Réparatrice de mots

Son Smartphone vibre sur la table de chevet. « On compte ses pas pour sa bonne santé. Le nombre de ses kilos. Mais qui compte son nombre de je par jour ? Ce qui rend obèses nos relations. De mon côté, je fais une sorte de cure de je. Et ça me fait du bien. Essaye le régime sans je ou avec modération.» Le message de sa fille l'a foutu en rogne. Une réponse cinglante en préparation.

                                                                                                           

 © Marianne A © Marianne A

 

                                                                                                                         Pour Brigitte H et sa boutique à mots...

 

                    Quatre culs-blancs sautillent devant elle. Accélérer ou ralentir ? Sans attendre sa réponse, les quatre chevreuils sortent du chemin. Ils courent quelques mètres et s’arrêtent. Leurs regards dans sa direction. Corps tendus sur un champ labouré. Elle s’arrête et sort son Smartphone de sa poche. « Je suis en plein jogging et je tombe sur ses chevreuils.». Elle tweete l’image et reprend son jogging. Un tour supplémentaire ce matin. Besoin d’une plus grosse dose de sueur que d’habitude. Pour évacuer les mots reçus dans la nuit.« Maman, tu défends des causes très importantes dans ton émission radio. Je suis hypra fière de ton travail. Tu es aussi très forte sur le sujet de l’ écriture inclusive. Mes copines et copains de facs sont scotchés quand elle elles te lisent et t’écoutent. Rares les gens de ta génération luttant autant contre le verrou patriarcal de notre langage. Même celui du quotidien. Déboulonner les couilles de la langue comme dit mon copain. Mais désolée de te le dire aussi cash; tu as un tic de langage. Étrange qu’une spécialiste de linguistique comme toi ne s’en soit pas rendu compte. Quand tu écris ou parles, y a du je partout. Ça en devient insupportable. En tout cas pour moi ta fille. Ce n’est pas facile de t’en parler. Mais faut que ça sorte. Les autres te cirent sans doute trop les pompes pour te le dire. Moi, je peux le faire. Mais ne le prends pas mal. C’est juste pour que tu y fasses gaffe. Le je (le mien aussi) est un fléau de notre époque de nombril numérique. On compte ses pas pour sa bonne santé. Le nombre de ses kilos. Tout ce qu’on mange est pesé. Qui compte son nombre de je par jour ? Pourtant ce qui rend obèses nos relations. De très nombreux gros tas de je. De mon côté, je fais une sorte de cure de je. Et ça fait un putain de bien. Essaye au moins quelque temps le régime sans je ou avec modération, Maman. Sûre que ça te changera ; une expérience nouvelle qui te plaira. Comme quand tu as adopté l’écriture inclusive. Grosses bises.». Le mail de sa fille de vingt-trois ans reçu en pleine nuit. Sans doute envoyé après quelques pétards et bières. Un message qui l’a foutu en rogne. Une réponse cinglante en préparation. Son smartphone vibre. « Superbe la photo des chevreuils ». Le texto d’un des techniciens de son émission.

