Rire de tout mais pas de :

La liste bientôt placardée dans les salles de rédaction de journaux ? Et les bars ( dès réouverture ), les salles de profs, à la poste, dans le bus…Et sur son miroir. L’affichage de la circulaire risque d’être fort long. Mais le numérique permet de passer des infos à vitesse grand viral. Comme celles sur des pingouins. Le dessin m’a fait marrer. Suis-je transphobe ?

       

Anne Sylvestre en concert LES GENS QUI DOUTENT © EPM MUSIQUE

         

             La liste bientôt placardée dans toutes les salles de rédaction de journaux ? Et les bars ( vivement qu’ils rouvrent), les salles de profs, chez le coiffeur, à la poste, dans le bus…L’affichage de la circulaire risque d’être fort long. Ça me rappelle l’époque où il était impossible de blasphémer « Je suis Charlie». Critiquer le journal satirique ( je le lis avec plaisir et il me fait réflé-rire) équivalait à être un suppôt de Daesh. Suspect même en étant Ni Dieu Ni Maître, haïr les barbares ayant massacré des hommes armés de crayons et d’idées, quand on ne passait pas à la réception prendre son badge. Ne pas arborer le fameux badge était-ce une incitation à être lapidé par des fidèles de «Je suis Charlie»? Ne pas oublier que certains porteurs de la main «Touche pas mon pote » ont retourné leur cuti altruiste sur une nouvelle veste taillée sur mesures par l’extrême-droite. Cependant, la majorité des porteurs de badges « Je suis Charlie » ou «Touche pas mon pote » sont sincères. Comme disait ( je cite de mémoire) fort bien un artiste récemment disparu : on peut être en colère, engagé, sans porter le ruban de l’indignation au revers de sa veste. Chacun sa manière de promener sa colère. Revenons à nos pingouins si bruyants.

         Le dessin si controversé sur l’inceste m’a fait marrer. Un rire avant de découvrir les polémiques sur la toile. Me justifier et m’expliquer ? Décrypter tous les fondements et mécanismes de mon être m’ayant poussé à me marrer.Effectuer un travail d’introspection pour savoir d’où ce rire a émergé. Je dois avouer ne pas l'avoir fait. Avant de découvrir les nombreuses réactions d'internautes ne riant pas du tout à ce dessin. Leur non rire est leur liberté. Et tant mieux. Leur liberté de détestation d'un dessin les autorise-t-elle à vouloir éteindre tous les rires différents des leurs ? Des questions qu'ils ne peuvent se poser puisqu'ils détiennent la vérité de l'humour.  Doit-on analyser et scruter chacun de ses rires ? Et, quand il y a suspicion de ceci ou de cela, devons-nous courir nous faire tester ? Peut-être même envisager une batterie de tests. Pour savoir s'il ne  s’agit pas d’un rire transphobe, raciste, antisémite, homophobe, sexiste, validiste… Puis, après les résultats, aller balancer aux autorités du bon goût et dégoût tous ceux qui ont ri ( rire contact) de la même blague ou dessin que nous. Si certains veulent d’abord penser leur rire avant de le laisser sortir de leur gorge, ils en ont tout à fait le droit. Chacun se sert de ses zygomatiques comme il veut et peut. Avoir honte de son rire ?

