Belle adresse

Trois solitaires sous le même toit. C’est comme ça qu’elles se définiraient. Leurs voisins les voient comme un couple à trois. Sans chercher à aller plus loin. « Peut-être qu’ils ont raison. Nous sommes une sorte de couple en pointillés. Avec chacun sa chambre et son lit. Une sorte de coloc d’adultes. ». Un trio œuvrant sur le même chantier.


 

 

             Trois solitaires sous le même toit. C’est comme ça qu’elles se définiraient si la question leur était posée. Leurs voisins les voient comme un couple à trois. Sans chercher à aller plus loin. « Peut-être qu’ils ont raison. Nous sommes une sorte de couple en pointillés. Avec chacun sa chambre et son lit. Une sorte de coloc d’adultes. ». Les deux autres avaient acquiescé. « Qui baise avec qui ? Vous le faites à trois ? ». La question avait fusé de l’autre côté du jardin. Le voisin, derrière sa frontière de thuyas, affichait un large sourire. Toutes les trois se sont approchés de lui. Très en colère. « Votre charmante femme couche-t-elle avec son collègue de bureau ? Et vous vous faites enculer pendant vos déplacements de boulot ? ». Son sourire plus qu’une grimace. Il est resté immobile et sans voix. « C’est pareil que de demander que ce qu’on fait sous la couette. Personne n’a besoin de le savoir. Sauf les corps se faisant plaisir sous la couette ou ailleurs. Tant qu’il s’agit de corps adultes consentants. Une autre question notre cher voisin ? ». Il est reparti tête et queue basses. Pour devenir l’un de leurs meilleurs amis du quartier. Malgré de nombreuses différences et divergences de points de vue, elles ont sympathisé avec leur couple de voisins. Lui et sa compagne ont refusé de signer la pétition demandant leur expulsion. Même leur loueur a même reçu des pressions. « Elles payent leur loyer et emmerdent personne. Je ne les viderai pas pour faire plaisir à des cons. Elles sont chez elles. ». La majorité des pétitionnaires se détestaient et pétitionnaient d’habitude les uns contre les autres. Pour une fois d’accord, ils ont mis leur guerre en suspens. Dirigeant leur haine commune contre toutes les trois. Un trio les gênant dans leur chantier de murs.

       Un soir de barbecue, la voisine se racla plusieurs fois la gorge. Elle but une gorgée de vin pour faire passer les mots coincés. « J’ai l’impression que vous êtes parfaites. Intelligentes, belles, et toujours à vous poser des questions. Curieuses des autres et de tout. Et jamais à juger ceux qui sont pas comme vous. Je vous envie. Parce que moi, je suis pas mal foutue, mais pour le reste… Je vous envie toutes les trois. ». La voisine, d’habitude réservée, s’était lâchée ce soir-là. Son compagnon avait levé les yeux au ciel. « Ça sent le réveil Doliprane et j’ai pas dit trop de conneries hier. ». Toutes les trois avaient échangé un sourire. « Faut pas toujours croire que ce qu’on veut croire. Ce n'est pas toujours rose notre coloc. On s’engueule souvent. Avec chacune sa dose de mauvaise foi, de crise d’ego, de bêtise… Mais avec un point commun : le désir d’être toujours soi. Le plus possible soi. Ne pas penser avec le cerveau de l’autre ou de celui ou celle qui a le dernier mot. Le visa permanent du doute sur notre passeport. Pour ça sûrement qu’on s’engueule souvent. Être soi, c’est dur et ça génère des conflits. On y parvient pas toujours. Mais ça devrait être le combat principal de toute vie. Une occupation tellement prenante qu’elle ne laisse pas le temps d’emmerder ses contemporains. Fouiller leur histoire à défaut d’en avoir une. Et le pire, c’est quand on veut que l’autre soit à son image. Pour conclure, je vais te dire : désolée, mais tu n’es pas que bien foutue. ». Son compagnon avait levé le pouce. « Toujours ce que je lui dis. Elle complexe devant des gens comme vous ou qui vous ressemblent. Comme si elle était une nulle. Moi je me sens pas plus con que n’importe qui. Ni moins con d’ailleurs. ». La voisine avait haussé les épaules avant de reprendre un verre de vin. « Ça me rassure. J’aurais flippé d’avoir des voisines parfaites. Vous voulez pas qu’on danse.». Elles ont poussé la table basse. « Maisons des trois putes.». Le tag découvert au réveil sur la porte de leur garage. Pas la première insulte. Nombre de lettres anonymes dans la boîte aux lettres.