           Trop de je ? Elle a vérifié. Un examen de plusieurs de ses écrits sur la toile et le papier. Ainsi que d’enregistrements de son émission. Indéniable que le je est omniprésent. Même quand il n’est pas nécessaire. Tout revenait au je. S’approprier même les histoires des autres, je l’ai connu, je l’ai interviewé, tel ou tel événement, pour que, quoi qu’elle dise, tout finisse par être lié à son je. Les autres, ont-ils aussi ce réflexe ? Elle a visité les fisl tweeter, instagram, et les pages FB de ses collaborateurs. Puis de son ex-mari et de ses amis. Le je est très présent. Toutefois le sien fait partie des plus récurrents. « Ma fille dit n’importe quoi. Je n'en reviens pas de ce qu’elle m’a balancé dans la gueule. Je ne suis absolument pas d’accord. Comment peut-on être essayiste, journaliste et conférencière, sans se mouiller à la première personne. C’est un de mes outils. En plus, mon psy me l’aurait dit. J’ai entière confiance en lui. Il voit exactement ce que je ne vois pas de moi. Il ne m’a jamais parlé de mon soi-disant excès de je. Je vais lui répondre à ma fille. Et je peux te dire que je vais pas la rater. Facile de toujours donner des leçons. Depuis qu’elle dirige son syndicat étudiant, elle est dans une sorte de course à la pureté. Être parfaite et incritiquable. Censurant à tout-va tout ce qui ne correspond pas à ses idées et celles de ses proches. Elle n’arrête pas de me relayer des pétitions pour censurer tel ou tel personnage public. On dirait qu’elle est en veille permanente pour sauter sur le mot ou geste qui ne faut pas. Elle s’est brouillée avec sa cousine qui avait juste dit «Mee-pas-tout dans le même panier de crades». Incapable du moindre humour. Que le premier degré. Je lui ai dit que sa course à la pureté et perfection et celle de ses copains me semblait une forme de néo fascisme. C’est vrai que j’y suis allée un peu fort, mais… Sûrement sa petite vengeance de venir me faire chier sur mon je. ». Elle se gratte la joue. « Et toi qu’est-ce que tu penses ? Tu trouves que je dis trop je ?». Silence de son compagnon au bout du fil. « Ben, réponds ! ». Il allume une clope. « Ta fille, tu la connais. Toujours à chercher la p’tite bête, mais… ». Elle fronce les sourcils. « Mais quoi ?». Il se racle la gorge. « Ta fille n’a pas tout à fait… Disons.». Elle manque de s’étouffer. « Je pense que vous êtes tous des nuls. Qu’est-ce que je perds mon temps avec ce genre de conneries. J’ai autre chose à faire. Un boulot important.». Elle coupe son portable.     

       Son assistante radio l’interroge du regard. « Pas la grande forme aujourd’hui ?». Elle ne répond pas et compulse ses notes. Chaque jour, tout est préparé pour son émission. Une boulimique de travail et obsédé de la perfection. Son travail universitaire de philosophe et journaliste est reconnu par ses pairs. Ainsi que par ses auditeurs de plus en plus nombreux à l’écouter. Comme son lectorat qui ne cesse d’augmenter. Elle fixe le décompte lumineux. C’est à elle. «… Je...». Sa gorge est verrouillée. Elle essaye de parler. Rien. Son assistante se rend compte aussitôt du souci. « Nous sommes désolés pour ce problème technique.». Le réalisateur lance une musique. « Qu’est-ce qui se passe ?». Elle promène son regard dans le studio. L’air perdu. « Prends ma place. Je… Impossible pour moi.». Son assistante à déjà animé l’émission. « Tu as le conducteur et mes notes.». Elle se lève et sort du studio. Jamais une traversée aussi rapide de la Maison de la radio. Jusqu’à sa voiture. Ou elle fond en larmes.

          Trois mois d’arrêt de maladie. La directrice de la chaîne et les auditeurs ne cessent de la réclamer. Chaque matin, elle se sent guérie et prête à retourner devant son micro. Un essai devant le miroir. Rien ne sort. Juste un sourire crispé. Puis elle gagne son bureau. Impossible non plus d’écrire la moindre ligne. Coincée. « Pourquoi tu ne vas pas voir quelqu’un ? Une dépression, c’est grave.». À cinquante-neuf ans, elle n’a jamais consulté un psy. Ni pris d’antidépresseur. Le médecin, un vieux copain de lycée, lui a prescrit des somnifères pour dormir. « Quand ça va pas, regarde autour toi dans le monde et dis-toi bien que ça va. Sinon, va faire un tour dans n’importe quel cimetière. Pour te confirmer que tout ça ce n'est que passager. Pas si grave que ça. ». Le conseil de son père quand elle avait des chagrins d’enfance. Un paysan taiseux et dur à la tâche. Il est mort à quatre-vingt-dix-sept ans. Une crise cardiaque sur son tracteur. « On peut s’appelé aujourd’hui ? ». Elle affiche un air surpris. Il ne l’avait pas recontacté depuis qu’elle lui avait raccroché au nez. Le rappeler ? Elle n’a pas envie de discuter. Ni avec lui, ni avec quelqu’un d’autre. Pourtant, c’est la personne avec laquelle elle se sent le mieux depuis leur rencontre. En totale confiance. Sans avoir besoin de toute son armure souriante et très brillante. Nul besoin de parler, faire du bruit avec des mots savants, pour se sentir exister. Leurs silences lui manquent.   

