Des femmes indigènes marchent pour la défense de l'Amazonie

Des femmes de plus de 130 peuples autochtones ont participé à la première marche des femmes indigènes à Brasilia. Elles mettent en garde contre la menace que les politiques du gouvernement Bolsonaro font peser sur l'environnement. - Discours de Fidel Castro aux Nations Unies le 12 JUIN 1992

sur le site de coco Magnanville

Pendant cinq jours, Brasilia a accueilli la première marche des femmes indigènes. Organisés par l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil (APIB), elles sont arrivées en tant que représentantes de plus de 130 peuples autochtones de tout le pays. Elles se sont réunies dans la capitale pour débattre, rendre leurs revendications visibles, élargir les alliances et élaborer un document final qui inclut leurs revendications.

LE TERRITOIRE-CORPS-ESPRIT

Des femmes Potyguará, Timbira, Jurunas, Jurunas, Yawalapiti, Tembé, Guajajara, Krenak, Pataxó, ainsi que des femmes du peuple Awa de la région du Maranhão, récemment contactées, ont participé à ces mobilisations cette semaine. L'organisation souligne l'effort et le courage de ces femmes qui " n'ont jamais quitté leur territoire, qui n'ont jamais voyagé en bus ou en avion, mais qui ont fait l'effort, qui ont vu la nécessité de quitter leur place et d'aller dans la capitale des pouvoirs pour montrer au monde leur lutte." Selon Survival, le Brésil abrite le plus grand nombre de peuples autochtones sans contact sur la planète. On estime que plus de 100 de ces groupes vivent en Amazonie.

Peintes de jenipapo et de roucou, elles ont voulu envoyer un message au monde et rendre visible le rôle des femmes qui, pour la plupart, se placent en première ligne dans la défense de leurs terres. "Nous revendiquons le droit à la vie, et ce droit est de défendre notre territoire. Le territoire des peuples autochtones est très important, c'est là que nous assurons la continuité et le suivi du droit à la vie. Nous nous nourrissons de la terre, de la chasse, du poisson. Dès que nous défendons le territoire, nous défendons aussi nos corps et nos esprits ", explique Puyr, du peuple Tembé, habitant le Haut Guamá, au nord de l'Amazonie.

Un autre des axes de la Marche a été de construire une opposition unifiée au gouvernement de Bolsonaro, qui, disent-elles, " a repoussé de 30 ans la question indigène ". "Bien que le danger des forêts et de l'Amazonie ne soit pas nouveau et qu'ils soient menacés depuis longtemps, la menace s'aggrave. Bolsonaro et sa pétition pour des investissements économiques visant à exploiter davantage les forêts, les minéraux et les autres ressources du pays et à transformer nos territoires en " terres plus productives " portent un dur coup à nos peuples ", a déclaré Sônia Guajajara, l'une des principales dirigeantes et candidate aux élections présidentielles de l'année dernière.

Selon la dirigeante, l'actuel gouvernement brésilien veut mettre un terme aux principales conquêtes qui ont été réalisées au cours de ces longues années de lutte. Elles demandent essentiellement à Bolsonaro de respecter la Constitution de 1988, qui ordonne à l'État de délimiter et de protéger les zones traditionnellement occupées et nécessaires à la survie physique et culturelle des peuples autochtones. Les peuples autochtones du Brésil vivent sur environ 13 % du territoire brésilien. Aujourd'hui, face à la déclaration du gouvernement "de ne pas délimiter un seul centimètre pour les réserves indigènes ou les quilombolas"[territoire des descendants des communautés esclavagistes africaines], ils craignent pour leur existence.

L'ENVIRONNEMENT ET LE DROIT À LA VIE

Une fois Bolsonaro entré en fonction, il n'a jamais cessé de surprendre la communauté internationale. En janvier, il a affirmé son intention d'abandonner l'Accord de Paris, le qualifiant de " nuisible à la souveraineté du pays ". Un an plus tard, il a déclaré qu'il continuerait dans l'Accord mais qu'il examinerait de près les restrictions qui pourraient nuire à l'économie nationale.

Bien que le Brésil continue dans l'Accord, il existe des moyens d'abandonner ce type de pacte et l'un d'eux est de ne pas préserver le territoire autochtone, dénonce l'APIB. Selon Sônia Guajajara, il y a eu des dirigeants plus sages que l'actuel président qui ont cherché des moyens d'étendre le développement économique tout en respectant et en reconnaissant les contributions de ces peuples à la question environnementale. "Les indigènes sont, et cela a été prouvé, ceux qui la protègent le plus. C'est une forme naturelle et libre pour la simple raison que c'est un mode de vie. Il ne sert à rien de continuer à chercher une technologie coûteuse si nous avons une solution à l'intérieur, beaucoup moins chère, qui est de respecter les populations qui habitent ce territoire", a déclaré la dirigeante.

