Trump s'autoproclame "l'Elu" !!

Entre ceux qui font flamber la planète et celui qui est en train de détruire toutes les bases possibles des échanges et des coopérations mondiales, l’inspiration évangéliste est manifeste… Tous en route vers l’apocalypse et la question est qui peut arrêter ces malades ? -- Trump : phase Caligula ou Néron ? -- Michel Onfray passe du côté obscur...Jean Ortiz : le drapeau noir flotte sur Biarritz

Histoire et Société

Entre ceux qui font flamber la planète et celui qui est en train de détruire toutes les bases possibles des échanges et des coopérations mondiales, l’inspiration évangéliste est manifeste :

Donald Trump a accordé mercredi 21 août de longues minutes à la presse, au cours desquelles le président américain n’a pas marché sur des œufs en s’autoproclamant « l’Elu » dans la guerre commerciale avec la Chine.

> Regardez les images : vidéo 1'10

« Ce n’est pas ma guerre commerciale. C’est une guerre commerciale qui aurait dû être menée il y a longtemps déjà par d’autres présidents », a déclaré, dans les jardins de la Maison-Blanche, le dirigeant républicain, dont le conflit, à coups de taxes douanières mutuelles avec Pékin, s’enlise et risque de peser sur la croissance mondiale.

« Quelqu’un devait le faire », argumente-t-il alors à propos de sa stratégie commerciale.

Et d’un coup, l’ancien magnat de l’immobilier, vêtu de son traditionnel costume sombre, cravate rouge, lève la tête vers le ciel, les mains ouvertes, et lance : « Je suis l’Elu ».

Le président américain avait relayé un peu plus tôt sur Twitter les propos d’un commentateur de radio conservateur qui aurait affirmé à son égard : « Et les juifs en Israël l’adorent comme si c’était le roi d’Israël. »

Et tout à coup, Trump lève la tête vers le ciel, les mains ouvertes, et lance : « Je suis l’Élu » (« I am the chosen one »). Donald Trump était en train d’évoquer sa guerre commerciale avec la Chine, qui contribue à faire planer une menace sur la vitalité économique de son propre pays.

Pour en rajouter une couche le même Trump a déclaré aux juifs américains qui s’obstinent à voter démocrate et à avoir plus que des réserves à l’égard de Netanayoun qu’ils étaient des mécréants indifférents au sort d’Israël… Là encore l’influence évangélique est à l’oeuvre, s’adressant de l’élu aux autres « élus », pour disons-le clairement emmerder le monde jusqu’à l’autodestruction… Pourquoi les Etats-Unis et leurs vassaux se croient-ils obligés de nous infliger ces sous produits d’hollywood en série B.

Danielle Bleitrach

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sur le blog de Paul Jorion : Trump : phase Caligula ou Néron ?

Au cours des deux dernières heures, le Président Trump a appelé dans un tweet le gouverneur de la Federal Reserve, la banque centrale américaine, un officiel nommé par ses soins, Jerome Powell, un ennemi des États-Unis aussi pernicieux que la Chine : « Qui est notre plus grand ennemi, Jay Powell ou le Président Xi ? ».

Quant aux firmes qui font précisément commerce avec la Chine, dans un autre tweet du Président, « il leur est ordonné par la présente de rechercher immédiatement une alternative à la Chine … ». Cet extraordinaire « ordonné par la présente », a provoqué une avalanche de tweets moqueurs où des chiens « ordonnent par la présente » à leur maître de leur donner des friandises, où des supporters « ordonnent par la présente » à leur club favori de gagner ses 20 prochains matchs, etc.

Le Président des États-Unis est-il entré dans une phase Caligula (12 – 41) ou Néron (37 – 68), de son abominable règne  ? Un.e historien.ne de la Rome antique peut-i.e.l.le. nous éclairer ?

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Maurice Ulrich :

ESSAI. MICHEL ONFRAY, PASSÉ DU CÔTÉ OBSCUR

Théorie de la dictature Michel Onfray Robert Laffont, 229 pages, 20 euros
Le post-philosophe, avec Théorie de la dictature, propose une plate compilation assortie de crapuleries.

Déterminé à publier un nouveau livre tous les trois mois, Michel Onfray ne recule devant rien. Le dernier, pompeusement baptisé Théorie de la dictature, n’est pas autre chose qu’une compilation, sous le prétexte de parler de George Orwell, de ce qui a déjà été écrit sur le sujet jusqu’à la platitude et sans aucune esquisse d’une analyse véritablement actuelle. Il n’y aurait donc rien à en dire, hors un constat de carence, s’il ne faisait en même temps la preuve que, loin de ce que fut jadis son travail avec la fondation de son université populaire, il est désormais passé, définitivement semble-t-il, du côté obscur de la pensée.