         Des années de harcèlement. Pourquoi une telle pression depuis leur arrivée dans le quartier ? Elles ont eu du mal à comprendre. Au début, tout se passait fort bien. Elles se sont présentées au voisinage. Organisant même un apéro pour faire connaissance. Elles se sont tout de suite bien accueillies. Jusqu’à ce matin d’hiver où elles ont refusé de signer une pétition. Contre une nouvelle famille venant de s’installer au bout de la rue. « Tu as vu leurs vêtements. Jamais entendu ce genre de musique. Et les odeurs de leur bouffe sont bizarres. Lui rentre toujours très tard. Y a plein de gens qui viennent chez eux. ». En effet, de nouveaux voisins différents sur certains points de la plupart des autres riverains. Une exclusion d’emblée que sans doute certains pétitionnaires - différents à leur arrivée - avaient vécu en emménageant trente ans auparavant. Excepté de ne pas être raccord avec le reste du quartier, cette famille ne générait pas le moindre problème. Si ce n’était quelques fois des excès de musique tardive. Mais pas les seuls à être bruyants de temps à autre. Mais leur bruit apparemment plus gênant. Quatre mois plus tard, les indésirables étaient les bienvenus. Surtout que l’un des fils était devenu le meilleur buteur de l’équipe de foot de la ville. Sa photo en une du quotidien municipal. Entre le trio et certains habitants, tout ne s’est pas détérioré au premier refus de signature de pétition. Mais peu à peu. Une fracture augmentant au fur et à mesure que le trio déclinait l’invitation à intégrer telle ou telle meute (le nom qu’elles avaient donné aux communautés se regardant en chiens de faïence avec les crocs sortis). Des refus toujours avec le sourire. Mais fermes. Incapables de penser en meute. Ce qui leur a valu d’être détestés de toutes les meutes. Pas avec nous, donc contre nous. Chaque meute persuadée que le trio travaillait avec son pire ennemi. C’était en partie vrai. Car le trio travaillait avec le doute.

           La Maison des associations du quartier dispose d’un local et un site. Elles vont de temps à autre y lire les nouvelles infos. Rares les jours sans une revendication. Certaines ayant de l’intérêt, pertinentes, apportant de l’eau à un éventuel débat. Tandis que d’autres juste émises pour se sentir quelqu’un ou de quelque part. Sans compter les dénonciations et insultes avec ou sans pseudos. Vivant quelque peu à l’écart de cette fébrilité de positionnement à tout prix, elles s’en amusaient et ne voyaient ça que comme un spectacle. La rangaine vieille comme le monde des conflits humains. De la mesquinerie de bas étage jusqu’à la grande saloperie en passant par la petite pique à la boulangerie. Rien de nouveau sous le ciel des hommes, des femmes, des gosses, évoluant sur un même territoire. Mais, au fil du temps, toutes trois se sont rendues compte que la vie du quartier avait complètement basculé. Chaque maison devenue comme une citadelle. Avec un nouveau tracé urbain. Plus celui de la signalétique gérée par la commune. Bien sûr les rues, les squares, les établissements scolaires, avaient les mêmes noms. Rien n’avait changé en apparence. Pourtant, tout avait basculé d’une manière insidieuse. Les allées et venues ne se faisaient plus de la même manière. Rare le hasard dans les déplacements. Déambuler d’une maison ou appartement à l’autre ne se faisait plus du tout. Chaque individu ou famille ne se déplaçait que pour aller chez quelqu’un de précis ou dans un lieu réservé à une même population. Ce phénomène se développa dans toute la ville. Des sortes de couloirs et frontières invisibles entre les habitants. Chacun chez soi et sa destination. Toutes les trois atterrées par la tournure des événements. L’espace public et mental redécoupé selon de nouveaux critères. Dont le premier était de ne côtoyer que ses miroirs. Le trio s’est senti de plus en plus isolé dans le quartier et la ville. Déménager ou résister à la connerie humaine ?

