C’est beau un pays qui lit

Essai, roman, nouvelle, poésie, BD… Chaque internaute y va de sa suggestion. Tel un club lecture à rallonges. Le COVID-19 propage aussi le virus de la lecture. Ainsi qu’une soif de cinéma à domicile,de visites virtuelles de musée… Soudaine accélération de quête de sens et beauté. C’est l’un des effets positifs de cette saleté de virus tueur. Apprendre et vouloir comprendre plus.

  

Danse du livre, etc. © Marianne A Danse du livre, etc. © Marianne A

 

             Emprunt d’un titre de fiction pour illustrer une réalité. Il s’agit de l’explosion de conseils de lecture sur la toile. Essai, roman, nouvelle, poésie, BD… Chaque internaute y va de sa suggestion. Tel un club lecture à rallonges. Le COVID-19 propage donc aussi le virus de la lecture. Ainsi qu’une soif de cinéma à domicile, de visites virtuelles de musées, plongeon dans les entrailles numériques des bibliothèques publiques…. Une soudaine accélération de quête de sens et de beauté. C’est l’un des effets positifs de cette saleté de virus tueur. Apprendre et vouloir comprendre plus. Ne plus rester les deux pieds dans le même ronronnement  réel ou sur le web. S'interroger sur soi et son époque.

      Comme un retour de l’essentiel. Sans pour autant effacer nos mesquineries, trouilles et égoïsmes habituels. Pas tous devenus des saints avec un confinement. Mais nombre de priorités devenues caduques. La course au profit battue par une infirmière en réa. Les fonctionnaires tous pourris devenus les sauveurs de la nation. Fermeture des grandes gueules «spécialistes es tout» du tube cathodique. Place notamment au chercheurs. Vous savez ces parasites improductifs de la société qui cherchent en ce moment des remèdes à ce virus.  Les philosophes, les historiens, quasiment aussi importants que les tchatcheurs de la télé-réalité. Sans oublier les caissières de supermarché plus courtisées qu’un capitaine d’industrie en cavale. Retour de la France des lumières et des arts ?

      On verra à terme. Quel plaisir de découvrir toute cette solidarité, intelligence, beauté, etc, stockée dans notre inconscient collectif. Prête au meilleur. Ce qui n’empêche pas le rush sur les pâtes et le PQ comme durant les - vraies- guerres. Plus tous nos autres irrépressibles travers de mortel. L’enthousiasme ne doit pas effacer la lucidité. Toutefois, à l’issue de cette crise, ne laissons pas partir tout le positif en fumée. Le populo, n’en déplaise à certains, n’est pas qu’un ramassis de beaufs ( raccourci méprisant de ceux qui savent ? ) d’homophobes, de racistes, de sexistes, d’antisémites, de pollueurs… Suffit de voir toutes les chaînes de solidarités, improvisées ici ou là, pour aider les plus anciens ou fragilisés. La noblesse populaire n’est pas un vain mot.

     Ce virus, malgré le drame, a éclairé une part d’ombre de notre pays et ailleurs sur la planète. Un éclairage sur le cœur et l’intelligence des individus et du collectif. Tout ce que la course au profit et au buzz a toujours réussi à occulter. En effet pas que le fric ou l’ego dégoulinant sur écran plasma et entre soi. En ce moment, à distance ou confinés, on peut voir voir le beau selfie de la majorité des habitants de France. Pareil constat en Italie, en Espagne… Partout dans le monde sommeillent des poches de résistance à l’égoïsme et la haine. Beaucoup plus nombreuses que ce qu’on nous fait croire.L'humanité encore l'avenir de notre planète en sale état ? Beaucoup de signes encourageants ces derniers jours. Même s'il ne faut pas crier victoire. Mais profitons de ce monde lecteur.

      Quand le virus sera passé, les morts enterrés, les abcès percés, n’oublions pas ce moment commun- mortel et magique- plus fort que tous les murs. Un retour d’humanité de proximité contagieux. Même si les bourses, les dieux, les maîtres, les algorithmes, les star-uper, les pollueurs de cerveaux et de planète, vont vouloir reprendre la main. Tenter de refermer notre livre pour rouvrir leur livre de comptes ayant déjà- entre autres dégâts- détruit l’hôpital et d'autres institutions importantes pour la population. Avec désormais plus de mal car la majorité a voté pour un état d'urgence de mieux vivre pour chacun et tous. Continuons de nous conter les uns les autres.

    Notre conte unique et universel.


PS: Petite suggestion de lecture raccord avec le confinement. Lire ou relire «Le Quart» , de Nikos Kavvadias et « Les Marins perdus», de Jean-Claude Izzo. Et pour celles et ceux qui trouvent leur confinement très dur ( sans doute extrêmement pénible pour certains déjà confinés dans leur corps - malade ou vieillissant- ou l'espace), relire peut-être le journal de Anne Franck ou d’autres prisonniers. Histoire de relativiser quelque peu quinze jours à domicile. Le confinement ce n’est pas le bagne.

      Et vous: une suggestion de lecture ?

 

 

 

 

 

 

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