       Ça m’arrive de sourire ou me marrer et de m'engueuler l'instant d'après. Mais j’essaye de me guérir de cette honte. Ce n’est pas parce que cette blague ne plaît pas à untel, unetelle, ma famille, la rédaction de ma radio préférée, mes copains de bistrots, que je devrais avoir honte d'en avoir ri. Ni me culpabiliser. Le rire est le propre de l’homme, affirmait le philosophe. Certains souhaiteraient aussi qu’il soit sans gras et validé par une charte attestant de sa non-discrimination à l’égard d’une liste pré-établie de groupes ou personnes se considérant comme ricanés ( après racisés) ?  Visiblement plus difficile de rire - sans convoquer tous ses neurones- depuis que des groupes de pression ( des gens que j'apprécie parmi eux) indiquent le sens de l’humour.  Leur signalétique du bon rire imposée même à la presse. Distribuant de bons ou mauvais points. Fort heureusement une distribution sans armes de guerre. Que celles virales pouvant peser sur des chiffres de vente et une perte de lectorat. Un journal, c'est aussi une entreprise. Les convictions peuvent pencher du côté du tiroir-caisse. Surtout pour la presse classique qui a beaucoup de mal dans le big-bang de la toile. Cela dit, qui aime bien la presse la critique bien. Triste le rétropédalage d'un journal. Un quotidien lu depuis l’adolescence (emprunté au frangin). Me servant aussi de « pare-contrôles » dans le métro parisien. Mon taux de « vous- les bons jours- avez une pièce d’identité » fortement réduit avec ce viatique d’encre sous le bras. Un grand merci rétroactif au Monde de m’avoir évité ainsi plusieurs fois les griffes de la douane métropolitaine. Une douane d’ailleurs encore en vigueur pour les pauvres à tendance métèque. Une colorisation de plus en plus visible à la télé, la radio, au cinéma, en littérature, sous les ors de la République...Certes pas assez rapide pour d'aucuns. La colorisation médiatique ne semble pas avoir d'influence  sur les contrôles et tabassages des pauvres des quartiers populaires. Mais c'est une autre histoire que beaucoup d'humoristes décrivent fort bien . Et j'ai encore perdu mes pingouins. À quand un rire produit en labo et garanti 100 % incritiquable ?

       Et bientôt des « lecteurs en sensibilité » dans chaque rédaction de journaux ? Comme dans certaines maisons d’édition. Ce sont des consultants chargés de visiter les manuscrits avant toute publication. Quel est leur rôle ? Veiller à ce qu'un livre - même une fiction - ne heurte pas telle ou telle communauté. Ménager en réalité toutes les éventuelles susceptibilités en remaniant le texte. Surtout celles qui pèsent très lourd en nombre followers sur le Web. Le journal Le Monde a déclaré vouloir embaucher un nouveau ou une nouvelle caricaturiste. Pourquoi ne crée-t-il pas directement un poste de « Lecteur en sensibilité.» ? Ça éviterait à la rédaction de s’écraser aussi visiblement devant la pression numérique. Même si le ridicule ne tue pas. Sans cette pression, la direction du journal aurait-elle supprimé (pas censuré puisqu'il reste visible sur le blog de l'auteur) le dessin de leur publication en ligne ? Pas sûr du tout. Et c’est ce qui est critiquable. Et si un article sur la peine de mort déplaît aux internautes qui sont pour la peine capitale? Beaucoup plus nombreux, que ce qu’on croit, celles et ceux qui sont pour son rétablissement. Fort heureusement des politiques, des journalistes, et d’autres citoyens et citoyennes dans plusieurs domaines, ne planquent pas leurs choix et convictions sous leur mouchoir dès la moindre tempête numérique. Elles sont de plus en plus nombreuses. À ce rythme, il n’y aura plus beaucoup de place dans nos poches à renoncements. Les nouveaux symptômes de la liberté dépression ?