       Que de débats au sein du trio. . « J’ai recensé 82 nationalités dans notre ville. C’est très bien, mais il ne faut pas se leurrer ; ce n’est pas toujours le paradis de la fameuse mixité. Surtout dans les quartiers les plus populaires où la misère divise de plus en plus pour que certains règnent encore mieux. Pas un scoop. Mais désormais, il y a de nouvelles divisions. Peut-être pas si nouvelles mais plus visibles et violentes. Noirs, blancs, musulmans, juifs, chrétiens, athées, végans, féministes, identitaires, islamistes, beaufs, racistes, antisémites, antiracistes, bobos, cycliste, rouleur en 4X4… La liste n’est pas exhaustive. Certains, les intégristes islamistes et identitaires, sont les plus dangereux, en tout cas sur le plan de l’intégrité physique. Chaque groupe détient bien sûr la vérité. Certes difficile d’échapper à ce travers généré par le penser, prier, dénoncer, travailler… ensemble. Le relier de « religare» n’est pas uniquement l’apanage de la religion. Bien sûr, les membres de chaque groupe ne sont pas tous fermés et capables d’écouter une autre vérité que celle de leur propre famille. Force est de constater que ce genre d’individus deviennent de plus en plus rares. Comme si les oreilles ne servaient plus qu’à écouter ce qui se dit entre-soi. Que le son et les images de son clan. Rester toujours bien au chaud avec les siens. Dehors, il ne fait pas beau. Et il y a les autres. Tous les autres porteurs de la vérité adverse. Ou plutôt le mensonge déguisé. Surtout ne pas recevoir des postillons de la pensée d’autrui. Porteuse toujours d’un virus. ». Elle a parlé avec la voix tremblotante. Le constat est difficile. Comme une grande défaite du trio et de chacune. Persuadées qu'elles étaient invincibles. La tâche devenue plus dure que ce qu’elle pensait. Toutes les trois prêtes à baisser les bras. Et renoncer à continuer leur combat.

      Elles ont l’impression de vivre dans un camp retranché. Au milieu d’un conflit permanent entre de multiples factions. Les anti en guerre contre les pour. Et inversement. Chacun à l’affût de son bouc émissaire de proximité ou sur le Web. Facile à trouver. Toujours un bouc émissaire disponible dans le grand magasin planétaire. Des vendeurs et des vendeuses sont là pour vous conseiller dans votre choix. Un magasin ouvert depuis la nuit des temps et jamais en rupture de stock. Avec bien sûr, les pires qui se frottent les mains et retirent les marrons de cette haine d’ici ou là réchauffée chaque jour. Certains attisent le feu à distance en espérant un futur gain dans les urnes. « S’aimer les uns et les autres est une vaste connerie. On a aussi besoin de détestation. Moi, je n’aime pas tout le monde. Parfois détestant même mon reflet dans le miroir. C’est comme ça. On y peut rien. Je crois que la connerie est plus puissante que tout le reste.». Chacune de plus en plus désabusée. Portant un regard pessimiste sur l’époque. « Peut-être qu’on se recroqueville comme tous les autres ? Regardant le monde que de la fenêtre de leur petite maison. Avec la peur au ventre. Une peur indicible et rouillant nos regards. ». Pourtant, leur devise en emménageant était : hors de question de s’isoler. Elles sont du quartier. Et personne ne les empêchera d’y circuler. Depuis quelque temps, elles rentrent chaque fois du marché ou du bistrot du coin avec le même poids : l’impression de ne pouvoir rien changer. D’avoir perdu. Pourtant chacune et ensemble elles représentent en quelque sorte l’essentiel de l’humanité. Un trio important. Essentielles comme d’autres s’acharnant à vouloir construire. Sans leur présence ensemble et séparées, la planète va se fracasser dans une impasse. Elles en ont conscience. Comment continuer de transmettre ce qu’elles sont à des êtres qui s’intéressent de moins en moins à ce qu’elles proposent. Leur dilemme depuis plusieurs années. Sans pourtant se résigner. Chaque fois revigorées par la moindre petite avancée. Mais usées d’avance face à l’ampleur du chantier.

