Venezuela, la haine !

La vague haineuse contre le Venezuela atteint des sommets. Macron et la plupart des médias s’alignent sur le sinistre Trump et les régimes fascisants latino-américains, à commencer par le Brésil bavant de joie à l’idée de prendre une revanche sur les années de progrès social et de détachement de l’emprise impérialiste yankee.

José Fort :

Malheureusement, cette déferlante impacte plus largement, y compris à gauche, au moment où l’heure n’est pas à jouer les délicats.

Quelques vérités méritent d’être rappelées 

Maduro président illégal ? Il y a des faits incontournables. Maduro a été élu à la présidence de la République par 30,45 des inscrits, Trump par 27%, le Chilien Pinera et l’Argentin Macri par 26%, le Paraguayen, le Hondurien et quelques autres ayant sauvagement et frauduleusement rempli les urnes sans provoquer des protestations, notamment de l’Union européenne dont on attend toujours le rapport de sa mission sur le dernier scrutin au Honduras.

Quant à Macron, copain comme cochon avec la droite vénézuélienne la plus réac, la plus fascisante il déclare Maduro « illégitime »,  lui qui a recueilli moins de 20% des suffrages au premier tour de la présidentielle. Et  le paltoquet de l’Elysée d’exiger sous huit jours l’annonce de nouvelles élections dans un pays qui a connu plus d’une dizaine de scrutins ces dernières années.

Macron vient de passer deux jours en Egypte. Il n’a pas déclaré « illégitime » le maréchal-dictateur Sissi ; il n’a pas demandé des élections sous huit jours ; il n’a pas exigé la libération des milliers de prisonniers politiques ; il n’a pas annoncé l’arrêt des ventes d’armes françaises qui assassinent les opposants égyptiens et massacrent le peuple yéménite. 

J’entends d’ici les gardiens du temple ou plutôt les éternels ventres mous, s’indigner sur l’air «  oui, mais face à Macron il y avait une opposition, ce qui n’est pas le cas de Maduro ».  

Pourquoi une partie de l’opposition vénézuélienne (car il y avait une dizaine de candidats face à Maduro) n’a-t-elle pas participé au dernier scrutin présidentiel ? 

Plusieurs semaines avant l’élection, des négociations ont eu lieu à Saint Domingue réunissant des représentants de Maduro et de l’opposition sous la médiation de l’ancien président du gouvernement espagnol, José Luis Zapatero. L’accord avait été trouvé lorsque sur un simple coup de fil d’un proche de Trump les pourparlers ont été rompus laissant Zapatero pantois. L’opposition, ou plutôt un secteur de l’opposition, n’a pas été interdite d’élection par Maduro mais par Trump.

J’entends aussi «  oui, mais la misère est grande, deux millions de Vénézuéliens ont fui leur pays. »  C’est vrai.

La spéculation sur la monnaie et le taux de change, la rétention de marchandises, le sabotage de biens publics, 

la guerre économique interne et les sanctions extérieures entraînent des retombées considérables. Bien sûr, du côté de Maduro et de son équipe des erreurs, des incompétences et des  corruptions ont été commises. Mais combien il est facile de dispenser des leçons confortablement installé dans son canapé en ingurgitant la propagande du prétendu «  nouveau monde » avant de la vomir sans vergogne.

La guerre économique et les sanctions ont généré des manques dans tous les domaines. Il est compréhensible que des femmes et des hommes  croient en une vie meilleure ailleurs, cet ailleurs où souvent ils sont surexploités, maltraités et humiliés. Faut-il rappeler que le Venezuela a accueilli par le passé plusieurs millions d’émigrants économiques colombiens qui ont bénéficié des programmes sociaux vénézuéliens, sans aucune discrimination ?

La tentative de coup d’Etat mérite qu’on s’arrête un instant sur la chronologie des événements. Mercredi dernier, quelques heures avant la manifestation de l’opposition (au même moment se déroulait une manifestation de soutien à Maduro totalement passée sous silence) le vice-président nord-américain Mike Pence faisait diffuser une déclaration appelant les habitants de Caracas à rejoindre le défilé.

Que dirait-on si un responsable étranger tenait des propos similaires avant la manifestation des gilets jaunes à Paris ? Peu après, Trump twittait qu’il était prêt à reconnaître en qualité de président Juan Gaino, un inconnu  transformé en nouvelle créature yankee, une spécialité nord-américaine de mise sur orbite de chiens-dictateurs : avant-hier, Somoza, Batista, Pinochet, Videla, aujourd’hui, Bolsonero, Pineda, Macri et quelques autres remplissent le même cahier des charges.

