Petite fille au mouton

«Il va avoir froid, je dois l'aider » Qui a dit ça ? Une petite fille. Pas qu'une phrase. Elle a ôté sa veste. Pour habiller un petit mouton. Elle le tient dans ses bras. On aimerait la croiser. Ne rien lui dire. Juste la regarder. Et l’écouter. Apprendre.Elle a beaucoup de choses à nous enseigner. Où se trouve-t-elle ?

 © Marianne A © Marianne A

                                                          «Il va avoir froid, je dois l'aider »

Qui a dit ça ?

Une petite fille.

Pas qu'une phrase.

Elle a ôté sa veste.

Pour habiller un petit mouton.

Elle le tient dans ses bras.

On aimerait la croiser.

Ne rien lui dire.

Juste la regarder.

Et l’écouter.

Partager l’un de ses silences.

Apprendre.

Elle a beaucoup de choses à nous enseigner.

Même si elle vole très haut.

Trop  haut pour nombre d’entre nous.

Inatteignable même en avion présidentiel ou satellites.

De sa place, elle voit les grands hommes à leurs tailles réelles.

Pas plus grands, ni plus petits que leurs contemporains.

Même si certains sont persuadés d’être à hauteur d’étoiles.

La petite fille sourit.

Un sourire d'astre.

Nul pouvoir donne accès à son poste d’observation.

Quelque part au-dessus de nous.

Où est cette petite fille ?

Marche-t-elle avec le mouton dans sa veste ?

Les yeux reconnaissants de l’animal  dans son regard.

Le regard d’une petite fille.

Deux yeux dans un pays dévasté par des bombes.

Certaines made in douce France.

Pendant que le pays de son enfance est ravagé.

Mais son mouton n’aura pas froid.

Au chaud entre de bonnes mains.

Elle a aidé le mouton.

Qui aidera la petite fille si élevée ?



NB) Ce poème est inspiré d’une photo et un commentaire vus sur twitter. Une petite fille avec un mouton dans les bras. L'animal est vêtu de sa veste. Elle aurait expliqué son geste par: « Il va avoir froid, je dois l'aider »: La scène se déroule au Yémen. Fake news ou réalité ? Je ne peux pas être affirmatif. Une chose est réelle: les bombes et l'horreur sur ce pays ravagé.

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