          L’appeler ou pas ?

 

                  Je repose les feuilles. Elle attend de savoir ce que j’en pense. C’est sa troisième séance. Grande surprise en la voyant pousser la première fois la porte de ma petite boutique. Que venait-elle faire sur mon territoire ? Une auteure et journaliste connue et reconnue. Je l’écoutais sur France-Culture. Sûrement, une erreur d’aiguillage, me suis-je dit. Comment une pointure intellectuelle pourrait avoir besoin de l’aide d’ un mec avec juste un BEPC ? La majorité de mon boulot consiste à rédiger des lettres à l’administration, des courriers à des avocats et autres services de contentieux, et parfois des personnes âgés voulant laisser une trace de leur histoire à leurs descendants. Des textes que j’arrivais à maîtriser. Contrairement à une demande de lettre d’amour. C’était un de mes clients. Un livreur très honteux de son illettrisme. Me racontant toutes ses stratégies pour cacher son illettrisme. Il venait de rencontrer une femme et voulait lui envoyer un courrier à l’ancienne. Une enveloppe par la poste. J’ai d’abord refusé. Pas mon registre. Il est revenu à la charge. J’ai fini par accepter. Première et dernière lettre d’amour que j’accompagnerai en écriture. J’ai ma boutique, mais travaille aussi à la mairie. « T’es une sorte de réparatrice de mots.». Comme ça que me voit le gardien de l’hôtel de ville qui me demande parfois de lui écrire un courrier. Un homme pas réellement illettré, juste coincé avec l’écriture. Comme beaucoup de gens venant me consulter. Dont le jeune serveur de mon QG du coin de la rue.

