences des politiques néolibérales, les gouvernements d’Amérique latine répliquent par les armes, le couvre-feu et l’état d’urgence, ouvrant par là même des crises parmi les plus aiguës de ces dernières décennies.

L’illustration fut donnée en Équateur où, après la victoire du mouvement indigène la semaine dernière contre le plan d’ajustement structurel du FMI qui prévoyait la fin des subventions aux carburants, le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a dépêché une équipe afin d’enquêter sur les violences des forces de l’ordre durant les manifestations. Au-delà, la baisse de 20 % des salaires dans la fonction publique, la réforme du système de retraites et la flexibilisation du Code du travail équatorien mettent au jour l’offensive généralisée contre les droits des travailleurs sur l’ensemble du sous-continent.

En cinq ans, la remise en cause plus ou moins poussée des politiques d’inclusion sociale a poussé 17 millions de Latino-Américains dans l’extrême pauvreté, selon la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (Cepalc).

Pour un changement complet de paradigme

En Colombie, au cours de la mobilisation pour une augmentation du budget de l’enseignement public, qui avait pourtant fait l’objet d’un accord avec le président de droite Ivan Duque il y a dix mois, les étudiants ont également dû affronter la police antiémeute. Huit blessés sont à déplorer.

En Argentine, la perspective du premier tour de la présidentielle, le 27 octobre, ne suffit pas non plus à calmer les esprits. C’est à un changement complet de paradigme qu’ont appelé syndicats, ONG, étudiants et plateformes de quartiers, en réclamant que soit décrétée l’urgence alimentaire, finalement concédée par le Parlement. De fait, une économie en récession depuis 2018, une énième dévaluation du peso (– 65 % depuis janvier 2018) et une inflation de 37,7 % depuis janvier ont fait grimper le taux de pauvreté à 40 %.

Preuve que les élections ne suffisent pas à faire une démocratie vivante, les Argentins se mobilisent également depuis des semaines contre les coupes budgétaires, à travers manifestations et piquets de grève, pour permettre à chacun l’accès aux services essentiels. Au Brésil, la réforme des retraites, clé de voûte de la politique libérale du gouvernement d’extrême droite, a également donné lieu à des défilés dans une centaine de villes depuis juin.

Au Pérou, la crise est de nature légèrement différente. En marge de la dissolution du Congrès et de la convocation d’élections législatives, le 26 janvier, les partisans du président Martin Vizcarra soutiennent une série de plans anticorruption, auxquels s’opposent les fujimoristas et leurs alliés, qui détenaient la majorité parlementaire.

Pour la gauche, incarnée par le Frente Amplio (Front Ample) et Nuevo Perú (Pérou Renouveau), la crise actuelle s’inscrit dans le prolongement du modèle économique.

Au Venezuela, en Équateur, en Bolivie, au Chili, au Pérou, au Brésil et en Argentine, l’extrême dépendance des économies aux ressources naturelles reste une équation à résoudre. Les progressistes péruviens appellent également à un nouveau processus constituant.

Les gauches latino-américaines sont-elles en train de trouver un nouveau souffle face aux différents visages de la droite réactionnaire et à ses soutiens extérieurs ?

-----

RAPPEL :

« Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. (…) Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie. Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme… A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! »

Denis Kessler, ex-N°2 du MEDEF, in « Challenge », le 4 octobre 2007.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.