        Rien que parler ou écrire devient un véritable parcours du combattant.. Chaque mot entre les uns et les autres est décortiqué. Comme y cherchant le moindre germe de saloperie et surtout d’attaque contre soi et sa famille. Certains déçus de ne pas trouver le reproche pour vous clouer le bec. Raciste, sexiste, antisémite, complotiste, négrophobe, homophobe, transphobe, spéciste… Elles, si libres dans leurs propos, se contre-disant, balançant des conneries, regrettant telle ou telle assertion, n’osent quasiment plus parler. Comme si leur langue devait marcher sur des œufs. Surtout ne pas blesser untel ou unetelle. Se contentant des mots d’usage les plus neutres possibles. Pareil filtrage dans les échanges sur la toile. « Qui gagne dans tout ça ? Les censeurs et les diviseurs de tous bords. Sans oublier toutes ces ordures qui ont libéré leur parole d’égout. Sans trouille de mal dire ou blesser. Au contraire. Ils se lâchent derrière leur écran ou au coin de la rue. Qui est responsable de ce merdier ? En partie des militants engagés dans de bonnes causes et qui ont pollué les débats contradictoires. Empêchant une autre parole que la leur de s’exprimer. Dommage pour la cause juste et légitimes qu’ils défendent, mais pour nous tous aussi. Le débat n’est plus qu’un échange d’anathèmes. Autant se la fermer. Les déboulonneurs ne sont pas tous des humanistes. Même si eux leurs ancêtres ont souffert. La souffrance ne devrait pas rendre incritiquable. Certains ne cherchent qu'à ériger de nouvelles statues: les leurs et celles de leurs proches.». L’une des trois colocs n'était pas du tout d’accord. « Je ne peux pas te laisser dire ça. C'est trop facile de penser comme ça de notre position. Une position de privilégié. Nos racines ne portent pas les mêmes souffrances et douleurs. Faut faire preuve de plus d'empathie. Le progrès dans les têtes et dans les sociétés doit parfois passer par le déboulonnage. Détruire pour reconstruire. Plus les habitudes sont anciennes et ancrées, plus elles ont du mal à sortir des têtes de tout le monde. Et aussi des crânes des dirigeants. Faut secouer tout ça pour progresser.». Un silence dans le salon. Chacune assise dans un fauteuil. « Je ne suis pas d’accord. On peut vouloir changer le monde sans prendre les méthodes de l’ancien monde. Ne pas reproduire ce qu’on veut détruire. Se méfier aussi des individus se déclarant parfait et défendant de bonnes causes. Se servant d’elles uniquement pour devenir, je me répète : incritiquables.». Le vin blanc a coulé à flots ce soir-là. Agacements et colères aussi. L’aube s’est levée sans réussir à mettre le trio entièrement d’accord. Sauf sur deux points. Toutes les trois mortes de fatigue. Et que le monde n’avait pas changé à leur réveil. La lettre de résiliation du bail de location est rédigée. Quelle nouvelle destination pour le trio ?   