          L’un de mes clients les plus assidus. « Toi, tu peux le faire. Pourquoi pas écrire une série sur une écrivaine publique ? Vivant comme toi dans une grande ville avec bobos et prolos. Un lieu avec toutes sortes de milieux. Quel mec ou nana qui rencontre autant de gens différents que toi. Et qui te font partager leur histoire, et même leur intimité. Le personnage serait inspiré de toi et ta boutique. Et une semaine par mois, le personnage principal sillonnerait les routes de campagne avec sa camionnette « Écrivaine publique» pour proposer ses services dans les bleds les plus paumés. Si tu lui écris cette série, moi je veux bien jouer le rôle du chauffeur de l’écrivaine publique. Ou un de tes clients. Mais je préfère travailler bien sûr sur les scénars. ». Le serveur du bistrot où je prends l’apéro rêve de bosser à la télé ou au cinoche. Devenir scénariste de série. Je l’ai aidé à préparé les écoles publiques de cinéma. En vain. Il n’a pas le niveau face aux machines de guerre issues de khâgne et autre classes préparatoires. Pourtant, il a la niaque. Et un univers en lui. « Ça m’arrive d’animer des ateliers d’écriture. Mais ça ne fait pas de moi une auteure. Juste une technicienne de l’écriture. Pas plus, pas moins. Être une bonne technicienne des lettres ne veut pas dire être une bonne romancière ou poète. Faut avoir quelque chose à dire. Une parole unique et universelle. Donner de sa chair à un texte. D'autres écrivains publics écrivent des romans et de la poésie. Parce qu'ils ont enve et peut-être ce talent d'écriture. Ce qui n’est pas du tout mon cas. Toi, tu peux. Tu as ça en toi. Et arrête de te cristalliser sur ta mauvaise orthographe et conjugaison hasardeuse. C’est juste de la carrosserie. Occupe-toi de faire tourner le moteur. ». Ma réponse un jour où il m’avait tanné pour que je rédige un roman. Prêt quasiment à m’accuser d’être une auteure ratée. « Ne pas avoir le talent d’écrivain ne me frustre pas. En fait, ça n’a jamais été mon rêve de gosse. Je m’épanouis dans mon boulot d’écrivaine publique. Et à lire des romans et nouvelles de vrais écrivains. À l’école primaire, je me levais dès que l’instit n’était pas là pour prendre sa place au tableau. Imitant ses mots et ses gestes avec sa craie à la main. Pour apprendre à écrire aux autres. Ça m’a valu pas mal de punitions. Moi qui rêvais d’être instit et apprendre à écrire aux autres, je suis comblée. Même s’il m’a fallu des années d’impasses avant d’y parvenir...». En lui parlant, une autre conversation revenait peu à peu. « C’est toi qui écris tous les courriers de ta cité. Même les dealers viennent se fournir chez toi en mots. Arrête de te faire payer en demi, beu, ou fringues. Regarde ce truc. Je pense que c’est bon pour toi. ». Mon compagnon de l’époque m’a passé un document sur une formation. Jamais entendu parler du statut d'Écrivain public ». J’ai postulé. À quarante-trois ans, j'ai eu enfin, ma craie personnelle dans la main.« Je voudrais écrire une lettre à ma mère avant de mourir. Pour m’excuser. Lui dire ce que je sais pas dire en face d’elle… Et des autres en général.». C’est moi qui ai rédigé la dernière lettre de mon compagnon. Dictée avec un filet de voix une semaine avant sa mort.

       Son visage était tendu au premier rendez-vous. Elle portait des lunettes noires. Je l’avais écoutée sans l’interrompre. Elle faisait les questions et les réponses. J’aurais pu ne pas être là. Pas à moi qu’elle s’adressait. « Laissez tomber le message de ma fille. Je n’aurais d’ailleurs pas dû vous le montrer. Pas ça qui est le plus important. Je suis venue pour quelque chose de particulier. En fait, je voudrais me… Comment pourrais-je vous le formuler ? Me désintoxiquer du je. Apprendre à écrire sans lui. Ou le moins possible. Limiter l’emploi du je dans mes textes.». J’ai secoué la tête. « Votre fille a raison sur un point. Ce n’est vous qui êtes responsable. En tout cas, pas plus que n’importe qui. C’est notre époque qui veut ça. Le je est partout. Je suis là, je vais passer là, je vais aller là… J’ai fait ci, j’ai fait ça… En plus les nouvelles technologies nous offrent du je à rallonges et à tout moment. Moi aussi...» Je tapote sur ma poche. « Moi aussi, j’ai là-dedans ma petite géolocalisation permanente. Mon je partout avec moi. ». Elle avait poussé un soupir et s’était levée. « Qu’est-ce que je fous là ? Je crois que j’ai fait une erreur en m’adressant à vous. Je m’en doutais.». Elle avait l’air paumé. « On peut essayer de bosser ensemble. Pas un travail de psy. Ce n’est pas mon métier. Moi, je suis juste écrivaine publique.». Elle avait hésité avant de se rasseoir. « On va faire comme Perec. Supprimer. Sauf que pour vous, ce sera la suppression du je. Je vais vous donner un exercice. Décrivez moi ce qui s’est passé avec votre fille. Jusqu’à votre arrivée ici. Un récit à la troisième personne. ». Elle était revenue une deuxième séance la semaine d’après. Cette fois sans cache-regard. De beaux yeux rougis par le manque de sommeil et sans doute autre chose.« Regardez ce que j’ai sorti. C’est nul. Normal, je ne suis pas romancière. Chacun son boulot. ». J’avais haussé les épaules. « Non, pas nul du tout. Vous avez respecté la consigne de la troisième personne. Mais uniquement dans le premier chapitre. Chassez le je et il… ». Elle m’avait pris son texte des mains. Repartie en colère. J’étais persuadée qu’elle ne reviendrait pas. Plutôt satisfaite de ne plus avoir ce paquet de nerfs et irrépressible mépris face à moi. Visiblement très vexée de devoir demander de l’aide à quelqu’un comme moi. Pas de son monde. Et la revoilà de retour ce soir à l’improviste. Quelques minutes avant la fermeture de la boutique.   

