Mouloud Akkouche
Auteur de romans, nouvelles, pièces radiophoniques, animateur d'ateliers d'écriture...
Abonné·e de Mediapart

1091 Billets

0 Édition

Billet de blog 19 mai 2022

Voyage sous sa peau

L'homme fond en larmes. Un colosse de 70 ans en fin de nuit, immobile sur un trottoir. Chialant comme un gosse. Pour son anniversaire, il s'est offert un voyage. Pas très loin chez lui, une cinquantaine de km. Sans se douter que ce voyage improvisé puisse le conduire bien au-delà de ses frontières... Revenu voir le lever du jour sur son lieu d'enfance.

Mouloud Akkouche
Auteur de romans, nouvelles, pièces radiophoniques, animateur d'ateliers d'écriture...
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

          L'homme fond en larmes. Un colosse de 70 ans en fin de nuit, immobile sur un trottoir. Chialant comme un gosse. Pour son anniversaire, il s'est offert un voyage. Pas très loin, une cinquantaine de km. Sans se douter que ce voyage puisse le conduire bien au-delà de ses frontières... Revenu voir le lever du jour sur son lieu d'enfance. La période entre ombre et lumière, quand la nuit passe le relais au jour, était un de ses meilleurs moments de jeunesse. Veillant très souvent pour les larmes au bord des paupières, assister au passage de témoin. Gosse paumée sout le toit de sa ville.

        Qui, à l'époque, aurait pu croire ça de la boule de nefs surnommé par la presse locale le " caïd du bâtiment B". Une petite frappe teigneuse, vicieuse, avant de pousser la porte de la maison face à lui, le lieu de sa deuxième naissance ; il est encore debout, sous son crâne. Remplacé désormais par un immeuble de bureau en verre. 50 ans après dans son quartier d'enfance, plus que de rares constructions de l'époque. Même sa cité et son école ont été rasées. Le vieux bar a échappé au rouleau compresseur, toujours là, derrière un rideau de fer moderne. Le pays de ses chocolats chauds.

         Pendant que son père, surnommé tour à tour Daron ou le vieux, ravalaient à coups de mots les murs d'un monde dont ils n'auraient jamais les clefs. Ni les codes. Mais la plupart savait qu'ils possédaient quand même des clefs:; elles ouvraient les portes d'un labyrinthe de murs invisibles ou, malgré tout, ils continuaient de rire à la barbe de Dieu, de leurs maîtres, de leurs fins de mois, et de la mort qui, peut-être petite revanche personnelle des écrasés, remettait tout le monde sur le même barreau de l'échelle. Il adorait ces moments, surtout quand le rideau se baissait sur un monde dont ses pères et ses potes étaient les seuls maîtres. Tous, lui aussi, invincibles. Loin, très loin, bien au-delà des frontières, une femme l'attendait. Les yeux d'une mère dans la fumée inquiète de ses cigarettes petites et grandes aiguilles " Remets-en un au gosse." Leurs mots rallongeaient ses chocolats.

         Un retour qu'il n'aurait pas pensé aussi déstabilisant. Persuadé d'une petite virée solitaire avant de repartir avec quelques cartes postales vieillottes épinglées sur une des parois de la mémoire. Une soudaine poussée de nostalgie née dans une nuit à gamberges, avant de changer de dizaine au calendrier de son histoire. Au fil de ce qui devait être un tour au pas de charge, son cœur très souvent noué face au "c'était là". Petites pointes d'émotions incontrôlables. Malgré ça, il arrivait à museler l'émotion. " Chiale pas en public, t'es pas une gonzesse. Chez nous, les hommes meurent debout." Les phrases du père et de ses potes lui ont servi de GPS pendant qu'il marchait dans les rues de la ville. Rester toujours digne. Bien droit dans ses bottes d'homme.

       Jusqu'à ce que le vieux gosse de 70 ans du jour arrive devant la salle de boxe disparue. KO debout. Le barrage a implosé dans ses yeux en arrivant devant la vieille maison où tout a basculé. Là où il a gagné son plus grand combat. " Arrête de t'excuser et d'avoir honte de faire ça devant moi. Un homme qui chiale pas sait pas ce qu'il perd. Bon, trêve de blabla. Je suis fier de t'avoir mené jusqu'à cette victoire. Un combat gagné contre ton pire adversaire. Ta victoire te quittera jamais. Bravo, mec. "Son entraîneur de boxe avait épuisé son lot de paroles pour la semaine. Quelle était cette victoire que son entrâineur tenait à fêter ? Tenir sa violence en laisse

        Une petite fille s'approche de l'homme. Elle marche à pas très lents comme une funambule sur le fil de l'aube. Aérienne et déterminée. L'homme, Niagara inconsolable, ne la voit pas. Elle vient d'avoir sept ans. Ombres et lumières traversent sans cesse son regard. Entre joie et appréhension. Elle s'immobilise à côté de lui. Il ne remarque toujours pas sa présence. Elle regarde la salle de boxe disparue. Un lieu qu'elle a connu aussi. Sa main se glisse dans celle de l'homme. Il sursaute et se recule d'un pas. Les poings en garde.

