Les silences perdus

« Le siècle est bavard. Du Nord au Sud. Tant de choses à dire. Répéter jusqu’à oublier. Pour redire. Avant de répéter. Tout dit, redire tout. Elle aussi bavarde. Se répétant encore. Avant de se taire. Laisser la parole à sa peau. Les mots sur son corps. Tous ses indicibles. »

Beethoven Silence © Tat Parina

 

Le siècle est bavard

du Nord au Sud

tant de choses à dire

répéter jusqu’à oublier

pour redire

avant de répéter

tout dit, redire tout

Elle aussi bavarde

se répétant encore

avant de se taire

laisser la parole à sa peau

les mots sur son corps

tous ses indicibles

restés au fond de sa gorge

imprimés sur sa chair

personne ne les a lus

sauf son miroir

Elle s'est levée

sortant de la nuit

assise sur le bord du jour

les yeux fermés

Femme souffle

Elle a rouvert les yeux

le monde à ses pieds

loin, plus loin que,

grouillant de monde

océan ou déchetterie ?

Elle ne sait pas

se fout de savoir

trop tard

l’histoire des autres

une autre histoire

Elle a ouvert sa bouche

sans parler

ni se taire

 

NB:  Quelques poèmes trouvés récemment dans une boîte à livres dans une rue. Rédigés au stylo bleu sur des feuilles volantes. Ils étaient glissés dans un vieux magazine de bricolage. Sans date ni signature.

 

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