   Rire des puissants est ma tasse d'humour préférée. Quand les méprisants et donneurs de leçons sont caricaturés par des plumes cruelles et sans concession. Rire du pouvoir est jouissif. Une forme de revanche, voir de vengeance, des écrasés qui ne sont rien sur ceux se croyant si subtils et intelligents bien au-dessus de la masse si vulgaire et mal élevée. Toutefois, on peut aussi rire d’autres situations que celles ayant trait au pouvoir. Même de très douloureuses et révoltantes. Rire de certaines situations dramatiques ne veut pas dire manquer d’empathie avec les victimes. Indéniable que l’inceste, la transphobie, le racisme, l’antisémitisme, et d’autres saloperies, sont insupportables. Les dénoncer (déjà en clouant le bec au silence) et les combattre dot restes une priorité. Ce qui n’empêche pas de pouvoir en rire. Doit-on ne blasphémer que la religion ? Si c’est le cas, autant donner une liste de « sujets intouchables » aux caricaturistes. Ça aurait le mérite d’être clair. Rire de tout, mais pas de : (cocher la case de votre choix). Se moquer que des dominants ne risque pas de transformer la caricature en tract ? Pas de panique ; rengainez la machine à insultes du genre « cire-pompes des dominants » ou « traître à la cause des damnés de la terre ». C’est juste une question qu’on peut se poser. Surtout dans un domaine dont la pierre angulaire devrait être la liberté d’expression. L’engagement n’est pas un gage de qualité humoristique ou plus largement artistique. Même si des engagés (pas de noms et mots clef pour échapper un peu aux algorithmes et autre veilles) ont du talent. Mais des artistes, avec qui j’ai beaucoup d’accointances sur le plan des idées, m’emmerdent terriblement. Pas drôles, ni profonds. Juste du bon côté du vent de l’indignation. Tandis que d’autres, détestés sur le plan idéologique, m’apportent beaucoup plus en terme de réflexion. Pas de règle dans ce domaine. Fort heureusement sinon on passerait à côté de chef d’œuvre. Ça se saurait si tous les créateurs étaient des êtres parfaits. Même proportion d’ordures chez eux que dans la majorité de la population. Rien de nouveau sous le ciel de la banalité humaine. Et le rieur de tout ?

       Nous avons tous rencontré un homme ou une femme carburant au rire en boucle. Le mec ou la nana en bout de table, ou trônant au milieu, qui se marre pour tout et son contraire. La plupart du temps squattant avec force bruit la conversation et aimantant toutes les oreilles. Certaines amusées, d’autres au contraire très agacées. Une situation qui peut créer des tensions et pire en cas de grosse colère sur un sujet. Avec en général une partie de la table se marrant et l'autre pas du tout. Tant mieux pour les attablés tombés sur le rieur de tout mais adepte d'une forme d’élégance: laisser sa part au silence et à autres propos que les siens. Indéniable que le docteur es vannes d'une tablée ou ailleurs peut-être très chiant. Jusqu’à faire grincer des dents ou générer un « Je ne peux pas laisser dire une telle chose » comminatoire. Faire fermer sa gueule à un con de ( remplir la case selon votre ressentiment ) n’est pas toujours inutile. Parfois, il ne s’agit en effet que d’une obsession ( toujours la même tête de Turc, de Femme, de Juif, de Musulman, de PD….) déguisé derrière des traits d’humour ; une faconde en réalité destinée à détruire un individu ou un groupe en particulier. Difficile de saisir tous les mécanismes du vanneur en direct. Surtout quand c’est une première rencontre. Certains grands timides se protègent avec l’humour noir ou très gras. Leur trouver des excuses ? Aucune quand vous trouvez que le vanneur vous pollue le repas et la tête. Toutefois se méfier aussi des réactions de gens englués dans leur premier degré. Pour paraphraser un philosophe : son humour peut-être l’enfer de celui des autres. Des différences qui sont souvent liées à son enfance, l’éducation reçue, son milieu, ses souffrances, le moment de la blague... Très complexe le rapport de chacun à l’humour. Faudrait plus qu'un billet d'humeur pour l'étudier sur le fond.