      Il est surpris. " Qu'est-ce que tu fous là. Rentre chez toi. Une p'tite fille de ton âge ne doit pas traîner dans les rues à cette heure-ci. ". Elle secoue la tête. " Je n'habite plus ici.". Il ouvre des yeux ronds. " Comment ça.". Elle esquisse un sourire. " J'ai habité ici il y a longtemps. Très longtemps.". Il fronce les sourcils et sort son mobile de sa poche. " On va appeler tes parents." Elle hausse les épaules avec une infinie tristesse dans le regard. " Bien des années qu'ils sont morts." L'homme danse d'un pied sur l'autre. Très mal à l'aise. Il pousse un soupir. " Bon, on va arrêter de rigoler. Dis-moi où tu habites et je vais te ramener, p'tite fille." Elle fronce les sourcils. " Je suis pas une p'tite fille.". Il s'accroupit. Tous deux à la même hauteur de regard. " Tu es quoi alors si tu es pas une p'tite fille.". Elle pose la main sur son épaule. " Ton enfance.". Il se relève. Elle lui reprend la main. Les deux paumes collées.

        L'homme n'en revient pas. Il tourne la tête plusieurs fois autour de lui. Pas de caméra cachée. Ni sa compagne, ses gosses, ou de copains lui ayant fait une surprise pour son anniversaire. Que lui et cette petite fille sur un trottoir aux premières lueurs du jour. " Si tu es mon enfance, raconte-moi des trucs alors ?". Elle a repris son souffle avant de commencer à parler. D'une voix déterminée qui semblait trop forte pour son corps fluet. Plus elle parle, plus il blêmit. Les moments et anecdotes du passé qu'elle égrène ne sont connus que de quelques-un de l'époque. Elle évoque même des scènes où il était seul. Que se passe-t-il ? Ni bu d'alcool, ni fumé d'herbe. Totalement agen avant la grosse fête organisée le soir avec la famille et les copains. Il repousse sa main. Inquiet. " Comment tu sais tout ça, toi ?". Elle pousse un soupir agacé. " Je te l'ai déjà dit." Un rideau mécanique sort de sa nuit au bout de la rue. Elle pointe le doigt. " On y va. Pour le p'tit chocolat que nous offrait le daron.". Elle lui reprend la main et l'entraîne.

             L'intérieur du bar a complètement changé. L'odeur aussi. Plus les relents de graillon épiassissant l'air en permanence. " Ca coûte la peau du cul de se refaire une bonne aération. Suffit juste d'habituer ses narines. L'odeur de gras n'a jamais tué personne." Fallait pas emmerder le taulier avec ça. Flotte désormais un doux parfum et une musique de guitare relaxant. Un bar de bobos, sourit-il. Sans la moindre animosité contre cette catégorie de population. Ni contre aucune autre; préférant juger les individus là où ils sont le plus sincère: hors groupe.  " Que voulez-vous boire ?". Le jeune couple de patrons est très accueillant. Rien à voir avec la patronne de l'époque. Elle avait toujours le regard ailleurs. Revenue sûrement sur les rives d'une plage d'été. Avec la fille allongée en bikini sur le sable chaud. Cétait la seule image encadrée derrière le comptoir. La photo de ses dix-sept ans, au bord de son autre histoire. Légendée " La bombe du bar" par les habitués.

         La petite fille sirote son chocolat. Elle affiche un très large sourire. Il l'observe en coin. Qu'est-ce qu'il fout avec une gamine dans un bar à cette heure ? Impensable. Sans doute une hallucination. Un délire à cause de la fatigue du traitement chimio très lourd qu'il vient de se taper. Un des nombreux effets secondaires. Il ferme les yeux. Sûr que son radio-réveil va sonner et lui donner les nouvelles du monde. Des décennies qu'il se réveille sur les mêmes ondes. Et sa compagne, comme tous les matins, va lui dire: " baisse le son de ta boîte à égout. Je veux pas qu'on vienne me polluer la tête même dans ma chambre. " Elle ne supporte pas les infos au réveil. Ni dans le reste de la journée. Contrairement à lui, avide d'infos; il peut passer des heures à écouter la radio ou regarder la télé. Addict aux chaînes d'histoire et de nature. Parfois radio et télé allumées en même temps. Il rouvre les paupières. Le silence ponctué de bruits de vaisselle dans un évier. Mais le radio-réveil reste muet ce matin. Son enfance assise à côté de lui.