        Elle gigote sur son siège. « Alors.Que pensez-vous de cette deuxième version ? ». Je toussote. . « Tout votre texte est en elle. C’est très bien. Vous avez gagné le pari du elle. Bravo. ». Elle sourit. « Je… Je l’ai transmis à ma fille. Ce texte nous a réconciliées. On ne se voyait pas depuis trois mois. Depuis qu’elle m’avait… N’en parlons plus. C’est désormais du passé. ». Première fois que j’ai l’impression de ne pas être transparente devant elle. Pour ne pas dire une merde dans sa boutique minable. Son regard comme désarmé. Elle a déposé les armes. Plus belle et humaine sans sa panoplie. Je hoche la tête. « Cela dit… Ne pas penser que je est un gros mot ou une tumeur de l’ego. On en a besoin. Comme du tu, du vous, du nous… Vous avez environ dix-sept je dans votre texte. Dont quatre dans le message de votre fille. Tous ont leur importance. ». Elle jette un coup d’œil à sa montre et sort son chéquier. « Faut que j’y aille. ». Elle affiche un air satisfait. « Je dois préparer mon émission de demain. J’ai hâte de reprendre le micro. Ce que je préfère dans la vie. Me glisser dans des oreilles d’inconnus.». Elle me fixe droit dans les yeux. Avec un petit air de gamine. « Et tout ça c'est grâce à vous. Je tiens à vous remercier.Vous m'avez en quelque sorte sorti d'une grosse déprime. Merci encore pour votre travail. Je...». Elle souri et se penche sur le bureau. « Qui vous a donné mon adresse ? ». Elle tique. « Faut que ça reste entre nous.». Elle relève la tête et me fouille du regard. « Bon… C’est mon compagnon. Il est venu plusieurs fois chez vous. Pour des courriers administratifs. Il m’avait caché que… Qu’il était illettré. ». Elle secoue la tête. « Quel est son nom ? ». Elle hésite avant de le murmurer. J’esquisse un sourire. Elle me tend son chèque. Je la dévisage.

        Ma seule lettre d’amour de la boutique.

 

NB: Cette fiction est inspirée de la rencontre avec Brigitte H qui est écrivain public (ou écrivaine publique). Un très beau travail avec toute sorte de population. Cette nouvelle est inspirée aussi d’un Africain qui vivait dans un foyer de travailleurs immigrés à Montreuil(93). Universitaire, contraint à l’exil, il était plongeur de nuit dans un restaurant. Et écrivain public. C’est lui qui rédigeait les courriers de nombre d' habitants du foyer. Sa plume ne se cantonna pas à ses compagnons d’Afrique noire. D’autres du quartier en profitèrent. Chaque week-end, une table lui était réservée dans un bar. Bénévole mais ne refusant jamais le payement de celle ou celui qui pouvait. Certains le payaient, d’autre pas. Ou avec autre règlement que l’argent. À sa table de travail, que deux couleurs. L’illettrisme et l’analphabétisme.

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