     Un grand rieur et plaisantin m’a marqué. C’était un vieil homme vivant dans l’un des quartiers les plus huppés de la capitale. Très distingué et charmant. Avec une énorme culture, que ce soit dans le domaine de la littérature, du cinéma, de la musique, de la peinture. En plus capable d’un incroyable éclectisme ; sans qualifier de « sous-culture » ce qui pouvait lui être le plus éloigné. « On se marrait comme des baleines quand un mec se cassait la gueule devant nous sur la neige. Et je peux te dire que je n’étais pas le dernier à me marrer. Des petites moqueries pour nous libérer... Au moins un instant.». J’ai tiqué quand il a me l’a dit. Très surpris de ce qu’il me racontait. Une nouvelle plaisanterie de cet homme bourré d’auto-dérision ? Il a dû saisir ma stupéfaction pour remettre ça sur la table. Mon bon compagnon de guéridon m’avait assuré avoir eu ce genre de petits rires moqueurs à la vue de certaines scénette de la vie quotidienne, pendant sa détention en Pologne. Ce rescapé des camps de la mort buvait du pinard plus que de déraison, chantait des chansons paillardes, dansait, se moquait de lui et de ses proches… Toujours un sourire arrimé sur ses lèvres. Sans pouvoir cacher en permanence la nuit à perpétuité dans son regard. Impossible de camoufler les ombres carnivores dans des yeux ayant vu une telle horreur humaine. Mais, pudeur et volonté mêlées, il s’employait à ne pas encombrer les autres de sa douleur. Grande élégance dans un si petit corps. Le rire en camp avait été pour lui vital. Une forme de résistance intime. Sorti de l’enfer, il avait conservé le rire comme un passeport contre la douleur. En quelque sorte adepte de l’humour pour ne pas déranger ses larmes. Qu’est-ce qu’on s’était marré. Sans négliger de parler de choses très graves et sombres. Nous n’étions d’ailleurs pas d’accord sur tout. « Rire, c’est comme l’amour, faut pas attendre de le perdre pour se rendre compte que c’est essentiel. Bon, on arrête d’être sentencieux. Tu me ressers un p’tit rouquin, le jeunot.». ». Ma plus belle leçon de rire, c’était lui. Une rigolade sous un ciel d’été résonnant bien après sa mort. Un acharné de l’humour. Plus tout le reste. Notamment son goût immodéré pour la littérature. Libéré d’abord par son rire avant l’arrivée des Russes à Auschwitz ?

  Le dompteur de pingouins n’est pas mon caricaturiste préféré. Loin de là. Mais je n’ai aucune honte (combien de potes perdus) à dire qu’il me fait parfois rire. Certains de ses dessins me choquent aussi et me foutent en rogne. Peut-être au fond ceux qui m’intéressent le plus. Chez lui et d’autres dessinateurs de presse. Un caricaturiste, balançant que de l’eau tiède sur sa feuille, devrait à mon avis changer d’orientation. Leur boulot, c’est bien évidemment de nous remuer. Quitte à ce que ça passe ou ça casse. Quitte à ce que ça passe ou ça casse. Jusqu'à les traiter de «sale réac!» et -tout simplement- ne plus regarder leur dessins. Les meilleurs d’entre eux sont aussi un bon thermomètre de l’époque dans laquelle on vit. Certains coups de crayon en disent plus que des tonnes de mots sur les livres d’histoire. Comme dans la caricature de Caran D'ache sur l’affaire Dreyfus. Certes un dessinateur  anti-dreyfusard et membre de la Ligue de la Patrie française  ( avec Renoir, Degas, Jules Verne...). Pour autant on peut quand même lui reconnaître qu’il bien pris la température de son époque. De quelle couleur politique sont les pingouins ? Je n’en sais rien. Beaucoup pensent que leur dompteur est de droite. Lui se situe plutôt à gauche. Guère mon habitude de vérifier la bio politique d'un auteur ou une autrice dont je viens d’ouvrir le livre ou de voir le dessin. Me faisant mon opinion après avoir lu ou vu. En plus c’est si compliqué aujourd’hui de dire qui est de gauche ou de droite. Guère un hasard si ces notions s’effacent même des affiches de campagnes électorales. Parler de politique ? Je ne suis pas très doué dans ce domaine. Si ce n’est la vision d’un passager du comptoir du bar de « On refait le Monde». La seule chose que je pourrais dire concernant les politiques est que la plupart nagent en ce moment dans le même bain à confusions. Comme la majorité d’entre nous, encore plus depuis plusieurs saisons. Des solitudes paumées derrière nos masques ?