       Sûre d'elle. Elle continue à parler de lui en disant je. De l'intérieur du début de son histoire d'homme. Il essaye de la coincer sur tel ou tel détail. En vain. Elle le connaît par cœur, jusqu'à l'âge de seize ou dix-sept ans. Il a fini par ne plus l'interrompre, l'écouter lui raconter ce qu'il a vécu. Ça ne tient pas la route, se dit-il soudain. Satisfait de trouver la faille. " Si tu es mon enfance, pourquoi t'es une fille.". Elle boit une longue gorgée de chocolat puis repose lentement la tasse. " Justement. C’était ça ton gros problème. Même si tu m'as toujours... " Il l'interrompt d'un geste. " Rien de nouveau. Je connais le couplet par coeur. Un couplet à la mode. Je vois bien ce que tu vas me dire. Le genre de connerie que j'aurais une p'tite fille cachée en moi et que... Je l'aurais planquée. Le truc habituel des psy et des autres fouille-cerveau de notre époque. Passant leur temps à voir partout des PD refoulés, des trans et autres trouvailles, entre toutes les cuisses. Pour eux, un hétéro ça devient quasiment un malade. Bientôt l'hétérosexualité un délit comme avant l'homosexualité ? Je sais pas qui tu es réellement mais je te vois venir, toi aussi. Genre le gros dur qui aurait honte de cette petite fille cachée en lui. ". Elle le fusille du regard. " C'était moi qui avais honte de toi. Une putain de honte d'être ton enfance ! " Et elle se remet à parler.

      Déroulant des histoires qu'il a complètement oubliées. Comme d'un étranger portant son nom. Période ou il montait en bagnole avec d'autres sur Paris. Pour aller danser sur les Grands Boulevards, visiter des musées, grimper au dernier étage de la Tour Eiffel... ? Non. En voyage nocturne pour casser du PD. Contrairement à ses collègues de virées de traque d'homos dans le jardin des Tuileries, le quartier du Marais et ailleurs, il n'a jamais frappé. Souvent même intervenu pour calmer les plus hargneux de la bande. Mais, quelle que soit la manière, il participait à la "ratonnade d'homos, en s'amusant à les courser, leur foutre la trouille, et finir par les relâcher. Braquer le fric et les fringues des bourges au menu d'autres virée. " Il était en colère. Pourquoi n'évoque-t-elle que ces soirées. Lui et ses potes en ont vécu bien d'autres. De très belles. Parfois, la poésie les accompagnait. Revenant en bagnole avec des lumières plein les yeux. Comme tous les gosses du monde aimantés par les vitrines lumineuses des villes. Voulant décrocher une étoile pour la ramener sous son blouson.

       Elle finit sa tasse de café. Tu remets la même chose au gosse, au bord des lèvres de l'homme. " Je voulais te dire aussi. ". Qu'est-ce qu'elle va me balancer encore, souffle-t-il, tour à tour agacé et curieux de savoir. Quand tu te castagnais... Je parle pas dans la salle de boxe. Là c'était du sérieux; pas d"ennemis, que des adversaires. Non, je te parle de quand tu te castagnais dans la rue. En fait, je peux dire quand je me castagnais car j'étais en toi et... Insupportable pour moi de t'entendre traiter d'autres mecs de gonzesse. C'était moi que tu insultais et humilier. En plus, j'étais impuissante. Ma petite voix était inaudible. Que ta grande gueule et celle de tes copains. Je peux dire aussi: mes copains. Pour être honnête, y en a que j'aimais bien. Comme le gros Momo qui faisait marrer tout le monde. Et Jacko qui s'inventait sa vie. Même si on était très différents, toi et moi, on était qu'un. Si compliqué et si simple tout ça. Étrange de me retrouver dans ton corps de cogneur ultra viril. Mais, comme on dit, on choisit pas sa famille. Je... Ça sert à rien de ressasser comme une conne. ". Une larme a coulé sur la joue de son enfance. Il l'écrase du pouce et se lève. " Tu re-veux un chocolat ? " Son regard dit OUI. " Vous pouvez me remettre un café et un chocolat à...." Incapable de la nommer. La patronne lui sourit. " Elle est vraiment trop jolie votre petite fille. Et tellement mature pour son âge. On sent qu'elle a du caractère.". Il a gagné les chiottes. Pour vider ses paupières .