Immédiatement après le discours du candidat fantoche, le déséquilibré de la Maison Blanche annonçait la reconnaissance du « nouveau président ». Puis en rafale, les présidents réacs latino, l’Union européenne et Macron s’alignaient sur le maître. Du cousu main rappelant Nixon et Kissinger, le Chili de Pinochet et l’Argentine de Videla. Même technique pour un même résultat. Sauf que cette fois, la résistance a permis de contrer le putsch.

Dans une barricade, il y a deux côtés. Il faut choisir. Ou accompagner l’impérialisme nord-américain et ses relais politico-médiatiques sous l’hypocrite « oui, mais », ou affirmer haut et fort et contre vents et marées notre solidarité avec ceux qui au Venezuela et dans d’autres pays de la région luttent contre les forces fascistes pour la liberté et la souveraineté. 

Je suis allé plusieurs fois en Argentine et au Chili du temps des dictatures Videla et Pinochet. J’ai un lien particulier avec le Chili pour diverses raisons notamment celle-ci : mes camarades rencontrés clandestinement un soir à Santiago ont tous été sauvagement assassinés peu de temps après. Ca laisse des traces.  Voilà pourquoi, ce soir, j’ai choisi de vous faire écouter « Venceremos » par Inti Illimani. 

https://m.youtube.com/watch?v=TCIf8iK5Jzo

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le pétrole ! le pétrole !

Venezuela : Nous livrons une bataille historique contre les Etats-Unis

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Ces propos ne font pas les gros titres. Ils sont pourtant de John Bolton, conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis qui a évoqué explicitement un enjeu clé de Washington au Venezuela : le pétrole.

Avec 301 milliards de barils (soit environ 17,7% du total mondial), le Venezuela détient les plus grandes réserves prouvées de pétrole brut dans le monde. Une donnée géopolitique majeure qui n'aura probablement pas échappé aux membres du gouvernement de la première puissance mondiale, et en particulier au conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis, John Bolton. C'est pourtant bien ce conseiller de Donald Trump qui a exposé les raisons du soutien de Washington à l'opposition vénézuélienne....source

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Venezuela : 10 vérités à faire valoir sur la légitimité du président Maduro

http://www.15yultimo.com/2019/01/23/ilegitimo-por-que-pasqualina-curcio-comentario-de-jose-g-pina/

Par Pascualino Curcio

1. Il y a eu des élections présidentielles. Elles ont eu lieu le 20 mai 2018, c’est-à-dire avant le 10 janvier 2019, date à laquelle, conformément aux articles 230 et 231 de la Constitution, expire le mandat présidentiel 2013-2019. La constitution était violée si les élections s’étaient tenues après le 10 janvier 2019, ou pire encore, si elles n’avaient pas eu lieu.

2. C’est l’opposition vénézuélienne qui a demandé l’avancement des élections. Elles ont eu lieu en mai et non en décembre, comme c’était traditionnellement le cas, car c’est l’opposition qui a demandé, dans le cadre du dialogue en République dominicaine, qu’elles aient lieu au premier trimestre de 2018.

3. Au Venezuela, le vote est un droit, ce n’est pas un devoir. Ceux qui librement, bien qu’influencés par des organisations politiques non démocratiques qui ont appelé à l’abstention, ont décidé de ne pas voter, ont agi de plein droit, mais se sont tenus en dehors du processus électoral, ce qui ne le rend pas pour autant illégitime. Cela ne peut donc pas, et à plus forte raison, impliquer d’ignorer et de manquer de respect aux 9 389 056 qui ont décidé de voter et d’exercer leur droit de vote démocratiquement.

4. 16 partis politiques ont participé à la course électorale (PSUV), (MSV), (Tupamaro), (UPV), (Podemos), (PPT), (ORA), (MPAC), (MPE), (PCV), (AP), (MAS) (Copei) Espoir de changement, (UPP89). Au Venezuela, la participation de tous les partis politiques au processus électoral n’est pas obligatoire. Ils ont pleinement le droit de décider de participer ou non. Justement parce que notre système est démocratique. Le fait que trois partis (AD, VP et PJ) aient librement décidé de ne pas participer ne rend pas illégitime le processus électoral.

5. 6 candidats se sont présentés : Nicolás Maduro, Henri Falcón, Javier Bertucci, Reinaldo Quijada, Francisco Visconti Osorio et Luis Alejandro Ratti (les deux derniers ont décidé de se retirer).

6. Maduro a gagné avec une large avance, obtenant 6 248 864 voix, soit 67,84% ; Henri Falcón suivait avec 1 927 958 et 20,93% ; Javier Bertucci avec 1 015 895 et 10,82% et enfin Reinaldo Quijada qui a obtenu 36 246 voix, soit 0,39% du total. La différence entre Maduro et Falcón était de 46,91 points de pourcentage.