       Une scène racontée par une bibliothécaire remonte à la surface. Elle date de plus d'une vingtaines d'années. Tignous était-il un horrible raciste ? Bien sûr que non. En plus, il avait un sacré coup de crayon. Comme la plupart de ses collègues massacrés par deux bas du front religieux. Pourtant, lors d’une expo à la bibliothèque de Montreuil( 93), Tignous s’était fait insulter de raciste par une lectrice. Vite jetée par les bibliothécaires. Qui a raison ? Elle ou ceux pensant le contraire ? Tellement bête comme question. Pourquoi je la pose ? Évident que Tignous n’était pas raciste. Comme ses collègues. Et Siné n’était pas non plus raciste ou antisémite. Il a même gagné son procès. Faut pas tout confondre. La caricature et la fiction ne sont pas des essais ou des articles de fond sur des sujets de société. C'est un traitement différent. Un caricaturiste ou un auteur de fiction peut s'immerger dans le pire personnage qui soit. Sans pour autant être son porte-parole. La plupart du temps se glissant dans la peau de l’ordure pour la dénoncer. Sinon tous les auteurs de polars seraient des sérial-killeur, des féminicides, des violeurs… Leurs bouquins regorgent du pire de l’humanité. Doit-on retirer leurs livres de la vente puisqu’ils peuvent choquer la sensibilité de certains lecteurs ? Pareil pour le cinéma, le spectacle vivant, la peinture… Pour ne conserver que ce qui ne froisse personne. Quelle tristesse d’être condamné au régime lisse.     

      Chacun sa sensibilité. Sûr que cette formule, c’est de l’enfonçage de porte dégondée. Pourtant une réalité. Et une sensibilité qui ne devrait pas -à mon avis- s’imposer comme un cahier des charges à un caricaturiste et à tous les auteurs. Ce qui s’est passé avec le Monde est le reflet de cette tendance. Bien sûr que la rédaction peut regretter son choix et penser qu’il n’était pas judicieux. Mais pas à cause ( ce qui transpire de leurs excuses et explications emabarrassées  ) de groupes de pression circulant en meute sur la toile. Leur poids pèse de plus en plus lourd de nos jours. Pas uniquement sur la presse. Même le pékin numérique peut se faire pourrir à cause de son opinion. Suffit de jeter un coup d’œil sur tweeter et FB. Plusieurs copains et copines ont décidé de déserter les « débats sur la toile » pour cette raison. Ils n’ont pas tort. Marre de passer leur temps à devoir se justifier de ce qu’ils ne sont pas. Obligé comme par exemple ici et ailleurs de répéter que de rire d'une caricature n'empêche pas la compassion pour les victimes. Que c’est juste une autre façon d'aborder un sujet grave. Un angle que nous pouvons critiquer et détester. Sans pour autant vouloir l’arrondir pour qu’il corresponde à Que notre point de vue. À ce propos ; suis-je transphobe pour m’être marré aux propos des pingouins ?     

    Si quelqu’un a du temps à perdre, libre à lui de disséquer chaque mot de ce billet. Fouiller entre toutes les virgules, les points, les point-virgule, et... Sûrement qu’il ou elle finira par trouver une trace même infime de phobie ou d'autres détestations et mêmes haines. Ainsi que des lâchetés, des contradictions, de la mauvaise foi, du narcissisme, des erreurs… Et pire encore s’il cherche encore plus en profondeur. Pour éviter de faire perdre du temps à un éventuel chercheur ou chercheuse d’arrière-pensées sous le texte, je suis prêt à reconnaître mes travers. En effet, je ne suis pas un être entièrement pur. Parfois, je dois avouer que des images et idées bizarres me traversent l’esprit. Elles sont plus fortes que moi. À qui se confesser quand on est athée et non adepte du psy ? Après tout, il ne s'agit que d' images et d'idées ne marchant pas dans les clous contemporains. Rien de grave puisqu’elles ne sortent pas de sous mon crâne. Sauf parfois au détour d’une page. Aucun risque donc pour autrui. Mais il y a une chose qui peut devenir répréhensible à terme. En tout cas selon le point de vue de certains.  J’ai en un don. Et en plus je n’ai aucune honte ni hésitation à vouloir l’exercer le plus possible. Parfois même d’une manière débordante. Pour ne pas dire limite indécente. Quel est ce don ? J’hésite à le dire. Comment ça risque d’être pris ? Tant pis, je me balance… C’est le don de l’imperfection.

         Les gens qui doutent sont une espèce en voie de disparition ?

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