Moi, fils d'immigrés, voleur, violeur, assassin...

L'information télé est tombée. Par la voix officielle du spécialiste mettant tous les métèques dans le même panier de sa haine. Comment sa collègue accepte ses poubelles déversées sur leur plateau commun ? Le fric et la notoriété: deux bons destructeurs de mauvaises odeurs ? Elle sans odorat et lui aveugle. Le chroniqueur se rase-t-il devant un miroir blanchissant ?

      

Etranges Etrangers © Jean-Louis Trintignant - Topic

 

 

              On vient de me l’apprendre. Une information officialisée par la voix d’un grand pilier de notre télévision nationale. Le spécialiste réputé  pour mettre tous les métèques dans le même panier de sa haine et boue. Comment sa collègue peut-elle accepter de sentir les poubelles déversées sans cesse sur leur plateau commun ? Partager les effluves d’un ego extrêmement pollué et sans doute coupé en deux ? Le fric est-il un bon destructeur d’odeurs ? Elle sans odorat et lui aveugle. Se rase-t-il devant un miroir blanchissant ? Le chroniqueur dénonce-t-il aussi inconsciemment le fils de métèque qu'il est ? Se considérant d’une certaine façon comme un voleur, un violeur, et un assassin. Fils d'immigrés issus de tribus berbères venus voler le pain blanc des trente glorieuses ? Sans doute, que nombre de gens, durant son enfance sans doute difficile pour des raisons que connaît son psy, le voyaient comme un jeune migrant. Autrement dit ils se trouvaient face au pire des individus. Et en plus jeune. Donc qui leur survivrait. Ce jeune au teint olivâtre qu’il n’aurait pas fallu laisser entrer sur le territoire français. Encore un coup des droits de l’Homme. Pourquoi ne pas avoir obligé sa famille à rester sous le soleil de Berberie ? Peut-être que, né là-bas, il aurait de belles choses à nous raconter. Comme un certain Albert ayant « vécu entre misère et soleil ».  Le chroniqueur, au lieu de chercher le buzz de la boue, nous aurait décrit le sourire d'une mère berbère regardant son fils courant pieds nus. Le bonheur simple et complexe d'une famille de métèques.

        Ce migrant ( frêle esquif perdu sur les flots amniotiques) né dans les années 60 et moi avons au moins un point en commun. En plus d’être venu au monde dans la même ville du 93. Celui d’être désormais catalogués,  par ses soin, s comme des individus de type VVA. Nouvelle appellation pour la majorité venue de Berbérie et des pays avec des habitants à la couleur de peau pas très claire. Vous voyez le genre de teint oscillant entre olivâtre et carrément charbon. Facile faciès à repérer de loin. Suffit de nous regarder pour s’en rendre compte que nous ne sommes pas clairs. Mais vraiment pas clairs du tout. C’est écrit noir sur pas tout à fait blanc sur notre face. Notre marque de fabrique. Une face bien entendu animée par les pires pulsions. Chacun de nos regards sur une femme est porteur de viol. Un conseil à l’autre sexe : changez de trottoir si vous croisez l’un d’entre nous. Que ce soit un jeune migrant, un footballer, un animateur télé… Nous sommes tous identiques, issus de la même chaîne de montage de contrées sauvages. La femme n’est juste là que pour assouvir nos appétits sexuels nés dans de très lointaines tribus berbères. Des lieux avec guère de loisirs pour égayer nos longues nuits loin de la civilisation cathodique. Fallait bien occuper nos corps. Ce n’est donc pas de notre faute si nous sommes devenus si portés sur la chose. Ce que nous préférons dans le mot femme, c’est le pluriel. Une préférence d’ailleurs partagée avec de nombreux hommes au teint non-olivâtres mais qui, souvent assis derrière un bureau, ne parvienne pas à entendre le non des femmes. Déjà dur pour eux, vivant dans un monde aux mœurs libérés et modernes, de se retenir. Imaginer alors pour nous dans notre désert sexuel. Difficile dans nos conditions de ne pas échapper au viol. C’est inscrit dans notre inconscient collectif. Insatiables, mais pas que sur le plan du sexe.

    L’argent et les objets manufacturés. Toujours plus. Jamais assez. On en veut toujours plus. C’est aussi plus fort que nous. Une autre inscription dans nos gènes. Tout ce qui traîne dans la vitrine doit être pour nous. Notre devise à nous, individu de type VVA, c’est chacun mon tour. Rien du tout pour les autres. Une course fébrile pour tout posséder. Du Smartphone du voisin de métro à sa bagnole de luxe en passant par son écran plasma. Sans oublier la culture et le bon pinard de nos hôtes. Tout, tout, nous voulons tout. Un appétit d’ogre de l’avoir. Notre estomac n’est jamais rassasié. Pour ça que nous sommes dans l’obligation de voler. Récupérer tout ce qui traîne devant nos yeux. Voler de nos propres mains. C’est plus fort que nous. On veut tout posséder. En plus bien sûr du corps des femmes blanches. Le vol est dans notre ADN. Surtout, ne laissez rien à portée de nos mains. Elles sont programmées pour voler. Chourer, piquer, liave… Tous les synonymes de voler peuvent nous définir. Désolé, mais nos mains ne sont pas faite pour la littérature, la musique, le jardinage, la cuisine… Parfois pour le marteau-piqueur, nettoyer des corps en EHPAD, réparer une ligne de courant. livrer son supermarché... Mais ça, c'est des mains d’esclaves. Et une autre histoire. Pas là pour faire pleurer dans les chaumières.

