Cueillir

Bientôt présente. Elle le sent. C’est le bon jour. Elle le sait. Le désir va renaître. L’envie est à portée d’elle. Dans l’air, sous ses pieds nus. Morte, c'est déjà fait. « Elle ne marchera plus ». Une voix dans sa nuit. Une nuit en mois. Elle a fermé les yeux. Un flux et reflux sous la poitrine. Deux barques amarrées. Pour deux destinations.

 

 © Marianne A © Marianne A


Pour RC et SR.



Bientôt présente.

Elle le sent.

C’est le bon jour.

Elle le sait.

Le brouillard se dissipera sous sa peau.

Le désir va renaître.

Elle n’a pas d’autre solution.

L’envie est à portée d’elle.

Dans l’air, sous ses pieds nus.

Morte.

C’est déjà fait.

Après avoir été désencercueillée.

Puis reconstruite pièce par pièce.

« Elle ne marchera plus ».

Une voix dans sa nuit.

Une nuit en mois.

Qui a prononcé la sentence ?

Elle ne sait pas.

Juste une voix de femme.

Pourquoi l’avoir sortie de sa gangue de métal ?

Elle a fermé les yeux.

Pas une larme sous les paupières.

Un flux et reflux sous la poitrine.

Deux barques amarrées.

Chacune sa destination.

L’amère résignation.

Un nouvel horizon.

Elle a choisi la première.

Plus simple à manœuvrer.

Se laisser dériver au fil de l’eau.

Rien à faire.

Se laisser défaire.

Elle a fait demi-tour.

L’autre barque toujours là.

« Rame à contre amertume ».

Une autre voix en écho.

Celle aussi d’une femme.

Partie de loin.

Trois ans de voyage.

Long dès l’aube.

Pour venir jusqu’ici.

Petit souffle à petit souffle.

Avant d’atteindre le but.

Sa plage des premiers pas.

Mes racines de sable.

L’enfance qui ne se décolle pas.

Celle-là ?

Non.

La prochaine.

Elle la voit venir

Trois ans d’attente.

Elle la cueille.

Douce et sûre.

Elle se laisse cueillir.

Son pied sur le surf.

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