       À son retour à table, la petite fille a disparu Remplacée par une femme d'une trentaine d'années. " L'enfance est rentrée se coucher. C'est à mon tour de faire la conversation. On se relaie toutes pour t'accompagner ce jour. Je peux te tutoyer; on se connaît bien. On est ton cadeau du jour. Tu peux nous poser toutes les questions que tu veux. Ou tout simplement rester assis en silence à côté de moi. Nous sommes en quelque sorte  tes autres toi que tu connais pas... Cmment te dire  ? Des angles de toi que tu as pas eu le temps de bien voir.  " Il prend sa tasse de café. Elle est vide. " Désolé mais le chocolat c'est plus de mon âge. Ça te dirait de marcher un peu.". Il hésite. Rentrer pour les aider à préparer sa fête ? Sortir de ce délire et revenir à la réalité ? " D'accord.". Ils marchent jusqu'au déjeuner. Tous deux s'installent à la terrasse d'une brasserie. " Je vais me remaquiller." Revient s’asseoir une autre femme. Elle a cinquante ans. Début d'une nouvelle conversation. Avec d'autres visions de lui à écouter.

          Sa boite de réception est saturée de coups de fil et de textos. Sa compagne, ses enfants,  et ses amis, sont inquiets de sa disparition. I" Pas de soucis. J'ai eu besoin d'un peu de solitude aujourd'hui. Mais je serai là ce soir pour la fête. Bises. ". Comment leur raconter sa fugue ? S'il dit la vérité, tous vont penser que c'est le début de la sénilité. Autant se taire et rester à sa première explication. " Bien sûr, tous les hommes ne portent pas une petite fille devenue femme sous leur peau. Et toutes les femmes ne trimballent pas un homme échoué en elle. Faut pas être simpliste. Quoi qu'il en soit, un corps, féminin ou masculin, est un sacré chantier. Jamais si simple que ça de s'y retrouver dedans. Que de routes sous sa peau. On peut même s'y paumer tout une vie. Pas mal de zones d'ombre en nous. Surtout quand on est très jeunes, en quête de soi. Comme à travers un brouillard sous nos peaux.". La sexagénaire,  assise sur le banc avec lui, a beaucoup de choses à dire. Plus que toutes les autres réunies qui sont passées avant elle. L'heure tourne. On l'attend. Comment l'interrompre sans la vexer ? Elle est tellement heureuse de pouvoir vider son sac d'images du passé. " Désolé, mais je dois...". Elle lui prend le bras. " Aucun souci. C'est moi qui suis un peu trop bavarde. Je te retiens alors que je sais que tu es attendu pour ta fête. Vas-y et profite. C'est ton jour à toi. " Elle lui caresse la joue et traverse le square. Il reste un instant les yeux dans le vide. " Le vrai KO se joue toujours dedans. Quand on perd contre soi. ". Les paroles de son entraîneur remontent sur le ring de son soixante-dixième anniversaire. Sans doute son dernier combat.

        La fête bat son plein. Certains sont attablés, d'autres ont rejoint la piste de danse au bord d'une piscine. Sa compagne et ses enfants ont loué une colonie de vacances pour trois jours. Tous les invités sont logés sur place. Le fêté n'en revient pas de la préparation. Fou de joie de se retrouver tous les êtres qui l'aiment et l'ont accompagné depuis qu'il a vingt ans. Même les morts ont été invités : leurs photos dans des cadres sur les murs. Une initiative de ses enfants qui ont organisé une micro expo. " Qui c'est elle là qui danse sur le côté droit ? Je l'ai jamais vue.". Sa compagne lui pose la question en pointant l'index. Il chausse ses lunettes. Mon invitée surprise, sourit-il intérieurement. Le seul à savoir qui est la femme de 70 ans dansant toute seule. Aussi mauvaise danseuse que lui. " Je ne sais pas du tout. Sans doute qu' un pote est pas venu avec son officielle. Peut-être avec sa maîtresse et son officielle. Le trouple c'est à la mode de nos jours. Ou peut-être la vie cachée d'une de nos copines. Va savoir. Cela dit, je la trouve plutôt bien conservée. Mieux conservé que moi au même âge qu'elle. " Sa compagne fronce les sourcils. " Comment tu sais qu'elle a 70 ans ? ". Il hausse les épaules. " Je... Je sais pas, moi.. C'est à vue d’œil. ". Il retourne au bar. Pour plonger dans d'autres bulles.