Premier point. « Le mythe du Parti communiste résistant, écrit-il, se constitue après la guerre par la volonté du général de Gaulle. » Onfray n’a jamais entendu parler de l’Affiche rouge, de Georges Politzer, de Danièle ­Casanova, de Marie-Claude Vaillant-­Couturier et de milliers d’autres dont le nom n’est pas resté dans l’histoire. Sinon, il peut lire le Parisien de lundi dernier sur la libération de Paris : en plus de Rol-Tanguy, sur quatre témoins cités, trois étaient communistes et résistants.

Second point. « Si les sexes et les races n’existent pas, alors la lutte contre les discriminations entre les sexes ou les races ne saurait exister non plus. » En d’autres termes, en ce qui concerne « les races » et pour en rester là dans le cadre restreint de cet article, s’il y a des antiracistes, c’est bien parce qu’il existe des « races ». Michel Onfray oublie ou feint d’oublier avec un sophisme que, ­précisément, l’antiracisme récuse la notion de race, également rejetée par l’Assemblée nationale. Il la remet en circulation comme tous les idéologues racialistes.

Enfin, troisième point, il dresse en quelques lignes un parallèle effarant entre l’assassinat du jeune tsarévitch fils de Nicolas II en 1917, le sort réservé au jeune Louis XVII par la Révolution et la mort d’Anne Franck, avec cette phrase : « Quelle différence pour un cadavre qu’il le soit devenu parce qu’il était né juif ou parce qu’il était né noble ? »

Le haut-le-cœur pourrait tenir lieu de commentaire. On peut être indigné ou révolté par le sort réservé au jeune tsarévitch ou au petit Louis XVII, mais la différence, c’est 6 millions de cadavres, et un plan d’extermination planifié, sans précédent dans toute l’histoire. En occultant cette dimension, Michel Onfray est entré dans la zone du négationnisme. 

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LE DRAPEAU NOIR FLOTTE SUR BIARRITZ

Vendredi, 23 Août, 2019 - 19:26

Ville au passé prolétarien, voilà ce dernier aujourd’hui mis à rude épreuve. Le grand Hôtel appelé aussi Hôtel du Beau (ou du « palet », au choix), relève du casse-tête. Très à l’écart du centre ville, en plein maquis, l’hôtel a donné beaucoup de mal à ses défenseurs : il a fallu mobiliser 12 500 bénévoles pour le sécuriser, dans un climat serein et détenu. Heureusement qu’il faut moins de volontaires pour sécuriser les Urgences dans les hôpitaux !

La grande figure d’Eugénie de Montréjeau, Eugénie Larouge, a été voilée pour le week-end. Les statues des révolutionnaires biarrots du passé ont été déboulonnées. Le chocolatier et ses confrères dénoncent cet état de siège et le couvre-feu associé. A Biarritz, Monsieur !!

Les journaux locaux et régionaux, « La République de Pyrène » et « A l’Ouest », annoncent déjà les premiers revers : défilés franco-espagnols... J’ai lu trop vite, il s’agissait d’un défilé anti-ours.

Et la presse locale d’expliquer : après l’échec du précédent G7, Macron veut redonner une légitimité au Club décrié des démocraties « les plus riches ». Le programme est ex-cep-tion-nel : on annonce une succession de sessions de travail, de repas et de rencontres. « La République de Pyrène » titre : « Des milliers de festayres pour l’ouverture du sommet ». Elle appelle à l’austérité et aux économies de champagne : « Gare aux bouchons ! » Elle consacre deux pages à la première manifestation : 1 500 personnes pour dénoncer la présence de « grands prédateurs ». Le lecteur comprend qu’elle fait référence au président Trump.

Plus sérieusement, les maîtres du monde, les affameurs de peuples, les saccageurs de planète, les semeurs de ruines et d’inégalités, de crises en tous genres, s’entêtent à en redemander, toujours plus. Ils tentent de sauver un vieux monde dégoulinant de boue, de sang, de malheurs.

Dans ce marécage, le petit requin Macron pense redorer son blason. Le jeune Jupiter étale son cynisme condescendant. Il voudrait nous faire croire, lui, l’incubateur d’inégalités, que ce G7 des plus riches et des multinationales résoudra les inégalités, alors que leur système a indéfectiblement besoin d’être toujours plus inégalitaire. En tauromachie, on appelle cela une mauvaise corrida, une « charlotade ».

Qu’ils se foutent de nous, passe. Mais ayons au moins la dignité de crier : « Leur monde n’est pas le nôtre ! »

 

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