Face à l'impunité et à la déforestation des forêts brésiliennes, l'action et le mode de vie de ces femmes seraient essentiels à la préservation de l'Amazonie qui, selon la MOE, a déjà perdu un cinquième de sa superficie. Les températures montent et "le poumon de la planète" pourrait passer d'un des principaux puits de CO2 à un émetteur du carbone absorbé par l'abattage et la combustion des arbres dans cette région.

Les femmes indigènes ont insisté à Brasilia sur le fait qu'il ne s'agit pas seulement d'un problème lié à la question autochtone, c'est une question qui dépasse les frontières. "C'est une lutte, en fait, pour le climat, pour la planète terre. Quand nous défendons nos territoires, nos corps et nos esprits, nous défendons aussi la vie des autres peuples qui habitent cette planète ", dit Guajajara.

Por Andrea Ana Gálvez - traduction carolita d'un article paru sur Elorejiverde le 22/08/2019

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Cuba: DISCOURS PRONONCÉ PAR FIDEL CASTRO À LA CONFÉRENCE DES NATIONS UNIES SUR L’ENVIRONNEMENT ET LE DÉVELOPPEMENT, À RIO DE JANEIRO (BRÉSIL), LE 12 JUIN 1992 

...Une importante espèce biologique risque de disparaître à cause de la liquidation rapide et progressive de ses conditions de vie naturelles : l’homme.

Nous prenons aujourd’hui conscience de ce problème alors qu’il est presque trop tard pour l’empêcher.

Il faut signaler que les sociétés de consommation sont les responsables fondamentales de l’abominable destruction de l’environnement. Ces sociétés sont nées des anciennes métropoles coloniales et de politiques impériales qui ont engendré à leur tour le retard et la pauvreté qui frappent aujourd’hui l’immense majorité de l’humanité. Tout en ne comptant que 20 p. 100 de la population mondiale, elles consomment les deux tiers des métaux et les trois quarts de l’énergie produits dans le monde. Elles ont empoisonné les mers et les fleuves, pollué l’air, affaibli et troué la couche d’ozone, saturé l’atmosphère de gaz qui altèrent les conditions climatiques et ont des effets catastrophiques dont nous commençons à souffrir.

Les forêts disparaissent, les déserts s’étendent, des milliards de tonnes de terre fertile aboutissent chaque année à la mer. De nombreuses espèces s’éteignent. La pression démographique et la pauvreté conduisent à des efforts désespérés pour survivre, fût-ce au prix de la nature. On ne saurait en accuser les pays du Tiers-monde, hier colonies, aujourd’hui nations exploitées et pillées par un ordre économique mondial injuste.

La solution n’est pas d’interdire le développement à ceux qui en ont le plus besoin. Le fait est que tout ce qui contribue aujourd’hui au sous-développement et à la pauvreté constitue une violation flagrante de l’écologie. Des dizaines de millions d’hommes, de femmes et d’enfants en meurent chaque année dans le Tiers-monde, plus que durant chacune des deux guerres mondiales. L’échange inégal, le protectionnisme et la dette extérieure agressent l’écologie et favorisent la destruction de l’environnement.

Si l’on veut sauver l’humanité de cette autodestruction, il faut mieux distribuer les richesses et les technologies disponibles sur la planète. Moins de luxe et moins de gaspillage dans un nombre réduit de pays pour qu’il y ait moins de pauvreté et moins de faim sur une grande partie de la Terre. Que l’on cesse de transférer au Tiers-monde des styles de vie et des habitudes de consommation qui ruinent l’environnement. Que l’on rende la vie humaine plus rationnelle. Que l’on instaure un ordre économique international juste. Que l’on utilise toute la science nécessaire à un développement durable sans pollution. Que l’on paie la dette écologique, non la dette extérieure. Que la faim disparaisse, non l’être humain.

Maintenant que les menaces que représentait censément le communisme ont disparu et qu’il n’y a plus de prétextes à des guerres froides, à des courses aux armements et à des dépenses militaires, qu’est-ce qui empêche de consacrer immédiatement ces ressources au développement du Tiers-monde et à la lutte contre la menace de destruction écologique de la planète ?

Que cessent les égoïsmes, que cessent les hégémonismes, que cessent l’insensibilité, l’irresponsabilité et les tromperies. Demain, il sera trop tard pour faire ce que nous aurions dû faire il y a déjà bien longtemps.

Je vous remercie.

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