        Le facteur reboit un café. D’habitude, il n’accepte qu’une tasse. Toujours pressé. Pourquoi prendre du retard sur sa tournée ? Parce qu’il les sent toutes les trois inquiètes. Elles lui ont annoncé leur futur déménagement. Le premier à être au courant. « Je sais… La connerie au quotidien a encore augmenté dans le quartier. Pas mieux placé qu’un facteur pour prendre la température d’une ville ou un village. Presque trente ans que je fais la tournée dans cette commune. J’ai bossé aussi dans d’autres régions. En effet, les relations ont changé. C’était mieux avant ? Non. Mais c’était moins pire. Aujourd’hui, même les gens dits cultivés et ouverts deviennent cons et fermés. J’ai des exemples en centre-ville et dans le quartier. Ne parlons même pas de celles et ceux qui sont dans la misère. La plus grande partie de leur énergie est destinée à la survie. Le cerveau pas prioritaire sur l’estomac. Guère un hasard si des décérébrateurs, les dealers de religion frelatée, de nationalisme rance, de télé-réalité puante, viennent faire leur marché dans ce quartier et d'autres. Ils ont une clientèle captive. Bon… Je ne vais pas vous faire l’historique ; vous le savez aussi bien que moi en vivant ici. Je...». Première fois aussi qu’il demande l’autorisation de fumer une clope. «Je vous l’ai jamais dit avant ce jour, mais...». Il tire une longue taffe. « Venir vous apporter un courrier est toujours une bouffée d’oxygène. Je me sens bien chez vous. Personne me demande d’où je viens, quelles sont mes origines, ni mon orientation sexuelle... Ni à m'obliger à me justifier sur tout ce que je dis. Chez vous, on peut-être en désaccord sans pour autant devenir le pire des salauds.  Et je peux comparer avec d’autres logements ou quand je passe au bar du coin. Mais c'est pareil chez les notables du centre-ville. Bientôt mettre un gilet pare-balles pour donner son point de vue ? C’est que j’ai vous que j’ai cette sensation de liberté. Comme quand on pouvait parler de tout avec tout le monde. C’était y a pas si longtemps d’ailleurs. Je… Désolé de mon émotion… Peut-être des propos niais et pathétiques. Mais tant pis. Si vous partez, je vais perdre beaucoup. Mais aussi le quartier et la ville. Même la planète entière. ». Elles échangent des regards stupéfaits. Jamais elles n’ont vu leur facteur dans cet état. Comme au bord des larmes. « On va vous expliquer. ». Elles lui ont expliqué leur volonté de déménager. Chacune à son tour.

       Brouillard de fumée dans le salon. Le facteur écrase son mégot. Il parlé longtemps. Jusqu’à finir par les convaincre de différer leur départ. « Je suis très heureux de votre décision. Ça me fait super plaisir que vous restiez. Je crois que ça vaut vraiment le coup d’essayer encore. Si ça ne marche pas, vous… Faut que ça marche. Ici ou ailleurs, la plupart des gens ne sont pas si cons que ça. Même si certains resteront des irréductibles abrutis haineux. Être moins con c’est aussi un boulot personnel. On peut pas le faire à la place des autres. En tout cas, ne renoncez pas à votre travail de terrain. Reprenez votre porte-à-porte. Sinon il n'y aura que les commerciaux de la boue et de la merde qui vont élargir leur clientèle. Je les vois pendant ma tournée. Eux sont toujours sur le terrain, avec toutes sortes de promesses. Je sais que ce n'est pas facile pour vous trois et les autres comme vous. Un trou bouché ce matin, une crevasse ouverte le soir du même jour. Compliqué d’œuvrer en ayant en permanence l’impression que c’est foutu d’avance. Plus rien à faire pour changer les choses. Pourtant, il va falloir reprendre votre taf, mesdames. Je compte sur vous. Ma compagne et mes gosses aussi. Plus un paquet d’autres gens. On a besoin de vous. Et d’autres comme vous qui nous ouvrent des portes. Les fenêtres aussi. On a besoin de prendre un l’air dans nos têtes de mortels. Ça va nous changer du paquet de ceux qui veulent tout fermer. Votre trio est encore assez puissant pour essayer de sauver ce qui peut être sauvé. Et, soyons naïf et optimistes : réparer l’avenir. Bon, c'est pas que je m’emmerde. Mais j’ai encore du courrier à distribuer.». Le trio l’accompagne sur le trottoir. « Au début, j’ai vraiment cru à une blague en voyant vos trois noms inscrits sur la boîte. Avant de vous rencontrer et bavarder avec vous. À quelques mois de ma retraite, je peux vous dire que... Vous êtes la plus belle adresse de ma tournée de facteur. ». Il pointe le doigt sur leur boîte aux lettres.

        Curiosité Réflexion Beauté

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.