      Des mains qui ont aussi une autre fonction. La troisième après celle du viol et du vol. Incroyable tout ce que les mains d’individus de type VVA peuvent faire. Plus efficace qu’un couteau suisse. Très sincèrement, merci cher frère issu de Berbérie, de me l’avoir signalé. Sans vous, je ne me serai pas rendu compte de ce trésor au bout des bras. Parfois, nous sommes chanceux et à la tête d’une grosse fortune à son insu. Les mêmes mains capables de violer, voler, et cerise sur le métèque, de pouvoir assassiner. Sûrement pour être raccord avec la secte du même non. Des surdoués. Nous sommes des surdoués. Et pas une fake-news. C’est la réalité. Nous sommes multitâches. Quelle incroyable puissance entre nos dix doigts. Ça mérite un grand respect. Certains ne parviennent qu’à une seule des trois activités. Parfois avec difficultés à une seconde. Des petits bras. Contrairement à nous très forts. Le privilège des métèques est indéniable. Évident que les blancs en sont très jaloux de nos super pouvoirs rien qu'au bout de nos bras. Nombre d’entre eux rêve de prendre notre place. Accéder au statut de VVA.

    Désormais, Cher Éclaireur de conscience obscurci, je ne peux plus dire que je ne savais pas. C'est vu et entendu à la télé. Une info essentielle grâce à vous et votre empathie omnisciente capable de plonger au fond de n'importe quelle âme. Le brillant journaliste que vous êtes qui a expliqué, très sérieusement, la puissance de nos mains pas très claires. Un affabulateur ? Pas du tout. C’est un érudit, amoureux de littérature et féru d’Histoire, qui l’affirme haut et fort. Et pas n’importe qui puisqu’il passe sur de grandes chaînes de télévision française. Faut pas être idiot pour être invité à parler de choses importantes derrière le petit écran. Raciste ? Xénophobe ? Trop facile de résumer un homme avec une formule lapidaire. Cet homme n’est pas que ses propos. Il a un cœur sous sa poitrine aux racines bédouines. Quel raccourci de le réduire  à un monstre cathodique. Sous son costume, un autre homme. Pas celui que nous croyons tous. Un homme qui ne lui ressemble pas du tout. Rien à voir avec cet individu de type VVA. Quelqu’un d’autre que ce que la télé nous propose. L’être, enfoui sous sa peau, est pour ainsi dire aux antipodes de celui que nous avons l’habitude de voir en direct. Qui est cet homme dont il rêve et qui se cache derrière ce visage au regard inquiet et sombre ? Un grand blond aux yeux bleus.

    Quelle honte ! Je comprends qu’il tienne absolument à cacher cet homme au fond de lui. Juste un petit bras sans les mains aux trois fonctions. Un banal individu qui n’est pas privilégié comme nous les VVA. Je ne comprends absolument pas son désir inconscient d’être blond aux yeux bleus. Devenir un loser. C’est incompréhensible. Un rêve si triste et indigne d’un individu qui a déjà tout.  Ce dont rêvent des millions de gens de ce pays. Et même de l’autre côté des frontières. Culture, fric, femme ( être avec une intelligence bien sûr inférieure à la sienne), micros, caméras… La liste de ce qu’il a obtenu grâce à son travail acharné ( né à Montreuil ( 93) et pas avec une cuillère dans la bouche) n’est pas exhaustive. Peut-être espère-t-il obtenir quelque chose de plus important. Quel est ce rêve dont il ne parle jamais en direct ? Son attente secrète qui le mine si souvent devant son miroir lui renvoyant le même reflet si détesté depuis la prime enfance. Qu’est-ce que ses mains déjà si puissantes ne peuvent lui offrir ? 

     Une fessée de sa Maman d'Algérie ?


 NB: Ce texte est inspiré d'une vidéo qui ricoche sur les réseaux sociaux. Bravo à lui. Il a encore très bien réussi son coup. Et nous toujours aussi impuissants et nos réactions sans efficacité. Difficile de rester muet et ne pas réagir à ce genre de propos. Son but de fin stratège cathodique est atteint. La boue et la haine livrées, via la télé, dans des millions de cerveaux. Le silence (pas la moindre réaction) ne serait-il pas la seule bonne réponse ? Trop tard. Encore perdu.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.