7. Quelques 150 personnes ont accompagné le processus électoral, dont 14 commissions électorales de 8 pays ; 2 missions techniques électorales ; 18 journalistes de différentes parties du monde ; 1 Euro-parlementaire et 1 délégation technico-électorale de la circonscription électorale centrale de Russie.

8. Les élections se sont déroulées selon le même système électoral que lors des élections législatives de décembre 2015, remportées par l’opposition vénézuélienne. Système automatisé et soumis à des audits avant, pendant et après les élections. Système garantissant les principes "un électeur, un vote" car seule l’empreinte digitale permet de déverrouiller la machine à voter ; et garantit le "secret du vote".

9. 18 audits ont été effectués sur le système automatisé. Les représentants du candidat Henri Falcón ont participé aux 18 et ont signé le procès-verbal dans lequel ils ont exprimé leur accord avec le système électoral. Les audits sont publics et télévisés en direct sur la chaîne du Conseil électoral national. Une fois les audits terminés, le système est bloqué et le seul moyen d’y accéder à nouveau est d’introduire simultanément les codes secrets de chaque organisation politique.

10. Aucun des candidats ayant participé au processus électoral n’a contesté les résultats. Il n’y a aucune preuve de fraude, ils n’ont présenté aucune preuve ou plainte spécifique de fraude.

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Pascualino Curcio - Traduction M. Taupin

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Propagande contre le Venezuela  28 Jan 2019  Romain Migus

Quand les dirigeants de France, des Etats-Unis, du Brésil, du Portugal, du Royaume-Uni ou encore de Belgique font la leçon au Venezuela, c’est un peu le monde à l’envers. Ce monde que décrivait si bien Eduardo Galeano et que nous rappelle Romain Migus. Les médias relaient sans poser de questions ces déclarations aberrantes. La propagande contre le Venezuela bat son plein. (IGA)


Le président français, Emmanuel Macron, ordonne á Nicolas Maduro de ne pas réprimer l’opposition MAIS IL OUBLIE les 3.300 arrestations, les 2000 blessés et les 8 morts liés à la répression du mouvement des gilets jaunes. 

Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, donne huit jours à Nicolas Maduro pour organiser des élections MAIS IL OUBLIE qu’il n’est à son poste que grâce à une motion de censure, et non par des élections libres.  

Le président des Etats-Unis, Donald Trump, accuse Nicolas Maduro de ne pas être légitime car le président vénézuélien n’a été élu qu’avec 30,45% des inscrits, MAIS IL OUBLIE que seulement 27,20% des électeurs étatsuniens l’ont choisi.

Le président colombien, Ivan Duque crie à la “narco-dictature vénézuélienne” MAIS IL OUBLIE que 65% de la cocaïne dans le monde est fabriqué en Colombie, sous le regard complaisant des autorités du pays. 

Le président brésilien
, Jair Bolsonaro, est préoccupé par les droits de l’Homme au Venezuela MAIS IL OUBLIE qu’il a déclaré que les mouvements sociaux qui s’opposeraient à sa politique seraient considérés comme organisations terroristes.

Le président argentin, Mauricio Macri, accuse Nicolas Maduro d’être un corrompu MAIS IL OUBLIE que seul son nom apparait dans les Panama Papers, pas celui du président vénézuélien. 

Le Portugal déplore la crise vénézuélienne qui, selon l’ONU, a poussé 7,2% des vénézuéliens sur les chemins de l’émigration MAIS IL OUBLIE que 21% des portugais ont du abandonné leur pays et vivent à l’étranger, selon les mêmes sources. 

Le président péruvien, Martin Vizcarra, crie à la dictature au Venezuela MAIS IL OUBLIE qu’il a été nommé à la tête de son pays sans le moindre vote populaire, juste en remplacement du précédent président, destitué pour corruption. 

Au Royaume Uni, les dirigeants dénoncent les atteintes à la liberté d’expression au Venezuela MAIS ILS OUBLIENT qu’ils maintiennent, sans aucun motif valable, le journaliste Julian Assange en réclusion. 

La Belgique s’alarme de la situation de l’économie vénézuélienne MAIS ELLE OUBLIE qu’à Bruxelles, l’entreprise Euroclear retient 1,25 milliards de dollars appartenant à l’Etat vénézuélien.

Ces inversions accusatoires, propres à cette “école du monde à l’envers” décrite par Eduardo Galeano,  font parti du modus operandi de la propagande contre le Venezuela. Elles visent à préparer l’opinion publique internationale à la légitimité d’une action violente contre le Peuple vénézuélien. 

Les bombes médiatiques sont déjà en train de pleuvoir. 

 

 

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