        Extinction générale des yeux à 4 h 30. Plus que le fêté au milieu des vestiges d'une très belle soirée. Buvant son dernier verre sous la seule lumière d'une guirlande. Le portail grince. Il se retourne. Des silhouettes dans l'obscurité. Sans doute les jeunes qui ont envie de continuer. Il bâille. Un bâillement interminable. La journée a été très éprouvante. Sans arriver encore à déterminer si c'est réel ou le fruit de son esprit bouffé de médoc. Que d'images du passé revenues d'un seul coup. Aucun autre anniversaire ne l'a autant déstabilisé. Cherche pas mec, tu vieillis mon vieux, se dit-il. Prêt à aller se coucher. Une cascade de visages s'approche de lui. Que des traits féminins. Toutes main dans la main. " On peut s’asseoir avec toi." C'est la plus jeune qui a parlé. Il vient de se rendre compte qu'elle ressemble à l'une de ses sœurs au même âge. Sans attendre sa réponse, elle s'est assise. Les autres l'imitent. Il reste assis, sans un geste ni un mot. La femme de 70 ans ouvre une bouteille de champagne et remplit des flûtes. " Moi j'ai pas droit de boire un coup. Je suis quand même son enfance. La première à me l'être supporté ce monsieur.  Et j'en ai marre du chocolat chaud." Éclat de rires sous le ciel de 70 printemps."

       Début d'une autre fête.

NB:  Cette fiction est inspirée de plusieurs conversations sur "l'identité sexuelle". Un sujet très - trop ? - présent aujourd'hui. Des interrogations sous et sur la peau.  

Pour conclure, cet excellent court métrage, très drôle et pertinent, à visionner ici.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Inflation : en France, grèves partout, augmentations nulle part
Depuis des semaines, des arrêts de travail éclatent dans toute la France, et dans tous les secteurs. Le mot d’ordre est toujours le même : « Tout augmente sauf nos salaires. » Après des négociations décevantes, les travailleurs se mobilisent pour obtenir des augmentations à la hauteur de l’inflation.
par Khedidja Zerouali
Journal — Économie
Le risque d’une crise systémique de l’économie
Avec l’irruption de l’inflation s’engage une nouvelle phase de la crise du capitalisme. Désormais, celle-ci semble totale et multidimensionnelle. En trouver l’issue sera de plus en plus complexe. 
par Romaric Godin
Journal — Europe
« Années de plomb » : avis défavorable à l’extradition de dix anciens militants d’extrême gauche italiens
La cour d’appel de Paris a prononcé mercredi un avis défavorable à l’extradition de dix anciens militants d’extrême gauche italiens réclamés par l’Italie pour des faits de terrorisme commis lors des « années de plomb » dans les années 1970-1980.
par François Bougon
Journal — États-Unis
Attaque du Capitole : Donald Trump plombé par un témoignage dévastateur
Une membre du cabinet de l’ancien président états-unien a témoigné mardi devant la commission d’enquête sur les événements du 6 janvier 2021. Elle affirme que Donald Trump savait que ses partisans étaient armés et qu’il a voulu les rejoindre.
par François Bougon

La sélection du Club

Billet d’édition
Covid-19, 7ème vague : l'État se rend encore « fautif »
Une septième vague de contaminations au COVID-19 frappe la France. Alors que le tribunal administratif de Paris a reconnu l'État « fautif » pour son impréparation lors de la première vague, le gouvernement ne semble pas tenir compte des remarques passées ni des alertes de la société civile.
par Mérôme Jardin
Billet de blog
« Very bad trips » à l’Organisation mondiale du commerce
20 mois et 6 jours de négociations à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour finalement acter, une nouvelle fois, que le commerce prime sur la santé. L’OMC et l’Union européenne (UE) se gargarisent aujourd’hui d’un accord sur la levée temporaire des brevets (TRIPS) sur les vaccins anti-COVID.
par Action Santé Mondiale
Billet de blog
Hôpital public : lettre ouverte à Monsieur le Président
A l’orée de cet été, la situation de l’hôpital public est critique. Nous sommes à la croisée des chemins. Depuis des mois l'hôpital public est sur le devant de la scène, après les 2 années de pandémie cet été s'annonce difficile. Nous adressons aux responsables politiques un point de vue de cadres et de soignants de proximité, investis dans l'hôpital, un bien commun, qu'il faut préserver, quoi qu'il en coûte.
par Fabienne dubeaux
Billet de blog
Pour un service public de santé territorial 3/3
Publié sur le site ReSPUBLICA et écrit avec Julien Vernaudon, le premier volet de cet article donnait le contexte historique, le second une analyse de la situation actuelle des professionnels de santé de premier recours et de leur évolution. Ce troisième et dernier volet propose la création d'un vaste et nouveau service public se santé territorial.
par Frédérick Stambach